Philippe Madral, né Philippe Léon Gratton à Paris le , est un scénariste, romancier, auteur de théâtre, metteur en scène et décorateur de théâtre français. Biographie Philippe Madral est le fils de Camille Gratton, intendant militaire puis sous-directeur à la Présidence du Conseil, et de Céline Malard, modiste. Il mène d'abord des études supérieures de droit, de sociologie, de sciences politiques et d'histoire. Il est licencié en droit public (1964), licencié en sociologie (1965), diplômé d'études supérieures de sciences politiques (1965) et docteur en histoire (1969) avec pour patron de thèse l'historien Pierre Vilar. Nommé en au CNRS comme spécialiste de la paysannerie contemporaine, il y travaille en tant qu'attaché de recherche sous le parrainage du politologue François Goguel pendant quatre ans, affecté au laboratoire du Centre de recherches politiques de Sciences Po, rattaché à l'Institut d'études politiquesThéâtre. Un monologue de Philippe Madral apprécié. Le Télégramme, 2 septembre 2018. Lire en ligne.. Marié en 1963 à Christiane Perato, monteuse de cinéma, puis en 1971 à Nadia Taleb, comédienne, puis depuis 1984 à la comédienne Jenny Arasse (auteur de théâtre et scénariste sous son nom de naissance Toni Leicester), avec qui ils ont une fille, Coline Gratton Madral. Essais Pendant son travail au CNRS, il publie sur la paysannerie et sous son nom de naissance (Philippe Gratton) trois ouvrages (Les luttes de classes dans les campagnes, éd. Anthropos, 1970.Michel Streith, « Philippe Gratton, La lutte des classes dans les campagnes. Paris, Anthropos, 1971, 482 p. », Études rurales, 171-172|2004, 276-278. Lire en ligne. ; Les Paysans français contre l’agrarisme, éditions Maspero, 1972 ; Les Paysans, éd. du Burin, 1973). Il a participé au Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier dirigé par Jean Maitron, pour la période de 1870 à 1939 et pour les militants paysans. Journalisme et engagement politique Parallèlement à son travail au CNRS, dès 1967, il signe pour le journal L'Humanité quelques reportages sur des mouvements sociaux et des grèves, ou des interviews de responsables culturels sous le pseudonyme d'Edmond Gilles, puis se spécialise dans la critique théâtrale, à la demande du journal, et y prend la suite de Guy Leclerc, qui en était le critique théâtral depuis la Libération. Il écrit désormais sous le pseudonyme de Philippe Madral une chronique quotidienne de 1967 à 1969. Il y publie près de 400 articles, interviews ou critiques, ainsi qu'un feuilleton hebdomadaire de réflexion sur la pratique théâtrale du théâtre public (décentralisation et banlieue parisienne, en particulier). Il collabore aussi à plusieurs autres journaux et revues en tant que spécialiste des questions théâtrales (notamment Travail théâtral et Bref). Son service militaire, en , interrompt son travail au CNRS et à l'Humanité. Il les reprend comme collaborateur extérieur en , alors qu'il n'est plus membre du Parti, à la demande de la direction de L'Humanité Dimanche, et y assure une chronique théâtrale hebdomadaire régulière, illustrée par Alain Ghertman, avant de décider d'abandonner au bout de trois mois, à la suite de désaccords avec la direction du journal, qui menace de censurer ses articles. En , il publie un essai-reportage aux éditions du Seuil : Le Théâtre hors les murs, Théâtre En 1970, ayant quitté à la fois le Parti communiste, la critique dramatique et le CNRS, il se consacre exclusivement à la création, et plus particulièrement au théâtre. Sa première œuvre, Le Chevalier au pilon flamboyant (une adaptation théâtrale d'un classique élisabéthain de Beaumont et Fletcher), est publiée aux éditions Stock et créée à la Maison de la culture de Bourges en dans une mise en scène d'Aristide Demonico, puis reprise pour une tournée en France et se termine au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis en . Elle lui vaut le Grand prix de l’humour noir 1971. En 1971, Jacques Rosner lui propose de venir collaborer avec lui à la direction du Centre Dramatique du Nord, installé alors à Tourcoing et qu'ils baptisent "Théâtre du Lambrequin". De 1971 à 1973, il y est à la fois dramaturge, metteur en scène et décorateur. En 1972, il écrit, signe le décor et met en scène sa première pièce, Dehors dedans. Il crée également, parallèlement à ses activités, avec Émile Copfermann aux éditions Maspero une collection, Les Cahiers de la production théâtrale, consacrée au travail des auteurs, metteurs en scène, comédiens et scénographes, et en assure la direction des premiers numéros (1971-1972). De retour à Paris, il y travaille comme metteur en scène et crée plusieurs de ses pièces : Deux et deux font seuls, pour la mise en scène et le décor, au Théâtre de l'Est parisien en 1973-1974 ; Qu’est-ce qui frappe ici si tôt ? (mise en scène au Théâtre Montparnasse, en 1974) ; L'Éternité depuis le début (mise en scène au Théâtre de l'Odéon en 1974 8 aout 1973.. Il adapte aussi des auteurs étrangers, dont, de l'Américain Sam Shepard (La Turista, mise en scène par Henry Pillsbury, avec entre autres Patrick Chesnais et Nadia Taleb au Théâtre Oblique en 1978). Plusieurs de ses pièces sont créées par d'autres metteurs en scène, comme : Qu'est-ce qui frappe ici si tôt ? par Philippe Adrien au Festival d'Avignon en 1973, ou La Manifestation par Jacques Rosner.. thumb|Effets de nuit, Jenny Arasse et Jean-Marc Chotteau, 2007 En 2006, il fonde une nouvelle compagnie avec Jenny Arasse (le Théâtre du dedans), avec laquelle il met en scène en 2007 l'une de ses dernières pièces dont il cosigne le décor avec Rémi Nicolas, Effets de nuit, interprétée par Jenny Arasse et Jean-Marc Chotteau (au Salon de Théâtre que dirige ce dernier à Tourcoing). Il reste une dizaine d'années sans écrire pour le théâtre, puis y revient avec une nouvelle pièce dont il est l'auteur, la Colère du Tigre. Elle est créée au Théâtre Montparnasse en , dans une mise en scène de Christophe Lidon, avec Claude Brasseur et Michel Aumont dans les rôles principaux.... Ce spectacle a été nommé aux Globes de cristal (arts et culture) 2015 pour la meilleure pièce de théâtre et pour le meilleur comédien (Claude Brasseur) et aux Molières 2015 pour le meilleur comédien (Claude Brasseur) et la meilleure comédienne dans un second rôle (Marie-Christine Danède). En , une nouvelle pièce de lui, Bankable, est créée au Théâtre Montparnasse, mise en scène par Daniel Colas, avec notamment Lorant Deutsch, Vincent Winterhalter et Jérôme Anger pour interprètes.. Certaines de ces créations sont reprises dans d’autres mises en scène, en France et à l’étranger. En 2018, Jonathan Milo-Chassaigne crée et joue à Rennes le monologue intitulé Finalement quoi. En 2021, une nouvelle pièce, Blasphème, ayant pour thème l'intolérance religieuse, est créée à la Comédie Royale Volter, à Bruxelles...
Cinéma et télévision Il commence à écrire pour le cinéma et la télévision à partir de 1977. L'un de ses premiers téléfilms, La Neige de Noël, crée une polémique à cause de son sujet (la drogue en milieu ouvrier). Réalisé par Michel Wyn, il a été un moment interdit d'antenne du printemps à l'automne de l'année 1978, puis reprogrammé le dans le cadre des Dossiers de l'écran (avec pour débat, arbitré par Marcel Jullian alors PDG de la chaîne, la question : « Le public de télévision peut-il tout voir ? »).. Au cinéma, son premier film (Guy de Maupassant) est une adaptation de son premier roman, réalisé par Michel Drach en 1982. Il écrit quelques comédies, notamment Chacun pour toi, pour Jean-Michel Ribes. Il a aussi écrit pour Jean-Pierre Limosin un film réalisé au Japon, Tokyo Eyes, sélectionné au Festival de Cannes 1998 dans le cadre de "Un certain regard" et interprété notamment par Takeshi Kitano. À la télévision, il écrit une soixantaine de téléfilms ou de miniséries, dont les principaux, au cours des dernières années, sont : en 2008, L'Affaire Ben Barka (2x90 min), coécrit avec Jacques Labib, réalisé par Jean-Pierre Sinapi., en 2009, le téléfilm Camus, coécrit avec Laurent Jaoui, ; en 2010, L'Appel du 18 Juin du Général de Gaulle, coécrit avec Laurent Herbiet, réalisé par Félix Olivier et joué par Michel Vuillermoz (De Gaulle) et l'acteur anglais Christian Rodska (Churchill). Sa diffusion a eu lieu en sur France 2, et en Angleterre pour la célébration officielle du de cette date historique. En 2013, son téléfilm Manipulations, coécrit avec Jacques Labib et réalisé par Laurent Herbiet. Il a également été nommé aux Lauriers de l'Audiovisuel 2014 pour le Meilleur Film et le Meilleur Comédien.. En 2015, il écrit Souviens toi, un thriller psychologique adapté d'un roman de Mary Higgins Clark dont il collabore au scénario avec Sabine Carion, et que réalise Philippe Venault pour France 3. Il s’entoure parfois de collaborateurs avec qui il a l’habitude de travailler, comme Fred Kassak, Nadia Taleb, Toni Leicester ou Jacques Labib pour ses scénarios de télévision, ou encore Patrick Chesnais qu’il retrouve comme comédien à plusieurs reprises sur les planches, puis devant et derrière la caméra. Romans Philippe Madral est également romancier ; il a publié plusieurs romans, tels Guy de Maupassant (1982), éd. Hachette Livre, Johann Gelder, faussaire de génie (1985°, éditions Ramsay, Tendres Condoléances (1986) et "l'Odyssée du Crocodile" (1987), éditions des Presses de la Renaissance, "le Cœur à l'explose" (2000), éditions Calmann-Lévy, et "Une sorcière à la Cour" (2019), éditions Jean-Claude Lattès.. Deux autres sont des romans historiques écrits en collaboration avec François Migeat : Et ton nom sera Vercingétorix (2006), éditions Robert Laffont., et L'Espion du pape (2009), éditions Robert Laffont..
Trois d’entre eux ont été adaptés par ses soins au cinéma et à la télévision : au cinéma, Guy de Maupassant en 1982 ; à la télévision, Johann Gelder, faussaire de génie (série télévisée sous le titre Le Génie du faux, réalisée par Stéphane Kurc en 1985). Tendres Condoléances a fait l'objet d'un téléfilm (sous le titre Un cœur de marbre, réalisé lui aussi par Stéphane Kurc en 1988).
À partir de 2024, il décide de s'autoéditer et de se servir d'Amazon comme distributeur. Il publie ainsi six nouveaux romans : quatre contemporains, "La vie ça va" (les mésaventures d'un groupe de paumés à la recherche du bonheur), "Vacance de Star" (une satire du monde du cinéma), "Boss" (dans le monde de l'urbanisme et des rivalités entre entreprises de BTP) et "Comme on dessine sur le givre" (qui met aux prises quatre artistes dans l'univers de la création littéraire, théâtrale et musicale), et deux plus historiques, mais proches de nous : "Clemenceau à la plage" (une réflexion sur la vieillesse et les rapports de l'art et de la politique), et "La poignée de main" (sur les quatre premiers mois d'installation en France d'un régime fasciste, de juin à octobre 1940). Chansons et poèmes
Il a écrit les paroles de plusieurs chansons sur des musiques de Jean-Edouard Barbe, Pierre Porte, Jean-Marie Sénia, Jean-Pierre Mas, Vanina Michel, Hélène Wonjdina… Elles ont été interprétées par des chanteurs comme Jean-Edouard Barbe, le chanteur malaisien Shake (de son vrai nom Sheikh Abdullah Ahmad), le chanteur algérien Rachid Bahri, Vanina Michel, Séverine Angèle, et d'autres. Certaines ont figuré dans les albums de Jean-Edouard Barbe, Shake, Rachid Bahri ; d'autres dans des téléfilms comme Play-Back et tais-toi ou la Mondaine - Maryline ; d'autres ont fait partie de récitals, comme celui de Séverine Angèle à l'Espace Hérault (Paris) en 1993. Pendant les événements de mai 68, il a écrit plusieurs chansons, dont deux, chantées par Jean-Edouard Barbe, font partie de l'album souvenir (en double CD) Chansons de Mai 68 telles que nous les chantions au printemps 68, publié en collaboration avec le magazine Je chante Magazine, n° .