Mory est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Morysiens. Sa population est de au recensement de , elle connait un pic de population en 1841 avec . La commune est membre de la communauté de communes du Sud-Artois. Elle s'inscrit dans les « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages.

Géographie Localisation Localisée dans le sud-est du département du Pas-de-Calais, Mory est une commune située, à vol d'oiseau, à au nord de la commune de Bapaume et à au sud de la commune d’Arras (chef-lieu d'arrondissement et préfecture du Pas-de-Calais)..

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de huit communes.

Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

La commune est située dans un vallon dépendant du bassin de la Sensée vers l'altitude moyenne de . Le sous-sol est formé par la craie blanche sénonienne recouverte de façon irrégulière par un manteau de limon. Un accident anticlinal se manifeste dans les couches crayeuses aux environs de Bapaume-Sapignies de façon que sur le territoire de Mory, ces couches sont inclinées vers le nord - nord-est.

L'hydrologie souterraine est réglée par l'allure des couches crayeuses et par l'orientation des petits vallons qui confluent vers Mory. C'est dire que les eaux souterraines tendent à se déplacer vers le nord - nord-est. En direction de Vaulx-Vraucourt, le sous-sol crayeux est à faible profondeur et le limon de surface est très argileux. Vers Écoust-Saint-Mein, le limon y est assez épais. Contre la route de Saint-Léger, il existe deux à trois mètres de limons filtrants qui sont uniquement constitués par des couches d'ergeron assez sableuses. En direction d'Ervillers, presque partout affleure la craie.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Artois-Picardie.. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de MoryLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Wancourt à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Paysages

La commune s'inscrit dans les « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)La DREAL distingue, dans la région Nord-Pas-de-Calais, quatre grandes familles de paysages : ceux du Haut Pays, Bas Pays, Littoraux et d'interface. Ces grandes familles de paysages comprennent ... Ces paysages, qui concernent , sont constitués de 80,36 % de cultures, de 8,01 % d'espaces artificialisés avec les communes principales de Cambrai, Caudry, Bapaume et Avesnes-le-Comte, de 7,25 % de prairies naturelles, permanentes, de 3,19 % de forêts et de milieux semi-naturels, 0,77 % de friches industrielles, de 0,38 % de cours d'eau et plan d'eau et de 0,04 % d’espaces industriels. Ces paysages sont dominés par les « grandes cultures » de céréales et de betteraves industrielles qui représentent de la surface agricole utilisée (SAU)..

Milieux naturels et biodiversité L’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) recense plusieurs espèces faunistiques et floristiques sur le territoire de la commune dont certaines sont protégées et d’autres menacées et quasi-menacées..

Urbanisme vignette|gauche|Une entrée de la commune. Typologie Au , Mory est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Arras, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (96,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (91,3 %), zones urbanisées (4,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,3 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

D'après l'historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Moiri en 1156 ; Moyri, Moiry au ; Mori en 1232 ; Mory en 1318 ; Morry en 1449 ; Moiry-Saint-Vaast en 1640. ; Mory en 1793 et depuis 1801.

Étymologie Première hypothèse : le mot celtique Mor signifie une position élevée. Ce village est d'une haute antiquité, comme tous ceux dont le nom atteste une origine celtiqueSource Harbaville. Deuxième hypothèse : Mory, peut provenir de mori, « petit marais ». Autre hypothèse : le nom du village proviendrait du nom d'une famille De Moiri qui était encore propriétaire des terres au . Cette hypothèse paraît être la solution la plus probable. Mory est le plus souvent une variante de Maury et peut représenter une aphérèse damory, variante d, , nom de personne d'origine germanique issu de (nom de rois Ostrogoths) et ric (puissant)..

Selon le linguiste Maurits Gysseling, Mory viendrait d'un anthroponyme gallo-romain : Maurius.

Histoire L'histoire de la commune de Mory peut être consultée dans le Dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais paru en 1873, en cliquant sur le lien ci-après.. Ancien Régime Il existait dans le village trois seigneuries : la première était détenue par l'abbaye d'Eaucourt, (Warlencourt-Eaucourt située au sud de Bapaume) ; la seconde appartenait au chapitre de l'église métropolitaine de Cambrai ; la troisième, qui était la plus importante, était séculière. La famille De Mory en était propriétaire. Elle portait les armes d'or à la fasce d'azur, chargée de trois molettes d'argent. En 1106 on y retrouve Stephanus De Mori. Le , Jacquemart De Mory vend un fief de deux razières de terre. Ide De Mory, héritière de cette famille, épousa Robert De Sains, seigneur De Longastre. Leur fille, aussi nommée Ide de Mory se maria avec Jean De Houchin, seigneur d'Annezin, panetier d'Antoine De Bourgogne, et porta la terre dans cette maison de Houchin, au , qui la conservera jusqu'à la Révolution. C'est ainsi que tous les Houchin portèrent, de père en fils, le titre de seigneur de Mory.

En 1557, la seigneurie était confisquée au sieur De Longastre. Il est fort probable qu'il devait exister une autre seigneurie appartenant à M. De Villers-Marquais. En 1757, la terre était revenue dans la famille des Houchin-LongastreSources : *Arch. dép. du PdC*Dict. Hist et Arch. du PdC*Ravet-Anceau*Collection Godin.

En 1306, le chevalier Jacquemon De Mory possédait un sceau rond de vingt millimètres représentant un écu chargée de trois mollettes (inventaire des sceaux de l'Artois et 473).

Carte de Cassini vignette|center|200px|Carte de Cassini du secteur vers 1750.

La carte de Cassini ci-dessus montre qu'au milieu du , Mory était une paroisse située près d'un cours d'eau aujourd'hui asséché.

Au nord, un moulin à vent en bois aujourd'hui disparu était en activité à cette époque .

Au sud-est, Valedon était une ferme importante qui n'existe plus actuellement tout comme la chapelle de Jésus flagellé.

Les troubles révolutionnaires En 1789, il y avait 487 habitants et 106 feux.

Mory dépendait du bailliage de Bapaume et suivait la coutume d'Artois. L'église paroissiale faisait partie du diocèse d'Arras, du doyenné de Bapaume, du district de Bucquoy. Son vocable était dédié à saint Vaast. Le chapitre de Cambrai présentait à la cure et valait 1000 livres.

Le 15 nivôse de l'an VIII, l'église fut vendue nationalement à François-Joseph Carlier de Béthune pour de l'époque et sera démolie. Le clocher fut préservé. Ce clocher auquel on lui donnait de hauteur passait pour être le plus élevé de toute la contrée.

Les personnes arrêtées durant cette période de tourmente sont : Bonnard, Demory Nicolas, Leroy, Levasseur, Peugnet, Vasseur et un autre Vasseur.

Théâtre d'opération de la bataille de Bapaume

Lors de la bataille de Bapaume, les Prussiens sont entrés sur le territoire de Mory, pour la première fois, le , avec environ 300 hommes appartenant au de ligne, ils étaient accompagnés de quelques hussards. Jusqu'au , les réquisitions furent journalières.

Au , l'Armée du Nord part de la région d'Arras pour se diriger sur Bapaume en quatre colonnes : à droite, les deux divisions du d'armée accompagnées par les généraux Derroja et Dufaure du Bessol partent par Bucquoy, Ablainzevelle, Achiet-le-Grand... ; à gauche, la du d'armée dirigée par le général Robin prend la direction de Mory et Favreuil ; au centre, par la route d'Arras, la division du d'armée du capitaine de vaisseau Payen file pour Bapaume.

Ce jour-là, vers dix heures et demie, les chasseurs des deuxième et vingtième bataillons et les marins déployés en tirailleurs commencèrent le feu.