Francesco Antonio Faccio, dit Franco Faccio, né le à Vérone et mort le à Monza, est un chef d'orchestre et compositeur italien.
Formé au conservatoire de Milan, où il se lie d'une amitié durable avec Arrigo Boito, il appartient au mouvement de la Scapigliatura, qui entendait renouveler le théâtre lyrique italien. Il compose deux opéras : (1863), dont la création suscite de vives discussions, et (1865), sur un livret de Boito d'après Hamlet de Shakespeare.
Engagé en 1866 chez les garibaldiens aux côtés de Boito, il devient professeur au conservatoire de Milan en 1868, puis chef d'orchestre de La Scala à partir de 1871, fonction qu'il exerce jusqu'en 1889.
Ses exécutions des ouvrages de Verdi font autorité : il dirige à La Scala la première italienne dAïda en 1872, la version révisée de Simon Boccanegra et la création mondiale dOtello le .
Oublié comme compositeur, il fait l'objet d'un regain d'intérêt depuis la reprise d' au festival de Bregenz en 2016.
Biographie
Origines et formation
Francesco Antonio Faccio naît à Vérone le , dans le quartier de San Lorenzo, de Giovanni Faccio, copropriétaire d'un hôtel, et de Teresa Carezzato.
Il reçoit ses premières leçons de l'organiste Giuseppe Bernasconi puis de Gaetano Costalunga, avant d'être admis au conservatoire de Milan le . Il y travaille auprès de et d'Alberto Mazzucato et obtient dès la première année des mentions en harmonie, contrepoint et composition.
C'est au conservatoire qu'il noue avec Arrigo Boito, son cadet de deux ans, une amitié durable.
Premières œuvres et la Scapigliatura
Franco Faccio compose avec Arrigo Boito deux cantates patriotiques, (1860) et (1861), dans l'esprit du mouvement en faveur de l'unification italienne.
En 1863, il fait ses débuts à La Scala avec , sur un livret d'Emilio Praga, où il cherche à dépasser les conventions stéréotypées du théâtre musical en adhérant à l'esthétique de la Scapigliatura. L'ouvrage suscite des discussions.
Le banquet donné à cette occasion est resté célèbre : Boito y lit une ode dont certains vers offensent Giuseppe Verdi, qui refusera de collaborer avec lui.
Deux ans plus tard paraît , créé au Théâtre Carlo-Felice de Gênes le sur un livret de Boito. Suivent des pièces symphoniques, un quatuor et des romances.
En 1866, Franco Faccio s'engage chez les garibaldiens avec Arrigo Boito et d'autres membres du conservatoire.
Chef d'orchestre
De 1866 à 1868, Faccio effectue une tournée en Scandinavie comme chef symphonique. Il devient professeur au conservatoire de Milan en 1868, puis succède en 1871 à Eugenio Terziani à la tête de l'orchestre de La Scala.
Verdi, réconcilié avec Boito par l'entremise de Giulio Ricordi, tient Faccio pour le chef qui convient à l'orchestre scaligère et lui confie les créations milanaises de ses ouvrages. Il dirige ainsi la première italienne d'Aïda en 1872, la version révisée de Simon Boccanegra, puis la création mondiale d'Otello, le , où il partage les honneurs avec Verdi et Boito.
Il dirige également le de Boito à Milan, Trieste, Barcelone et Venise. Le , il dirige à La Scala pour la millième fois.
Dernières années
Faccio abandonne son poste en 1889 pour raisons de santé.
En 1890, sur le conseil de Verdi, il accepte la direction du conservatoire de Parme, mais son état se dégrade au point que Boito doit le remplacer.
Il meurt le . Boito annonce sa mort à Verdi par télégramme, et lui écrit que seule la mort pouvait le guérir, et qu'elle l'a véritablement guéri. Ses obsèques, à l'église San Gerardo de Monza, ne réunissent que quelques amis ; il est inhumé au cimetière monumental de Milan.
Amleto
Création
L'ouvrage, en quatre actes, est créé au Théâtre Carlo-Felice de Gênes le , avec le ténor dans le rôle-titre. Une version révisée est donnée à La Scala en .
Redécouverte Après l'oubli, l'ouvrage reparaît dans l'édition critique établie par Anthony Barrese, et le festival de Bregenz le monte en 2016 dans une mise en scène d'Olivier Tambosi, sous la direction de Paolo Carignani.
Le site Ôlyrix en propose un argument détaillé en français.
Réception critique
Les exécutions verdiennes de Faccio étaient tenues pour les plus authentiques de son temps.
Son œuvre de compositeur a suscité des appréciations divergentes. Rendant compte en 2016 de la reprise de Bregenz, Forum Opéra juge que la musique fait penser au jeune Verdi sans en avoir les éclats, et que les personnages manquent de profondeur musicale et dramatique ; la revue y voit la cause probable de l'oubli de l'ouvrage, qu'elle rapproche des petits maîtres de la même époque et dont le réveil lui paraît relever de la curiosité plutôt que de la découverte majeure.
Dans une chronique consacrée à l'enregistrement de cette production, la même revue porte un jugement plus favorable : elle tient le livret de Boito pour aussi bien construit que ceux qu'il écrira pour Verdi et estime que la musique, sans être celle d'un génie, ne manque ni de puissance ni d'efficacité, et que l'ouvrage aurait des atouts pour revenir dans les théâtres.
Œuvres
+ Ouvrages lyriques et cantates Année Titre Genre Texte Création 1860 Cantate patriotique Arrigo Boito Conservatoire de Milan 1861 Cantate Arrigo Boito Conservatoire de Milan 1863 Opéra Emilio Praga Milan, La Scala 1865 Opéra en 4 actes Arrigo Boito, d'après Shakespeare Gênes, Teatro Carlo Felice, ; version révisée, Milan, La Scala, février 1871 1884 Cantate
Le catalogue comprend en outre une symphonie en fa, des pièces symphoniques, un quatuor et des recueils de romances publiés par Ricordi.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes Arrigo Boito Scapigliatura Otello La Scala
Liens externes
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