150px|vignette|Un clap aux couleurs du drapeau indonésien. Le cinéma indonésien a une longue histoire. Le cinéma est apparu en Indonésie dès 1926, durant l'époque coloniale.

À cette époque le cinéma était disponible qu’aux européens, avec des documentaires muets et des longs-métrages importés de France et des États-Unis. Les documentaires racontent la nature et la vie quotidienne de peuple indonésiens qui était aussi en partenariat avec le gouvernement des indes orientales néerlandaises. Cependant l’un des films documentaires produit est Onze Oost ou Timur Milik Kita (1919) ou en français c’est « l’Est à nous ». Un cinéma national se développe peu après l'indépendance, notamment dans les années 1950 et 1960. Parmi les réalisateurs majeurs de ce nouveau cinéma national, le réalisateur Usmar Ismail fait figure de pionnier.

L'industrie cinématographique est actuellement l'industrie culturelle qui connaît la plus forte croissance du pays. Cependant, cette croissance est encore récente et le cinéma indonésien a traversé une longue période de difficultés et demeure aujourd'hui un cinéma émergent sur la scène internationale.

La définition des films indonésiens est également une considération importante sur la façon dont un film peut être qualifié d'identité locale ou indonésienne, Agence cinématographique indonésienne ou BPI (Badan Perfilman Indonesia) résume la définition des films indonésiens comme des films réalisés avec des ressources indonésiennes, et la propriété intellectuelle est détenue en totalité ou en partie par des citoyens indonésiens ou des personnes morales.

Le film indonésien a eu un moment de domination aux cinémas locaux dans presque tout le region dans l'archipel des années 1980. Parmi ces films se trouvent Catatan si Boy (Le  Journal de Boy), Blok M, etc. Les films à cette époque sont aussi dominés par des jeunes stars comme , Ermina Zaenah, Meriam Bellina, Lydia Kandou, Nike Ardilla, Paramitha Rusady, et Desy Ratnasari. L’Industrie souffre pendant des 1990 avec la majorité des films adultes projetés aux cinémas, à la fois les films étrangers a aussi prennent plus des places dans la programmation.

Au début des années 2000, le cinéma indonésien commence à reconstruire son identité comme respirer avec de l'air frais. Les nouveaux films indonésiens reprennent leur place au cinéma, avec la qualité aussi bien que le film hollywoodien malgré la disponibilité des genres qui étaient limités.

Le nombre d'entrées en salles s'éleve à plus de 42 millions en 2017. En 2018, l'Indonésie compte environ 1 700 écrans et devrait en atteindre 3 000 en 2020 selon les prévisions du gouvernement indonésien. Le secteur de l'exploitation est dominé par plusieurs grands groupes, notamment 21 Cineplex, CGV Cinemas et Cinemaxx.

Histoire

Époque coloniale gauche|vignette|226x226px|Publicité pour Loetoeng Kasaroeng, le premier film de fiction produit dans l'actuelle Indonésie.

Premières projections et productions Les premières projections publiques de films dans les Indes orientales néerlandaises ont lieu en 1900. Au cours des vingt années qui suivent, des productions étrangères, notamment américaines, sont importées et projetées dans le pays. Une petite production nationale de documentaires avait vu le jour dès 1911 mais elle était restée minoritaire et incapable de concurrencer les productions étrangères. En 1923, la production du premier long métrage national, menée par la Middle East Film Co. est annoncée, mais le film ne sera jamais achevé.

Le premier film produit en Indonésie, date de 1926. Il s'agit de Loetoeng Kasaroeng, un film muet des réalisateurs néerlandais G. Kruger et L. Heuveldorp .. Il est tourné à Bandung avec des acteurs locaux. La première projection du film a lieu le dans la ville. L'année suivante, G. Krugers, réalise un autre film, le second réalisé aux Indes orientales néerlandaises, Eulis Atjih. En raison de la sortie très limitée de Loetoeng Kasaroeng, Kruger commercialise et promeut son film comme étant le premier de la colonie.

Une production chinoise Des réalisateurs et producteurs chinois, voulant miser sur le succès des films produits à Shanghai, commencent à produire des films localement dès 1928. Le premier d'entre eux est le film Lily van Java, réalisé par Nelson Wong, issu d'une fratrie de réalisateurs et cadreurs ayant fait leurs études en grande partie aux États-Unis. D'autres entrepreneurs chinois prennent le relais des frères Wong et plusieurs sociétés de productions sont créées dès l'année suivante, notamment la Nancing Film, qui produit Resia Boroboedoer (1928) et la Tan's Film, à l'origine de Njai Dasima (1929). Au début des années 30, la grande majorité de l'industrie cinématographique appartient à des familles chinoises. vignette|Le réalisateur chinois The Teng Chun sur le tournage de Noesa Penida. Lorsque la Grande Dépression atteint le pays, la production cinématographique nationale est grandement ralentie. Le gouvernement colonial augmente les taxes sur les billets de cinéma et les cinémas doivent baisser leurs prix afin de rester attractifs, réduisant considérablement la marge bénéficiaire des productions locales. En conséquence, les salles du pays se mettent essentiellement à projeter des films hollywoodiens. Le réalisateur chinois The Teng Chun, qui avait fait ses débuts en 1931 avec Boenga Roos dari Tjikembang, est le seul producteur du pays à encore pouvoir sortir ses films en 1934 et au début de l'année 1935. Il s'agit de productions à petit budget, principalement inspirées de la mythologie chinoise et des arts martiaux. Bien que ciblant en priorité la population chinoise de l'archipel, les scènes d'action rencontrent aussi un certain succès auprès du public indonésien.

Afin de prouver que des films produits localement peuvent être à la fois de qualité et rentables, le journaliste néerlandais Albert Balink, bien que totalement novice dans le cinéma, produit en 1935 le film Pareh, en association avec Nelson Wong et ses frères. Cette superproduction, dont le budget était 20 fois plus élevé que le budget moyen des autres films, est un échec et mène ses producteurs à la faillite. Mais le film induit un changement dans la production locale. Les films commencent à s'ouvrir au public local et non plus au seul public chinois. Ainsi, le réalisateur The Teng Chung commence à s'intéresser à des histoires davantage en prise avec la réalité et à arrêter les films inspirés de la mythologie. Deux ans plus tard, en 1937, Terang Boelan est un nouvel essai d'un cinéma ambitieux, toujours réalisé par Balink. Cette fois, le film est un succès, notamment en Malaisie britannique voisine.

Un renouveau national vignette|Un numéro musical dans le film Terang Boelan. Le succès de Terang Boelan, suivi de celui de Fatima en 1938 et de Alang-Alang en 1939, redynamisent l'industrie cinématographique locale. Quatre nouvelles maisons de production sont créées en 1940 et plusieurs acteurs en provenance du théâtre apparaissent au cinéma, afin de toucher davantage de public. Une petite production nationale s'établit, avec quatorze films en 1940 et trente en 1941. Les films suivent en général la formule établie par Terang Boelan : des chansons, de beaux paysages et une histoire romantique. D'autres, comme Asmara Moerni, visent un public intellectuel, issu des hautes sphères de la société indonésienne, en donnant la parole à des journalistes ou à des figures du mouvement nationaliste, alors en plein essor.

Occupation japonaise vignette|Bekerdja produit par Nippon Eigasha Djawa en 1943 Durant l'occupation japonaise, l'industrie cinématographique indonésienne est réquisitionnée comme outil de propagande. La première action des occupants japonais est de mettre un terme à toute production cinématographique en Indonésie. Un organisme spécifique, le Bureau de l'Orientation Culturelle () est mis en place, dirigé par Ishimoto Tokichi. Son but est de fusionner toutes les entreprises existantes en une unique, qui deviendra ensuite la succursale de Jakarta de la Japan Film Corporation ( ou Nichi'ei). La majorité des films produits durant l'occupation sont des films éducatifs et des actualités, destinés aux salles du Japon. Jakarta étant placé à l'extrême Sud de l'empire japonais, elle devient rapidement le centre de productions d'actualités pour toute la région. Parmi les journaux les plus populaires on peut citer News from the South et Berita Film di Djawa.

SI les films produits durant l'occupation rencontrent leur public au Japon, ce n'est pas forcément le cas en Indonésie. Les productions locales, autres que les actualités, restent rares et le secteur de l'exploitation est encore trop peu développé pour qu'un véritable marché de la production et de la diffusion existe. Cependant, l'implantation de la Nichi'ei à Jakarta constitue ce qui a pu être perçu comme une victoire sur l’Occident, prouvant qu’une nation asiatique pouvait supplanter Hollywood et les anciens colons Néerlandais. L’Indonésie est l’un des derniers territoires de l’empire à capituler et beaucoup de ceux qui travaillaient à la Nichi'ei restent après la défaite afin d'aider les indonésiens dans leur lutte pour l'indépendanceBaskett, L'Attrait de l'empire..

Post-indépendance vignette|275x275px|Lies Noor, célèbre actrice indonésienne (ca. 1956). Après l'indépendance, le cinéma est utilisé par le gouvernement de Soekarno à des fins nationalistes et anti-impérialistes. Les importations de films étrangers sont interdites. Après le renversement de Soekarno par le régime du de Soeharto, la censure régit la diffusion d'œuvres cinématographiques. Usmar Ismail, un réalisateur de Sumatra occidental marque fortement le cinéma indonésien dans les années 1950 et 1960.

À la fin des années 1950, il y a beaucoup d'aspects politiques qui ont eu un impact sur l'industrie cinématographique, non seulement dans la production mais aussi dans les distributions et les salles de cinéma. Des menaces de mettre en feu les salles de cinéma et boycotts de films par le mouvement anti-impérialiste ont contraint le chiffre des salles de cinéma à baisser drastiquement, vers 1964 il y avait 700 salles de cinéma dans l'archipel et il n'en resta que 350 en 1965.

Cette époque a été fortement influencée par le tragédie du par le PKI (Parti Communiste d'Indonésie) qui a conduit à une situation de dilemme pour les propriétaires de salles de cinéma locales alors que les films locaux produits ne suffisaient pas à remplir le créneau de la programmation. Le krach économique a mis en veilleuse l'industrie en pleine croissance et paralysé le pouvoir d'achat de peuple, mais à la fin de cette décennie, l'industrie cinématographique a surtout survécu grâce aux films étrangers entrés dans les salles de cinéma locales, ce qui a également suscité l'intérêt des gens pour regarder à nouveau des films.

Années 1980 L'industrie nationale connait son âge d'or dans les années 1980 avec des films à succès tels que Naga Bonar (1987) et Catatan si Boy (1989). Les comédies "Warkop" rencontrent également un franc succès. Le cinéma national séduit également le public adolescent avec des œuvres telles que Pintar-Pintar Bodoh (1982) et Maju Kena Mundur Kena (1984). Parmi les acteurs les plus connus de l'époque, on peut citer Deddy Mizwar, Eva Arnaz, Lidya Kandou, Onky Alexander, Meriam Bellina, Rano Karno et Paramitha Rusady.

Le film Tjoet Nja 'Dhien (1988) remporte 9 prix Citra, la plus haute récompense du pays, au Festival du film indonésien de 1988. C'est également le premier film indonésien sélectionné au Festival de Cannes en 1989, au sein de la Semaine de la critique où il est primé.

Années 1990