Le Théâtre de Gennevilliers (T2G), souvent nommé T2G Théâtre de Gennevilliers (avec ou sans tiret), est un centre dramatique national emblématique situé 41, avenue des Grésillons à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine..
Il est dirigé collégialement depuis le par le metteur en scène et scénographe Daniel Jeanneteau, accompagné de Juliette Wagman et Frédérique Ehrmann.
Présentation vignette|left|Le T2G Théâtre de Gennevilliers en 2017. Établissement de référence des écritures contemporaines, le Théâtre de Gennevilliers accueille et produit depuis sa création des artistes majeurs de la scène française et internationale. Les plus grands acteurs, metteurs en scène mais aussi cinéastes et artistes de la fin du et du début du s'y sont notamment croisés : Jean Vilar, Maria Casarès, Jeanne Moreau, Stéphane Braunschweig, Sandrine Bonnaire, Oriza Hirata, Stanislas Nordey, Philippe Quesne, Anne Teresa De Keersmaeker, Joël Pommerat, Gisèle Vienne, Olivier Assayas, Bertrand Bonello, Joachim Lafosse, Christophe Honoré, Adèle Haenel, Mohamed Bourouissa…
En 2007, Pascal Rambert succède à Bernard Sobel à la direction de l'établissement, qui devient alors un centre dramatique national de création contemporaineThéâtre de Gennevilliers sur parisetudiant.com.. Nommé directeur le , Daniel Jeanneteau prend la suite de Pascal Rambert le . ; la direction devient collégiale.
Le projet actuel pense le théâtre comme un lieu de vie permanent, où la rencontre entre artistes et publics est au cœur du travail de création, ouvert à toutes les pratiques : théâtre, danse, arts visuels, arts performatifs Haut-lieu de la création théâtrale contemporaine d'Île-de-France, il possède 4 plateaux dont 2 espaces de répétition, ainsi qu'un toit-terrasse d'environ avec un jardin potager fournissant le restaurant.(une cantine gastronomique populaire). La hauteur sous grill de son plateau principal figure parmi les plus hautes de FranceVoir sur theatre2gennevilliers.com..
Histoire Projet de territoire et prémisses du théâtre À la fin du le territoire de Gennevilliers, jusque-là essentiellement consacré au maraîchage, connaît une croissance rapide de sa population due à l’essor des activités industrielles. Le quartier des Grésillons, site sur lequel est implanté le théâtre aujourd'hui, est occupé par une population défavorisée et manque cruellement d’équipements publics. En 1930, la municipalité décide d’y créer une halle de marché, inaugurée en 1936, et une salle des fêtes, inaugurée en 1938. Ces premières réalisations importantes sont l’un des points de départ décisifs des activités culturelles et artistiques publiques de la ville de GennevilliersVoir onglet Histoire sur theatredegennevilliers.fr..
Voté par la mandature du maire Étienne Douzet, le projet global prend une dimension plus emblématique avec l’arrivée au pouvoir, en 1934, de la municipalité communiste menée par Jean Grandel. Il s’agit de proposer, parallèlement à la vie du travail, les équipements et les structures nécessaires à la vie sociale et culturelle. Ce sont les débuts de ce que l'on appelle la « ceinture rouge » parisienne (en référence au communisme), où Gennevilliers rejoint Bagnolet, Clichy, Malakoff, Saint-Denis et Aubervilliers.
On doit à l’architecte Louis Brossard la conception globale du complexe dans lequel se trouve le théâtre aujourd’hui. Le chantier démarre en 1934 par la halle du marché et s’achève en 1938 avec l’inauguration de la salle des fêtes. Les deux ouvrages comptent parmi les plus grands d’Europe dans leurs catégories respectives. La halle d’un hectare est en ciment armé, inspirée des anciens hangars à zeppelins, avec un sous-sol et un rez-de-chaussée surélevé, deux étages et une terrasse. Par-dessus l’entrée de cette infrastructure d’allure futuriste est enchâssée la salle des fêtes, d’une capacité de mille cinq cents places. Son dessin et ses finitions sont confiés à l’architecte George Auzolle, qui reprend la direction des travaux pour cette partie de l’ouvrage et lui donne ses dimensions actuelles. Le bâtiment comprend alors déjà les deux rotondes vitrées et d’imposants escaliers, dont l’un est encore visible aujourd’hui, permettant l’accès aux salles situées à l’étage.
La halle accueille le marché hebdomadaire, désengorgeant ainsi l’avenue des Grésillons et la place Voltaire où il se trouvait auparavant. Mais elle sert aussi de lieu d’accueil pour des manifestations diverses. Après la Libération, plusieurs expositions industrielles, avoisinant les dix-mille visiteurs, s’y tiennent, dont la première dès . Meetings et réunions syndicales se succèdent et alternent avec des pièces de théâtre amateur et professionnel, des expositions temporaires, des manifestations sportives – plusieurs matchs de boxe mémorables y sont disputés – ou encore des opéras – on y donne Tosca et Carmen devant des salles combles.
Dans la première décennie d’après-guerre, l’histoire de la ville de Gennevilliers croise à trois reprises celle du Théâtre national populaire (TNP) de Jean Vilar. La salle des fêtes des Grésillons accueille une première fois la troupe de Jean Vilar du 3 au . Le TNP renouvellera l’expérience, sur des durées plus courtes, pour présenter, en 1954, Le Prince de Hombourg de Kleist et Dom Juan de Molière, puis en 1956, Macbeth de Shakespeare, et à nouveau un classique de Molière, L'Avare. Dans ces spectacles, on a pu voir à Gennevilliers jouer les comédiennes et comédiens Maria Casarès, Gérard Philipe, Jeanne Moreau, Philippe Noiret, Charles Denner…
De l'ensemble théâtral au centre dramatique national
L'impulsion de Bernard Sobel En 1963, Bernard Sobel arrive à Gennevilliers soutenu par la municipalité de l'époque. et installe sa troupe de théâtre fondée en 1964 à partir d'un collectif amateur. La troupe donne son premier spectacle professionnel en 1970 (Homme pour homme de Bertolt Brecht) dans ce qui est alors la « Salle des Grésillons ».. C’est la naissance de l’Ensemble théâtral de Gennevilliers.
Les premières activités de la troupe sont annoncées dans le quotidien La Voix populaire, et les inscriptions se font en mairie pour tous types d’activités ou d’animations en son sein. Le noyau dur comporte, autour de Bernard Sobel, Michèle Raoul-Davis et Yvon Davis (à l'assistanat et à la dramaturgie), Antoine Dutèpe (aux décors) ou encore Jacques Schmitt (aux costumes).
L’Ensemble théâtral de Gennevilliers reste amateur jusqu’au début des années 1970, où il est reconnu par le Ministère des affaires culturelles, et subventionné. Il s’appuie alors sur l’État pour payer ses artistes et quelques autres frais. Peu avant, en 1966, plusieurs aides ponctuelles avaient déjà été versées par la municipalité de Gennevilliers, et une convention est signée avec la mairie dans les années suivantes ; celle-ci s’engageait à financer une création par an, dans l’esprit d’une collaboration organique avec l’Ensemble.
En 1974 est créée la revue Théâtre/Public, conçue pour offrir un terrain de dialogue à tous les acteurs de la scène théâtrale, française et étrangère, dans l’idée de décloisonner les expériences et les points de vue. Elle est à ce titre financée par le théâtre depuis l’enveloppe allouée aux créations. Revue indépendante longtemps menée par Alain Girault, Théâtre/Public s’est aujourd'hui imposé et ce depuis plus de 45 ans comme un outil singulier, comptant parmi les plus importants à accompagner l’aventure théâtrale française et internationale. Toujours en activité, elle est actuellement dirigée par Olivier Neveux.
Lieu de création, de réflexion sur les implications de l'acte théâtral dans la cité (les premiers spectacles se jouent parfois hors de l'enceinte théâtrale), l’Ensemble Théâtral de Gennevilliers sera le tremplin de metteurs en scène de renom, comme Patrice Chéreau ou encore Bruno Bayen.
À cette activité s’ajoute en 1974 la création de l’Université populaire des Hauts-de-Seine avec la ville de Gennevilliers, ouverte le plus largement possible à l'activité des praticiens de tous horizons.
En 1977, l’Ensemble théâtral de Gennevilliers, devenu un élément moteur de la vie théâtrale en France et en Europe et un symbole de recherche et de rigueur, lance un appel auprès de l'État Français pour obtenir le statut de « centre dramatique national ». Le Théâtre de Gennevilliers devient en outre officiellement une société coopérative et participative, parfois également appelée en 1978.
Centre dramatique national En 1981, le ministre de la Culture, Jack Lang propose. à Bernard Sobel une mission de préfiguration de centre dramatique national (CDN), mesure qui s’intègre plus largement dans une politique de relance de la décentralisation théâtrale. Le CDN est officiellement inauguré le .
L’attribution du label est l’occasion de travaux importants, visant à améliorer la fonctionnalité du bâtiment et son affectation définitive en théâtre de création. En 1975, une seconde phase importante de travaux a lieu modifiant profondément l’aspect de la salle, avec l’installation d’un système de passerelles et de résilles métalliques sur les murs, en même temps que des gradins modulables. L’arrivée de ligne 13 du métro à Gennevilliers la même année, contribue à désenclaver le théâtre et à gagner un public plus large.
Dès la première programmation qui suit les rénovations, Bernard Sobel annonce que les deux salles seront en activité de manière alternée ou conjointe, six jours sur sept. La première saison du centre dramatique national de Gennevilliers ouvre un espace à la danse, avec la chorégraphe, performeuse et compositrice américaine Meredith Monk, ainsi que Bella Lewitzky et Steve Lacy.
Le théâtre prévoit également d’accueillir et soutenir dans ses murs le Théâtre Najtamer, dirigé par le comédien algérien Malek Eddine Kateb, qui présente des spectacles en langue arabe et assure un certain nombre d’interventions en milieu scolaire, ainsi que des veillées avec l’ensemble de la population. Un an après la fin des travaux, en 1987, le président de la République, François Mitterrand, s’invite comme spectateur à l’occasion de la mise en scène par Bernard Sobel du classique humaniste Nathan le sage, de Gotthold Ephraim Lessing.
Sobel et le collectif de travail qu'il a constitué ont assuré en un peu plus de quarante ans environ, quatre-vingt-dix mises en scène, dont plus d’une trentaine de créations en France, voire mondiales, puisant dans des répertoires très divers et révélant souvent des auteurs peu connus.
Durant la direction de Bernard Sobel, le Théâtre de Gennevilliers a accueilli, soutenu et est resté marqué par les artistes Bruno Bayen, Stéphane Braunschweig, Maria Casarès, Philippe Clévenot, Giorgio Barberio Corsetti, Richard Foreman, Marc François, Didier-Georges Gabily, Anouk Grinberg, Serge Merlin, François Tanguy, Bob Wilson… C’est en 1990 dans sa mise en scène de La Bonne Âme du Setchouan, de Bertolt Brecht, que Sandrine Bonnaire apparaît pour la première fois au théâtre, après des débuts remarqués au cinéma avec Maurice Pialat et Agnès Varda notamment.
Le Théâtre de Gennevilliers fait aujourd’hui partie des centres dramatiques nationaux majeurs qui émaillent le territoire françaisIl existe 38 centres en France..
L'art comme expérience avec Pascal Rambert L’auteur et metteur en scène international Pascal Rambert est nommé à la tête du Théâtre de Gennevilliers en 2007.. Il le transforme en centre dramatique national de création contemporaine.
Le Théâtre de Gennevilliers, nouvellement nommé par le sigle T2G (qui signifie également à ce moment-là ) devient dès lors un lieu de création dédié aux écritures contemporaines sous toutes leurs formes : théâtre, danse, musique, art contemporain, cinéma et philosophie ainsi qu'un point de rencontre, d’échanges et de débats pour le public et les artistes invités, bien au-delà du strict moment de la représentation.