Albert Cohen, né le à Corfou et mort le à Genève, est un écrivain, dramaturge et poète suisse romand d’origine grecque (Juif romaniote) dont l'œuvre est fortement influencée par ses racines juives.
D'abord diplomate, militant sioniste une partie de sa vie, il publie son premier roman en 1930, mais ce n'est qu'en 1968 qu'il connaît la consécration littéraire avec Belle du Seigneur.
Biographie vignette|redresse|gauche|Plaque sur la synagogue de Corfou en 2017. Abraham Albert Cohen naît, sous le patronyme « Coen », dans l'île grecque de Corfou en 1895. Son père, Marco Cohen, est d'origine juive romaniote ; sa mère, Louise Judith Ferro, est Juive de langue italienne. Il est leur fils unique. Son grand-père, rabbin, est une figure importante dans la communauté juive locale..
Issus d'une famille de fabricants de savon., les parents d'Albert décident d'émigrer à Marseille après un pogrom, alors qu'Albert n'a que .. Ils y fondent un commerce d'œufs et d'huile d'olive. Il évoquera cette période dans Le Livre de ma mère. Le jeune Albert commence son éducation dans un établissement privé catholique.. Le , il se fait traiter de « youpin » dans la rue par un camelot de la Canebière, événement qu'il raconte dans Ô vous, frères humains. . En 1904, il entre au lycée Thiers ; en 1909, il se lie d'amitié avec un camarade de classe, Marcel Pagnol, qui mentionne d’ailleurs Albert Cohen dans le tome 4 de ses Souvenirs d'enfance, Le Temps des amours, puis en 1913, il obtient son baccalauréat avec la mention « assez bien » Pascale Frey : « Albert et Marcel, les destins croisés de deux écoliers », L'Express, Publié le 1er juin 1995, consulté le 16 mars 2025.
En 1914, Albert Cohen quitte Marseille pour Genève. Il s'inscrit à la faculté de droit de la ville en octobre - francisant son nom en lui ajoutant un "h". Dès lors, il s'engage en faveur du sionisme mais n'ira jamais en Israël. Il obtient sa licence en 1917 et s'inscrit à la faculté des lettres, où il reste jusqu'en 1919. Cette année-là, il obtient la nationalité suisse. (il était ottoman).
En 1925, Albert Cohen prend la direction de La Revue juive à Paris, qui compte à son comité de rédaction Albert Einstein et Sigmund Freud. Cette revue ne paraît que pendant un an.
En 1931, il se marie en secondes noces avec Marianne Goss ; ils divorcent en 1947.
En 1938 vient Mangeclous. Aux analyses sentimentales s'ajoutent l'observation amusée du milieu de la Société des Nations.
De plus, avec l'entrée en guerre des États-Unis, l'Agence juive comprend que l'avenir du sionisme dépendra plus de l'Amérique que de l'Europe..
Le , la mère de Cohen meurt à Marseille. En 1946 il est nommé sous-directeur de cette organisation. Sous sa direction, est officiellement créé le passeport provisoire pour les réfugiés et les apatrides - il en dira plus tard que c'est « sa meilleure réalisation ».
En 1947 il rentre à Genève et emménage au 5 rue du Léman (Les Pâquis), une adresse qu'il garde pendant une quinzaine d'années.. Puis en 1951 il se retire des institutions internationales et se consacre à l'écriture.
En 1954, après seize ans de silence, Cohen publie Le Livre de ma mère, poignant portrait d'un être à la fois quotidien et parfaitement bon qu'il évoque de nouveau plus tard dans ses Carnets 1978.
1968 est l'année de consécration pour Albert Cohen qui publie son œuvre majeure, Belle du Seigneur, dont une première version a été écrite entre 1935 et 1938.. Ce livre reçoit cette année-là le grand prix du roman de l'Académie française.
vignette|redresse|Vue de la sépulture. Dans les , Albert Cohen souffre de dépression nerveuse et manque de mourir d'anorexie en 1978. Il change alors radicalement de vie (à plus de …) et emploie ses dernières années à faire ce que son grand ami Marcel Pagnol avait fait toute sa vie : la promotion de son œuvre. Sortant de l'ascèse, il publie ses Carnets 1978 et répond aux demandes d'interviews. Une interview télévisée exclusive de Bernard Pivot, diffusée le et réalisée depuis son domicile genevois 7 avenue Krieg, pour Apostrophes, le propulse sur le devant de la scène littéraire. Un numéro du Magazine littéraire lui est consacré.
Lors d'une radioscopie de Jacques Chancel, en mars-, il exprime ses opinions sur Marguerite Yourcenar, se demandant à son sujet comment il était . Des découvertes scientifiques de Marie Curie, il affirme qu'elles sont l'œuvre de
En 1981 il est fait commandeur de la Légion d'honneur. En mai de cette même année, il publie dans Le Nouvel Observateur son dernier texte, « Aimer et être aimé », qui rend hommage à l'amour qui l'unit à sa femme.
Il meurt à le , des complications d'une pneumonie. Il est enterré au cimetière israélite de Veyrier, près de Genève...
Bella Cohen est morte le , à .
Hommages et postérité Le , après un colloque international sur l'œuvre de Cohen organisé par la municipalité de Corfou les 14 et , l'ambassadeur français en Grèce dévoile deux plaques commémoratives à la mémoire de l'écrivain. L'une est placée sur le mur de la synagogue "Scuola greca" seule restant debout sur l'île de Corfou, l'autre sur les ruines de la maison autrefois habitée par les Cohen..
vignette|redresse|Place Albert-Cohen, Paris.
Il existe une place Albert Cohen à Paris., une à Corfou. Photo de la place de rue pour la place Albert Cohen. ; une rue Albert-Cohen à Saint-Herblain., une à Marseille ., une à Saint-Mitre-les-Remparts (Bouches-du-Rhône)., une à La Rivière-de-Corps (Aube)., une à Genève (Suisse)..
Publications Sont parus en volume du vivant de Cohen : Paroles juives (poèmes), Kundig, 1921. Solal (roman), Gallimard, 1930. Mangeclous (roman), Gallimard, 1938. Le Livre de ma mère (récit autobiographique), Gallimard, 1954. Ézéchiel (théâtre), Gallimard, 1956 (première version datant de 1930). Belle du Seigneur (roman, Grand prix du roman de l'Académie française), Gallimard, 1968. Les Valeureux (roman), Gallimard, 1969. Ô vous, frères humains (récit autobiographique), Gallimard, 1972. Carnets 1978 (récit autobiographique), Gallimard, 1979.
Et, de manière posthume, les recueils suivants : Écrits d'Angleterre, textes rédigés par Cohen en Angleterre entre 1940 et 1949 ; préface de Daniel Jacoby, Les Belles Lettres, 2002. Mort de Charlot, textes rédigés en revue par Cohen dans les années 1920 ; préface de Daniel Jacoby, Les Belles Lettres, 2003. Salut à la Russie, textes rédigés par Cohen en 1942 dans la revue française de Londres La France libre ; préface de Daniel Jacoby, Le Préau des collines, 2004. Le Roi mystère : entretiens avec Françoise Estèbe et Jean Couturier, entretiens réalisés en 1976 pour France Culture, Le Préau des collines, 2009.
Éditions critiques Belle du Seigneur, édition de Bella Cohen et Christel Peyrefitte, Paris, Gallimard, 1986, Bibliothèque de la Pléiade. Œuvres, édition de Bella Cohen et Christel Peyrefitte ; avant-propos de Christel Peyrefitte, Paris, Gallimard, 1993, Bibliothèque de la Pléiade, Solal et les Solal. Solal, Mangeclous, Les Valeureux, Belle du Seigneur, Paris, Gallimard, 2018, 1664 p., Quarto, édition annotée et présentée par Philippe Zard.
Reprises et utilisations de l’œuvre Dans le livre Aladin et le crime de la bibliothèque, le livre Mangeclous est, , l'indice d'une énigme à résoudre. En 2015 paraît Ma mère et moi de Brahim Metiba, autofiction autour du Livre de ma mère. En 2016, Luz publie une adaptation en bande dessinée de Ô vous, frères humains ( Futuropolis), alternant de longs passages sans texte, purement graphiques, et des extraits du livre de Cohen. S'inspirant du Livre de ma mère, Patrick Timsit a mis en scène une pièce de théâtre portant le même nom, en forme d'hommage. Le personnage Solal Aronowicz de l'auteur suisse Florian Eglin est inspiré de Solal. Bibliographie . . . . . . . . . . . . .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Place Albert-Cohen, Paris Histoire des Juifs en Suisse
Liens externes
Groupe de recherches universitaires sur Albert Cohen (Atelier Albert Cohen) Fondation Mémoire Albert Cohen
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