vignette|Le Poême de l’Extase—Traduction française de Joseph Belleau—Imprimé par Alexandre Scriabine—Don fait par la veuve du pianiste canadien et proche ami de Scriabine Alfred LaLiberté au grand pianiste canadien Marc-André Hamelin Le Poème de l'extaseLe titre de la composition est en français., op. 54, est un poème symphonique pour orchestre composé entre 1904 et 1907, considéré comme la quatrième symphonie d'Alexandre Scriabine. C'est une œuvre de transition entre le style plus tonal des trois premières symphonies et son deuxième poème symphonique, Prométhée ou le Poème du feu, le chef-d'œuvre de sa maturité.
Genèse
L'idée en remonte à 1904, et Scriabine l'accompagna d’un substrat littéraire, sous forme de 369 vers de sa propre plume publiés dès 1906, débutant par : .
Les premières mentions de ce projet par Scriabine se font en tant que « quatrième symphonie » et sous le titre de Poème orgiaque, révélant la référence sexuelle ou orgasmique comme l'un des caractères dominants de la pièce. Le compositeur, qui associe souvent l’extase de la création artistique à l’érotisme, qualifiait cette œuvre de . De nombreuses indications en italien et en français jalonnent la partition en une succession d'états émotionnels : , , , , , , , , , , jusqu'à, dans l'indication des mesures 507-530, .
On y voit également l'influence du mouvement théosophique auquel Scriabine adhérait à l'époque, lui-même ayant affirmé chercher dans sa musique l'accès au divin. La frontière entre religiosité et sexualité reste floue. De ce fait, comme beaucoup d'œuvres du compositeur à partir de cette époque, la quatrième symphonie comporte un caractère mystique (qui culminera quelques années plus tard avec Le Mystère). Outre la forme d'une montée graduée vers une sorte de révélation finale, Scriabine utilise une suite arithmétique basée sur le nombre d'or.
Une première version fut achevée en mais le compositeur préféra y apporter des modifications .
Création
La création initialement prévue le à Saint-Pétersbourg dut être reportée en raison du manque de répétitions qui auraient été nécessaires du fait de la nouveauté et de la complexité de l’écriture, liée à la multiplicité des éléments thématiques, à la densité de leurs enchevêtrements et à la singularité du langage harmonique, et le poème fut créé le par le Russian Symphony Orchestra dirigé par à New York, tandis que la création russe fut assurée par .
Structure et effectifs musicaux
En un mouvement (comportant un prologue et un épilogue) et de forme sonate, le Poème de l'extase est construit sur huit motifs principaux, progressant par à-coups, à travers un vaste développement, vers un finale « extatique » en do majeur, réunissant un effectif élargi comprenant, outre les cordes, quatre flûtes dont un piccolo, quatre hautbois dont un cor anglais, quatre clarinettes dont une clarinette basse, quatre bassons dont un contrebasson, huit cors, cinq trompettes, trois trombones, un tuba, les timbales et un ensemble de percussions dont une cloche, deux harpes, un célesta et un orgue.
Notes et références
Bibliographie
Discographie sélective Evgueni Svetlanov, Orchestre symphonique d'URSS, Melodiya, 1966 (multiples rééditions) Lorin Maazel, Orchestre de Cleveland, Decca, 1978 Evgueni Svetlanov, Orchestre symphonique d'État de l'URSS, MCO/Melodiya 1966 Evgueni Svetlanov, Orchestre symphonique d'État de la fédération de Russie, Warner, 1996 Evgueni Svetlanov, Orchestre national de France, Naïve/Radio France, 2001 Pierre Boulez, Chicago Symphony Orchestra, Deutsche Grammophon, 1999 (enregistré en novembre 1995 au Medinah Temple à Chicago) Antal Dorati, Orchestre royal du Concertgebouw, RCO Live Fabio Luisi, Orchestre Symphonique National du Danemark, Deutsche Grammophon, 2024
Articles connexes Liste des œuvres d'Alexandre Scriabine
Liens externes
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