Les Dragons de Noailles est une marche militaire dont la musique a été composée par le chef de musique Jules Semler-Collery en 1954. Les paroles chantées actuellement sont une création des dragons du RDP. Aujourd’hui, c'est aussi le chant du de dragons NRBC et du escadron de transport de blindés du régiment du train (ancien escadron de transport de blindés de la Légion étrangère). Il a été demandé aux unités françaises de la brigade franco-allemande d'éviter de le chanter devant leurs camarades germaniques.
L’allusion aux ravages du Palatinat
La musique de cette marche est parfois attribuée par erreur à Lully, et parfois datée de 1678« Les Dragons de Noailles », sur fncv.com.. Dans la version que l’on chante aujourd’hui, la marche est connue sous le titre Les Dragons de Noailles, et contient ces vers : Ils ont traversé le Rhin Avec monsieur de Turenne
Ils ont incendié Coblence Les fiers dragons de Noailles Et pillé le Palatinat
À l'écoute de la chanson, le rapport est donc établi entre les dragons d’un des quatre maréchaux de Noailles et l'un des deux ravages du Palatinat — plutôt le premier, puisqu’il est question de Turenne.
Le régiment
Le Noailles-Cavalerie, régiment de cavalerie légère du maréchal Anne-Jules de Noailles, n’est levé que le Marie-France Robelin, « Historique du régiment de dragons », sur ancestramil.fr.. Il n’a donc pas participé au premier ravage du Palatinat (1674). Il ne peut non plus avoir servi sous les ordres de Turenne (mort en 1675).
Il n’est pas exclu, en revanche, qu’Anne Jules de Noailles ait accompagné Turenne dans la campagne de 1674 — avec des dragons sous ses ordres.
Le Noailles-Cavalerie a bien participé (sous le commandement du lieutenant-colonel Charles de Dyenne de CheyladetCharles de Dyenne de Cheyladet commandait à la place du maréchal de Noailles, employé ailleurs ; puis à celle du comte d'Ayen, trop jeune pour servir. Général Susane, « Régiment des dragons de Noailles », sur ancestramil.fr, Histoire de la cavalerie française, Hetzel, 1874, III, 23-28, transcrit en janvier 2009 par Jacques Barbe, 2.) aux campagnes successives de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, prétexte au second ravage du Palatinat (1689-1693). Mais il ne devient un régiment de dragons, sous le nom de Noailles Dragons, que le .
En 1791, il devient le de dragons« régiment de dragons », sur 1789-1815.com.. Il est dissous en 1962.
Origine des paroles
L’écriture des paroles peut être tardive, ou bien des remaniements ont été apportés au fil des siècles. Ce qui expliquerait une certaine confusion entre la maison de Noailles, les dragons, les exactions de Turenne dans le Palatinat, le second ravage ordonné par Louvois et un « incendie de Coblence » qui peut faire référence à l’occupation française de 1632, aux bombardements lourdement destructeurs de 1688, à la prise de la ville en 1794 ou à la démolition de l’ancienne forteresse d’Ehrenbreitstein en 1801.
Un manuscrit daté des années 1765-66 donne un unique couplet d’une chanson de 1666 faisant allusion à la blessure du chevalier de Chevreuse dont on peut penser qu’il fut écrit sur le même air que celui des Dragons de Noailles encore que la composition de Lully ne date que de 1678 (Loulanla jai le nez cassé/ Je n’irai plus dans la tranchée/ Loulanla jai le nez cassé/ Je men vas me faire panser). On retrouve une réminiscence du refrain en 1906 (Lon Ion la, laissez-les passer/ Les Français reprennent la Lorraine, / Lon lon la, laissez-les passer./ Ils ont eu du mal assez...), mais ce ne sont pas les paroles chantées actuellement.
Les paroles ne sont pas connues dans l’armée avant les années 1960. Pourtant en 1961 ce chant est régulièrement utilisé pour les déplacements de la troupe, ainsi que par la fanfare au sein du Centre d’instruction du Régiment de Chasseurs Parachutistes (source ?). Aucun recueil ne mentionne ce chant, chez les scouts ou les importantes éditions des Chantiers de jeunesse de la GM. Le premier enregistrement figure sur un 33 tours, , du RDP (Chants de marche, Disques Pégase, 7158-K, vers 1963). Les confusions historiques indiquent que le chant n'évoque pas la conquête du Palatinat, mais est une métaphore des combats menés pendant la guerre d'Algérie. À cette date, il était interdit de l'évoquer, il ne pouvait exister que des “événements”. De cette façon détournée (métaphorique), les dragons pouvaient chanter leurs combats sans encourir de sanctionLes documents justifiant cette interprétation sont en ligne ICI.. Ensuite, il est enregistré par la promotion de l'EMIA Plateau des Glières en 1970 (33 tours, SODER, SOD 20702), la même année il figure sur un 45 tours des élèves sous-officiers de l'école de cavalerie de Saumur (SOE, 45 tours, Janeret, 031). Il est depuis régulièrement enregistré et publié dans des recueils militaires, attestant ainsi de sa diffusion et de sa popularité au sein de la troupe. On le retrouve aussi dans les répertoires des mouvements de jeunesse.
Les paroles
Version actuelle: Ils ont traversé le Rhin Avec Monsieur de Turenne Au son des fifres et tambourins Ils ont traversé le Rhin
Refrain : Lon, lon, la Laissez les passer Les Français sont dans la Lorraine Lon, lon, la Laissez les passer Ils ont eu du mal assez
Ils ont incendié Coblence Les fiers Dragons de Noailles Et pillé le Palatinat Ils ont incendié Coblence
Ils ont fait tous les chemins D’Anjou, d’Artois et du Maine Ils n’ont jamais eu peur de rien Ils ont fait tous les chemins
Ils ont pavoisé Paris Les fiers Dragons de Noailles Avec les trophées ennemis Ils ont pavoisé Paris
Ils ont protégé le roi Il en sera fort aise Car ils sont ses meilleurs soldats Ils ont protégé le roi
Version chantée en école militaire
Ils ont décoré Paris, Les fiers dragons de Noailles, Avec les drapeaux ennemis, Ils ont décoré Paris.
Refrain : Lon lon la, laissez les passer, Les Français reprennent la Lorraine, Lon lon la, laissez les passer, Ils ont eu du mal assez.
Ils ont traversé le Rhin, Avec monsieur de Turenne, Au son des fifres et tambourins, Ils ont traversé le Rhin.
Refrain
Ils ont incendié Coblence, Les fiers dragons de Noailles, Et pillé le Palatinat, Ils ont incendié Coblence.
Refrain
Ils ont fait tous les chemins, D’Anjou, d’Artois et du Maine, Ils n’ont jamais eu peur de rien, Ils ont traversé le Rhin.
Refrain
Tradition
Dans les dernières années du de dragons, cette chanson est interprétée durant le défilé de la Saint-Georges. Le pas est lent (90 pas par minute)« Les dragons de Noailles », sur 2emecuirassiers.com., car c'est une marche d'Ancien Régime
Notes et références
Sources Ministère de la Guerre, Historique des corps de troupe de l’armée française. Colonel G.A. Durand, Historique succinct du de dragons. Joseph Vingtrinier, Chants et chansons des soldats de France, Albert Méricant, 1902, 302 pages.
Articles connexes de dragons Anne-Jules de Noailles Louis de Noailles Premier ravage du Palatinat Second ravage du Palatinat
Liens externes De musicæ militari . « Les Dragons de Noailles », sur musique-militaire.fr. Contrôlé le 2012.
Catégorie:Marche militaire Catégorie:Chant militaire français