La Société d'énergie de la Baie James (SEBJ) est une filiale de la société d'État Hydro-Québec spécialisée dans la construction de projets énergétiques. Le siège de la société est situé à Montréal, au Québec.
Issue de la Loi du développement de la région de la Baie-James, la SEBJ est fondée en 1971. Elle a pour mandat principal de construire des installations de production et de transport d'électricité dans le territoire régi par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975, dont elle est signataire.
Elle a notamment été le maître d'œuvre du complexe hydroélectrique de la Baie-James, construit entre 1972 et 2013, dans le Nord-du-Québec.
Histoire vignette|Chargement d'une turbine à Matagami destinée aux chantiers de la Baie-James.
Création de la SEBJ Quelques mois après l'annonce du projet de la Baie-James, le Premier ministre Robert Bourassa présente le projet de loi 50 le à l'Assemblée nationale du Québec. Ce projet de loi prévoit la création de la Société de développement de la Baie-James (SDBJ), qui a le mandat de superviser les projets hydroélectriques ainsi que les autres activités industrielles dans la région (foresteries, mines, pêches, loisirs et tourisme). Des débats parlementaires de l'époque ressort la crainte de voir la SDBJ priver Hydro-Québec de certains pouvoirs, bien que celle-ci conserve 51% des parts de la SociétéDesbiens 2015, p.53. Ce projet de loi est alors très critiqué de la part des trois syndicats d'Hydro-Québec ainsi que du Parti Québécois. Lors des délibérations à l'Assemblée nationale, certains députés se lancent des injures et quelques-uns vont jusqu'à s'empoignerHuot et Désy 2009, p.182.
En réponse aux critiques, des amendements au projet de loi sont proposés pour clarifier le rôle d'Hydro-Québec par rapport aux autres sociétés de développement sous juridiction de la SDBJ. Contre toute attente, le projet de loi 50 est adopté le . Mais un débat continue quant aux infrastructures et à la gestionDesbiens 2015, p.54.
Un des amendements stipule la création de la Société d'énergie de la Baie James (SEBJ) ayant pour mandat de superviser le développement hydroélectrique dans la région nordique et qui est une filiale d'Hydro-Québec, et non de la SDBJ. La formule est retenue quelques mois plus tard, même si une affiliation demeure avec la SDBJ. Le , Hydro-Québec s'engage à verser 700 millions de dollars en investissement dans la SEBJ, devenant ainsi l'unique actionnaireLacasse 1983, p.192. Le de la même année, Bourassa annonce la mise en service de la SEBJLacasse 1983, p.182.
Développement hydroélectrique En , les Cris de la Baie-James, inquiets du développement industriel dans la région et de son impact sur la pratique de leur mode de vie traditionnel, déposent une première injonction. Après 78 jours d'audience, 167 témoins convoqués à la barre et 10 000 pages de transcription, le juge Malouf accorde l'injonction demandée par les Cris, ce qui provoque l'arrêt immédiat des travaux. Insatisfaite du verdict, la SEBJ ainsi que la SDBJ conteste la décision en Cour d'appel du QuébecDesbiens 2015, p.57. Cette dernière infirme la décision du juge Malouf en stipulant qu'il est de l'intérêt commun que le projet soit mis en œuvre tout en exigeant que tous dommages ou pertes faits aux Cris doivent être compensés par le gouvernement québécois. La Cour d'appel reconnait également le droit ancestral des Cris sur les terres de la Baie-James et presse le gouvernement de négocier avec eux.
Des négociations sont alors entamées avec les Cris et quelques villages inuits et elles débouchent sur un accord de principe. L'accord, formellement ratifié le , prend le nom de Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ), dont figure parmi les signataires la SEBJDesbiens 2015, p.59. L'entente prévoit entre autres que la SEBJ versera 75 millions de dollars aux Cris et Inuits au fur et à mesure des mises en service des nouveaux aménagements hydroélectriquesLacasse 1983, p.507. En 1978, la SEBJ signe une autre entente autorisant la construction de LG-1 à 37 kilomètres de l'embouchure de la rivière la Grande, plutôt qu'à 70 kilomètres comme le prévoyait la CBJNQ initialementLacasse 1983, p.510.
Une résistance s'installe de la part des travailleurs d'Hydro-Québec présents au chantier de LG-2 face à la SEBJ, maître d'œuvre du chantierLacasse 1983, p.284. Au sujet des actes de vandalisme commis par des travailleurs lors du saccage de la Baie-James, la commission Cliche indique dans son rapport de 1975 comme source du litige l'échec des négociations entre la SEBJ et la Fédération des travailleurs du Québec pour l'établissement d'un contrat exclusif d'embaucheDesbiens 2015, p.226. La SEBJ annonce le qu'elle accepte un règlement hors cour avec les trois syndicats poursuivis pour le saccage afin de ne pas nuire aux chantiers en cours. Cette décision suscite à l'Assemblée nationale des réactions très polariséesLacasse 1983, p.374 à 376. vignette|Évacuateur de crues du barrage LG-2 en marche lros de son inauguration, 27 octobre 1979, En 1978, la SEBJ devient indépendante de la SDBJ.
La SEBJ signe un accord de recherche avec Environnement Canada, car, au moment de la signature de la CBJNQ, bien peu de biologistes et botanistes étudient le territoire alors qu'il est impératif de déterminer l'impact du développement industriel sur les écosystèmes. Qualifié « d'examen approfondi du territoire », les travaux, qui se sont terminés en 1979, rassemblent plus de 200 scientifiques et plus de 500 rapports ont été produits. Ces travaux ont été rassemblés dans un document publié par la SEBJ intitulé Connaissance du milieu des territoires de la Baie-James et du Nouveau-QuébecDesbiens 2015, p.177.
Sous la gestion de la SEBJ, les complexes hydroélectriques suivants ont été mis en service : LG-1 (1994), Robert-Bourassa (1979), LG-2A (1992), LG-3 (1984), LG-4 (1984), Brisay (1993), Laforge-1 (1994), Laforge-2 (1996),
Réalisations récentes La SEBJ pilote en partenariat avec les Cris, conformément à la Paix des Braves de 2002, le projet de dérivation de 71% des eaux de la rivière Rupert vers le nord et la création des centrales hydroélectriques Bernard Landry (Eastmain 1-A) et Sarcelle, au coût de 5 milliards de dollars. Ces deux centrales ont une puissance combinée de 918 mégawatts et sont capables de produire 8,7 terawatts par année.
En 2003, la SEBJ réalise pour la Société de transmission électrique de Cedars Rapids la construction d'une nouvelle ligne électrique de 71 km reliant le poste des Cèdres et la municipalité de Cornwall en Ontario.
Trois ans plus tard, soit en 2006, la SEBJ met en service la centrale hydroélectrique d'Eastmain-1 qui est reliée par une ligne au poste de Némiscau à environ 80 km de la centrale.
Administration Au départ, le Conseil d'Administration (CA) de la SEBJ est composé de cinq membres, dont trois proviennent d'Hydro-Québec et deux sont issus du CA de la SDBJ, dont le président et un autre coordonnateur. La composition du conseil d'administration est par la suite modifiée en raison de l'indépendance acquise par la SEBJ face à la SDBJ en 1978.
Liste des présidents de la SEBJ
Robert A. Boyd (1972 - 1976) Claude Laliberté (1978 - 1983) Jean-Guy René (1988 - 1997) Claudine Bouchard (2021 - )
Bibliographie Entre 1973 et 1984, la SEBJ est la productrice de la revue En Grande.
Notes et références
Annexe
Bibliographie
Articles connexes Société de développement de la Baie-James Radisson Hydro-Québec Projet de la Baie-James Grand Conseil des Cris Eastmain-1 Centrale La Grande-1 Aménagement Robert-Bourassa Centrale La Grande-3 Centrale La Grande-4
Liens externes Site web officiel - Société d'énergie de la Baie James Convention de la Baie-James et du Nord Québécois et conventions complémentaires - Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada
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