Louis Octave Lapize, dit Octave Lapize, né le dans le de Paris et mort le à Toul, est un cycliste français. Professionnel de 1909 à 1914, il est considéré comme l'un des plus grands coureurs de sa génération et possède un riche palmarès. Vainqueur du Tour de France 1910, qui traverse pour la première fois les Pyrénées, il compte également six victoires d'étape dans l'épreuve. Il remporte trois victoires consécutives sur Paris-Roubaix, devenant le premier coureur à réussir cette performance, ainsi que trois titres de champion de France, trois succès sur Paris-Bruxelles et une victoire sur Paris-Tours.
Coureur véloce et de petite taille, il est particulièrement adroit et rapide lors des arrivées au sprint et obtient la plupart de ses victoires sur les classiques. Il excelle également sur la piste, principalement dans les épreuves derrière tandem ou les courses de six jours, et remporte une médaille de bronze aux Jeux olympiques de Londres en 1908.
Réformé pour le service militaire pour surdité d'une oreille, Octave Lapize s'engage néanmoins au début de la Première Guerre mondiale et devient pilote dans l'aviation. Moniteur, il forme cent trente pilotes puis décide de partir au front. Il meurt au combat, abattu par un avion allemand au-dessus du bois de Mort-Mare, en Meurthe-et-Moselle.
Il est en outre l'un des premiers coureurs à avoir autorisé une entreprise, par contrat de licence, à commercialiser des produits sous son nom. Des accessoires cyclistes et des bicyclettes de marque Lapize sont ainsi fabriquées par les sociétés La Française Diamant puis Zéfal et perpétuent la mémoire du champion après sa mort.
Biographie Jeunes années Louis Octave Lapize.Au , le fait de se faire appeler par son deuxième prénom est une pratique courante. naît le au de la rue Bénard, dans une maison du quartier du Petit-Montrouge, située dans le de Paris.Pendant plusieurs décennies, Octave Lapize est présenté comme né à Montrouge, fils de bougnat. Son premier biographe, Charles Ravaud, précisait quant à lui que son père était né à La Tour-du-Pin en Isère. Ces informations sont erronées. Voir .. Son père, également prénommé Octave, est originaire de Mende, dans le département de la Lozère. À Paris, lors de la naissance de son fils, il exerce la profession de brasseur, installé sur le quai de Jemmapes. Sa femme, Pauline, originaire du Cantal, est marchande de vins.. Pendant l'enfance, Octave Lapize est un bon élève mais aussi un enfant turbulent. À , il rejoint son père pour travailler à la brasserie. Il commence à faire régulièrement des sorties à vélo avec l'assentiment de sa mère et contre l'avis de son père, qui rejette la passion de son fils pour le cyclisme..
Au , Octave Lapize signe une licence amateur à l'Union sportive du et participe dans un premier temps à des brevets de distance, sur 50, 100 et , mais ne parvient pas toujours au terme de sa course en étant parfois victime de défaillance. Le , il participe au Grand Prix de Villiers, organisé par l'Amicale cycliste de Villiers sur un parcours de de Villiers-sur-Marne à Coulommiers, puis retour à Villiers-sur-Marne. À l'arrivée, il figure dans un groupe de onze coureurs et se montre le plus rapide. Il remporte sa première victoire sur une épreuve courue à de moyenne. Son succès, relayé par le journal L'Auto, organisateur du Tour de France, lui offre une popularité relative dans le milieu cycliste et l'Union des cyclistes de Paris, l'un des clubs les plus réputés de la capitale, le recrute..
Succès chez les amateurs (1907-1908) Le père d'Octave Lapize l'autorise à se consacrer au cyclisme, à condition qu'il respecte ses heures de travail à la brasserie l'hiver et qu'il trouve un remplaçant pendant ses absences pour cause de compétition.. Le , Octave Lapize participe au championnat de France de cross cyclo-pédestre, ouvert à la fois aux professionnels et aux amateurs, sur un parcours de . Il s'impose en , devançant notamment des spécialistes comme Eugène Christophe, neuvième du Tour de France l'année précédente et qui remportera le championnat de cross cyclo-pédestre à sept reprises.. Par la suite, Octave Lapize réussit de bonnes performances sur route et le , il remporte Paris-Chartres, une épreuve de dont le départ est donné à Versailles.. Le , il se classe de Paris-Rouen, en ayant crevé deux fois. La semaine suivante, il gagne le prix Vabor à Brie-Comte-Robert, puis le , il se classe de Paris-Reims, une course ouverte aux professionnels, derrière Maurice Brocco, Charles Cruchon et André Trousselier. Une semaine plus tard, il est du championnat de Paris, entre Versailles et Orléans, après avoir heurté un agent de sécurité dans l'emballage final. En août, il fait partie des dix Français sélectionnés pour disputer le Tour de Belgique, une épreuve réputée. Il se classe de la première étape, à Verviers, puis remporte la à Anvers. Le il prend le départ du championnat de France sur route amateur, organisé par l'Union vélocipédique de France sur un parcours de qui consiste en un aller-retour entre Nancy et Nomeny. Vingt-trois coureurs s'élancent et Maurice Brocco se retrouve rapidement seul en tête, mais il est rejoint sur le trajet du retour. Dans le final, Octave Lapize se détache nettement et remporte son deuxième maillot tricolore de la saison, après celui obtenu en cyclo-cross.. Son club, l'Union cycliste de Paris, lui offre une croix de champion en or pour le récompenser de cette victoire..
Malgré ses nombreux succès, Octave Lapize reste une saison supplémentaire chez les amateurs, contrairement à ses principaux adversaires, Maurice Brocco et Charles Cruchon, devenus professionnels. Pour autant, son manager, Paul Ruinart, déclare qu'Octave Lapize Le , il termine d'un brevet de distance de derrière Eugène Christophe. En juillet, il est sélectionné pour les Jeux olympiques de Londres. Sur la piste du White City Stadium, il termine de l'épreuve de derrière les Britanniques Charles Henry Bartlett et Charles Denny. Sa médaille de bronze lui est remise par la duchesse de Westminster.. Le , dans le championnat de Paris disputé cette année-là à Saint-Germain, il chute et termine sur un vélo d'emprunt, mais parvient toutefois à prendre la deuxième place. Le , il renoue avec la victoire sur Paris-Auxerre.. Le , il se classe de Paris-Dieppe, puis défend son titre de champion de France amateurs organisé en aller-retour entre Amiens et Beauvais. Il fait partie d'un groupe de treize coureurs échappés, mais victime d'une crevaison, il laisse ses concurrents se disputer la victoire et se classe finalement . Le titre revient à Paul Mazan, frère de Lucien Petit-Breton, vainqueur du Tour de France.. Le , sur la piste municipale de Vincennes, Octave Lapize s'aligne sur le Bol d'or, une épreuve d'endurance de six heures pour les amateurs et de vingt-quatre heures pour les professionnels. Il remporte la victoire en parcourant . Le , sur la piste du Parc des Princes, il s'élance pour une tentative de record du monde de l'heure derrière motos, à la veille d'une épreuve professionnelle réputée, le Grand Prix de la République. D'une impressionnante régularité durant sa course, Octave Lapize établit un nouveau record du monde en couvrant , améliorant de cinq kilomètres le record précédent.. Le , il cherche à améliorer de nouveau ce record, mais sa deuxième tentative est un échec. Le , Octave Lapize est invité à participer au gala de clôture qui se déroule au Parc des Princes. Il y affronte une concurrence redoutable sur l'épreuve de demi-fond, parmi lesquels le champion du monde suisse Fritz Ryser, le Français Louis Darragon ou l'Américain Nat Butler, et se classe finalement .. Comme le veut la coutume de son club de l'époque, l'Union des cyclistes de Paris, Octave Lapize lui cède l'ensemble de ses gains sur l'année 1908 avant son passage chez les professionnels l'année suivante.
Carrière professionnelle Victoire sur Paris-Roubaix (1909) thumb|alt=Photographie en noir et blanc présentant des cyclistes au départ d'une course.|Les coureurs au départ de Paris-Roubaix 1909. Octave Lapize passe professionnel au début de l'année 1909. Il est engagé par un petit constructeur, Biguet, dont le siège est situé boulevard Pereire à Paris et qui compte dans ses rangs principalement des coureurs de second plan.. Le , il participe au championnat de France de cross cyclo-pédestre au mont Valérien. En raison des conditions météorologiques défavorables et du terrain en partie enneigé, seuls seize coureurs prennent le départ de l'épreuve. Gêné par le bris d'une de ses pédales, Octave Lapize termine néanmoins à la de la course, remportée par Eugène Christophe..
Il se présente le au départ de Paris-Roubaix avec l'objectif de se classer dans les dix premiers. En effet, s'il n'obtenait pas ce classement, son père, qui voit toujours d'un mauvais œil la carrière cycliste de son fils, l'obligerait à accepter un emploi de livreur-charbonnier dans une entreprise du quai de la Loire.. La concurrence est relevée, d'autant que l'équipe Biguet, faute de moyens financiers suffisant, n'engage que deux coureurs, Frédéric Saillot et Octave Lapize. Ce dernier suit le rythme du peloton en début de course, mais une crevaison à l'entrée d'Amiens le rejette à deux minutes des hommes de tête. Il rejoint ce groupe après une chasse de . La côte de Doullens, qui sert alors régulièrement de juge de paix dans l'épreuve, provoque de nombreuses cassures. Trois coureurs prennent la tête de la course, les Belges Jules Masselis et Cyrille Van Hauwaert et le Français Louis Trousselier, tous les trois coéquipiers chez Alcyon. Octave Lapize suit à quelques mètres, puis rejoint à nouveau la tête de course en compagnie de Georges Passerieu. Après la chute de Passerieu et la crevaison de Van Hauwaert, ils ne sont plus que trois à se disputer la victoire sur le vélodrome de Roubaix. Louis Trousselier lance le sprint mais c'est finalement Octave Lapize qui l'emporte, doublant ses adversaires à l'extérieur. Il remporte ainsi sa première victoire chez les professionnels et, du même coup, sa première grande classique.. Le succès d'Octave Lapize lui apporte immédiatement une certaine renommée, ainsi qu'une aisance financière. Les cycles Biguet et la firme Dunlop lui offrent une prime égale au premier prix de la course : il reçoit au total , soit le salaire annuel d'un instituteur..
Les dirigeants de l'équipe Alcyon, qui est alors la plus puissante du peloton, cherchent à le recruter, mais se voient opposer un refus clair et net de la part du directeur des cycles Biguet. Octave Lapize monnaye son succès sur Paris-Roubaix en participant à plusieurs exhibitions sur piste. Il fait son retour sur la route le en prenant la du championnat de France remporté par Jean Alavoine. Le , il s'engage sur la classique Paris-Bruxelles, où il joue de malchance. Une crevaison à la sortie d'Épernay le relègue loin du peloton, puis sa selle casse dans la traversée de Reims, provoquant son abandon..
Au mois de juillet, Octave Lapize s'aligne sur le Tour de France 1909, auquel participent pour la première fois des coureurs italiens. Dans la première étape entre Paris et Roubaix, il se distingue en prenant la derrière Cyrille Van Hauwaert et François Faber. Mieux encore, il se classe lors de la seconde étape entre Roubaix et Metz, à près d'une demi-heure de Faber, le Luxembourgeois, finalement vainqueur de l'épreuve. Avec cette performance, Octave Lapize remonte à la du classement général, mais il souffre de brûlures aux fesses et aux cuisses. Un médecin lui fait une piqûre de cocaïne avant le départ de la troisième étape, lors de laquelle il s'élance en pantalon plutôt qu'en cuissard pour des raisons de confort. Il rejoint la ville-arrivée, Belfort à la . Il choisit pourtant de continuer le Tour de France, mais dans la , il casse sa fourche à Annecy et décide d'abandonner. Il dispute là sa dernière course pour les cycles Biguet puisque son directeur accepte finalement le transfert du coureur chez Alcyon..