Léglise Saint-Vincent est une église située dans la ville belge de Liège, au point de rencontre de la rue de Fétinne et de l'avenue Albert Mahiels dans le quartier de Fétinne (sous-quartier des Vennes).
Historique
La paroisse de Saint-Vincent Saint-Vincent est un célèbre martyr espagnol qui a vécu au . Son culte s'est popularisé dans toute la Gaule. À la suite de ce dévouement de la population, il a été sacré le saint patron des vignerons (Il est représenté par une grappe de raisin). Dans la région liégeoise, la viticulture voit son apogée aux . Sur la rive gauche de la Meuse, la culture de la vigne s'est fortement développée. Elle recouvrait la rive de Visé à Namur.
Beaucoup de sanctuaires ont donc été érigés en son honneur et une chapelle a été tout spécialement conçue pour lui lors de la construction de la cathédrale Saint-Lambert. La paroisse de Saint-Vincent faisait partie du concile Saint-Remacle.
La première construction de l'église Saint-Vincent est supposée au sous le règne de Balderic II. Cependant aucune preuve ne permet de le prouver avec certitude. A cette époque, de nombreux quartiers étaient inclus au sein de sa paroisse et ce jusqu'au : La Boverie Malvoie Fétinne Froidmont Joryd Les Vennes Rivage en Pot Les Aguesses Kimkempois Le Sart-Tilman Le Château de Colonster Thiersnesse
À partir du , on peut affirmer que le quartier de Fétinne dispose de paroisses bien séparées.
Au , l'église était constituée de plusieurs chapelles :
Saint-Sacrement Saint Jean-Baptiste Saint-Nicolas L'autel Sainte-Croix
La première église Saint-Vincent vignette|droite|La première église Saint-Vincent en 1902.
Cette première église fut construite au confluent de la Meuse et du Fourchu Fossé sur une parcelle relativement basse et donc exposée aux inondations. Ceci lui portera préjudice plus d'une fois.
L'inondation la plus dévastatrice eut lieu en 1643. La chapelle de Fétinne n'y a pas survécu. Elle fut reconstruite en 1669. Mais à peine la reconstruction finie, elle fut victime des bombardements de 1691 et il aura fallu plus de 25 ans pour la deuxième reconstruction. En 1735, l'église Saint-Vincent fut enfin consacrée.
Malgré les nombreux dégâts des inondations et attaques militaires, l'église résistera aux problèmes politiques de la fin du . À la même époque, elle fut désignée comme le lieu de réunion des habitants du quartier. Ce qui a eu comme conséquence qu'au fil des années l'église fut abandonnée et sans entretien. En 1803, une partie du chœur s'effondra, ce qui va détruire une partie du cimetière en même temps.
À la suite de cela, les paroissiens ont pris eux-mêmes les choses en main et ont construit un barrage pour éviter de nouvelles inondations. En 1833, la fabrique de l'église a été autorisée à reconstruire les tours ainsi qu'à réparer le corps. En 1847, le chœur et la salle mortuaire sont reconstruits.
Cependant, en 1920, l'abbé Jules Hannay (1878-1952) organise la démolition complète de l'ancienne église afin de la remplacer par une nouvelle église Saint-Vincent qui fut érigée à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1930. L'architecte désigné pour mener à bien ce projet est le Liégeois Robert Toussaint. Lors de l'Exposition de 1930, une galerie intitulée « Saint-Vincent, paroisse et quartier » se tient à l'intérieur de l'église. Cette exposition retrace le passé tumultueux de l'église.
Comme expliqué ci-dessus, l'ancienne église était très mal en point : elle était devenue totalement inaccessible. À l'époque, un bras de l'Ourthe coulait au pied de cette église mais celui-ci a été rebouché pour l'Exposition de 1905. Par la suite, tout le quartier fut réaménagé et agrandi. La construction d'une nouvelle église plus grande était donc devenue obligatoire.
Le projet de cette nouvelle église Saint-Vincent fut organisé par le biais d'un concours en 1928, à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1930. C'est donc l'architecte liégeois Robert Toussaint qui remporte le concours. Il va inaugurer son bâtiment le .
Caractéristiques L'ossature, les charpentes et le gros œuvre de l'église sont en béton armé ce qui est une prouesse pour l'époque. Ces techniques sont également choisies pour un souci d'économie, de rapidité de construction et de sécurité.
La toiture est composée principalement d'un gigantesque dôme recouvert en cuivre. Elle comporte également une coupole pour le chœur, deux coupoles latérales et quatre petites coupoles.
Les façades sont constituées de « pierres armées Pauchot », les soubassements sont en grès et granit et les contre-murs intérieurs sont en briques.
Le plan central est inspiré du transept de la basilique du Sacré-Cœur (Koekelberg) à Bruxelles. Un grand volume octogonal qui est recouvert par le grand dôme principal à galerie ajourée. Sur ce dôme vient se poser un lanterneau surmonté d'une croix. Cependant, le chœur et la nef de l'édifice sont moins profonds. À ceux-ci sont accolées deux chapelles et quatre semi-coupoles à pignons pointus.
Le monument est devancé d'un parvis ainsi que d'un impressionnant arc en plein cintre en béton. Le portail et les portes piétonnes sont surmontés d'un auvent et d'un campanile.
Cette construction a été jugée de style néobyzantin. Mais elle démontre également l'utilisation de nouvelles techniques modernes de construction comme le système des pieux en fondation utilisé pour la première fois dans un édifice religieux.
Le parachèvement de l'église ne sera réalisé qu'après la crise des années 1929-1930. vignette|Chœur de l'église Saint-Vincent de Liège L'église bénéficie d'un maître-autel, de deux autels secondaires ainsi que de deux confessionnaux (de style Louis XIV) comme seul mobilier. Par après, les deux autels secondaires sont remplacés par deux socles en marbre.
« Ce vaste édifice en béton armé comporte une coupole centrale posant sur huit piliers grâce à trois étages de poutres disposées en octogone, raccordée par des décrochements horizontaux à gradins à des demi-coupoles qui coiffent quatre absidioles. » (Source ; livre : le patrimoine monumental de la Belgique 3, liège/ville de Liège)
Les revêtements vus en marbre et granit sont toujours parfaitement polis :
Le pilier est en marbre bleu belge, avec les plinthes et les cimaises en noir. Le veinage du marbre est vertical. Le corps de la chaire est en granit rouge Balmoral, tandis que le revêtement intérieur est en granit Lunel et la tablette de couverture en noir. Les cannelures du socle sont en granit Labrador bleu nacré, la moulure est en granit noir et les bandes entre cannelures sont en marbre noir. Le muret, la balustrade, les marches, ainsi que le palier sont en marbre noir.
Œuvres à l'intérieur de l'église Saint-Vincent Jeune paysanne (dessin rehaussé) Jeu de cartes Le laurier Nu Le vieux mur Le nuage La meule Mélancolie La moisson Pommiers en fleurs Petite fille aux tagettes Intérieur Tête de femme Azalée rose Déesse Vasque fleurie Arcade fleurie
Voir aussi
Bibliographie Masatsugu Nishida, guide architecture moderne et contemporaine 1895-2014 Liège, Liège, Mardaga, cellule architecture de la fédération wallonie-bruxelles,2014, pp. 186-187. Centre belge d'information du cuivre, Notes techniques, Bât 19, XII-1967. Théodore Gobert, Liège à travers les âges : le rues de liège, Bruxelles, éditions culture et civilisation, T.3, 1976, pp. 176-178. A. Mullenders, Histoire des Vennes-Fétinne, édition du Patrimoine, pp. 35-65. Le patrimoine monumental de la Belgique, liège, Mardaga, T.3 ville de Liège, 1974, pp. 46-47. « La Nouvelle Eglise de Saint-Vincent », Gazette de Liège, lundi . « Le XV ANNIVERSAIRE de la Chorale paroissiale Saint-Vincent (Fétinne Liège) », Gazette de Liège, le . « " Saint-Vincent, paroisse et quartier " : une exposition qui vous fera découvrir cette curieuse église en béton armé de 1930 et le passé de cette paroisse dédiée au patron des vignerons », la région, La Meuse, le jeudi . J. De Falloise, « La nouvelle Eglise Saint-Vincent à Liège », L'artisan Liturgique, pas de date.
Articles connexes Patrimoine religieux de Liège
Liens externes Unité Clercs-Cadets de Saint-Vincent
Vincent Liege Catégorie:Architecture Art déco en Belgique