Selon une définition du Conseil de l’OCDE de , l’éducation financière est le processus par lequel des consommateurs et/ou investisseurs : améliorent leur connaissance des produits, concepts et risques financiers ; acquièrent au moyen d'une information, d'un enseignement ou d'un conseil objectif, les compétences et la confiance nécessaires pour : devenir plus sensibles aux risques et opportunités en matière financière ; faire des choix raisonnés, en toute connaissance de cause ; savoir où trouver une assistance financière ; prendre d'autres initiatives efficaces pour améliorer leur bien-être financier.
L’OCDE précise que l’information et le devoir de conseil dus par les professionnels du secteur financier à l’égard de leurs clients ne font pas partie de la définition de l’éducation financière.
Une conception plus large étend l’éducation financière à l’ensemble de la population et non pas aux seuls consommateurs/investisseurs. Elle inclut une dimension culturelle et moins pragmatique, à savoir la compréhension par chacun du monde économique et financier dans lequel il vit.
Cette définition est notamment utilisée en France dans le cadre de la stratégie nationale lancée par les pouvoirs publics en 2016. En France, la mise en œuvre de la stratégie d'éducation financière du grand public et des entrepreneurs a été confiée à la Banque de France.
Chaque année se tient une semaine mondiale de l'éducation financière (du au )..
Causes du déficit de l’éducation financière Selon une étude de l’OCDE de 2005 dans le cadre du Projet sur l’éducation financière., peu de pays ont mené des enquêtes systématiques mais le constat est unanime : il existe un déficit de maîtrise des questions financières par les particuliers. Une enquête australienne montre que si 67 % des personnes interrogées déclaraient comprendre le principe des intérêts composés, elles n’étaient que 28 % à donner la bonne réponse à un problème fondé sur cette notion.
Les produits financiers étant de plus en plus complexes, les décisions qui incombent aux consommateurs de produits financiers sont très difficiles et nécessitent une solide connaissance des produits financiers. Les individus ont donc besoin de solides compétences financières. Un certain nombre d’affaires (Bénéfic, Madoff, ou encore la crise des subprimes, etc.) démontrent la difficulté du public mais aussi des entrepreneurs à comprendre les produits et concepts économiques.
Le constat d'une attente de la population Face à ces phénomènes, il semble que les populations expriment de manière croissante leur désir de disposer des connaissances financières de base. En 2005, l’OCDE mène plusieurs enquêtes sur la culture financière dans les pays membres de l’OCDE. Les résultats montrent que les consommateurs ont une faible connaissance financière.
En 2018, en France, la Banque de France commandite une étude sur le niveau d’éducation financière des français qui met en avant une certaine méconnaissance des produits financiers et une difficulté à réaliser des calculs financiers simples : seules 17% des personnes interrogées considèrent avoir une connaissance élevée sur les questions financières ; près de 60% ne maîtrisent pas l’effet de l’inflation sur leur pouvoir d’achat ou le calcul d’un intérêt sur un placement ; 51% ne savent pas définir un crédit renouvelable [source] et 43% ont le sentiment de ne pas disposer d’informations suffisamment fiables et neutres pour gérer efficacement leur budget. Les résultats de l’étude montrent également que les Français ont un intérêt pour la matière financière et une volonté d’être mieux informés.
Objectifs et bénéfices Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, entre 3 et 10 % des gens n’ont pas accès à un compte bancairehttp://www.oecd.org/dataoecd/50/49/37228067.pdf page 2, ce qui les exclut de fait de pans entiers de la vie sociale.
Le problème est encore plus marqué dans les pays émergents. L’éducation financière va donc viser à donner à tous les citoyens un corpus de connaissances et de savoir-faire leur permettant de faire des choix pertinents dans le domaine financier. Notamment pour les ménages qui souhaitent équilibrer leur budget, s’assurer, emprunter, épargner ou investir. L’éducation financière joue également un rôle en matière de prévention des arnaques financières.
La diminution des risques d'exclusion financière permet aussi de renforcer l’intégration des plus défavorisés. Enfin, l’économie elle-même se portera d’autant mieux que seront favorisés les comportements avisés en matière d’épargne et l'apport de liquidités aux marchés financiers.
Les populations les plus concernées par l’éducation financière Les élèves des collèges et des lycées Si à l’école primaire une simple sensibilisation à l’éducation budgétaire est adaptée, d’autres thèmes financiers peuvent être graduellement abordés avec des élèves des collèges et surtout des lycées. C’est en effet au fur et à mesure qu'ils sont confrontés aux situations pratiques correspondantes qu'il est pertinent que les jeunes acquièrent des connaissances leur permettant de comprendre les notions de budget, de taux d’intérêt, d’utilisation des moyens de paiement et d’épargne.
Une convention a été signée en entre le Ministère de l'Éducation nationale (France), la Banque de France, opérateur de la stratégie française et l'Institut pour l'éducation financière du public, visant à développer l’éducation budgétaire et financière à l’école.
Les personnes précaires ou avec de faibles ressources Ces personnes sont financièrement isolées dans un monde où les transactions financières – et notamment le versement des prestations sociales – se font de plus en plus par voie électronique. Par ailleurs les personnes en situation précaire sont parmi les principales victimes du surendettement.
La principale cause de surendettement en France correspond aux « accidents de la vie » (changements brutaux du mode de vie de personnes, entraînant des baisses de ressources) qui créent une rupture souvent soudaine dans l'équilibre financier des ménages.
Il convient donc d’orienter les publics les plus fragiles vers des formules de crédit modéré ou vers d’autres solutions financières.
En 2019, dans le cadre du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, conseil budget ont été labellisés. Ils permettent d'accompagner les personnes souhaitant recevoir des conseils sur la gestion de leur budget.
Les consommateurs Les consommateurs de produits financiers sont au cœur de la définition de l’OCDE sur l’éducation financière. Au niveau de l'union européenne, l’éducation financière est traitée principalement par la Direction des consommateurs.
Les personnes actives sont une cible des actions d’éducation financière. Ils ont besoin de faire des choix financiers éclairés pour gérer correctement leur épargne, leur départ en retraite et financer des investissements.
Les actions menées À l'échelle internationale L'OCDE L’OCDE a publié en une première étude internationale sur ce thème. (« Pour une meilleure éducation financière »).
Dès , l’OCDE avait déjà publié ses premières recommandations sur les principes et les bonnes pratiques relatifs à la sensibilisation et l’éducation financièreshttp://www.oecd.org/dataoecd/7/16/35108663.pdf.
Parmi les idées principales, on peut retenir que : L’éducation financière doit commencer à l’école, la population devant être formée aux questions financières à un âge aussi précoce que possible. L’éducation financière doit s’inscrire dans les principes de gouvernance des institutions financières, dont la transparence et la responsabilité doivent être encouragées. Les institutions financières doivent se doter de codes de conduite pour leur personnel. Il convient d’encourager la sensibilisation des futurs retraités à la nécessité d’évaluer l’adéquation financière de leurs régimes actuels de pensions public et privé. Des études de l’OCDE ont par exemple montré que 4 travailleurs américains sur 10 n’épargnaient pas en vue de leur retraite. Il convient d’encourager des campagnes nationales, des services d’information gratuits et des dispositifs d’alerte sur des situations à haut risque pour les consommateurs de produits ou services financiers (notamment les cas de fraude).
L’OCDE a par ailleurs adopté le , un ensemble de recommandations relatives aux « bonnes pratiques » d’éducation financières quant aux pensionshttp://www.oecd.org/dataoecd/4/22/40537970.pdf et aux assuranceshttp://www.oecd.org/dataoecd/3/45/40537813.pdf.
Des bonnes pratiques ont également été formulées concernant le crédit, elles ont été adoptées en http://www.financial-education.org/dataoecd/32/3/43138294.pdf.
Enfin, à l’occasion de la Conférence internationale de Washington sur l’éducation financière (qui s’est tenue les 7 et ), l’OCDE a lancé un nouveau site Web., portail d’informations sur le sujet. L’organisation internationale a également constitué un réseau mondial d’experts publics en éducation financière, qui s’est réuni pour la première fois à la veille de la conférence.
Les autres instances internationales Différentes instances et forums agissent également dans le monde pour promouvoir l’éducation financière.
Ainsi, le Forum International sur l’Éducation Financière et la protection du Consommateur se tient régulièrement depuis 2003 et débat annuellement de ces questions.
Créée en 2007, l’IFIE () est une organisation du secteur privé, à but non lucratif dont l’objectif principal est d'améliorer l'éducation en matière d'investissement dans le monde, afin de permettre aux consommateurs de choisir des produits financiers et d'investir en connaissance de cause. Elle est soutenue par l’OICV (Organisation Internationale des Commissions de Valeurs) ; elles ont organisé conjointement deux conférences internationales, l’une à Madrid et l’autre à Washington.
Dans l'Union Européenne La Commission européenne a produit une communication le http://ec.europa.eu/internal_market/finservices-retail/docs/capability/communication_fr.pdf concernant l'éducation financière.
Face au déficit de connaissances des consommateurs au sujet des produits financiers et devant la croissance du choix et de la complexité de ces produits, la Commission a en effet décidé de promouvoir le développement de l'éducation financière au sein de l'Union européenne (UE).
L'élaboration de programmes d'éducation financière doit être favorisée grâce à : une prise de conscience de la nécessité de lutter contre l'inculture financière une mise en commun des meilleures pratiques le développement d'outils pratiques pour faciliter un meilleur enseignement de l'éducation financière dans les écoles
De même, dans une résolution adoptée le ., le Parlement européen réclame l’amélioration de l’éducation et de la sensibilisation des consommateurs en matière de finances et de crédit. S’appuyant sur la crise des subprimes, le Parlement européen souligne la nécessité d’inclure l’éducation financière dans les programmes scolaires, d’instaurer un réseau d’éducation financière associant secteur public et privé.
Si l'éducation financière reste du ressort des États membres, l'UE peut apporter une aide pratique importante. Différentes initiatives ont déjà été mises en œuvre : un outil d'éducation en ligne, Dolcetahttp://www.dolceta.eu propose une formation en matière de consommation aux adultes un groupe d'experts en éducation financière a été créé, qui a pour mission de diffuser les meilleures pratiques sur le continent, d’harmoniser les méthodes d’enseignement et les programmes et de conseiller la Commission européenne sur les questions relatives à l’éducation financière.