Les partisans Bielski sont un groupe de partisans juifs (en russe : Бельский Отряд ; en polonais : Bielski Otriad ; en français : le détachement Bielski) qui a sauvé d'autres Juifs de l'extermination et a lutté contre les occupants nazis dans les environs de Nowogródek et près du ghetto de Lida en BiélorussieTerritoire de la Deuxième République polonaise, cette zone de la Biélorussie a été annexée par l'URSS après le , lorsque l’Armée rouge a envahi l’Est de la Pologne selon les termes du Pacte germano-soviétique, pacte signé juste avant l’invasion de l’Ouest du pays par les troupes allemandes le ., lors de l’occupation de la région par le Troisième Reich, entre les étés 1941 et 1944.

Sous leur protection, environ ont survécu à la Seconde Guerre mondiale, ce qui en fait l'une des plus efficaces missions de sauvetage de l'Holocauste . Ils représentent un exemple de ce que fut la résistance juive pendant la Shoah. Le groupe a passé près de trois ans dans la forêt de Naliboki et a été organisé à l'initiative de quatre membres de la nombreuse fratrie Bielski : l’aîné , 35 ans en 1941, le cadet , Alexandrov (dit Zus) et Aron, le benjamin âgé de 12 ans en 1941.

Cette histoire a été adaptée en 2008 par le réalisateur Edward Zwick dans le film Les Insurgés, à partir du roman « Defiance » de l’universitaire américaine d’origine juive polonaise Nechama Tec. thumb|Nalibotskaya Pushcha. La forêt de Naliboki. thumb|Carte de la forêt de Naliboki en Biélorussie à à l'ouest de Minsk, au fond duquel se trouvait le refuge des partisans Bielski. Auteur : Wobuzowatsj.

Avant 1941 À l'origine des partisans Bielski se trouvent quatre frères (Tuvia, Asael, Alexandrov aussi appelé Zusia ou Zus, et Aron), qui ont créé un détachement de partisans à l'époque de la Seconde Guerre mondiale en Biélorussie. Aron n'était toutefois âgé que de 12 ans, en 1941, et a eu un rôle plus restreint consistant surtout à observer et transmettre des informations.

Les grands-parents des frères Bielski, au , habitaient le village de Stankiewicze, situé entre les villes de Lida et Novogroudok, non loin de la forêt de Naliboki (en russe : Nalibotskaya Pushcha). C'était la seule famille juive du villageИлья Куксин Я стану известен только после смерти….

Au début du , la famille de David et Bella, les parents Bielski, vécut l'occupation allemande jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. Ils vécurent ensuite sous le gouvernement de la Pologne puis, après le , devinrent citoyens soviétiques après le partage de la Pologne entre les Soviétiques (pour l’Est) et les Allemands (pour l’Ouest), selon les termes du Pacte germano-soviétique. Il y avait 11 enfants dans la famille de David et Bella. Les rapports avec les voisins n'étaient pas toujours paisibles : parfois, les frères Bielski devaient user de la force, pour préserver la propriété de leurs terresDaniel Rubin : The heroes among us.

(1906-1987), le fils aîné, étudia au heder, l'école juive, puis dans l’enseignement public polonais. Il connaissait 6 langues : le yiddish, le russe, le biélorusse, le polonais, l'hébreu et l'allemand. Il servit dans l'armée polonaise et y devint sous-officierOn le voit en photo en uniforme de l'armée polonaise dans le générique de fin du film. De ses parents, il reçut en héritage un petit magasin.

et Alexandrov (Zus), les deux frères cadets de Tuvia, furent appelés dans l'Armée rouge après l’annexion de la partie est de la Pologne par l'URSS.

Avant l'invasion de l'URSS par les Allemands (), le commissariat aux affaires intérieures de l'URSS, le NKVD, commença à rechercher des « éléments bourgeois » dans la population pour les déporter en Sibérie. Tuvia, futur propriétaire d’un magasin car il figurait dans son héritage, fut classé dans cette catégorie. Après que son magasin fut nationalisé, il comprit que, bientôt, ce serait son tour d'être inquiété : il quitta alors son village pour trouver ailleurs un emploi d'aide-comptable.

Création du détachement Après l'invasion des forces armées allemandes en Biélorussie durant l'été , et le début des massacres par les Einsatzgruppen à l'encontre de la population juive, , et des membres de son entourage, ainsi que ses frères cadets et Zus, créèrent un détachement de partisans juifs à proximité du village familial. Les nazis fusillèrent à l'été 1941 deux des autres frères Bielski : Jacob et Abraham. Le , les parents et la sœur cadette des Bielski, et également Silla (l'épouse d'Alexandrov) ainsi que leur nouveau-né, une petite fille, furent fusillés avec Juifs des environs. Le frère cadet, Aron, âgé de , échappa par miracle au massacre et rejoignit ses frères aînés près du village.

Les frères Bielski réussirent à convoyer jusqu'au bois une partie de la famille et constituèrent ainsi l'ossature du futur détachement : avec seulementОкунь Леонид Исаакович et, comme seule arme, un pistolet au chargeur à demi rempli. Ils choisirent Tuvia comme chef.

En , à la suite de l'arrivée d'un grand nombre de personnes du ghetto de Novogroudok, le détachement s’agrandit et le nombre des participants atteignit 250 personnes. À l'automne , le détachement Bielski commença la lutte active et affirma sa réputation auprès des partisans. Tuvia Bielski se fit remarquer par ses aptitudes de décision et direction. Tout cela joua un grand rôle dans la reconnaissance du détachement Bielski par les autres groupes de partisans soviétiques. En , le détachement Bielski fut inclus dans le détachement « Octobre » de la brigade LénineЛесные евреи.

Actions du détachement La structure du détachement se présentait comme suitЧетвёртый братМузей еврейского сопротивления на Новогрудчине :

, commandant, chef du détachement ; , chef du groupe de combat, responsable des reconnaissances de terrain ; Alexandre Bielski (Alexandrov ou Zus), adjoint pour la reconnaissance du terrain, responsable de la défense armée ; Aron Bielski, agent de liaison avec les autres détachements de partisans, le ghetto et ceux qui aidaient les Juifs à fuir le ghetto et à s'associer à l'action des partisans ; Lazare Malbine, chef d'état-major (à partir du — I.V.Chemiatoviets) ; Salomon Volkobycky, chef de détachement spécial ; Tankhel Gordone, adjoint pour la partie politique (à partir de ) ; Éliakhou Bliakhier, adjoint du commandant.

Tuvia, qui pratiquait plusieurs langues sans accent et pouvait passer aisément du côté des non-Juifs, se rendait souvent dans le ghetto voisin, exhortant les Juifs à s'enfuir dans la forêt. Il acceptait tous les Juifs, y compris les femmes, les vieillards et les enfants. Il n'en reste pas moins que le détachement se présentait comme une force de combat que tous leurs interlocuteurs, hostiles ou non, devaient prendre au sérieux : les Allemands, les autres partisans soviétiques, la population environnante.

Tuvia considérait le problème du sauvetage du plus grand nombre de Juifs comme étant l'essentiel de sa mission. Malgré leur haine des nazis, les frères Bielski partaient du principe que « mieux [valait] sauver une vieille Juive que de tuer dix soldats allemands »О рецензии на книгу Питера Даффи в « Чикаго Трибьюн » 25.08.2003.

Aux membres du ghetto de Lida qui les rejoignaient, Tuvia Bielski disait : Amis, c'est un des plus beaux jours de ma vie. Voici les joies de pareils moments que je vis : regardez combien de gens on a pu sortir du ghetto ! Je ne peux rien vous promettre. Nous essayons de survivre, mais nous pouvons mourir. Et nous tenterons de conserver la vie le plus longtemps possible. Nous acceptons tout le monde et ne rejetons personne, ni les vieillards, ni les enfants, ni les femmes. Nous sommes à l’affût de tous les dangers, mais si notre sort est de mourir, nous voulons au moins mourir comme des hommes.

Le détachement considérait comme sien toute la communauté qu'on surnommait la « Jérusalem des bois ». Dans le détachement se trouvaient des forgerons, des boulangers, une tannerie, des bains publics, un dispensaire et une école. Il y avait des vachers, des musiciens, des potiers, des cuisiniers, des tailleurs. Le culte était assuré par le rabbin David Brouk.

Les partisans Bielski vivaient dans des caches. Celles qui n'étaient pas occupées pour des opérations de combat servaient à réparer des armes, coudre des vêtements et réaliser des services divers pour les autres groupes de partisans soviétiques, ceci en échange de munitions, nourriture et médicaments. Les saboteurs du détachement Bielski étaient considérés parmi les meilleurs et avaient la considération des autres groupes de partisans.

Par la suite, comme l’effectif des partisans Bielski s'accrut jusqu'à 750 personnes, au printemps 1943 furent constitués le détachement « Ordjonikidze » et une nouvelle brigade nommée « Kirov ». Les relations entre les partisans (juifs, soviétiques, polonais, biélorusses) n'étaient pas toujours bonnes. Cependant, personne n'osait courir le risque de provoquer les membres du détachement Bielski. Les frères pouvaient rapidement mobiliser plus de cent combattants armés, prêts à se défendre contre n'importe quelle agression. Le détachement trouva aussi des appuis du côté de Basile Tchiernychiov, secrétaire du comité clandestin du parti communiste de Biélorussie à Baranavitchy et également du côté de Victor Panchenkov, un officier russe coupé du gros des forces soviétiques au moment de l'invasion de , et qui devint maquisard avec quelques soldats isolés comme luiPeter Duffy, Les Frères Bielski, traduit de l'américain Belfon par Oristelle Bonis, Paris, 2004, ..

Un des problèmes les plus importants était de trouver de la nourriture pour un aussi grand nombre de personnes en forêt. Les paysans commencèrent à collaborer avec les partisans quand ils comprirent que les Bielski n'étaient pas « un gibier pour la chasse » : en effet, lorsqu'un paysan des environs dénonçait un groupe de Juifs, les partisans Bielski se vengeaient en tuant toute sa famille et en incendiant sa maison. De la sorte, les partisans Bielski furent réputés pour ne pas rester passifs face à la collaboration biélorusse avec les Allemands« Лесные евреи » выходят из леса.

D'autres détachements de partisans capturèrent parfois des Juifs qui fuyaient le ghetto, et il y eut des cas où ils les reconduisirent au ghetto, vers une mort certaine, Parfois, ils en fusillèrent.

Les Allemands attaquèrent le camp à plusieurs reprises ; les partisans s'enfuyaient alors, mais il y eut parfois des combats sévères pour leur résister. Notamment, une grande opération anti partisans débuta le : le détachement se réfugia alors dans une petite île au milieu des marais, où les Allemands ne purent les atteindreЭпопея братьев Бельских.

À la suite de cela, le détachement se divisa en une section « familiale » et une section « combattante ». Le camp « familial » comptait alors approximativement 700 personnes et s'appelait « détachement Kalinine », installé dans la forêt de Nalibotska et placé sous la direction de . Les combattants, sous la direction d'Alexandre (Zus), formaient le « détachement Ordjonikidze » et s'installèrent dans la région de Stankevich. dirigeait la section des éclaireurs, au sein de la brigade « Kirov ».

L'attaque la plus violente contre le détachement eut lieu la veille de la libération de la Biélorussie par l'Armée rouge, le . Des Allemands, qui battaient en retraite, furent pris à partie par les partisans ; ils réagirent alors vigoureusement : il y eut des dizaines de blessés et dix tués. Le jour suivant, l'Armée rouge pénétrait dans la forêt de Naliboki.

Bilan Les Bielski réussirent à sauver Juifs de l'extermination. Les quatre frères restèrent dans le maquis jusqu’à la libération de la Biélorussie par l'Armée rouge. Tuvia fut convoqué à Minsk pour rendre compte des actions du détachement.