Louis Émile Anquetin, né à Étrépagny (Eure) le et mort à Paris le , est un peintre, dessinateur, aquarelliste et lithographe français.

Biographie Formation

Louis Anquetin est le fils unique d'Émile Augustin Anquetin (né en 1839), marchand boucher, et de Félicité Céline Rose Chauvet, son épouse. Sa maison natale, la boucherie paternelle, existe toujours à Étrépagny. Anquetin, très vite attiré par le dessin, est encouragé par ses parents dans cette vocation artistique. En 1872, il entre au lycée Corneille de Rouen et devient l'ami d'Édouard Dujardin, futur poète. Il obtient son baccalauréat en 1880. Il effectue ensuite ses obligations militaires dans la cavalerie au de dragons, à Chartres.

À son retour, il s'installe à Paris et entre, en 1882, dans l'atelier de Léon Bonnat (1833-1922) au 30, avenue de Clichy. À sa fermeture, lorsque Bonnat est nommé professeur à l'École des beaux-arts, Anquetin est admis en 1883 dans l'atelier libre de Fernand Cormon, où il reste quatre années. Il y commence sa formation aux côtés de peintres d'avant-garde qui deviendront ses amis, comme Vincent van Gogh ou Henri de Toulouse-Lautrec , Henri Rachou, Charles Laval, Adolphe Albert, Paul Tampier, , Albert Grenier et Émile Bernard. Van Gogh organise une exposition au café Le Grand Bouillon au 43, avenue de Clichy, en compagnie de Bernard, Anquetin et Lautrec.

Le cloisonnisme

Avec Émile Bernard, Anquetin se dirige vers le divisionnisme dans les pas de Paul Signac qu'il rencontre le . Enthousiasmé par les estampes japonaises collectionnées par van Gogh, Anquetin découvre, au travers d'une porte vitrée aux carreaux de couleur, dans la maison de ses parents, les effets produits par les différentes nuances sur l'impression que l'on obtient du décor. Il réalise alors avec Émile Bernard une synthèse de leurs recherches communes. Édouard Dujardin, annonçant dans la Revue indépendante les œuvres d'Anquetin au Salon des indépendants de 1888, baptise ce nouveau genre et en attribue la paternité au seul Anquetin., qui deviendra tout d'un coup célèbre.

En 1889, faisant partie des refusés au Salon, il expose avec Paul Gauguin, Charles Laval, Léon Fauché, Émile Schuffenecker, George-Daniel de Monfreid, Émile Bernard, Louis Roy et Ludovic Nemo, Charles Filiger au Café Volpini, situé dans l'enceinte de l'Exposition universelle de 1889. Il est à cette époque un habitué, avec Toulouse-Lautrec et Émile Bernard, du cabaret du Moulin Rouge. Félix Fénéon lui écrit un article élogieux.

À l'été 1889, lassé des contraintes du cloisonnisme, il s'oriente vers une composition plus raffinée, caractérisée par des lignes plus douces et lyriques et des surfaces richement ornées. Si la vie moderne demeure son sujet de prédilection, son œuvre de cette période est dominée par des portraits intimes de jeunes Parisiennes élégantes, peut-être inspirés par sa propre relation avec le modèle Marie Valette. Sensuelles et empreintes d'érotisme, ces toiles célèbrent la finesse des traits et la peau lisse et porcelaine des jeunes femmes sereines de l'artiste, souvent représentées dans des intérieurs élégamment décorés, ornés de papiers peints, de tissus et de meubles somptueux..

Par ailleurs, Anquetin fait la connaissance, par le biais de Toulouse-Lautrec, du peintre et dessinateur anglais Charles Conder, venu de 1890 à 1897, étudier à l'Académie Julian et à l'atelier Cormon.

En 1891, Anquetin entreprend des recherches sur l'huile et demeure au 62, rue de Rome à Paris, et à une adresse au 10, rue Clauzel, à côté du père Tanguy, fabricant de couleurs qui demeure au 14. Après le Salon des indépendants, il relance le Salon des refusés. De 1894 à 1896, Anquetin n'expose plus et suit des études d'anatomie dans le laboratoire de dissection du professeur Arroux à Clamart.

Retour au classicisme Après son voyage en Belgique et la Hollande avec Henri de Toulouse-Lautrec et Jos Albert, son travail perd de son originalité et devient plus classique en s'inspirant de maîtres du passé comme Rubens ou Rembrandt. À son retour, il s'installe à Bourron-Marlotte où il se lie d'amitié avec Paul Fort, Stuart Merrill, Paul Margueritte, Élémir Bourges et Armand Point. En 1899, il est l'un des douze dessinateurs de l'album de l’Hommage des artistes à Picquart.

Anquetin est en lien au tournant du siècle avec des groupes anarchistes dans l'entourage de Zo d'Axa, Jean Grave et Octave Mirbeau. Il participe aux revues La Feuille et L’En-dehors. Il sera aussi dreyfusardSur son engagement dans l'affaire Dreyfus, voir sa notice du Dictionnaire biographique et géographique de l'affaire Dreyfus {https://dicoaffairedreyfus.com/index.php/2020/02/08/louis-anquetin/}..

En 1901, Fernand Cormon, son professeur, ayant obtenu la commande de la décoration murale de l'hôtel de ville de Tours, invite Anquetin à réaliser quatre panneaux, représentant Balzac, Descartes, Rabelais et Alfred de Vigny sur la paroi nord de la salle des fêtesPanneaux qui seront déposés en 1907 pour être remplacés par des œuvres sur le même sujet peintes par François Schommer (1850-1935)..

Anquetin épouse Berthe Coquinot, veuve d'un officier, en 1906. Le couple s'installe dans un immeuble comprenant un atelier d'artiste construit en 1897 par l'architecte Charles Blanche au 75, rue des Vignes. Entouré de ses élèves, il va pouvoir leur enseigner les techniques picturales selon les règles anciennes qu'il ne cessa de prôner tout comme .

Gustave Geffroy, nommé administrateur de la manufacture des Gobelins par Georges Clemenceau en 1908, lui obtient la commande de ses premiers cartons de tapisseries pour la manufacture en 1911, et les suivants en 1918 et 1921 pour la manufacture de BeauvaisDont Jean Ajalbert fut l'administrateur de 1917 à 1934..

En 1909, Anquetin est nommé chevalier de la Légion d'honneur« Légion d'honneur », Journal de Rouen, 2 janvier 1910, ..

En 1912, Anquetin commence ses conférences et des articles pour défendre le retour au métier. En 1914, il organise des dîners-débats mensuels au restaurant Lapérouse et continue ses conférences à l'université populaire. Ses élèves, Jacques Maroger et Camille Versini, se livrent à des recherches sur les vernis et les différentes techniques picturales, avec l'aide du chimiste Marc Havel. Ensemble, ils mettront au point un médium, commercialisé sous son nom par la maison .

En 1924, Anquetin publie son essai sur Rubens..

Louis Anquetin meurt à Paris en Peu de temps avant sa disparition, Émile Bernard lui rend visite et brosse son portrait qu'il dédicace en ces termes : . Il est inhumé au cimetière d'Étrépagny.

Distinctions . Il est fait chevalier par Gustave Geffroy le ..

Œuvre Peintures

Estampes La Fille d'Artaban, La Nébuleuse, Dialogue Inconnu, lithographie sur vélin crème, programme du Théâtre Libre pour l'année 1896. Cavalier Louis XIII, 1893, Paris, bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art. Don Quichotte et Sancho Pança, 1893, Paris, bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art. Les Courses, 1894, Paris, bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art. Anquetin peintre, 10, rue Clauzel, 1894, Paris, bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art. Le Lever, 1894, Paris, bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art. Paul Verlaine, 1895, Paris, bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art. Un Canter, 1898, Paris, bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art. Drumont et Vacher, publié dans La Feuille, 1898, lithographie, Achenbach Foundation for graphic Arts, musée des Beaux-Arts de San Francisco.

Affiche

Marguerite Dufay, vers 1890, lithographie, Détroit, Detroit Institute of Arts. Marguerite Dufay dans son répertoire, 1895, afficheReproduite dans la revue Les Maîtres de l'affiche (1895-1900)..

Décor de théâtre 1897 : L'Aurore, rideau de scène pour le théâtre Antoine. .

Tapisserie La Bourgogne, 1911, manufacture des Gobelins. Les Cygnes, 1911, carton de tapisserie aboutissement, tapisserie de la manufacture des Gobelins. La Normandie, 1914, carton de tapisserie, manufacture des Gobelins. La Guerre, 1918, manufacture de Beauvais. Le Retour, 1921, manufacture de Beauvais.

Publication Rubens , Éditions Nilson, 1924. De l'Art, édité par Camille Versini, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1970.

Dessins vignette|redresse|Portrait de Toulouse-Lautrec en pied (1889), Albi, musée Toulouse-Lautrec. France Albi : musée Toulouse-Lautrec Portrait de Toulouse-Lautrec en pied, 1889, fusain sur papier ; Portrait de Verlaine de face, fusain sur papier ; Portrait de Verlaine, profil gauche, fusain sur papier. Paris : musée du Louvre, département des arts graphiques : Pégase cabré, ailes déployées, crinière au vent, plume, encre brune, lavis brun, étude pour le rideau de Shakespeare en 1920 ; Combat de cavaliers nus, armés de lances, plume, encre brune ; Croquis d'un vieux cheval la tête basse, mine de plomb. Russie Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage : Buste d'homme torse nu, vers 1890, sanguine.

A référencer

Tours, hôtel de ville : portraits de Balzac, Descartes, Rabelais et Alfred de Vigny, 1901, quatre panneaux, paroi nord de la salle des fêtes, déposés en 1907. localisation inconnue : Scène mythologique pour un plafond, 1898, acquis par l'État au Salon de la société nationale des beaux-arts de 1898. Maggie, portrait exposé au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1913, sur photo.rmn.fr.

Salons 1881 : le , création de la Société des artistes français. Anquetin expose au palais de l'Industrie. 1884 : fondation de la Société des artistes indépendants. 1888 : Salon des XX à Bruxelles, Belgique. 1888 : Salon des indépendants : d'Anquetin. 1889 : il expose au Champ de Mars. 1891 : Salon des indépendants, Torse de Jeune fille, Profil de femme, Le Pont des Saints-Pères. Il relance le Salon des refusés. 1898 : Salon de la Société nationale des beaux-arts : Panneau décoratif, acquis par l'État. 1899 : Salon de la Société nationale des beaux-arts : Le Combat. 1902 : juillet, fondation du Salon d'automne. 1907 : Salon de la Société nationale des beaux-arts : Portrait d'Andrée Mégard. 1911 : Salon de la Société nationale des beaux-arts : La Femme au miroir, Léda. 1912 : Salon de la Société nationale des beaux-arts : Les Cygnes, tapisserie des Gobelins. 1914 : Salon de la Société nationale des beaux-arts : Dans le parc.

Expositions 1886-1887 : exposition permanente au café du Tambourin, 62, avenue de Clichy à Paris. 1887 : café Le Grand Bouillon, 43, avenue de Clichy, organisée par Vincent van Gogh, avec la participation de ses amis. 1889 : Exposition universelle de Paris, refusé, exposé au Café Volponi dans l'enceinte de l'exposition. 1891 : municipale des beaux-arts de Rouen, Femme à l'ombrelle. 1891 : exposition collective à la galerie Le Barc de Boutteville, 47, rue Le Pelletier à Paris, Portrait de Zo d'Aza. 1897 : exposition au restaurant Pierre Cubat, ancien hôtel particulier de la Païva, au 25, avenue des Champs-Élysées à Paris. 1898 : galerie Hessèle. 1925 : exposition du au à Nice. 1933 : la nouvelle galerie Simonson, 19, rue de Caumartin à Paris, du 8 au , exposition organisée par sa veuve avec une conférence d'Émile Bernard sur l'œuvre de l'artiste. 1974 : Toronto, Musée des beaux-arts de l'Ontario, Femme au chat. 1977 : Étrépagny, « Hommage à Louis Anquetin », Femme à l'ombrelle. 1981 : Toronto, Musée des beaux-arts de l'Ontario, « Vincent Van Gogh et la naissance du cloisonnisme », janvier-, exposé ensuite à Amsterdam Rijksmuseum, L'Acteur et Portrait de la mère de l'artiste. 1982 : Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, Suisse, exposition « Fantaisie équestre », juillet à septembre, Autoportrait équestre. 1991 : exposition « Louis Anquetin », galerie Brame et Laurenceau, Paris. 2009-2010 : musée Bunkamura de Kitakyushu, et musée d'Art de Hiroshima, exposition collective « Toulouse Lautrec et ses amis », du au .

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