vignette|350px|Lors des cérémonies religieuses hindoues (les pujas), des fleurs et des fruits sont offerts.
Lhindouisme, parfois écrit indouisme (en hindi : , ; en tamoul : ; « religion hindoue »), ou sanatana dharma. (en sanskrit : , : « loi éternelle »)Gérard Huet, Dictionnaire Héritage du Sanscrit, version DICO en ligne, entrée « sanātanadharma », lire : . Consulté le ., est l'une des plus anciennes religions du monde encore pratiquées« Une des dernières civilisations traditionnelles du monde antique encore vivante », dans Alain Danielou, La civilisation des différences, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha . qui n'a ni fondateur, ni dogme imposé, ni institution cléricale organisée uniformément (les brahmanes peuvent être de différentes écoles)Sept Upanishads. Jean Varenne. Édition du Seuil, 1981, . : . « On appelle communément religion hindoue (ou hindouisme), le courant spirituel qui naît de la Bhagavad-Gita et dont le bhakti-yoga, la voie de la dévotion, est le trait le plus saillant. (…) Celle-ci [la religion] a des antécédents et véhicule des éléments hérités de religions antérieurement vivantes dont elle utilise, à la fois largement et librement, la symbolique, le fonds doctrinal, les pratiques sacrificielles, éventuellement la langue, la terminologie, le panthéon, etc.Dominique Wohlschlag, Aux sources de l'hindouisme, 2020, Infolio, p. 67 . » En 2015 le nombre de fidèles est estimé à 1,1 milliardUn milliard d'hindous, Ysé Tardan-Masquelier, Albin Michel, 2007., répartis dans 85 pays. L'hindouisme est la troisième religion la plus pratiquée dans le monde après le christianisme et l'islam. Il est issu du sous-continent indien« Dès que l'on emploie le mot « Inde », on imagine l'Inde actuelle en oubliant que la culture védique a été pour une bonne part inventée dans les territoires formant aujourd'hui l'Afghanistan et le Pakistan et de toute façon sans référence à des états ou des nations. » Caraka-Samhitâ Traité d'Âyurveda, volume I, traduction de Michel Angot, Les Belles Lettres, p. 45 , qui reste son principal foyer de peuplement.
Le terme persan hindu (du sanskrit Sindhu) désignait au départ, pour les musulmans qui pénétrèrent en Inde, les habitants du bassin de l'Indus, ..
La majorité des hindous ont foi en l'autorité du VedaVéda signifie « vision, connaissance » et est à rapprocher de son cousin latin vidéo « je vois », considéré comme « permanent » (nitya), qui fut révélé aux êtres humains de façon « non humaine » (अपौरुषेय, apauruṣeya)आदि शङ्कर ( Ādi Śaṅkarācārya), Âtma-bodha, trad. et notes S. Nikhilananda, Madras, 1987, édition. par Brahmā et grâce à l'« audition » des Rishi (c'est-à-dire les « Sages ») ; c'est l'avis des traditions brahmaniques comme le Vedanta et la Mîmâmsâ, mais pas des écoles philosophiques brahmaniques Nyâya et Vaisheshika qui reconnaissent l'autorité du Véda tout en le considérant anitya (« impermanent ») et paurusheya (« humain »)Le Nyâya-sûtra de Gautama Akshpâda, traduction de Michel Angot, éditions Les Belles Lettres, page 58 et page 475 . Les auteurs de textes védiques ne sont pas tous identifiés, ou bien le sont de façon légendaire comme Vyāsa. vignette|350px|Peinture du début du XXe siècle de M.V. Dhurandhar des dévots hindous en satsanga et écoutant le pravachana des Puranas. L'hindouisme se présente comme un ensemble de concepts philosophiques, politiques, scientifiques et artistiques issus d'une tradition remontant à la protohistoire indienneEncyclopedia of Hinduism par C.A. Jones et J.D. Ryan publié par Checkmark Books, page XVII ., la pratique hindouiste provenant sans doute d'une tradition orale très ancienne, proche de l'animisme. On retient parfois une tripartition historique qui fait de l'hindouisme la dernière phase du développement des religions en Inde, après le védisme (env. 1500-500 avant notre ère) et le brahmanisme (-600 à 500 de l'ère courante)Alexandre Astier, Comprendre l'hindouisme, Éd. Eyrolles, 2007, ..
Au-delà du syncrétisme théologique, l'hindouisme d'avant l'islam et le colonialisme européen qui soumirent l'Inde à leur autoritéAlain Danielou, La civilisation des différences, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha . était un vecteur de toutes les sciences de son époque : le droit, la politique, l'architecture, l'astronomie, la philosophie, la médecine ayurvédique et d'autres savoirs qui avaient en commun le substrat religieux. 360px|thumb|Répartition de l'hindouisme dans le monde
Étymologie Hindū, ou hindou, est le nom persan désignant le fleuve Indus, d'abord rencontré dans l'ancien persan, correspondant au mot védique sanskrit sindhu : « cours d'eau », devenu nom propre de . Le Rig-Véda mentionne la terre des peuples indo-aryens comme le sapta sindhu (« sept cours d'eau », )e.g. RV 2.12; RV 4.28; RV 8.24, qui correspond à hapta həndu dans l'Avesta (Vendidad ou Videvdad 1.18) . Le terme était utilisé par les hommes vivant à l'ouest de l'Indus, pour nommer les peuples qui habitaient à l'est du fleuve, dans le sous-continent indienVoir pour une discussion sur la transition de « Sindhu » à « Hindu ». ; c'est aussi l'étymologie des noms , sindhi et Sinti.. Dans l'islam, le terme arabe se réfère également au sous-continent indien à l'est de l'Indus R. Thapar, Interpreting Early India, Oxford University Press, Delhi, 1993. ..
Le terme persan ancien Hindūk, en persan moderne Hindū, fit son entrée avec l'expansion de l'islam, notamment pour désigner les habitants autochtones du sultanat de Delhi et apparaît aussi en Inde du Sud et dans des textes cachemiris à partir de 1323, puis il devient commun sous la colonisation britannique pour désigner un indigène du Raj britannique, toutes religions confondues (ce sens durera en français jusqu'au ). En conséquence, le terme « hindou » est un exonyme : il ne vient pas des peuples « hindouistes » eux-mêmes, bien qu'il ait fini par être adopté et assimilé par eux David Lorenzen, Who Invented Hinduism?, New Delhi, 2006, ; Rajatarangini of Yonaraja : "Hinduka"..
Depuis la fin du , le mot a été utilisé comme un terme général pour le corpus majoritaire des traditions religieuses, spirituelles et philosophiques d'origine indienne du sous-continent, pour les distinguer de l'islam, du christianisme, du judaïsme, du sikhisme, du bouddhisme ou du jaïnisme. Dans ce sens, un hindou est une personne qui partage la philosophie exposée dans les Vedas, nommée Upanishad (le mot Veda peut être traduit par « connaissance ») et qui accepte l'autorité spirituelle et rituelle de ceux qui s'en font les interprètes.
Le terme Hindou a été introduit dans le monde occidental par le biais de la langue anglaise "…that many-sided and all-enfolding culture which we in the West have chosen to call Hinduism" Jan Gonda, Visnuism and Sivaism, Munshiram Manoharlal. 1996 . cité par .. Le terme « hindouisme » est apparu au début du Catherine Clémentin-Ojha, Dictionnaire des faits religieux, .. En France, on utilisait auparavant les termes « brahmanisme »., « religion brahmane » ou « religion des brahmanes »Le Littré cite comme variantes possibles en français : brachmane, brame et bramine. Voir . L'orthographe brachmane est utilisée par l'érudit Bernard Picard en 1816 (voir ) et par Voltaire en 1827 (voir )..
L'hindouisme ou sanâtana dharma (« ordre socio-cosmique éternel ») s'apparente davantage à un substrat culturel, un mode de vie ou de pensée, qu’à une religion organisée et dogmatique« L'hindouisme n'est pas une religion dogmatique. Ce n'est même pas une religion au sens judéo-chrétien du mot », d'après Alain Danielou, La civilisation des différences, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha .. Ce qu'on appelle « hindouisme » aujourd'hui est la tentative de rassembler les croyances disparates issues de l'ancien panthéon védique, éclipsé par la popularité de Shiva, de Vishnou ou de KrishnaMircea Eliade, Le Yoga, immortalité et liberté, Payot, Paris, 1991, 433 p. ..
Dans certains cercles aryanistes, l'hindouisme est appelé « religion aryenne », de l'expression sanskrite arya dharma qui signifie « noble religion » ou « religion des nobles » ; en dehors de ces cercles parfois nationalistes, voire protochronistes, le terme le plus usité est vaidika dharma signifiant « religion védique » ou « religion des Védas »A. R. Desai, The social background of Indian nationalism, Asia publishing house, Mumbai 1959, 427 pp..
vignette|Durgā pūjā à Calcutta.
Histoire vignette|Offrande traditionnelle de fleurs sur un Lingam, représentation du dieu Shiva, signe de l'Infini et des êtres vivants selon le Shiva-purâna.
La civilisation de la vallée de l'Indus, datant de l'âge du bronze, présente des éléments comparables à ceux de l'hindouisme, tels que les bains, les symboles phalliques comparés au Shiva lingam ainsi que des svastikas Hindu History sur la BBC... Un sceau découvert sur le site de Mohenjo-daro est parfois considéré comme une représentation d'un proto-Shiva, mais cette interprétation n'est pas reconnue par toute la communauté scientifiqueGavin Flood, An introduction to Hinduism (1996), à 29.. D'une façon générale, la nature exacte des relations entre la religion de la civilisation de la vallée de l'Indus et l'hindouisme reste conjecturale.
C'est durant la période védique, à l'âge de fer, entre 1500 et 600 , que les quatre Védas qui constituent les textes fondateurs de l'hindouisme sont composésGerhard J. Bellinger, L'Encyclopédie des Religions, Le Livre de poche , page 754.. Les rites principaux du védisme concernent le yajña, le sacrifice védique en l'honneur des deva. Plusieurs divinités du Rig-Veda ont été ensuite reprises ou révisées par l'hindouisme.
Au Moyen Âge, l'hindouisme, par le biais du théisme, trouve un nouvel essor. L'hindouisme que l'on connaît aujourd'hui est principalement issu de ce nouveau courant qui a profité du déclin du bouddhisme des .
Au , l'hindouisme se répand hors de l'Inde et en particulier en Occident. Vivekananda en fait une première présentation en 1893 au Parlement mondial des religions à Chicago.
Textes sacrés Les textes sacrés de l’Inde antique relatifs à l'hindouismeLouis Renou fait la distinction suivante dans son ouvrage L'hindouisme en page 5 aux éditions Que sais-je? (Réimpression de la : avril 2008): « S'il fallait délimiter les deux mots (brahmanisme et hindouisme), le mot brahmanisme devrait désigner la religion des époques anciennes, et se confondre par la suite, en partie ou en totalité, avec le védisme; le terme d'hindouisme viserait plutôt l'évolution religieuse dans son ensemble, soit à partir du Véda, soit après la période védique. » On s'en tiendra donc ici à la formulation « à partir du Véda » pour ne retenir que le terme « hindouisme » qui fait l'objet de cet article. se classent grossièrement en deux catégories. les Védas ou le VedaL'Inde classique. Michel Angot. Éd. Les Belles Lettres, 2007, ., au nombre de quatre, composés oralement avant l'apparition de l'écriture en Asie du Sud, continuèrent d'être transmis oralement après son apparition et sont devenus les textes de la religion védique de laquelle l’hindouisme moderne dérive. Les Védas sont considérés comme faisant partie des textes religieux les plus anciens du mondeLes textes religieux composés par écrit les plus anciens connus sont les textes des pyramides que l'on fait remonter à -2500. La composition (orale) du Ṛgveda remonterait quant à elle entre -1500 et -900.. les textes hindous post-védiques.
Śruti vignette|Passage en sanskrit du Rig-Veda.