Pont-Melvez est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Géographie Pont-Melvez est une commune située en Argoat, à l'est des Monts d'Arrée, entre Guingamp et Carhaix. La partie amont du fleuve côtier Léguer, qui a sa source à la limite des communes voisines de Bourbriac et Maël-Pestivien, longe la limite sud, puis ouest, de la commune : son altitude est de à sa sortie du territoire communal, alors que l'altitude la plus élevée rencontrée dans le finage communal est de entre Ty Person et Lein Pente. Le ruisseau de Rond ar Hord (nom que porte la partie amont du ruisseau du Bois de la Roche, affluent de rive gauche du Trieux) limite la partie orientale de la commune, et son propre affluent le ruisseau du Dourdu sa partie nord-est. La commune présente un paysage de bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux (les principaux étant Le Gollot, Guerduel, Kerfubu, Keranfouler, Keranquitton, Goscaër, etc.) et fermes isolées. Son éloignement de toute ville importante explique qu'elle ne présente aucune trace de rurbanisation, ni de périurbanisation.

La commune de Pont-Melvez est traversée dans sa partie nord-ouest par la route départementale 787 (ancienne route nationale 787), ainsi que par la ligne ferroviaire de Guingamp à Carhaix (Pont-Melvez dispose d'une halte).

Deux sites d'éoliennes sont présents sur le territoire communal, l'un à l'est et au nord-est du bourg (8 éoliennes), l'autre au nord de la commune (7 éoliennes).

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Léguer, le Bois de la Roche, le Bodeillo., le Dour Traou Breuder. et le ruisseau du Dourdu...

Le Léguer, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Bourbriac et se jette dans la baie de Lannion en limite de Lannion et de Trédrez-Locquémeau, après avoir traversé ..

Le Bois de la Roche, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Trieux à Ploumagoar, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Pont-MelvezLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Pont-Melvez est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (97,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (97 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (65,8 %), zones agricoles hétérogènes (30,3 %), forêts (1,8 %), zones urbanisées (1,1 %), prairies (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Penmaelvas en 1182, Pons Melveyus fin du , Pomelveu en 1420, Pont Melveu en 1427, Pontmelveu et Pontmelve en 1433, Pontmelve en 1461 et en 1496, Pont Melveu en 1513, Pont Melve en 1581Bernard TANGUY : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor. 1992..

Pont-Melve en breton.

Son nom vient du mot Pont (sur le Léguer) et l'anthroponyme Maelvas..

« Le nom de Pont-Melvez, noté Penmaelvas dès 1182 dans une charte énumérant les possessions des Templiers en Bretagne. il présente sans doute, comme nombre d'autres noms de lieux de ce document apocryphe, une transcription fautive. Même si les éléments pen et maelvas ont des correspondants dans le breton penn (tête, bout) et l'anthroponyme Maelvas ».

Histoire

Origines

Pont-Melvez est issu d'un démembrement de l'ancienne paroisse de l'Armorique primitive de Bourbriac..

Les Templiers et les Hospitaliers

La paroisse de Pont-Melvez fut, à partir du le fief des Templiers (surnommés "moines rouges"), puis des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La commanderie de Pont-Melvez figure en 1182, sous le nom de Penmaelvas parmi les biens des Chevaliers du Temple. Aucun vestige de leur commanderie ne subsiste (mais un lieu-dit de la commune s'appelle "La Commanderie"), mais on peut encore voir une croix très particulière, dénommée croaz ru ("croix rouge") car on suppose qu'elle était par le passé peinte en rouge en hommage aux Templiers .

Les terres dépendant de la commanderie de Pont-Melvez étant très étendues, plusieurs sièges de juridiction existaient : La Feuillée, Quimper, Le Croisty, Maël et Loc'h, Pont-Melvez, Saint-Jean-du-Temple et Le Palacret. Cette juridiction s'exerça à Guingamp entre 1440 et 1626, puis au Palacret. À partir de 1690, un arrêt du Parlement de Bretagne la situe alternativement (une quinzaine sur deux) au Palacret et à Pont-Melvez..

La région de Pont-Melvez est réputée posséder un nombre élevé de roux et rousses. La légende dit qu'il s'agirait de descendants des Templiers qui étaient les seigneurs du village et disposaient à ce titre du droit de cuissage. Bien entendu, la véracité de cette hypothèse est douteuse.

L'église paroissiale, édifiée au par les Hospitaliers, est consacrée à saint Jean-Baptiste. Mais on trouve aussi dans le cimetière une statue du de saint Jean l'Évangéliste.

La cure de Pont-Melvez était soumise à la présentation du commandeur du Palacret habitant à La Feuillée, le choix du curé devant être approuvé par l'évêque de Tréguier; le recteur était généralement choisi parmi les prêtres originaires de Pont-Melvez.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Pont-Melvez en 1778 :

Révolution française

Le cahier de doléances de la paroisse de Pont-Melvez a été conservé. ; il contient notamment des plaintes des paroissiens à propos des quévaises, qui parlent même de « lois barbares » : « Nous sommes seuls sous l'usement fatal de quevaise, sous lequel nous gémissons depuis plusieurs années sans jamais avoir pus nous affranchir et nous rendre libres sous l'usement commun de cette province (...) Le seigneur se porte même héritier par ledit droit de réversion aux Quevaisiers qui meurent sans hoirs de corps [héritiers] » écrivent-ils demandant aux députés de « vouloir bien (...) obtenir la suppression entière de notre usement si odieux de quévaise ». Pont-Melvez comptait alors 108 tenues (quevaises) réparties dans ses 23 villages.

Charles-Julien Le Bivic était recteur de Pont-Melvez depuis 1783 lorsque survint la Révolution française ; il refusa d'abord de prêter serment à la Constitution civile du clergé avant de se raviser et de le faire le , de même que son vicaire, François Mahé. Il fut fusillé par des Chouans le 2 ventôse an IV () près de la croix dite Craos Bodic, située entre le Gollot et le bourg. Selon les auteurs du livre "Le diocèse de Saint-Brieuc pendant la période révolutionnaire : notes et documents", « la paroisse de Pont-Melvez se signala entre toutes les autres par son acharnement à poursuivre et à persécuter le clergé »"Le diocèse de Saint-Brieuc pendant la période révolutionnaire : notes et documents. 1", 1894-1899, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k939839z/f35.image.r=Melvez?rk=107296;4.

Le

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Pont-Melvez en 1845 : « Pont-Melvez : commune formée par l'ancienne paroisse de ce nom; aujourd'hui succursale. Géologia : constitution granitique. On parle le breton »A. Marteville et P. Varin, "Dictionaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1845, consultable https://books.google.fr/books?id=9o8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjU2Y3x5uHnAhVJXRoKHRKNDFEQ6wEIKzAA#v=onepage&q=Pont-Melvez&f=false.

Le

La Belle Époque L'inventaire des biens d'église en 1906 donna lieu à quelques tensions à Pont-Melvez en .

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Pont-Melvez porte les noms de 99 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 10 sont morts en Belgique) dont quatre (Guillaume Morvan à Maissin ; Eugène Grimault à Ham-sur-Sambre ; François Govet, Adolphe Jegou et Joseph Magoarou à Langemark) dès 1914 et cinq en 1915 (Julien Auffret et Yves Bourges à Ypres ; Yves Le Meur et Joseph Thomas à Het-Sas (près d'Ypres) ; François Cadiou à ) ; trois (Jean Connan, François Guillou et Yves Hamon) alors qu'ils étaient en captivité en Allemagne ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français..

L'Entre-deux-guerres

La Seconde Guerre mondiale Le monument aux morts de Pont-Melvez porte les noms de 11 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles, Joseph Connan, soldat au de dragons portés, tué le à Tétange (Luxembourg) ; Pierre Ropars, soldat au d'infanterie, est mort des suites de ses blessures le au sanatorium (transformé en hôpital) de Zuydcoote (Nord) ; Jean Loussouarn, résistant FTPF, membre du maquis de Goas-Hamon (en Senven-Léhart), a été fusillé par les Allemands le à Servel ; Jean-Baptiste Connan, soldat au d'infanterie, est mort en captivité en Allemagne le .

L'après Seconde Guerre mondiale Deux soldats originaires de Pont-Melvez (Yves Henry, le et Yves Vincent, le ) sont morts pour la France pendant la guerre d'Algérie.