Apollo Faye, né le à Dakar, est un ancien joueur français de basket-ball. Fort de ses , il évolue au poste de pivot. Il commence le basket-ball au Sénégal avec le club militaire, AS Forces Armées du Sénégal (1971-1973), puis au Dial-Diop (1973). Par la suite, son niveau lui permet, en 1974, de rejoindre la France et l'AS Cabourg (1974-1977). Sa carrière atteint son apogée lorsqu'il porte le maillot vert du Cercle Saint-Pierre Limoges (1977-1985) avec lequel il accède à la Nationale 1 (1978), puis par la suite remporte deux Coupes Korać (1982, 1983), trois titres de Champion de France (1983, 1984, 1985) et ainsi que trois Coupes de la Fédération (1982, 1983, 1985).

Parallèlement, sa stature lui vaut 80 sélections en équipe de France de 1979 à 1985 dont deux participations aux championnats d'Europe (1979, 1983). Faye termine sa carrière professionnelle à Montpellier (1985-1991) et permet au club de l'Hérault, une accession en Nationale 1, en 1988. Sur le plan individuel, Apollo Faye est le meilleur marqueur du championnat de France de Nationale 1 lors de la saison 1978-1979 avec une moyenne de 28,5 points par match. Au total, en Nationale 1, il jouera 256 matches avec une moyenne de 13,8 points par match. Ce qui en fait, depuis 1991, le marqueur de l'histoire de la Nationale 1 (Pro A) avec points inscrits, en dix saisons dans l'élite du basket-ball français.

Biographie Carrière professionnelle Ses débuts au Sénégal

Serigne Cheikoun Faye, dit Apollo, né à Dakar, fils d'un menuisier et maçon de Dakar, commence le basket-ball à l'armée durant son service militaire. Il est alors remarqué par les recruteurs de l'Association sportive des Forces armées du Sénégal. Fort de ses , son gabarit est fortement apprécié par les entraîneurs de basket-ball. Peu à peu, il rattrape son retard technique et développe une détente impressionnante, ce qu'il lui vaudra le surnom Apollo, en référence à la fusée américaine, de la part du général Diallo et de ses coéquipiers.

Les conditions pour jouer au basket-ball ne sont alors pas idéales : « Il y a peu de salles et c'est même difficile, par exemple, de trouver de bonnes chaussures de sport pour les basketteurs. Moi c'était mon cordonnier qui me les faisait sur mesure… avec un bout de plastique». Malgré tout, Apollo Faye joue pendant deux saisons avec l'Association sportive des Forces Armées de 1971 à 1973, disputant ainsi le championnat du Sénégal. Il atteint la finale de la Coupe d'Afrique des clubs champions, au Caire, en 1973, avec un autre club, le Dial-Diop (club de Dakar), opposé au Hit-Trésor où joue alors Mathieu Bisseni, le tout entraîné par l'ancien international français, Charles Tassin. Ce dernier lui conseille de s'aguerrir en France, pour la saison 1974-1975.

Des Verts de l'AS Cabourg aux Verts de Limoges (1974-1977)

Il choisit de partir pour la France et répond positivement à toutes les offres de clubs français comme Oloron, Brest ou encore Cabourg. Finalement, Faye opte pour l'AS Cabourg (Nationale 3). L'AS Cabourgeoise est un club ambitieux. Au début de la saison 1974-1975, un nouveau président prend la tête du club, M. Blaszka. Il enrôle comme entraîneur-joueur, un transfuge du Caen BC, Alain Chausy qui selon les dires de l'Équipe Basket Hebdomadaire « connaît bien son affaire et qui bénéficie du total appui de la municipalité». À cet effet, il recrute en plus d'Apollo Faye, l'Américain Bob Brower (2,05 m). Par ailleurs, il peut compter sur un ancien, le polonais, Mikulski (2,00 m).

Malheureusement avec toutes ses licences signées, il est suspendu pendant quasiment toute la saison et se voit condamner à jouer en promotion d'Excellence Régionale. Apollo Faye participe aux entraînements et aux matches amicaux mais le club attend incessamment sa naturalisation française. Au bout de cette saison, L'AS Cabourg termine premier de la Poule E de la Nationale 3 et assure la montée en Nationale 2 malgré une élimination en quart de finale de la Nationale 3 face à Saint-Brieuc. À partir de la saison 1975-1976, Apollo Faye réintègre l'équipe fanion de Cabourg et prend de l'envergure en Nationale 2 et se fait un nom. Toutefois, il doit céder sa place régulièrement aux autres joueurs étrangers de l'équipe, à cause du règlement qui limite le nombre d'étrangers. Le , toujours sous le maillot de Cabourg (Nationale 2), Apollo Faye crache à la figure de l'arbitre lyonnais, Amalfitano, lors d'une rencontre opposant Cabourg à Limoges. Il est alors suspendu pour quelques matches.

Après la saison 1976-1977, Apollo Faye rejoint les rangs du patronage limougeaud, le Cercle Saint-Pierre Limoges, car il avait laissé de grandes impressions aux joueurs et dirigeants lors de ce fameux match ( à Limoges) où il a selon le journaliste du Le Populaire du Centre, Pierre Jack : « Au cours de la seule mi-temps qu'il avait joué, il avait marqué six paniers et il avait contré avec beaucoup d'efficacité Moltimore ». Lionel Moltimore n'hésite pas à vanter les mérites du grand pivot sénégalais lors de la réception organisée par le Cercle de l'Union de Limoges, le : « Tu es le joueur qui m'a le plus impressionné depuis que je t'ai rencontré, j'ai toujours eu envie de jouer à tes côtés, cette année l'occasion s'est présentée, je l'ai saisie malgré les demandes émanant du Caen BC, de l'ASVEL et de Denain. J'espère d'ailleurs pouvoir aider le Limoges CSP à accéder au plus haut niveau ».

Il devait signer au Caen BC mais la réputation de fêtard du natif de Dakar, l'écarta d'une venue dans le club normand comme ce fut aussi le cas pour d'autres écuries de la Nationale 1 dont Jean-Luc Thomas écrit : « Une réputation de fêtard et d'indolence découragèrent les velléités de recrutement qui auraient pu effleurer les esprits caennais ou berckois ».

Apollo Faye et Limoges, une ascension fulgurante (1977-1985) La fusée Apollo, maître de la Salle des Sœurs de la Rivière (1977-1981) La révélation Apollo Faye et la montée (1977-1978) Limoges prend alors un risque important en le recrutant. Les dirigeants du Cercle Saint-Pierre ainsi que le nouvel entraîneur, Jean-François Dubreuil, visent la montée : « Mon objectif sera la montée, nous viserons une des premières places de cette «Poule B» ; cette tâche sera difficile mais pas insurmontable. De toute façon, si nous ne réussissons pas, je pense que nous terminerons dans les cinq premiers, je me donne au maximum deux ans pour faire du Limoges CSP, une équipe de Nationale 1 » et avec la venue d'Apollo Faye le spectacle sera assuré et « doit nous permettre d'appliquer avec bonheur cette tactique. Faye avec ses 2,08 m est un battant, mais il sera surtout complémentaire ».

Son talent lui vaut la visite du sélectionneur national, Pierre Dao, le : « Ce garçon m'intéresse pour les JO de Moscou ». Le journaliste de France 3 Limousin, Jean Mamère, indique que le sélectionneur est venu car « tout simplement, il mesure 2,08 m, pèse 110 kilos, à seulement 25 ans et possède toutes les qualités techniques pour devenir un pivot de grande valeur ».

Pour son premier match sous les couleurs du CSP Limoges, Apollo Faye inscrit 30 points contre l'ASPO Tours (Nationale 1), en match amical, le . Faye montre un niveau de jeu très intéressant durant les matches amicaux. Lors du premier match de la saison régulière dans la Salle des Sœurs de la Rivière, Apollo Faye réalise un improbable exploit en marquant 41 points et prenant 41 rebonds supposés dans la victoire de Limoges sur Grenoble (108-85). Son entraîneur en est ravi de sa performance : « Apollo c'est bien ; aujourd'hui, tu t'es battu comme je voulais te le voir faire. Dans la raquette, on ne doit pas t'approcher. Continue dans cette voie et je te réserve une surprise ». Dans la même saison, encore dans la vieille Salle Mu, Apollo réalise son record de points en un match face à la JL de Bourg, en inscrivant 48 points sur les 106 de son équipe (score final: 106-87).

Avec son géant, Limoges réalise une saison exceptionnelle qui se solde par 21 victoires, 2 nuls et 2 défaites. Premier de sa poule, le club d'Apollo Faye monte en Nationale 1 en maîtrisant, en demi-finale, l'équipe d'Asnières, en deux matches aux scores serrés.. Malheureusement, Limoges ne parvient pas à remporter le titre de champion de France de Nationale 2, en finale contre Mulhouse..

Mission : maintien (1978-1980)

La montée en poche, Apollo Faye et les siens vont essayer de se maintenir dans l'élite du basket français pour la saison 1978-1979. Pour se maintenir, il faudra alors au moins atteindre la dixième place de ce championnat de France N1 ou bien passer par les barrages. Encore une fois, Apollo Faye est associé à l'ailier américain, Lionel Moltimore. Lionel Livio, et surtout le jeune (18 ans et demi) Richard Dacoury, rejoint le CSP Limoges. Sa venue revient en partie, à Apollo Faye..

L'alchimie entre les joueurs prendra un peu de temps. En revanche, Apollo Faye réalise de superbes performances. À Tours, contre l'ASPO, Apollo Faye démontre son habilité en inscrivant 46 points. Contre Le Mans (36 points), il progresse et passe dans une autre catégorie selon le directeur national de l'équipe de France, Joë Jaunay : « Aujourd'hui, j'ai découvert le vrai visage de Faye. Devant les meilleurs techniciens il a su passer à l'étage supérieur, c'est bon signe et je pense qu'on pourra faire appel à lui sans tarder » mais surtout il réalise son plus beau match de la saison contre l'AS Villeurbanne. Limoges s'impose, à domicile, face au récent demi-finaliste de la Coupe d'Europe des clubs champions, sur le plus petit des écarts : 96-95. Pierre Jack titre son article « Faye omniprésent » et Faye dira de ce match : « J'ai eu très peur lorsque j'ai vu Gilles prendre la balle, mais je crois qu'en deux enjambées, en moins d'une seconde, j'aurai traversé le terrain pour redonner la victoire à notre camp […] on m'a donné de bonnes balles, et puis, je les ai redonnées et Bolotny et Métadier ont pu tirer dans de bonnes conditions à distance. On n'a pas fini de vous étonner. ».

Finalement, il faudra attendre la dernière journée, pour voir le CSP Limoges, se maintenir au sein de l'élite grâce aux paniers en or d'Apollo Faye (34 points) contre Berck (100-106).

Toutefois, Apollo et les cerclistes devront faire face, un peu plus, aux difficultés lors de la saison 1979-1980. Le club se renforce avec Jean-Luc Deganis et surtout Yves-Marie Vérove. Pourtant, Limoges prend l'eau dès le premier match face au Mans (78-103). Apollo Faye ne cède pas et va même faire de grande performance contre Villeurbanne (43 points) ou encore contre Orthez (41 rebonds). Par moments, il s'improvise pour nettoyer le terrain et passer la serpillière. Apollo termine la saison régulière avec en moyenne, 22,8 points par match. Malgré les efforts consentis par l'équipe, les limougeauds terminent à la et doivent sauver leur place en barrages à Compiègne. C'est chose faite en dominant ses adversaires avec 2 victoires et 1 défaite en poule de barrage.

Le début de l'ère Buffière, un nouveau Apollo (1980-1981)

Après son maintien assuré, le Cercle Saint-Pierre, engage un nouvel entraîneur, pour la saison 1980-1981, en la personne d'André Buffière. La presse qui le qualifie de « vrai professionnel », va propulser le C.S.P. dans une nouvelle dimension et change la conception du jeu. Thierry Bretagne, auteur du livre, Les Géants écrit à ce sujet : « Buffière veut consolider les bases collectives de l'équipe, stabiliser son rendement à l'extérieur, où elle est trop souvent délitée : rendre son jeu plus méthodique, plus consistant. Cela passe par des révisions déchirantes (Faye, réquisitionné au rebond ; Dacoury sommé de ne pas s'y ruer) ». Pour Apollo Faye, André Buffière lui réserve un traitement spécial. La nuit, Buffière empêche en déplacement Apollo et ses coéquipiers de sortir de leurs chambres d’hôtel.