vignette|Grand barrage (nord du Maroc).

L'agriculture est un secteur économique très important du Maroc.

Il génère environ 14 % du produit intérieur brutMAPM - L'agriculture marocaine en chiffres, 2014. (PIB), avec des variations importantes (11 % à 18 %) selon les années en fonction des conditions climatiques. Ses performances conditionnent en partie celles de l’économie tout entière, le taux de croissance du pays est fortement corrélé à celui de la production agricole.

Elle est le premier pourvoyeur d’emplois du Maroc, loin devant les autres secteurs économiques. Près de 40 % de la population marocaine vit de ce secteur..

Les céréales, cultivées sur 59 % des terres, sont la principale culture cultivée au Maroc..

L'agriculture a été fortement influencée par le Plan Maroc Vert, présenté en 2008 par Aziz Akhannouch. Celui-ci, qui a été Ministre de l'Agriculture pendant près d'une dizaine d'années, a piloté sa mise en œuvre.

Les politiques agricoles du Maroc sont parfois critiquées car elles encouragent l'exportation plutôt que l’autosuffisance, ce qui génère une forte pression sur les ressources en eau. L'agriculture marocaine est aussi frappée de plein fouet par le changement climatique et la situation devrait s'aggraver dans les années qui viennent.

Les ressources en eau sont évaluées à moins de , contre par habitant dans les années 1960. Elles devraient baisser sous à l’horizon de 2030.. Les experts du conseil Conseil Economique, Social et Environnemental appellent à « entreprendre des mesures urgentes».

Caractéristiques générales La surface agricole utilisée (SAU) est estimée à , ce qui ne représente que 12,25 % de la superficie totale du pays. Il convient toutefois de nuancer ce chiffre en soulignant l’importance des terrains de parcours (plus de vingt millions d’hectares), peu productifs, mais qui jouent un rôle non négligeable en zone pastorale pour l’alimentation des cheptels. vignette|gauche|Grand domaine agricole (région de Meknès). vignette|Petite agriculture à Boulmane du Dades, Haut Atlas. L’agriculture marocaine se caractérise aussi par la dualité de ses structures d’exploitations. Il existe, d’une part de petites exploitations (moins de ), majoritaires en nombre (70 %), mais couvrant seulement un tiers de la SAU, d’autre part de grandes à très grandes exploitations, en nombre limité, mais occupant une part importante de l’espace agricole. Une catégorie intermédiaire d’exploitations moyennes (de ) existe cependant.

Les petites exploitations, en général peu productives, sont handicapées pour leur développement. Elles sont tournées vers l’autoconsommation et le marché local. Leur poids économique global est faible, mais leur poids social est considérable. Les grandes exploitations ont des potentialités beaucoup plus importantes ; elles peuvent mettre en œuvre des technologies avancées et répondre aux exigences des marchés extérieurs. Cette dualité explique que les politiques agricoles conduites par le gouvernement marocain et les projets correspondants mis en œuvre dans le cadre du Plan Maroc Vert soient spécifiques à chacune de ces catégories . vignette|gauche|Grand barrage (nord du Maroc). vignette|Irrigation localisée : goutte à goutte. La question de l’eau est cruciale pour le développement de l’agriculture du pays. Il existe aussi dans ce domaine une dualité entre les zones irriguées et les zones d’agriculture pluviale. Le Maroc s’est très tôt orienté vers la création de grands barrages alimentant des périmètres irrigués qui représentent d’ha et qui contribuent de manière prépondérante à la production agricole. Aujourd’hui, on privilégie les ouvrages de petite hydraulique et on développe l’irrigation localisée, plus économe et donc plus adaptée à une période de changement climatique où la ressource en eau a tendance à se raréfier. Au cours des dernières années, près de irrigués en gravitaire ont été reconvertis en irrigation localisée.

Les zones d’agriculture pluviale (dites zones bour) demeurent cependant majoritaires en surface (83 % de la SAU), mais beaucoup moins productives car sévèrement affectées lors des années sèches.

Les principales productions végétales du pays sont constituées par les céréales (blé, orge), les agrumes (oranges, clémentines), les olives, les rosacées fruitières (amandes, pommes, abricots...), les dattes, les betteraves à sucre, les légumineuses alimentaires, les cultures maraîchères dont les pommes de terre et les tomates, fer de lance des exportations agricoles marocaines. L'élevage (ovin, caprin, bovin, camelin, avicole) constitue aussi une composante importante du secteur agricole en contribuant à hauteur de 30 % à sa valeur ajoutée.

Politique agricole

Libéralisation du secteur et accords de libre-échange La libéralisation du secteur agricole a commencé en 1985 sur la base des préconisations de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI)Cécile Raimbeau, « Colère des paysannes de l'Atlas marocain », Le Monde diplomatique, avril 2009 (extrait.. Cette orientation s'est mise en place progressivement par la suite.

Avec l'Union européenne(UE) un accord d'association signé en 1996 est entré en vigueur en 2000. Cet accord prévoit notamment la libéralisation progressive des échanges de produits agricoles et de la pêche. Les produits agricoles marocains sont ainsi soumis à l'entrée dans l'UE à des faibles droits de douane, mais seulement dans la limite de contingents stricts.

En 2008, le Maroc a bénéficié du « statut avancé » (intermédiaire entre association et adhésion) dans ses relations avec l’UE. Parallèlement, un accord sur le commerce bilatéral a été négocié, avec une entrée en vigueur le . Pour les produits agricoles, il prévoit une libéralisation immédiate de 45 % en valeur des exportations de l’UE vers le Maroc et de 70 % en dix ans. Pour les fruits et légumes, les produits laitiers, les oléagineux et les conserves alimentaires, la libéralisation est totale. En contrepartie, l’accès au marché européen est libéralisé immédiatement pour les produits agricoles marocains, mais sous conditions pour les plus sensibles d’entre eux. Ces derniers, comme la tomate, demeurent soumis à des quotas d’exportation et/ou à des prix d’entrée. Le système des prix d’entrée (prix en dessous duquel le produit marocain n’est pas autorisé à l’entrée) fait l’objet bien souvent d’âpres négociations entre les deux parties.

Plan Maroc Vert Le gouvernement marocain, sous l'impulsion de l'ancien ministre de l'agriculture marocain Aziz Akhannouch, a lancé, en , un ambitieux programme dénommé « Plan Maroc Vert » (PMV) qui replace l'agriculture au rang des premières priorités du pays. Ce plan définit la politique agricole du royaume pour les dix ans à venir. L'objectif premier est de faire de l’agriculture un secteur performant apte à être un moteur de l’économie tout entière. Le deuxième objectif est de lutter contre la pauvreté et de maintenir une population importante en milieu ruralMinistère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt - Les Politiques agricoles à travers le monde : quelques exemples, 2014..

Dans ce but, le PMV repose sur deux piliers : vignette|Développement du secteur oléicole. Le pilier I vise à développer une agriculture productive à haute valeur ajoutée en grande partie tournée vers l’exportation. Toutes les filières agricoles sont concernées, mais plus particulièrement celles ayant des potentialités de développement élevées comme les agrumes, les cultures maraîchères et l'oléiculture. Les projets mis en œuvre visent à augmenter les surfaces cultivées, à améliorer la productivité et la qualité des produits et à obtenir des gains de parts de marché à l'exportation. Ces projets font appel à l'investissement privé complété par des aides publiques.

vignette|Petite agriculture avec cultures en terrasse, Haut Atlas. Le pilier II vise à l'accompagnement solidaire de la petite agriculture. Il s'agit d'améliorer les revenus des exploitants agricoles les plus fragiles, en particulier dans les zones défavorisées. Il est prévu d'affecter des fonds publics à des projets socio-économiques pouvant concerner plus de . À titre d'exemple, certains projets concernent la constitution de petites coopératives « agrégeant » de petits exploitants qui peuvent bénéficier ainsi d'un encadrement technique, de débouchés pour leurs produits et éventuellement de financements.

Les nombreux projets lancés dans le cadre du PMV sont gérés par l’Agence pour le développement agricole (ADA) créée en 2009 pour mettre en œuvre la stratégie adoptée par le gouvernement en matière de développement agricole. Ces projets bénéficient par ailleurs de l’appui technique de diverses institutions ayant une mission de développement ou de vulgarisation agricole, notamment les services déconcentrés du ministère de l’agriculture (Directions régionales et provinciales de l’agriculture), les Offices régionaux de mise en valeur agricole (ORMVA) opérant dans les périmètres irrigués et l’Office national du conseil agricole (ONCA) nouvellement créé. Les organisations professionnelles agricoles, en particulier les associations de producteurs des différentes filières, sont partie prenante ; elles sont associées à la conception des projets et à leur mise en œuvre. Les organismes de recherche et les établissements d’enseignement agricole jouent également un rôle important à ce niveau de par leur contribution aux innovations technologiques et à la mise à niveau des compétences des ressources humaines, en premier lieu des agriculteurs.

La structuration des filières agricoles repose également sur des organisations professionnelles sectorielles, qui représentent les producteurs ou les acteurs de la transformation. À titre d’exemple, la filière agrumicole est organisée autour de plusieurs associations, dont l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (ASPAM), l’Association des conditionneurs d’agrumes du Maroc (ASCAM) et l’Association marocaine des producteurs de plants d’agrumes certifiés (AMAPAC).

Selon le ministère de l'Agriculture et de la Pêche Maritime, le PMV a déjà produit des résultats encourageants pour plusieurs filières de production . Mais il fait aussi l'objet de critiques de la part de certains analystes. Ces critiques portent principalement sur le déséquilibre entre le pilier I (privilégié) et le pilier II, la dimension excessivement productiviste de beaucoup de projets qui négligent les questions environnementales, et la non prise en compte de la situation de certaines catégories de ruraux pauvres, notamment les ouvriers et ouvrières agricoles dont les conditions de travail demeurent très difficiles (bas salaires, absence fréquente de protection sociale)N. Akesbi, Une nouvelle stratégie pour l'agriculture marocaine : le Plan Maroc Vert, New Medit, février 2012.. La situation des ouvrières saisonnières qui viennent des régions défavorisées pour travailler dans les grandes exploitations est un problème particulièrement sensible. Sur certaines exploitations, leurs droits ne sont pas respectés, ce qui a été dénoncé à plusieurs reprises par divers observateurs.

Consommation d'eau Le Plan Maroc Vert (PMV) et sa mise en œuvre sont très critiqués pour leur impact sur les ressources hydriques.. Depuis son lancement, le Maroc connait une hausse des cultures d'exportation fortement consommatrices en eau..

Génération Green