vignette|Édicule abritant le tombeau du Christ dans l'église du Saint-Sépulcre, après sa restauration de 2016. thumb|L’entrée principale de l’église du Saint-Sépulcre (avec l'Échelle inamovible sur la façade).

Le Saint-Sépulcre est, selon la tradition chrétienne, le tombeau du Christ, c'est-à-dire le sépulcre où le corps de Jésus de Nazareth aurait été déposé au soir de sa mort sur la Croix.

Il est maintenant placé au sein d'un édicule construit à l'intérieur de l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Le récit des Évangiles La tradition chrétienne fait de ce sépulcre le lieu du tombeau de Jésus. Les Évangiles le décrivent comme neuf, fermé par une pierre roulante, non loin de jardins.d'après Jean (19:41) : .

Selon l'Évangile selon Matthieu, c'est Joseph d'Arimathie qui aurait offert son propre tombeau pour Jésus..

Les textes sont compatibles avec le modèle des tombes en hypogée de l'époque du Second Temple, constituée d'une chambre funéraire à hauteur d'homme avec un ou plusieurs kokha, un arcosolium (niche semi-circulaire) ou quadrosolium (niche à toit plat) surmontant un plateau faisant office de lit funéraire., ce dernier pouvant avoir à sa tête une sorte de coussinet et à ses pieds un exhaussement, .. probablement précédée d'un vestibule correspondant à l'antichambre où le corps du défunt était lavé, enduit d'onguents parfumés et enveloppé d'un linceul.

Cependant, il semble vain de tenter de donner une localisation précise du tombeau de Jésus d'après les textes évangéliques. Non seulement l'emplacement exact n'est pas décrit, mais, pour le théologien Raymond Edward Brown, la péricope de la mise au tombeau dans le sépulcre de Joseph d'Arimathie est un récit à l'historicité fort douteuse et probablement un embellissement théologique... De plus, toutes les localisations du des lieux associés à la vie de Jésus sont sujettes à caution..

Histoire du Saint-Sépulcre L'édicule : de l'église constantinienne à aujourd'hui thumb|upright=1.5|Plan au sol de la construction du () avec l'édicule au centre de la rotonde. Les lieux de la crucifixion et de l'ensevelissement de Jésus de Nazareth, sont probablement enfouis dans les grands travaux de réorganisation de Jérusalem après la seconde révolte juiveJacques Briens, « La Jérusalem byzantine reconstituée », dans Le Monde de la Bible, hors-série trois religions à Jérusalem, automne 2008, . écrasée par Hadrien qui érige là un forum romain où se dresse un grand temple dédié à la triade Capitoline, lorsqu'il transforme Jérusalem en une cité romaine. du nom de Ælia Capitolina.

Lorsque l'Empire tolère le christianisme, en 325, à la demande de l'évêque Macaire, l'empereur Constantin envoie l'architecte Zénobie à Jérusalem, qui commence à attirer des pèlerins chrétiens. S'appuyant sur des traditions locales que rapporte Eusèbe de Césarée, il identifie un rocher sépulcral, qu'il fait araser, dégageant ainsi le tombeau supposé de Jésus de Nazareth et construit à la place un ensemble de bâtiments destinés à glorifier la mort et la résurrection du Christ. Au centre d'une rotonde, Constantin aurait, dès le début du , fait construire un ciborium, édifice destiné à renfermer le tombeau, appelé en grec Kouvouklion (Kουβούκλιον ; « petit compartiment ») ou édicule (du latin : ædiculum, « petit bâtiment »). Il n'est actuellement pas possible de vérifier ce fait, même si certaines représentent sur leurs faces le ciborium du Saint-SépulcreLa Basilique antique du Saint Sépulcre et son architecture.. Dans les années qui suivent, une série de bâtiments commémoratifs dessinent un parcours à travers lequel les pèlerins se glissent dans la vie, la mort et la résurrection du Messie. La dédicace de l'ensemble (Anastasis et Martyrium) est célébrée solennellement le .

En 614, la ville est mise à sac au terme d'un siège de trois semaines par les Perses sassanides. À cette occasion, l'Anastasis et le Martyrium subissent de graves dommages et le général Schahr-Barâz emporte la Vraie Croix dans son butin..

Au Moyen Âge, le Saint-Sépulcre est le lieu de pèlerinage par excellence : une destination prestigieuse de pèlerinage pour la chrétienté occidentale. Jérusalem est alors sous domination musulmane depuis le . Les musulmans réservent la basilique de la Résurrection, où se trouve le Saint-Sépulcre, au culte chrétien en prélevant un droit d'entrée lucratif auprès de chaque pèlerin, taxe qui finit par irriter ces derniers dont le nombre ne cesse de croîtreJean Flori, Les Croisades, Éd. Le Cavalier Bleu, coll. « Idées Reçues », 2010, ..

Au début du , en 1009, à la suite d'autres bâtiments chrétiens comme le monastère de Sainte-Catherine du mont Sinaï, la basilique de la Résurrection est détruite par le calife fatimide Al-Hakim qui, se pensant investi d'une autorité divine, persécute chrétiens, juifs et certains musulmansJean Flori, Les Croisades, éd. Le Cavalier Bleu, coll. Idées Reçues, 2010, . À partir de 1027, les relations entre l'Empire byzantin et les califes s'améliorent, permettant un accord entre l’empereur Michel IV et le calife Al-Mustansir Billah sur la restauration des lieux saints. L’église est reconstruite grâce à des collectes à travers la chrétienté et aux donations de l’empereur byzantin. Le travail est achevé en 1048 sous Constantin IX Monomaque« Reconstruction du Saint-Sépulcre de Jérusalem sous Constantin IX Monomaque », dans Qantara, Patrimoine méditerranéen, Institut du Monde arabe, 2008 ..

Cinquante ans plus tard, l'église de la Résurrection, si elle est en mauvais état, n'est ni spoliée ni profanée pendant les combats et le siège de la première croisade est prêchée en Europe à partir de 1095. L'édicule abritant le tombeau du Christ est remodelé, notamment par les pères franciscains (en 1555) puis Elzearn Horn (en 1728), mais garde sensiblement le même aspect« Saint-Sépulcre sous la domination turque »..

vignette|upright|Saint-Sépulcre et son harnais de poutres d'acier mis en place en 1947 pour soutenir la structure architecturale.

La rotonde médiévale est à nouveau détruite par un incendie qui ravage le Saint-Sépulcre en 1808. L’effondrement du dôme brise les décorations extérieures de l'édicule. La Russie obtient la permission des autorités turques de réaliser la restauration au nom de l'Église orthodoxe dont les fidèles financent les travaux. La rotonde et l'extérieur de l'édicule sont donc reconstruits entre 1809 et 1810 par Nikolaos Komnenos, architecte grec natif de Mytilène., selon un style architectural ottoman baroque.. « Édicule du Sépulcre », sur sepulcre.custodia.org..

Mais les plaques de marbre rouge posées contre l'édicule par Komnenos se désolidarisent progressivement en raison de l'afflux quotidien de milliers de pèlerins et touristes, dont le souffle augmente l'humidité ambiante et altère les mortiers. De plus, l'édicule reconstruit est soumis aux intempéries à travers un oculus alors ouvert sur le ciel dans le dôme jusqu'en 1868, date à laquelle une nouvelle coupole en fer est achevée et l'oculus couvert.. Derrière le Saint-Sépulcre, dans la minuscule chapelle copte qui touche l'édicule, les cierges qui se consument à quelques centimètres de l'édicule provoquent également de fortes contraintes thermiques sur le marbre et d'épais dépôts noirs et huileux. Le séisme du fragilise aussi l'ouvrage. S'affaissant sous son propre poids et se détachant de la structure sous-jacente, il doit être maintenu en place par une structure métallique extérieure, installée par les Britanniques en . Cette ceinture de poutres d'acier portait l'inscription « Steel Company of Bengal ».. Les Britanniques n'ont cependant pas le temps d’obtenir l’adhésion des Églises pour une restauration complête, la Guerre israélo-arabe de 1948-1949 mettant fin à leur mandat. En raison du statu quo, aucun projet n'est envisagé pour sa rénovation jusqu'en 2016.

L'ouverture et la restauration du tombeau en 2016 À l’occasion des travaux de restauration conservative sur l’édicule débutés en ., le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem autorise les membres de l'université polytechnique nationale d'Athènes à contrôler l'état de la tombe afin de vérifier qu'elle est suffisamment protégée pour procéder aux injections de mortier nécessaires aux travaux. Du 26 au , ils procèdent au retrait de la plaque de marbrePhotographie du retrait de la plaque., mettent au jour une autre plaque de marbre qui daterait du (correspondant à l'époque des croisés comme le suggère la croix gravée sur cette dalle). puis la pierre originelle du vénéré au IVeme sciècle comme étant le tombeau.. À l'image de la fenestella confessionis qui permet de vénérer les reliques, une fenêtre rectangulaire. est découpée dans une plaque de marbre de revêtement de l'édicule, afin de permettre aux pèlerins d'entrevoir une partie du calcaire « meleke » dans lequel a été creusée la tombe..

Selon le magazine National Geographic, partenaire de ces recherches, la mise au jour du . L'historienne des religions Marie-Françoise Baslez avertit cependant qu'il ne faut pas s'attendre car elle .

Le montant des travaux de réhabilitation (pierres démontées, numérotées, nettoyées, remontées et fixées avec des vis en titane, fresques à l'intérieur et peintures sur bois du dôme restaurées, structure métallique qui soutenait l'édicule retirée) est estimé à trois millions et demi d’euros.. Le tombeau restauré est rouvert au public le ; une cérémonie œcuménique marque la fin du chantier..

Description du tombeau vignette|upright|Pope grec orthodoxe en soutane et chapeau noirs gardant l'entrée de l'édicule. vignette|Entrée dans la chambre du Sépulcre par la chapelle de l’ange avec au centre la pierre sur laquelle l’ange était assis. vignette|upright|La chambre du Sépulcre avec le banc funéraire recouvert d'une plaque de marbre depuis au moins 1555..

Au centre de la Rotonde se trouve l'édicule qui a pour dimensions de long, de large et de haut. Ses parois latérales, ornées de seize pilastres, supportent une petite terrasse à balustrade en colonnettes, surmontée d'une petite coupole en oignon.

L'entrée de l'édicule est précédée de grands cierges plantés dans des candélabres de bronze et d'argent et sa façade est ornée d'une peinture du Christ (scène de la Résurrection, tableau de Paolo de MatteisCe tableau qui appartient à la custodie franciscaine de Terre sainte, a été restauré en 2014. Cf. « A painting recovers its place on the Holy Sepulchre’s aedicule », sur custodia.org.) cachée en partie derrière un rideau de lampes à huile. Cette entrée est gardée par un prêtre grec orthodoxe, le statu quo reconnaissant de facto la prééminence, toujours actuelle, du Patriarcat orthodoxe sur les autres communautés.. Devant l'afflux de personnes, la visite est très réglementée : file d'attente, timing assuré par un factionnaire qui presse les visiteurs et pèlerins à avancer, le prêtre pouvant aller jusqu'à réclamer des offrandes.. Le tombeau du Christ, couvert d'ex-votos et à la voûte percée (l'orifice a pour fonction d'évacuer la fumée des lampes, des cierges et de l'encens) et ornée de lampes éternelles suspendues, comprend deux pièces successives, comme dans les sépultures juives de gens aisés de l'époque du Second Temple :