Le château des rois-ducs est un château fort situé sur la commune française de Sauveterre-la-Lémance, dans le département de Lot-et-Garonne en région Nouvelle-Aquitaine.
Localisation Bâti sur un éperon rocheux, le château surplombe les vallées de la Lémance et du Sendroux. Il se situe non loin du Périgord noir (Dordogne) et du Quercy (Lot).
Historique Le château de Sauveterre-la-Lémance est construit en 1289, et les premières traces écrites datent de 1290. En 1304, Raymond Hugues de Tarnac est nommé châtelain et bailli, ce qui témoigne d’un système de rémunération mixte et d’une administration royale récente. Il est probablement le premier châtelain du site. Les travaux de 1304 suggèrent que la construction fut retardée ou modifiée à cause de la guerre de Guyenne.
Un village fortifié, appelé « la ville », s’est développé simultanément au château. Bien qu’on ne connaisse pas les détails de son organisation, l’octroi d’un consulat et la présence d’enceintes suggèrent qu’il s’agissait d’un castelnau structuré, conçu en lien étroit avec la forteresse, malgré les contraintes topographiques.
Pendant la guerre de Saint-Sardos (1323–1324), Sauveterre est intégré dans le système défensif du roi d’Angleterre, qui investit pour renforcer plusieurs places fortes, dont Sauveterre. Le château joue un rôle logistique, bien qu'aucun combat n’y soit documenté.
Durant la guerre de Cent Ans, Sauveterre change plusieurs fois de main. En 1346, il est sous contrôle français avec Evrard de la Roche comme capitaine. En 1348, Édouard III le cède à Bertrand de Durfort, ce qui suggère une reprise anglaise. Mais dès 1352, Hugues de Blanquefort le reprend pour le roi de France. Ces allers-retours témoignent des enjeux militaires et politiques locaux. Après 1360, à la suite du traité de Brétigny, le site redevient anglais.
En 1432, Naudonnet de Lustrac, baron puissant de l’Agenais, prend le contrôle du château. Il devient capitaine de plusieurs places fortes et joue un rôle administratif important pour le roi de France. Il touche des sommes importantes pour la garde de ces places, ce qui montre l’intérêt stratégique du site à cette époque.
Enfin, en 1476, le lieu est donné à Jean de Sermet pour services rendus contre les Anglais. Sa famille s’installe durablement à Sauveterre, devenant la première dynastie seigneuriale stable du site. Jean de Sermet atteint le poste de gouverneur du Périgord en 1480, illustrant l’ascension sociale de cette lignée.
Le château passera au milieu du à Antoine de Saint Astier après un procès avec les Cugnac sur l'héritage des Sermet. Puis au début du , par mariage, à une branche de la famille de Losse jusqu'à la Révolution.
Il est brûlé en 1789 lors de la Révolution française.
Il fut acheté par l'aviateur Jean Mermoz en 1936, un an avant sa mort.
Le château en totalité, ainsi que son terrain d’assiette et son fossé, font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du ...
Description Le château de Sauveterre la Lémance est placé sur un site géographique des plus intéressants, car il domine deux vallées dont celle de la Lémance avec un surplomb de plus de 70 mètres. La forteresse est elle-même positionnée au bout d’un éperon rocheux qui affleure à une hauteur référencée de cent 19 mètres, ce qui lui donne une possibilité de surveillance territoriale particulièrement étendue et une difficulté d’accès particulièrement importante. Cette forteresse a des dimensions plutôt imposantes si l’on se replace dans le contexte historique et castral du . Elle se compose de deux tours mineures, la première orientée à l’ouest, la seconde au nord, et d’une tour majeure, le donjon. Les trois tours sont reliées les unes aux autres, toutes au même niveau, celui du premier étage, par le mur d’enceinte sur lequel se matérialise le chemin de ronde. La forteresse dans sa plus grande longueur, de la tour ouest à la porte de la basse-cour, dépasse les cent mètres. Le château, proprement dit, atteint des dimensions tout à fait acceptables pour l’époque. A savoir une longueur (est-ouest), du donjon à la tour Ouest, d’un peu moins de 70 mètres et d’une largeur (nord-sud), de la tour nord à l’enceinte, de plus de 40 mètres. Le tout prend la forme d’un pentagone allongé à l’ouest.La basse-cour, quant à elle, est délimitée d’un côté, par le donjon et la partie sud de l’enceinte du château, et de l’autre, d’un mur rectiligne fortifié de meurtrières. Au bout de ce mur, au sud, est placée la porte principale (et peut être unique) de la basse-cour, qui s’intègre dans une tour carrée, de petite taille, aujourd’hui partiellement en ruine. Le fossé a été creusé dans le rocher, au pied du mur de la basse-cour, créant ainsi un site d’éperon barré. L’ensemble se développe sur une superficie avoisinant le demi-hectare (), fossé exclu. La totalité des constructions est assez homogène au niveau structurel, les éléments architecturaux du ont été construits à l’aide de pierres de taille, moyen appareil, bien équarries, jointées à la chaux.
Le donjon
La tour maîtresse de cet édifice a été construite en suivant un plan géométrique particulier. En effet, cette tour, dans sa partie interne, est parfaitement hexagonale. Par contre la partie externe suit partiellement cette forme puisque la moitié du donjon, partie donnant sur la basse-cour donc sur la face la plus exposée, est circulaire et cela de manière légèrement outre-passée. Les dimensions de cette tour maîtresse sont assez imposantes. Son diamètre atteint les 13 mètres, la structure repose sur des murs d’une épaisseur de 3,5 mètres, et l'ensemble mesure 20 mètres de hauteur. Le donjon est composé de deux étages, dont le premier et le second sont reliés par un escalier en vis placé à l’intérieur du mur. Le rez-de-chaussée est aveugle, comme pratiquement toute la tour. On y accède uniquement par une trappe située au centre de la pièce du premier étage. Un autre détail permet de montrer la possibilité d’un étage supplémentaire. Il s’agit de trous de poutres placés dans le mur de la pièce du rez-de-chaussée. La hauteur de la pièce dépassant les neuf mètres, il semble possible qu’un plancher puisse avoir été installé de façon à multiplier la capacité d’accueil ou le volume utilisable de la pièce. Le premier étage n’est lui accessible que par deux portes percées, la première dans le mur nord de la tour et la seconde au sud. Toutes les deux donnent sur le chemin de ronde, relient le donjon à la tour Nord d’un côté, et le corps de logis du de l’autre. Cette pièce semble avoir eu pour vocation l’habitat, malgré le manque d’ouvertures, puisqu’on y trouve une grande cheminée simple et peu ouvragée dans la face ouest, et des latrines en encorbellements. Les deux pièces créées par le rez-de-chaussée et le premier étage, sont les plus ouvragées puisqu’elles sont voûtées avec des croisées d’ogives sexpartites sur plan hexagonal. Gardelle décrit la voûte du rez-de-chaussée comme une « coupole à pans avec clef percée d’un oculus » et celle du premier étage « voûté sur six branches d’ogives prismatiques partant de culots coniques ». Quant au deuxième étage, il s’agit de la partie sommitale du donjon, une simple plateforme crénelée, qui reprend la forme générale de la tour à savoir demi-circulaire et demi-hexagonale. Cette plate-forme crénelée ne présente aucune meurtrière et ne laissait pas la possibilité d’installer des hourds. Cette disposition fait du donjon un réel organe de commandement, puisque de là on peut surveiller, défendre et au besoin battre les deux autres tours ainsi que le rempart de la basse-cour.
La tour Nord
Cette tour est plus basse et plus petite que le donjon, et ses dimensions, bien que moindres, n’en sont pas pour autant dérisoires, bien au contraire. Son diamètre avoisine les 9 m et l’épaisseur des murs atteint 1,4 mètre. Sa hauteur ne nous est pas connue actuellement car cette tour n’a pas entièrement traversé les siècles. Il nous manque toute la partie haute qui pourrait être la plate-forme sommitale. Sa forme est aussi difficile à définir que celle du donjon. En effet, sa disposition interne est hexagonale, comme toutes les tours du château, et ce sur tous ses étages. Sa disposition externe est dissymétrique. Elle comprend un quart de cercle au nord et le reste peut être assimilé à un hexagone (le quart de cercle prendrait la place de deux des côtés de l’hexagone). Ce même hexagone est intégré aux murs d’enceinte. Cette tour possédait plusieurs étages dont seul le premier nous est resté. On accède à cette tour par une porte au rez-de-chaussée qui donne sur une pièce voûtée d’une croisée d’ogive sexpartite sur plan hexagonal. Cette pièce est percée de deux archères cruciformes simples à étriers, dans sa partie circulaire, ainsi que d’un petit couloir donnant sur des latrines en encorbellements. On monte au premier étage par un escalier en vis placé à l’intérieur des murs (partie ouest), qui permet également d’accéder au chemin de ronde de l’enceinte nord. Ce premier étage se compose d’une pièce hexagonale, voûtée d’ogive sexpartite sur le même plan, percée dans sa partie circulaire d’une archère cruciforme double à étriers et d’une petite fenêtre haute et étroite en arc brisé. Cette pièce comporte aussi une grande cheminée ainsi qu’une porte (partie sud) qui permet d’aboutir par une petite portion d’enceinte au donjon. Là aussi, comme dans le donjon, on retrouve des trous de poutres. Ils sont placés à deux mètres cinquante du sol et d’ailleurs actuellement un plancher y a été replacé.C’est de cette tour que la partie de vallée de la Lémance, qui remonte vers Villefranche du Périgord, est la plus visible. C’est aussi d’ici qu’il est possible d’exercer une surveillance sur le mur nord du village et c’est de cette même tour qu’un commandement peut être exercé sur l’enceinte nord.
La tour Ouest