L'ordre des Trois-Toisons d'Or est un ordre honorifique institué par à partir de Schönbrunn par lettres patentesAlmanach impérial pour l'année 1810 Source du . Il n'a jamais été distribué, et a été dissous par Napoléon le .
Institution Après avoir placé son frère Joseph sur le trône d'Espagne le à Madrid, et vaincu l’Autriche à Wagram le , Napoléon a l'idée de fusionner les deux ordres de la Toison d'or, l'espagnol, et l'autrichien, en y ajoutant une branche française.
La dotation de l'Ordre fut constituée à partir de certains domaines pris dans les États de Rome et des mines d'Idrija . Les titulaires devaient pouvoir percevoir une rente : pour les Commandeurs ; pour les Chevaliers.
On avait déjà dressé l’état des corps qui avaient participé aux grandes batailles de la Grande Armée, commandée par l’empereur en personne. Tout le travail était prêt, et les promotions allaient commencer, lorsque le mariage de Napoléon avec l’archiduchesse Marie-Louise fit renoncer à l’établissement d’un ordre qui aurait contrarié le beau-père. La signature du Traité de Schönbrunn le , mettant un terme à la Cinquième Coalition, et plus encore son mariage avec Marie-Louise d'Autriche en 1810, amène Napoléon à vouloir ménager son beau-père François , empereur d'Autriche, qui est farouchement opposé à la dissolution de l'ordre autrichien.
En France, Napoléon rencontre également l'opposition des membres de la Légion d'honneur, craignant la dévalorisation de leur décoration.. L'ordre des Trois-Toisons d'Or n'a, en définitive, jamais été officiellement distribué.
L'empereur prononce la dissolution de cet ordre mort-né le et la réunion de ces biens à ceux de la Légion d'honneur..
Organisation L'ordre est dirigé par un conseil composé : du Grand maître : Napoléon ; du Grand chancelier : Bernard-Germain de Lacépède, grand chancelier de la Légion d'honneur depuis le , nommé grand chancelier à titre provisoire15855. — Au comte de Lacépède,Grand chancelier de la Légion d'honneur, à Paris.Schœnbrunn, 24 septembre 1809.
Source . Celui-ci ne sera remplacé que le par le Général Andreossy. du Grand trésorier : Schimmelpenninck ; y participe aussi Berthier, major général de l'armée16210. — À M. Maret, Duc de Bassano,Ministre-Secrétaire d'État, à Paris.Paris. .
Source .
Rangs et Compositions Il devait être composé au maximum de : 100 Grands Chevaliers ; 400 Commandeurs ; 1000 Chevaliers.
Bénéficiaires L’Ordre impérial des Trois Toisons d’Or devait récompenser : Les soldats les plus méritants ; Les aigles surmontant les drapeaux et étendards des régiments ayant participé aux huit plus grandes batailles d'Ulm à Wagram sont : Ulm ; Austerlitz ; Auerstaedt ; Iéna ; Eylau ; Friedland ; Eckmühl ; Wagram. ; Les ; Les grands dignitaires de l'Empire ; Les présidents du Sénat ; Les ministres ; Les ministres d'État.
Selon le général Oudinot, cet ordre avait surtout pour but de récompenser l'ancienneté des services militaires, auxquels aurait cependant manqué l'occasion de se distinguer par des actions d'éclatSource :
.
Éligibilité
Exception faite des princes, des grands dignitaires de l’Empire, du président du Sénat, des ministres et des ministres d’État, l’Ordre ne devait être attribué qu’en période de guerre aux soldats les plus méritants.
Le Prince impérial seul a de droit la décoration en naissant : les ne peuvent la recevoir qu'après avoir fait une campagne de guerre, ou avoir servi pendant deux ans. Les grands dignitaires et les ministres peuvent être admis dans l'Ordre des Trois-Toisons d'Or lorsqu'ils ont conservé leur portefeuille pendant dix ans ; Les ministres d'État peuvent être admis dans l'Ordre après vingt ans d'exercice Les présidents du Sénat, lorsqu'ils ont présidé le Sénat pendant trois années. Les descendants directs des maréchaux qui ont commandé les corps de la Grande Armée, pourront être admis dans cet Ordre lorsqu'ils se seront distingués dans la carrière qu'ils auront embrassée. Aucune autre personne que celles ci-dessus désignées, ne peut y être admise, si elle n'a fait la guerre et reçu trois blessures. Pour être Grand Chevalier, il faut avoir commandé en chef, soit dans une bataille rangée, soit dans un siège, soit un corps d'armée, dans une armée impériale dite . Une décoration de Commandeur sera donnée à celui des capitaines, lieutenants ou sous-lieutenants de chaque régiment ayant fait partie de la Grande Armée, qui sera désigné comme le plus brave dans le régiment. Une décoration de Chevalier sera donnée au sous-officier ou soldat de chacun de ces régiments, ayant reçu au combat trois blessures au moins et qui sera également désigné comme le plus brave du régiment.
La nomination des Commandeurs ou Chevaliers des régiments sera faite par l'Empereur, sur la présentation qui sera adressée, cachetée, au grand chancelier de l'Ordre par le colonel, et concurremment par chacun des chefs de bataillon pour les régiments d'infanterie. L'Empereur prononcera sur ces présentations à la réunion des grands chevaliers de l'Ordre, qui aura lieu chaque année le , jour où toutes les promotions seront publiées.
Une lettre du général Compans, datée du , en explique le principe :
Les commandeurs et les chevaliers ne pouvaient plus quitter leur régiment, .
Des chevaliers potentiels
Au mois de , le général de brigade François Goullus sollicita son admission dans l'ordre des Trois-Toisons-d'Or, et sa demande, favorablement accueillie, fut renvoyée au grand chancelier. Le chef d'escadron Jean-François Jacqueminot fut proposé et prêta serment.
L'insigne Le baron Lejeune avait réalisé un dessin de l’insigne selon les desiderata de Napoléon, qui stipulait : Si plusieurs médaillistes et joailliers réalisèrent des modèles ; c’est celui du fabricant CoudrayCOUDRAY Orfèvre Joaillier des Ordres du Roi. Ci-devant vis-à-vis Henri IV. Chargé de la fabrication des Croix des ordres de St.Michel et du St.Esprit, de Saint-Louis, du Mérite militaire, de St.Lazare et autres. Demeure présentement Rue du Roule à la Fabrique des Croix de tous les Ordres du Roi. À Paris. s.d. (vers 1830). Source qui fut choisi par le Conseil d’administration de l’Ordre et présenté à l’Empereur. Rappelant dans ses grandes lignes le pendentif de l'ordre de la Toison d'or, l'insigne définitif, double face, en or, représentait trois dépouilles de bélier suspendues à un motif central comportant une pierre bleue de laquelle partaient de chaque côté des étincelles orangées. Ce motif était surmonté par un aigle couronné et aux ailes déployées.
La décoration devait se porter en sautoir par les Grands Chevaliers, et à la boutonnière par les Commandeurs et les Chevaliers.
Ruban L'insigne était suspendu à un ruban rouge avec de chaque côté deux raies dorées à du bord.
Uniforme Un uniforme, avec cuirasse d’or et casque, devait être porté par les membres de l’Ordre des Trois Toisons d’Or.
Bibliographie
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Ordres napoléoniens Ordres, décorations et médailles de la France ; Rubans des décorations militaires et civiles françaises Liste des décorations civiles Liste des décorations militaires
Liens externes .
Catégorie:Ordre honorifique de France Trois-Toisons d'Or Catégorie:Ordre napoléonien Catégorie:1809 en France Catégorie:1809 en Espagne Catégorie:Distinction fondée en 1809