Khalifa Sall, né le à Louga (Sénégal), est un homme politique sénégalais, membre du Parti socialiste, plusieurs fois ministre sous la présidence d'Abdou Diouf, maire de Dakar de 2009 à 2018.
Biographie
Origines et études Khalifa Ababacar Sall naît à Louga de parents commerçants. Il a grandi à Dakar dans le quartier de Grand Yoff. Il a fréquenté l'école primaire Mor Fall. Il poursuit ses études au Lycée Blaise Diagne où il obtient son baccalauréat. Il s'inscrit à la faculté des lettres au département d’Histoire et de Géographie à l'université Cheikh-Anta-Diop.
Entre-temps, il a enseigné comme professeur d’Histoire-Géographie de 1981 et 1982. En 1983, il obtient une Maitrise d'histoire, puis une Maitrise en droit constitutionnel en 1987.
Évolution dans la société Marqué par les manifestations ouvrières, étudiantes et lycéennes de au Sénégal, il embrasse très tôt la politique, et se rallie à l'Union progressiste sénégalaise (UPS) au pouvoir, ancêtre du Parti socialiste.
En 1969, à l’âge de , il devient membre de l'Union des jeunes progressiste sénégalais (UPS), devenu plus tard le Parti socialiste. La réforme du parti est intervenue en 1982, qui passe du directoire national au bureau national des jeunes socialistes, ce qui profite à Khalifa Sall dont le patron Amadou Cire Diallo ne peut plus exercer la fonction.
En 1983, c’est à Kolda qu’il est nommé à la tête des jeunes socialistes, ce dernier qu’il dirige jusqu’au congrès en 1996. Il engage un combat pour leur indépendance afin d’intégrer les jeunes dans le bureau politique du parti socialiste. Il était alors encore membre du comité central. Par la suite, il est devenu le secrétaire général de la de Dakar, l’Union régionale des jeunesses socialiste du Cap vert.
En , il est nommé ministre délégué auprès du premier ministre. En 1996, il devient secrétaire national à l’élection du parti socialiste. Au congrès de 2007, il est secrétaire national a la vie politique.
Carrière politique En 1983, à la faveur des élections générales, il devient député à l’Assemblée nationale, l’un des plus jeunes de cette législature marquée par la présence de plus en plus imposante de l’opposition dirigée par Abdoulaye Wade. vignette C’est parce que Khalifa Sall a hérité, entre-temps, du très stratégique poste de secrétaire national des Jeunesses socialistes, conduit à l’époque par Djibo Leïty Kâ en tant que chargé de l’encadrement des jeunes, avec des membres comme Gorgui Sène, Boubacar Thioube et Babacar Sadikh Seck.
De 1984 à 2001, il est adjoint au maire de Dakar, Mamadou Diop. En parallèle, il reste député jusqu’en 1993 comme membre du bureau, année au cours de laquelle il entre au gouvernement comme ministre délégué auprès du premier ministre chargé des relations avec les Assemblées« Différents Secrétaires d’États et Ministres délégués du Sénégal de 1959 à 2014 », Dakar Actu, . en succédant à ce poste à Coumba Ndoffène Bouna Diouf.
Il occupera ce poste jusqu’en 1998 et devient alors ministre du commerce et de l'artisanat du dernier gouvernement du président Abdou Diouf dirigé par Mamadou Lamine Loum, son conseiller « économie et finances » à la mairie de Dakar.
Il est le premier maire de la nouvelle commune d’arrondissement de Grand Yoff, de 1996 à 2000.
Après l’alternance politique, intervenue en , au Sénégal, Khalifa Sall met son expérience et son expertise, au service de plusieurs pays de la sous-région africaine, notamment, sur des questions électorales, renforcement des capacités et prérogatives des parlements. C’est ainsi qu’il a été membre actif du Dialogue inter congolais et représente au niveau africain du Réseau parlementaire, sur la Banque mondiale et l’Association des Parlementaires Européens, pour l’Afrique.
Élections municipales de Dakar de 2009 vignette|Khalifa Ababacar Sall, maire de Dakar. Le , Khalifa Sall est ainsi élu maire de Dakar. S’inspirant des conclusions des Assises Nationales prônant une gestion inclusive et participative, il fait de la transparence son cheval de bataille, déclinée autour de deux axes majeurs : la bonne gouvernance avec l’objectif d’un service public municipal de qualité rendu aux citoyens suivant les standards les plus élevés de la transparence ; et la démocratie participative au moyen de nouvelles dynamiques inclusives afin de créer des cadres de mobilisation d’une citoyenneté active et vigilante. « Chacun de nous peut assumer le bilan de l’équipe. Le maire à lui seul ne peut rien faire. La gestion est inclusive. Je ne suis qu’un animateur, je ne suis même pas le dirigeant» dit-il.
Démarche inédite et une première au Sénégal, le maire a ainsi publié sa déclaration de patrimoine devant un jury d’honneur composé, entre autres, des figures emblématiques que sont Amadou Makhtar Mbow, Cheikh Hamidou Kane, Mouhamadou Mbodj du Forum civil. L’autre empreinte de transparence a été l’ouverture au public des délibérations du Conseil municipal.
Son action se construit autour de projets structurants : la réhabilitation d’un cadre éducatif sain pour les plus jeunes, le redressement des plateaux techniques de structures sanitaires et leur extension, la mise en place d’un cadre social pour les moins nantis, la construction d’infrastructures et la valorisation du cadre de vie et la création de pôles culturels destinés à la formation et production d’art. Il a également fait montre d’un courage exceptionnel dans le recasement des ambulants. Sous son magistère, la ville de Dakar accueille avec fort succès le sommet Africités en 2012.
Il a également participé à plusieurs missions d’observations de l’Union africaine, sur les élections en Afrique. Il a été le secrétaire général de l’AIMF (Association internationale des maires francophones) et le président de Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA).
Khalifa Sall a également des fonctions à l’échelle internationale depuis 2014, il est le secrétaire général de l’association des maires francophones, de plus il fut élu président de Citi alliance en 2016. Selon Khalifa Sall les repris par l’agence de presse sénégalaise, Khalifa Sall invite les populations à prendre leur destin en main.
Il devient citoyen d’honneur de la ville de Montréal, sous la mandature de Denis Coderre.
Élections municipales de Dakar de 2014 Khalifa Sall est réélu maire de Dakar, battant Aminata Touré dans la localité de Grand Yoff. Khalifa Sall dirige la coalition Taxawu Dakar, qui gagne 15 des de Dakar« Sénégal : et si l’incarcération de Khalifa Sall faisait de lui le champion de l’opposition », Le Monde, ..
Haut conseil des collectivités territoriales En , le mouvement de Khalifa Sall remporte l'élection du haut conseil des collectivités territoriales de Dakar.
Procédure judiciaire Arrestation et inculpation La nuit du 7 au , Khalifa Sall est placé en détention avec cinq de ses collaborateurs pour détournement de fonds publicsNouvelle convocation du maire de Dakar, sur fond d’agitation dans son fief de la capitale, Le Monde, .. Cette arrestation fait suite à la conférence de presse du , au cours de laquelle le procureur Serigne Barissou Guèye avait annoncé qu'une information judiciaire allait être ouverte contre Khalifa Sall : un rapport de l'Inspection générale d’État (IGE) fait état d'un détournement d'un montant d' de francs CFA qui auraient été de la ville de Dakar ..
L'arrestation de Khalifa Sall provoque l'émoi de ses soutiens. Plusieurs incidents prennent place à Grand Yoff en signe de protestation.
L'instruction est close au début du mois d'avril, moins d'un mois après son ouvertureSénégal : clôture de l’instruction dans l’affaire Khalifa Sall, Jeune Afrique, .. Khalifa Sall est inculpé pour : association de malfaiteurs, complicité de faux et usage de faux en écritures privées de commerce, faux et usage de faux dans des documents administratifs, détournement et escroquerie aux deniers publics et blanchiment de capitaux..
Face aux allégations de la défense, qui pense que , le pouvoir sénégalais se défend de toute instrumentalisation judiciaire.
Caisse d'avance L'ensemble des charges retenues contre Khalifa Sall et ses collaborateurs sont liées à la caisse d'avance de la ville de Dakar. Cette caisse d'avance doit servir à couvrir des dépenses urgentes. Pendant des années, cette caisse d'avance aurait servi de « fonds politiques » à « la disposition discrétionnaire des élus ».. Des fonctionnaires se seraient ensuite chargés de créer des faux documents comptables - comme des faux procès-verbaux accusant la réception et le paiement de riz et de mil, afin de régulariser la situation d'un point de vue comptable. La défense de Khalifa Sall a reconnu la signature de factures par Khalifa Sall mais avance qu'il s'agit d'une pratique comptable ancienne dont il a hérité..
Soutien populaire et élections de
Élections législatives de Bien que le parti socialiste soit membre de la coalition autour du président Macky Sall, Khalifa Sall est en dissidence dans son parti et au sein de la majorité. Comme annoncé, il présente sa propre liste de candidats d’opposition aux législatives du . Malgré sa détention, Khalifa Sall est élu député.
Levée de l'immunité parlementaire En , le Parquet de Dakar demande à l'assemblée nationale de lever l'immunité parlementaire de Khalifa Sall. Élu député le , Khalifa Sall pouvait en effet en théorie se prévaloir de l'immunité. La demande du parquet surprend car en , ce même parquet avait refusé la mise en liberté de Khalifa Sall, arguant que Khalifa Sall ne pouvait se prévaloir d'une immunité parlementaire de député car celle-ci n'avait été acquise que quatre mois après son arrestation.
Le , l'Assemblée nationale du Sénégal lève l'immunité parlementaire de Khalifa Sall, avec pour et contre..
En , les avocats de Khalifa Sall ont déposé une demande de libération provisoire sous cautionnement, devant le doyen des juges d'instruction du tribunal de Dakar..
Procès
Position de la défense
Position de l'accusation
Réquisitoire Le procès de Khalifa Sall se termine le . Le procureur requiert sept ans de prison ferme et une amende de de francs CFA (l'équivalent de d'Euros) contre Khalifa Sall et Mbaye Touré, le directeur administratif et financier de la ville de Dakar..
Verdict Le verdict est rendu le . Khalifa Sall écope d'une peine de prison de cinq ans. Cette condamnation pourrait priver Khalifa Sall de ses droits civiques et l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de . Le procès reprend en , afin de traiter la demande de libération formulée par les avocats de Khalifa Sall et également décider comment intégrer dans la procédure l'arrêt de la cour de la Cédéao, arrêt qui indique que le maire n'a pas eu le droit à un procès équitable et qui provoque de vives tensions au sein de la classe politique sénégalaise..
Le , la Cour d'appel confirme la culpabilité ainsi que la condamnation à cinq ans de prison. Le lendemain, le président Macky Sall révoque Khalifa Sall de ses fonctions de maire de Dakar par décret présidentiel..
En , sa condamnation à cinq ans de prison est confirmée par la Cour suprême, et il dépose à la suite de cela son dernier recours. Il est également radié de son poste de député..
Khalifa Sall retrouve ses droits politiques Le , il est gracié par le président Macky Sall..