Hendrik Anders, né à Oberweissbach (comté de Schwarzbourg-Rudolstadt) en 1657 et mort à Amsterdam le , est un compositeur baroque et un organiste de la République des Sept Pays-Bas-Unis, originaire d'Allemagne.

La vie et l'œuvre : musicien au service de l'Église et du théâtre L'année de sa naissance peut être déduite de son inscription, à l'âge de neuf ans, au gymnasium de Rudolstadt en 1666. Anders fut organiste de l'église luthérienne d'Amsterdam de 1683 à 1694, l'année de son licenciement pour cause de mauvaise conduite. Deux ans plus tard, il devint carillonneur ou joueur de carillon. Il était également violoniste au théâtreAnthony ZIELHORST, .

Anders composait de la musique instrumentale d'ensemble, qui aurait trouvé son origine dans les ouvertures et intermèdes des pièces de théâtre et des , dont les auteurs étaient des poètes néerlandais. Avec Servaes de Koninck, il joua un rôle d'importance dans l'évolution du , un genre de théâtre lyrique. Dans ces courtes pièces, les parties parlées étaient interrompues et alternées par des strophes chantées. À l'origine de ce genre se trouve sans doute la création, en 1685, de l'adaptation en néerlandais par Thomas Arendsz de la tragédie lyrique Roland, dont la musique est de Giovanni Battista Lulli (paroles de Philippe Quinault). Dans la version néerlandaise, la pièce aurait été parlée pour la plus grande partie, mais des arias de Lulli, certaines étaient chantées. Des compositeurs de la République, comme Anders, commencèrent bientôt eux-mêmes à mettre en musique des . Ces pièces si proches du genre de l'opéra avaient connu un succès immense et auraient introduit, en même temps, la langue néerlandaise dans la musique de théâtre, bien que ces efforts n'aient pas abouti à l'émergence d'une véritable tradition d'opéra néerlandais. La plupart des opéras représentés dans la République provenaient de France, d'Italie et, plus tard, également des territoires de langue allemande. Ils étaient d'ailleurs représentés par des compagnies de théâtre étrangères. Ceci est peut-être dû au phénomène qu'à la fin du siècle, noblesse et patriciat néerlandais étaient affectés davantage par l'évolution culturelle à l'étranger, ce qui devait progressivement conduire à la dépréciation des efforts de leurs propres musiciens néerlandais. Anders composa la musique d'au moins cinq néerlandais (sur des paroles d'Andreas du Moulin, de Dirck Buysero et de Cornelis SweertsÀ l'amour de la musique du poète et libraire Sweerts, on doit le poème moralisant et élogieux qu'il publia en 1698 sous le titre Introduction à l'art de la chanson et à l'art de jouer les instruments (), par lequel on apprend qu'à son époque, hormis la chanson française, surtout la musique de danse française était des plus populaires. Parce que, dit-il, dans la musique de danse, qui promet des miracles tout en ne donnant que peu de chose, les Français avaient atteint le sommet. Il fait preuve de plus d'admiration pour les Italiens, qui composaient d'une meilleure façon (qu'elle soit légère ou non) que celle d'un Lulli (bien que celui-ci soit d'origine italienne) dont les manières distinguées étaient également élégantes et mériteraient d’en faire l'éloge ; mais il persiste et signe que, pour ce qui concerne l'art et l'invention, l'Italien garde l'appréciation et la faveur des connaisseurs. Il apprécie des Français et des Italiens qu'ils préfèrent chanter dans leur propre langue.), y compris celle de Vénus et Adonis de 1696 (sur des paroles de Dirck Buysero).

Pour le libraire Cornelis Sweerts, fils du poète Hiëronymus Sweerts, Anders composa, en 1691, la musique de la tragédie Jacqueline de Bavière, comtesse héréditaire de Hollande.. Pour la première fois, Sweerts s'était alors manifesté lui-même comme poète. Mais animé par un amour particulier pour la musique, il publia, en 1697, un court , Apollon et Daphné, dont la musique avait été composée par Hendrik Anders, et où Cupidon, afin de se venger du dieu Apollon pour le mépris que celui-ci affiche à son égard, lui fait éprouver un amour irrésistible pour une Daphné qui, au service de la déesse Diane s'adonnant aux plaisirs de la chasse, par l'intervention de Cupidon, demeure insensible à son amour tout en le rejetant ; comme Apollon veut passer à la violence, à sa propre demande, elle se fait transformer en un laurier.

La pastorale La Lutte entre l'amour et le vin. Harders-spel date également de 1697. De cette pièce, les paroles furent publiées par Jacob van Rijndorp, directeur de la compagnie théâtrale de La Haye, toutefois sans indiquer le nom de l'auteur. Ultérieurement, Van Rijndorp révélera le nom de l'auteur dans la préface d'une farce, une comédie musicale publiée en 1719, en annonçant que la pièce avait été mise en vers par Buysero, et qu'elle lui avait été transmise. La pièce traite le même sujet que le livret de Quinault pour l'opéra de Lulli : Les Fêtes de l'Amour et de Bacchus. En 1719, Van Rijndorp rééditera la pièce sous le nom (pastorale), après avoir publié, deux ans auparavant, une pièce intitulée entièrement différente et, apparemment, traduite d'après Quinault, qu'il avait prise à tort pour une œuvre de BuyseroJan TE WINKEL, .Jacob Adolf WORP, ..

Toujours en 1697, Anders, Carl Rosier et ses filles Maria Petronella et Maria Anna, ainsi que Jacques Cocqu et sa fille Catherina, Nicholaas Ferdinand Le Grand, François Desrosiers et Michel Parent fondèrent un collegium musicum. Cette société musicale, autant une d’amateurs que de professionnels, avait comme but de donner des concerts : en été à Amsterdam et en hiver à La Haye.

Sweerts écrivit une autre pièce dont la composition musicale incomba à Hendrik Anders : (ou dans la deuxième édition de 1722 : , ou Le Richard amoureux trompé). La pièce était beaucoup plus longue, comptait trois actes et ne ressemblait en rien à une pastorale, mais plutôt à une comédie médiocre ; selon le poète lui-même, la pièce pouvait être représentée sous forme de comédie avec quelques chansons et une aubade de musiciens. Fidèle à la tradition établie par Quinault et Lulli, ici aussi, on chante la louange du vin en opposition à l'amour. Dans cette pièce, Flip (Philippe), le valet de Rykert (Richard), chante presque toujours avec une bouteille à la main.

Le nom d'Anders apparaît dans les comptes du Théâtre d'Amsterdam à partir de 1705, une seule fois avec mention de sa fonction : (maître de musique). Anders mourut le sans même laisser l'argent nécessaire pour payer les funérailles.

Notes et références

Sources , Londres, 2001. DIRKSEN, Pieter. « Zingen in een kleine taal rond 1700 » [Chanter dans une petite langue vers 1700], (une histoire de la musique des Pays-Bas), (réd. Louis Peter GRIJP), Amsterdam University Press - Salomé – Éd. Pelckmans - Institut Meertens - , Amsterdam [Association royale pour l'histoire de la musique néerlandaise], 2001 (pour la Belgique Éd. Pelckmans ), . NOSKE, Frits. « Nederlandse liedkunst in de zeventiende eeuw: Remigius Schrijver en Servaas de Koninck » (L'Art de la chanson néerlandaise au : Remigius Schrijver et Servaes de Koninck), [Périodique de l'Association pour l'histoire de la musique néerlandaise], partie, ép., 1984, . TE WINKEL, Jan. « Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde van de Republiek der Vereenigde Nederlanden (2) » [Histoire de la littérature néerlandaise de la République des Pays-Bas-Unis, 2], éd., [Évolution de la littérature néerlandaise], Haarlem, Les héritiers F. Bohn, 1924, . WORP, Jacob Adolf. Geschiedenis van het drama en van het tooneel in Nederland [Histoire du drame et du théâtre aux Pays-Bas], vol. 2, Groningue, Wolters, 1907, . ZIELHORST, Anthony. « Nederlandse liedkunst in Amsterdam rond 1700 » [L'art de la chanson néerlandaise vers 1700], (réd. André KLUKHUHN), vol. 3, Utrecht, Bureau Studium Generale, université d'Utrecht, 1991, .

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