Jean Petit qui danse, ou originellement en langue occitane Joan Petit que dança, est une chanson populaire et une comptine d'origine occitane.
Elle est connue sous le titre en occitan et catalan. Elle a par la suite été adaptée en français, et en breton sous le titre de .
Le titre, en français est une traduction adaptée du titre occitan « Joan Petit que dança », littéralement « Jean Petit danse ». Selon certaines hypothèses folkloriques, le titre ferait référence au supplice de la roue, au cours duquel les membres du condamné sont brisés un à un, que subit Jean Petit, l'un des chefs de l'insurrection des croquants de 1643.
Il était courant en ces temps de laisser un corps entrer en décomposition avancée aux entrées des villes concernées, pour rappeler aux badauds de passage ce qu'il en coûtait de défier les autorités. À l'époque, cette pratique s'appelait « faire danser un corps » jusqu'à ce qu'il se détache par morceaux. Le corps soumis à la roue se détachait ainsi en morceaux épars et divers.
La chanson a été référencée par Patrice Coirault sous le type 7409 et par Conrad Laforte IV-Fb-04. La version la plus connue actuellement est celle recueillie par Félix Arnaudin. vignette|Tourment de la roue.
Une version en cajun est donnée par Roger Mason sous le titre "La petite hirondelle" dans l'album "Le temps qu'il fait".
Histoire
Chirurgien-barbier près de Villefranche-de-Rouergue au , Jean Petit fut, en 1643, l'un des deux chefs de file de la révolte des croquants du Bas-Rouergue« Brasc, Calmels et Petit : les “croquants” » dans https://villefranche-de-rouergue.fr/brasc-calmels-et-petit-les-croquants/. Capturé par les troupes royales, il fut roué en place publique.. De là, selon certains, la chanson Jean Petit qui danse. est née. Cette hypothèse, remise en question[réf. nécessaire], est fortement soutenue dans les milieux occitanistes depuis les années 1970, en 2025 son évocation et celle de la révolte des paysans de Rouergue sont au centre de la grande mobilisation pour la langue occitane organisée à Villefranche de Rouergue par Carrieras Occitanas.
Autre hypothèse (peu probable) : les paroles pourraient être une moquerie contre le roi Jean II de France, après sa défaite contre les Anglais lors de la bataille de Poitiers (1356).
Pour d'autres, le nom "Jean Petit" ne serait qu'une corruption de l'occitan "Y'an petit que danço", soit "Il y a un petit qui danse".
L'analyse musicologique montre que l'air de Jean Petit qui danse possède les caractéristiques des chansons populaires du .. Pour Patrice Coirault, le thème (mélodie) de cette chanson est C'est le curé de Môle, très en vogue aux .
D'après Jean Amade, cette chanson-jeu était chantée dans toute la chaîne pyrénéenne et sa popularité atteignit plus que la côte Atlantique. Toujours d'après lui, au début du , cette chanson était également chantée pour le carnaval avec des chorégraphies particulièrement érotiques. Certains folkloristes émettent l'hypothèse que les parties du corps décriraient les contorsions du mannequin du Bonhomme Carnaval en train de brûler, lors du bûcher rituel qui clôturait les festivités carnavalesques.
Paroles Les paroles de la chanson décrivent une personne nommée Jean Petit, qui danse avec les différentes parties de son corps. À chaque nouveau couplet, une nouvelle partie du corps est ajoutée, les précédentes étant reprises, selon un modèle analogue à la chanson Alouette.
Il existe de nombreuses versions de cette chanson en Occitanie, certaines faisant référence au roi de France.
En occitan, le premier couplet est :
Une version en français du premier couplet est :
Ce couplet est repris et complété, en remplaçant "doigt" par "pied" et en répètant :
La chanson continue avec les différentes parties du corps: mains, jambes, bras, tête. Il existe plusieurs versions, certaines intégrant d'autres parties du corps : épaule, fesse, ventre, cœur....
La première phrase est parfois suivie de ..
Chorégraphie Les danseurs commencent par se tenir par la main, forment une ronde puis se séparent et frappent le sol successivement avec la partie du corps énumérée par les paroles.
Le rythme élevé et le caractère répétitif de cette chanson rendent la danse entraînanteLivre, les plus belles chansons du temps passé, Hachette Jeunesse, 1995, page 310Youtube Joan Petit que dança[https://www.youtube.com/watch?v=21KIq0O-s-s Joan Petit que dansa , Jean Petit qui danse, par « Sors Les Mains d'Tes Poches », école bilingue français-occitan du Vigan. Toutefois, lors des interprétations en français, les danseurs se contentent en général d'agiter la partie du corps mentionnée dans la chanson sans la toucher au sol.Jean Petit qui danse en occitanJean Petit qui danse à la maternelle de PilouYann Gorig o tañsal (en Breton).
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Révolte des Croquants Jean Petit (chirurgien)
Paroles
Sources
, la bibliothèque numérique de la BnF.
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