La (en occitan : carrièra de las Flors) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue des Fleurs est une voie publique. Elle se situe au cœur du quartier Saint-Étienne. Elle appartient au site patrimonial remarquable de Toulouse.

Elle naît à l'angle sud-est de la place du Salin. Longue de , sa largeur varie entre 4 et . Elle reçoit, après , la rue des Azes par la gauche, puis se termine plus loin au croisement de la rue Antoine-Darquier, qu'elle reçoit perpendiculairement.

La chaussée compte une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la place du Salon vers la rue Antoine-Darquier. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue des Fleurs rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Place du Salin Rue des Azes (g) Rue Antoine-Darquier (g)

Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. L'origine du nom de la rue des Fleurs est obscure, quoique les premières mentions soient anciennes et remontent au . Il pourrait s'agir des fleurs de lys, symboles du roi de France dont les représentants, sénéchal et viguier, logeaient dans la rueMesplé et Camboulives 1964, .. On trouve également le nom de rue des Francimandes, particulièrement entre la fin du et le , à cause d'Antoinette Pauline, surnommée la Francimande ou « la Française » (francimanda, « française » en occitan), qui y possédait une maison (actuel ). En 1794, pendant la Révolution française, la rue prit le nom de rue la Véhémence, sans qu'il soit conservéChalande 1918, ..

Le poète toulousain Florentin Ducos, mainteneur de l'académie des Jeux floraux, attribuait une partie de sa vocation au fait d'être né dans cette rue :

Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue des Fleurs dépend du capitoulat de Saint-Barthélémy. La rue est un chemin de ronde qui longe le vieux rempart gallo-romain, construit au début du , et son parcours en suit l'orientation sud-ouest/nord-est, depuis la place du Château (partie sud de l'actuelle place du Salin), dominée par le palais des comtes toulousains, le Château narbonnais. Elle est bordée de plusieurs tours, en particulier la tour de l'Aigle (emplacement de l'actuel ) et la tour de la Sénéchaussée (emplacement de l'actuel ). La rue est mentionnée dans le Dictionnaire raisonné de l’architecture française du d'Eugène Viollet-le-Duc, pour servir de limite au Château narbonnais.

À partir de la fin du , après la réunion du comté de Toulouse au domaine royal, l'administration royale se développe, et le Château narbonnais se retrouve trop petit. Progressivement, le côté sud de la rue est occupé par les bâtiments de la viguerie (emplacement de l'actuel ) et de la sénéchaussée (emplacement des actuels à 22 bis). Du côté nord de la rue, à l'entrée de la place du Château se trouve également la Maison de la Monnaie où est battue la monnaie toulousaine, et qui a deux issues dans la rue (emplacement des actuels et 5 bis).

Période moderne La population de la rue reste, du Moyen Âge jusqu'au , assez mélangée. On trouve des hommes de loi attirés par la proximité du Parlement, établi au , en particulier des procureurs et des attachées à la cour, mais aussi quelques parlementaires. Les artisans sont également fort nombreux et on distingue des boutonniers, des chandeliers et des serruriers. Plusieurs marchands et des changeurs y ont également leur échoppeChalande 1918, .. On trouve même, au moins au , une hôtellerie à l'enseigne de la Ville de Lyon (actuels et 5)Chalande 1918, ..

Le renforcement de l'activité des parlementaires pousse cependant certaines administrations royales à quitter le quartier de la rue des Fleurs. En 1550, la tour de Montmaur, rue de Mirabel (emplacement de l'actuel rue de Rémusat), est achetée à Jacques Dayra Boysson, seigneur de Montmaur, pour y transférer le tribunal, le greffe et la prison de la sénéchaussée. Les bâtiments de la rue des Fleurs ne sont plus utilisés que comme résidence du sénéchalChalande 1918, .. En 1551, la viguerie est elle transférée au port de Viviers (emplacement de l'actuel port de la Daurade). Les bâtiments sont dès lors occupés par la chambre d'audience de la Table de marbre, juridiction supérieure en matière d'Eaux et Forêts.

Les constructions se poursuivent au (actuels , 7, 9, 11 et 18) et au (actuels , 5 et 16). L'hôtel Fajole (actuels ), construit en 1744 pour le conseiller au Parlement Jean-Claude-Anselme de Fajole, est caractéristique de ces hôtels particuliers bâtis pour les parlementaires toulousains.

En 1733, la Société des Sciences obtient de pouvoir utiliser une des tours de l'ancien rempart romain, la tour de la Porte-Neuve, à l'angle des actuels boulevard Carnot et rue Maurice-Fonvieille, pour y installer un observatoire. En 1751, la Société, érigée en académie, fait l'acquisition de l'hôtel et des jardins de l'ancienne Sénéchaussée (actuel bis). La même année, l'ingénieur et astronome François Garipuy, membre de l'Académie, fait installer son observatoire particulier dans la maison qu'il possède à proximité immédiate de l'hôtel de la Sénéchaussée (actuel ). Après sa mort, en 1782, les États de la province de Languedoc décident de racheter sa maison et en confient l'usage à l'académie des Sciences à partir de 1787Chalande 1918, ..

Époque contemporaine La Révolution française, qui bouleverse radicalement l'administration du territoire, transforme l'activité de la rue des Fleurs. En 1790, le Parlement est supprimé, et avec lui les autres structures administratives et judiciaires de l'Ancien Régime. En 1828, les travaux de construction du nouveau palais de justice bouleversent également la partie ouest de la rue : cette année, plusieurs maisons sont achetées (anciens ) pour permettre l'édification de la Cour d'assises.

En 1790, l'Académie des sciences est fermées et ses propriétés – ancien hôtel de la Sénéchaussée et observatoire de Garipuy – sont saisiesChalande 1918, .. En 1808, l'empereur Napoléon décide de faire don de la maison de François Garipuy et de son observatoire, passés dans le domaine public depuis 1789, à la municipalité toulousaine. Celle-ci décide en 1839 la construction d'un nouvel observatoire au sommet de Jolimont : les travaux sont achevés en 1847 et l'observatoire de Garipuy abandonnéChalande 1918, .. En 1853, les jésuites achètent l'hôtel de l'ancienne Sénéchaussée et plusieurs immeubles face à l'hôtel Fajole pour faire construire une église (actuel bis), un séminaire et un noviciat (actuel ), sur les plans de l'architecte Henry BachChalande 1918, et 201-202.. Après l'exclusion des congrégations religieuses de l'enseignement en 1880, l'église et le noviciat ferment leurs portes. Les locaux sont utilisés pendant la Première Guerre mondiale comme hôpital géré par le service de santé militaire. Le noviciat est finalement rouvert en 1920, avant d'être transformé pour accueillir le collège Saint-Stanislas en 1929.

Patrimoine et lieux d'intérêt Palais de justice

2 : emplacement de la viguerie, puis de la chambre d'audience de la Table de marbre ; Cour d'assises.

Église du Gésu vignette| : l'entrée de l'église du Gésu. .

École privée Saint-Stanislas En 1853, les jésuites achètent l'hôtel de l'ancienne Sénéchaussée, qui s'appuyait sur les vestiges de l'ancien rempart romain, pour en démolir l'ensemble et construire une église, un séminaire et un noviciat : c'est ce dernier bâtiment qui occupe l'actuel . Il est construit à partir de l'année suivante par l'architecte de la Ville Henry Bach. À la suite de l'exclusion des congrégations religieuses de l'enseignement en 1880, l'église et le noviciat ferment leurs portes. Pendant la Première Guerre mondiale, les locaux de l'école sont utilisés comme hôpital complémentaire 31 géré par le service de santé militaire avec l'aide d'infirmières religieuses et de la Croix-Rouge. Le noviciat est finalement rouvert en 1920, avant d'être transformé pour accueillir le collège Saint-Stanislas en 1929. En 1935, l'école Maintenon est réservée pour le Secours aux Blessés militaires (Croix-Rouge) en tant qu'hôpital de 100 lits.

Le bâtiment présente une élévation ordonnancée qui, du côté de la rue des Fleurs, se développe sur quatre niveaux. Elle est symétrique et s'organise autour d'une travée centrale, soulignée deux grands pilastres, qui se termine par des chapiteaux sous le fronton triangulaire d'une lucarne. Les doubles fenêtres en plein cintre, aux trois étages, rappellent les baies médiévales. Le rez-de-chaussée est rythmé par de grandes arcades en plein cintre, cinq de chaque côté de la travée centrale. Une porte piétonne surmontée d'un linteau sculpté du monogramme IHS est placée dans la seconde arcade, plus vaste que les autres..

Immeubles 1 : emplacement de l'hôtel de la Monnaie de Toulouse. L'hôtel de la Monnaie, où étaient frappées les monnaies, était installé sur l'emplacement de cet immeuble. L'hôtel, supprimé en 1837, est détruit quelques années après 1857. L'immeuble actuel a été construit en 1971..

3 : immeuble. L'immeuble, construit au , a été profondément remanié au . Il conserve un oculus sculpté au-dessus de la porte..

7 : immeuble. À la fin du , deux maisons voisines sont réunies pour former cet immeuble. La porte, une des fenêtres de la façade antérieure et l'escalier de la façade postérieure semblent dater de cette période. La porte est traitée de façon monumentale, encadrée de colonnes doriques et surmontée d'un blason avec le monogramme IHS, et d'une corniche. La fenêtre conserve un meneau décoré de motifs floraux. L'escalier consiste en une structure en pan de bois avec arcades en rez-de-chaussée, reposant sur une pile en marbre au départ. Les balustres de l'escalier se rapprochent de celles de l'hôtel d'Astorg..

11 : immeuble. Dans la cour de cet immeuble du se trouverait un puits qui communiquait avec un ancien aqueduc romain qui recevait les eaux des rivières de Saint-Agne et de Sauzat qui descendaient des hauteurs de Pouvourville et de Pech David. Cet aqueduc fut utilisé pour alimenter et nettoyer le réseau d’égouts de la ville.

13 : hôtel Fajole ; Maison de l'Avocat. L'hôtel occupe toute la longueur de la rue entre la rue des Azes et la rue Antoine-Darquier : il a d'ailleurs une entrée sur cette dernière (actuel ). Le corps de bâtiment sur la rue des Fleurs est construit en 1744 pour le conseiller au parlement Jean-Claude-Anselme de Fajole et présente une façade régulière de douze travées dans le style classique. La porte cochère, qui s'ouvre au centre de la façade, est surmontée d'un mascaron sculpté. Au , les agrafes des fenêtres, sur la rue comme sur la cour, sont ornées de motifs végétaux.. L'hôtel abrite aujourd'hui la Maison de l'Avocat de Toulouse et l'ordre des avocats à la cour d'appel.

vignette| : immeuble Garipuy. 16 : immeuble Garipuy. L'immeuble, qui s'élève sur trois étages carrés et un comble à surcroît, est construit au : il conserve d'ailleurs une façade de style classique. À l'arrière du bâtiment, qui s'appuyait sur le rempart de l'enceinte romaine, l'ingénieur et astronome François Garipuy, membre de l'Académie des sciences, fit construire un observatoire particulier en 1751. Il est considéré comme le fondateur de l'Observatoire de Toulouse et il est à l'origine du foisonnement qui saisit la ville dans le domaine de l'astronomie au .. En arrière de cet immeuble se trouvaient les jardins de la Sénéchaussée, qui servirent de jardin botanique à l'Académie des sciences à partir de 1751.