Le Celtic est un paquebot britannique de la mis en service en 1901. Second navire de la compagnie à porter ce nom (le premier ayant été construit en 1872), il se démarque par sa taille en étant le premier navire surpassant le tonnage du . Il est le dernier navire commandé par Thomas Henry Ismay avant sa mort, en 1899. Sa grande taille (il peut transporter près de passagers) et sa vitesse très réduite mais économique (16 nœuds, tandis que les paquebots modernes naviguent alors en moyenne à 19/20 nœuds) inaugurent une nouvelle politique de la compagnie visant à privilégier la taille, le luxe et le confort, au détriment de la vitesse. Trois autres navires de conception presque similaire le suivent, le Cedric, le Baltic et lAdriatic. À eux quatre, ils deviennent célèbres sous le nom de .
Affecté à la ligne entre Liverpool et New York, le Celtic expérimente donc un mode de rotations plus lentes qu'à l'habitude, mais est également utilisé pour une longue croisière en 1902 qui rencontre un certain succès. En 1907, il est brièvement utilisé pour le compte de l' sur la ligne de Southampton, avant que la n'installe son propre service rapide sur cette route. Depuis Liverpool, les assurent un service lent mais plus économique, tant pour la compagnie que pour les passagers. Lorsque survient la Première Guerre mondiale, le Celtic est tout d'abord converti en croiseur auxiliaire. L'Amirauté conclut cependant rapidement qu'un tel navire n'est pas idéal pour ces fonctions, et le transforme en transport de troupes. Bien qu'ayant heurté une mine en 1917, il est réparé et poursuit sa carrière.
À partir de 1920, et après avoir subi une refonte réduisant son nombre de passagers, il reprend son service transatlantique qui n'est troublé que par quelques collisions. Cette carrière commerciale cesse cependant le : par forte mer alors qu'il approche de Cobh, le Celtic heurte des rochers et s'échoue. Si tous les passagers sont sauvés, la compagnie juge en revanche inutile de tenter de sauver le paquebot qui est démantelé sur place. L'opération dure jusqu'en 1933.
Histoire Conception et construction thumb|left|Lors de sa mise en service en 1901, le Celtic est le premier navire à dépasser le tonnage du Great Eastern, lancé plus de quarante ans auparavant.|alt=lithographie représentant le Great Eastern Après la construction de lOceanic mis en service en 1899, un jumeau lui est commandé par Thomas Henry Ismay, lOlympic. La mort d'Ismay, la même année, met cependant fin à la construction. Le Celtic est pour sa part le dernier paquebot commandé du vivant d'Ismay : il est difficile de savoir si ce projet se confondait avec lOlympic, où s'il s'agissait de deux projets distincts. Dans tous les cas, à la mort du président de la , tous les efforts des chantiers Harland & Wolff de Belfast sont tournés vers le second navire. Le paquebot répond à de tout nouveaux objectifs : avec lui, la compagnie abandonne définitivement la course à la vitesse et ne cherche plus jamais à remporter le prestigieux Ruban bleu, privilégiant la stabilité, le confort et les économies. Si ce changement est réellement inauguré par le Celtic, il a déjà été testé à plus petite échelle quelques années auparavant sur le Cymric. Le succès de la formule est suffisant pour que la en tire sa nouvelle ligne directrice pour les trois décennies qui suivent, jusqu'à sa disparition.
Le Celtic est donc conçu pour atteindre une vitesse moyenne de 16 nœuds, qui est celle qu'atteignaient les navires de la déjà presque trente ans plus tôt. En revanche, le paquebot, avec ses tonneaux de jauge brute, est le premier à dépasser la jauge du Great Eastern mis en service en 1860. Il est par ailleurs le premier navire à dépasser la barre symbolique des tonneaux « R.M.S. Celtic (II) », Great Ships. Consulté le 26 février 2014. Il tranche avec les précédents navires de la , célèbres pour leur forme longiligne, en affichant une largeur maximale de presque , autre record, tandis que sa longueur ne dépasse pas celle de lOceanic. Sa grande capacité de charge et son fort tirant d'eau obligent par ailleurs à draguer les chenaux menant à Liverpool en vue de son futur passage.
Le lancement du Celtic survient le , puis sa mise en état se fait rapidement, le navire étant remis à la le pour une traversée inaugurale devant avoir lieu à la fin du mois. La presse se montre alors sceptique devant l'énorme capacité du navire, capable de transporter près de passagers et plus de tonnes de marchandises : les journaux se demandent en effet comment le navire pourra être rempli. La ne partage pas ces craintes puisque, dans le même temps, un second navire bâti sur le même modèle est déjà en construction, le Cedric.
Débuts de carrière thumb|Deux ans après son entrée en service, le Celtic est rejoint par un premier jumeau, le Cedric.|alt=carte postale présentant le Cedric Le Celtic effectue sa traversée inaugurale le entre Liverpool et New York. Sa taille est telle que son temps de battement dans chaque port est d'une semaine, afin de permettre l'embarquement du charbon, des marchandises, et des passagers. Ceci combiné à sa vitesse moyenne de 16 nœuds confirme l'abandon de la course à la vitesse dans laquelle s'affrontent encore la et la . En , le paquebot est envoyé en Méditerranée pour une croisière de cinq semaines, avec à son bord 800 passagers, ce qui permet à la d'expérimenter ce moyen pour rentabiliser ses navires durant la morte-saison. Tandis que deux nouveaux navires le rejoignent en 1903 et 1904 (le Cedric et le Baltic, la carrière du Celtic n'est troublée à cette époque que par quelques incidents. Une collision survient ainsi sur la Mersey avec le vapeur Heathmore, le . Le paquebot en sort avec un trou dans sa coque, rapidement réparé. Quelques mois plus tard, il est également touché par un incendie mineur qui détruit une cargaison de coton dans sa cale. Le , la nuit de Noël est troublée par une vague scélérate qui heurte le navire et envahit une partie des installations de deuxième classe, endommageant notamment des panneaux de verre dans le fumoir, emportant avec elle une porte, et effrayant les passagers.
Malgré ces incidents, le Celtic est un franc succès : en , il établit un record en transportant de Liverpool à New York passagers (plus que sa capacité normale), ce qui est le record absolu de passagers transportés par un paquebot de la durant toute l'histoire de la compagnie. Outre ses jumeaux, les , le succès du Celtic inspire la construction, toujours par Harland & Wolff, de lAmerika de la compagnie allemande HAPAG, qui reprend son profil et ses caractéristiques, tout en étant légèrement plus rapide et surtout plus luxueux.
En avril et , alors que la est depuis plusieurs années englobée dans l', le Celtic est employé durant deux traversées par une compagnie sœur, l', qui l'utilise en remplacement du St. Paul sur la ligne de Southampton à New York. Durant cette période, le paquebot garde cependant les couleurs de sa compagnie d'origine. Durant l'été qui suit, c'est au tour de la d'ouvrir son propre service au départ de Southampton, avec ses navires express, le Majestic, le Teutonic et lOceanic, vite rejoints par le dernier des , lAdriatic. Le Celtic, ses deux autres jumeaux, et lArabic poursuivent pour leur part leur service lent au départ de Liverpool. L'arrivée de lOlympic sur la ligne rapide en 1911 permet à lAdriatic de rejoindre ses tandis que lArabic est transféré sur la ligne de Boston. Les poursuivent alors leur service en offrant aux passagers moins pressés des prix plus abordables que sur la ligne rapide, au départ de Southampton.
Première Guerre mondiale thumb|left|Le Celtic est utilisé pour transporter des troupes et du matériel durant la Première Guerre mondiale, ici à Brest en 1919.|alt=photographie du Celtic vu de face Au début de la Première Guerre mondiale, le Celtic fait partie des quatre navires de la qui sont convertis en croiseurs auxiliaires, avec le Cedric, lOceanic et le Teutonic. Destiné à effectuer des missions de patrouille en mer du Nord, il est armé de canons et rejoint la de croiseurs. Le Celtic est mis en service le . Il effectue sa première mission de patrouille le , sous le commandement d'un capitaine de la assisté par son ancien commandant civil, le capitaine Hambleton. L'Amirauté britannique prend cependant vite conscience de l'inutilité de tels navires, trop imposants pour remplir idéalement les missions qui leur sont confiées. Dès , le Celtic est donc retiré du service.
Il ne reste pourtant pas inactif : aussitôt après la fin de son service comme croiseur, il est transformé en transport de troupes, mission favorisée par sa grande taille qui lui permet d'embarquer un grand nombre de soldats et de bonnes quantités de matériel. Ses premières traversées, au début de 1916, l'emmènent entre Liverpool et l'Égypte. À partir du , il reprend finalement son service commercial entre Liverpool et New York. Le , alors qu'il se dirige vers l'Amérique et navigue au large de l'île de Man, il heurte une mine qui tue 17 personnes à son bord et ouvre une brèche dans une de ses cales. Malgré les dégâts, son capitaine, Bertram Fox Hayes, parvient à faire revenir le paquebot à , puis Belfast pour des réparations.
C'est durant ces réparations que le navire est réquisitionné dans le cadre du le . Avec ses jumeaux, il est affecté à des missions de transport de matériel depuis les États-Unis. Leur principale mission consiste à transporter du pétrole dans leur soute, chaque navire pouvant en transporter par voyage jusqu'à Liverpool, où il est récupéré pour approvisionner les navires de la . Ce service est également troublé : en mars 1918, le U-Boot UB-77 torpille le Celtic en mer d'Irlande « SS Celtic () », White Star Ships. Consulté le 16 juillet 2009. Six personnes sont tuées à bord, mais encore une fois, le paquebot ne coule pas, son équipage ayant décidé de l'échouer provisoirement « Celtic II of the White Star Line », Titanic-Titanic.com. Consulté le 16 juillet 2009. Il est remorqué à Liverpool et à nouveau réparé. Le , le gouvernement britannique le rend finalement à ses propriétaires, qui l'envoient aux chantiers Harland & Wolff afin de le remettre en état en vue de son retour sur la ligne de New York.
Retour en service commercial et fin de carrière thumb|Le Celtic échoué au large de Cobh. En 1920, après des travaux pour lui redonner ses décors d'origine, le Celtic reprend la mer sur la route Liverpool – New York « RMS Celtic II », Ayrshire Scotland. Consulté le 20 juillet 2009. Pour l'adapter aux nouveaux types de clientèle et à la baisse du nombre d'immigrants sur l'Atlantique Nord, sa capacité est fortement réduite à 350 passagers de première, 250 de deuxième et de troisième classe. Il connaît par la suite plusieurs incidents. Le , il heurte le Hampshire Coast en mer d'Irlande, sans subir de dégâts importants ; le navire côtier, en revanche, est plus sérieusement endommagé mais regagne le port sans sombrer « Celtic II », The Great Ocean Liners. Consulté le 9 juillet 2015. La même année, il perd une hélice dans le port de Boston et doit retourner à quai, forçant ses passagers à partir en train pour New York afin de prendre un autre navire.
Le , le Celtic est à nouveau impliqué dans une collision, cette fois-ci avec lAnaconda du , au large de Long Island. Les deux navires n'en sortent qu'avec des dégâts mineurs (deux cabines du pont C du paquebot sont détruites). La même année, alors que des navires plus récents sont mis en service sur l'Atlantique Nord, la réaménage le Celtic pour transporter passagers, tandis que sa première classe est convertie en classe cabine aux tarifs moins onéreux, pour tenir compte de sa faible vitesse.