Laurent Blanc né le à Alès (Gard), est un footballeur international français évoluant au poste de milieu de terrain puis libéro, devenu entraîneur.
Surnommé le Président, Laurent Blanc est un défenseur au profil très offensif qui est formé à l'origine comme meneur de jeu au Montpellier HSC où il reste huit saisons et remporte la Coupe de France en 1990. Il évolue ensuite au SSC Naples, au Nîmes Olympique, à l'AS Saint-Étienne sans succès avant de rejoindre l'AJ Auxerre avec laquelle il remporte en 1996, le championnat de France et la Coupe de France et qui lui permet de rejoindre le FC Barcelone où il remporte la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe en 1997. Il signe à l'Olympique de Marseille où il est finaliste de la Ligue Europa en 1999 puis à l'Inter Milan avant de terminer sa carrière à Manchester United sur un titre de champion d'Angleterre en 2003.
Vainqueur du championnat d'Europe espoirs 1988 aux côtés de Bruno Martini, d'Éric Cantona et de Franck Sauzée, il devient au milieu des années 90, l'un des cadres de l'équipe de France aux côtés de Bixente Lizarazu, Marcel Desailly et Lilian Thuram avec lesquels il remporte la Coupe du monde 1998 et le championnat d'Europe 2000.
Après sa carrière de joueur, il poursuit en 2007, une carrière d'entraîneur aux Girondins de Bordeaux où il remporte en 2009, le Championnat de France, la Coupe de la Ligue et le Trophée des champions. En , il est désigné par la Fédération française de football pour succéder à Raymond Domenech en tant que sélectionneur de l'équipe de France après la Coupe du monde en Afrique du Sud, mais quitte ses fonctions deux ans plus tard après le quart de finale perdu lors de l'Euro 2012. En 2013, il devient l'entraîneur du Paris Saint-Germain avec lequel il remporte notamment la Ligue 1 en 2014, 2015 et 2016 et en remportant en 2015 un quadruplé historique (Ligue 1, Coupe de France, Coupe de la Ligue et Trophée des champions). Après un retour au poste d'entraîneur au club qatarien d'Al-Rayyan SC puis en France avec l'Olympique lyonnais, qui se solde par un échec pour ce dernier, il prend les rênes du club saoudien d'Al-Ittihad et fait le doublé championnat et coupe en 2025.
Biographie Carrière de joueur Enfance et formation dans le sud Laurent Blanc naît le à Alès. Il est le fils de Gilbert et Yvonne et troisième enfant du couple après Clément et Sylvie. Il grandit à Rousson, village du Gard au pied des Cévennes où Gilbert est salarié de Rhône-Poulenc, à dix kilomètres d'Alès. Le père est fan de football et joue pendant seize ans à l'Olympique alésien en tant qu'amateur de deuxième division. Perpétuellement collé aux basques de son paternel, Laurent découvre le football dans son village. Chaque Noël, l'enfant reçoit des chaussures ou des ballons de football qu'il use jusqu'au bout avant de les repeindre.. Tandis que son père joue avec l'équipe première de l'AS Rousson, Laurent intègre la section débutants. En pupille, il évolue au poste d'attaquant.
En 1978, Laurent Blanc rejoint l'Olympique d'Alès en Cévennes car l'AS Rousson n'aligne pas d'équipes minimes. Dans ce club familial, l'entraîneur passe le prendre à son domicile et le ramène ensuite. Le rythme s'intensifie et le collégien de Salindres doit désormais endurer trois entraînements par semaine. À l'OAC, Blanc endosse le rôle de leader naturel grâce à sa valeur et au fait qu'il fasse gagner certains matchs à lui tout seul. Sa faculté à éclairer le jeu et son jeu de passes compense alors un brin de nonchalance qui l'invite à éviter les séances de condition physique. Le jeune flambe au stade Nelson-Mandela et glane ses premières sélections départementales et régionales. Gilbert Boissier, son éducateur en Minimes 2 et cadet déclare que Blanc . Sous les couleurs de l'OAC, il s'offre la Coupe Gard-Lozère en dominant le Nîmes Olympique. L'attaquant aux cheveux frisés cartonne lors de la Coupe nationale des cadets disputée à l'INF Vichy et se distingue suffisamment avec la sélection Languedoc-Roussillon pour être courtisé par plusieurs clubs professionnels.
Raymond Hild et le RC Strasbourg font le forcing mais jugé trop éloigné. Le Nîmes et le Montpellier HSC, clubs de D2, sont également intéressés. Gilbert Blanc connaît Gérard Banide et Laurent s'envole pour l'AS Monaco. Au bout d'un stage de cinq jours, les entraîneurs de l'ASM hésitent, le trouvent trop chétif. Cela arrange l'adolescent, réticent à s'éloigner de son Gard natal. Il intègre donc le centre de formation du Montpellier HSC et reste ainsi à une poignée de kilomètres des siens. Il découvre des installations toutes neuves et retrouve ses coéquipiers de la sélection régionale : Franck Passi, Pascal Baills et Jean-Yves Hours, ami de Salindres. Lors de la saison 1982-1983, Blanc dispute quelques matchs de Coupe Gambardella mais effectue ses armes en Division d'Honneur au milieu de terrain, à la fois milieu défensif et relayeur. À cette époque, il grandit de dix centimètres, prend autant de kilos et enfile son premier maillot bleu avec l'équipe de France juniors. Malgré des facilités en classe, il renonce à une terminale F1. Le football devient une option professionnelle sérieuse et, lors du second semestre, il intègre l'équipe réserve montpelliéraine. Le , contre l'US Montélimar, il heurte violemment son coéquipier Passi en voulant dégager un ballon et se fracture la mâchoire. Il doit être opéré et avale ses repas à la paille jusqu'à la fin de saison.
Débuts en D2 au Montpellier HSC (1983-1987) upright|vignette|droite|Robert Nouzaret (ici en 2007) fait débuter Blanc en professionnel.
À la rentrée 1983, Laurent Blanc est intégré par Robert Nouzaret en équipe première. En , Blanc débute en Division 2 à Grenoble (0-0). L'essai est concluant, il s'installe dans le groupe au milieu de joueurs plus expérimentés et réussit à se faire une petite place au sein du onze du MHSC en accumulant vingt rencontres de D2. Il prend part au bon championnat réalisé par son équipe à la suite de sa cinquième place finale acquise dans le groupe A à quatre points du podium synonyme de disputer les barrages d'accession à l'élite. En parallèle de son temps de jeu acquis en seconde division, il atteint la finale de la Coupe Gambardella avec l'équipe des jeunes héraultais, qu'il perd aux tirs au but contre le Stade lavallois (0-0 tab) après s'être vu refuser un but..
Pour la saison 1984-1985, Blanc devient titulaire indiscutable au même titre que ses amis Baills et Passi ce qui lui vaut de réaliser un bon championnat avec 32 matchs de joués sur les 34 journées possibles tout en inscrivant ses cinq premiers buts professionnels. Les Héraultais sont à deux doigts d'arracher une place sur le podium dans le groupe B mais ils leur manquent un point.
Afin de réussir à accéder à la D1, la direction de Montpellier procède à un important recrutement. Malgré ces renforts, la saison 1985-1986 débute mal avec quatre défaites en sept matchs. L'équipe redresse la barre par la suite pour finir cinquième du groupe A ratant une nouvelle fois le podium d'un point. Laurent Blanc est bien installé dans l'équipe type du MHSC au point d'enregistrer trente rencontres pour six buts.
Pendant l'été 1986, le président montpelliérain Louis Nicollin persiste dans un recrutement d'expérience. Ensuite il faut attendre cinq journées pour que les nouvelles recrues soient adaptées afin que le MHSC prenne sa vitesse de croisière pour prendre la tête du groupe B et ne plus la quitter jusqu'à la fin de la saison 1986-1987. Les Héraultais valident leur ticket direct pour l'élite avec quatre points d'avance sur le second tout en ayant la meilleure attaque de toute la D2 avec 73 buts marqués. Le natif d'Alès et ses coéquipiers s'offrent le titre de champion de France de D2 en battant l'autre premier, Niort, sur le score cumulé de 4-1. Pendant cette année, Blanc ne rate aucune journée de championnat et trouve à 18 reprises le chemin des filets adverses tout comme son compère Milla. Sous les couleurs montpelliéraines, il dispute cinq saisons de D2 (110 matchs et 29 buts).
Confirmation en première division avec le MHSC (1987-1991) Au printemps 1987, le MHSC est champion de D2, stimulé par un Blanc auteur de 18 buts, autant que Roger Milla alors attaquant vedette du club. Le , sous la houlette de Pierre Mosca, l'enfant de Rousson découvre la Division 1 à Toulouse (défaite 1-3). La semaine suivante, il inscrit son premier but en première division contre le Paris SG (4-1).
Malgré deux claquages à la cuisse droite et une déchirure à la gauche qui lui font perdre une année, en , il découvre la Coupe UEFA face au Benfica Lisbonne (0-3) avant d'être sacré champion d'Europe espoirs à domicile.
upright|vignette|gauche|Michel Mézy (ici en 2013) est le premier à reculer Blanc en libéro.
Michel Mézy, manager général du MHSC, l'encourage à être encore plus professionnel. Blanc travaille encore plus à l'entraînement, fait de la musculation, suit un régime alimentaire et perd cinq kilos. Cela porte ses fruits, devenu international A en tant que milieu droit, l’encadrement montpelliérain voit son avenir au poste de libéro, un poste que l’intéressé voit trop étriqué pour lui. L'idée de Mézy est mise en pratique en urgence par Aimé Jacquet en . Le futur sélectionneur des Bleus dit être alors tombé sur un mur de la part de Blanc, . Il est récompensé le en remportant la Coupe de France.
Pendant l'été 1990, Bordeaux fait le forcing pour l'engager mais Louis Nicollin met son véto. Blanc rempile dans l'Hérault avec Henryk Kasperczak, qui ne l’imagine pas ailleurs qu'aux commandes de la défense. L’affrontement est sévère au début mais cela s'avère être la saison de Blanc. Avec un libéro buteur, Montpellier s'offre un parcours en C2 jusqu’en quart-de-finale contre Manchester United. Entre-temps, Blanc gagne sa place au sein de la défense de l'équipe de France et finit meilleur buteur de son club ainsi que troisième du championnat (quatorze buts) attisant les convoitises de toutes parts. Le Bayern Munich, la Sampdoria de Gênes, le Paris SG et surtout l'Olympique de Marseille veulent l'engager, mais contre toute attente Blanc choisit le SSC Naples et devient le premier joueur français à franchir les Alpes depuis Michel Platini en 1982.
En 1999, à l'occasion des vingt-cinq ans de Louis Nicollin à la tête du club, un jury de spécialistes a désigné le « onze idéal » du Montpellier Hérault de 1974 à 1999.. Le joueur à avoir recueilli le plus de voix est Laurent Blanc (266 points), aussi recordman de buts marqués pour le club, devant Julio César (128) et Roger Milla (117).
Exil en Italie, puis retour en France Laurent Blanc découvre la Serie A le face à l'Atalanta Bergame (1-0) et s'impose naturellement (31 matchs et six buts). Pourtant le Gardois tourne les talons dès la fin de saison. . Il décide alors de revenir en France pour garder le contact avec les Tricolores de Gérard Houllier. Il déclare en 1999 : .
Blanc marche au coup de cœur et cède à un retour anticipé dans le Gard où il revêt le maillot du Nîmes Olympique, à de sa ville natale. Laurent Blanc retrouve Michel Mézy et est le capitaine d'une défense qui encaisse 66 buts. Le club est relégué et, malgré une promesse d'achat, l'Olympique de Marseille fraîchement champion d'Europe, lui tourne le dos.
Laurent Blanc atterrit à l'AS Saint-Étienne. Il réalise un premier exercice plus que correct avec 33 matchs pour cinq buts tout en classant l'ASSE au onzième rang du classement. Il retrouve toute son efficacité défensive et offensive lors de l'exercice suivante (treize buts en 37 rencontres) pour finir huitième meilleur buteur de la D1 ex aequo. Malheureusement en pure perte, car les Verts sombrent au classement, ne devant leur maintien qu'à la décision de la Ligue de ne pas faire remonter l'OM.
Relance à Auxerre et rebond au Barça puis Marseille upright|vignette|droite|Guy Roux fait renaître Blanc à l'AJA.