Le régiment de Touraine est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1625 sous le nom de régiment de Plessis-Joigny, devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations : création du régiment de Plessis-Joigny : le régiment est réformé : le régiment de Plessis-Joigny est rétabli : Le régiment prend le nom de régiment de Sainte-Offange : Le régiment prend le nom de régiment de La Frézelière : Le régiment prend le nom de régiment de Touraine : Le régiment prend le nom de régiment d'Amboise 1653 : Le régiment prend le nom de régiment de Kercado : Le régiment prend le nom de régiment de Chambellay 1667 : Le régiment prend le nom de régiment de Montaigut 1673 : Le régiment prend le nom de régiment de Touraine : renommé d’infanterie de ligne
Colonels et mestres de camp : Timoléon de Congressans, baron du Plessis-Joigny (ou Plessis-Juigné) : Philippe de La Poeze, baron de Sainte-OffangePremier capitaine du corps, il est nommé mestres de camp du régiment, par Louis XIII, alors qu'il participe avec une partie du régiment au siège de Béziers. Il est tué en juin 1635 dès la première rencontre de la guerre franco-espagnole : Isaac Frézeau, marquis de La FrézelièreMaréchal de camp le , mort le au siège d'Hesdin : Antoine de Neuilly d’AmboiseEntré au corps à sa création, en 1625, il est capitaine en 1627, lieutenant colonel en 1635 et maréchal de camp le . Il meurt le : Charles Jules de Neuilly d'AmboiseFils du précédent 1653 : N. Le Sénéchal, comte de Kercado : François Sidrac de ChambellayMaréchal de camp le , il meurt en : N. marquis de Montaigut 1673 : François Frézeau, marquis de La FrézelièreFrançois Frézeau, marquis de La Frézelière est le petit-fils d'Isaac Frézeau, marquis de La Frézelière mestre de camp du régiment qui avait été tué le au siège d'Hesdin : Jean Hubert Frézeau, chevalier de La FrézelièreFils du précédent il est tué d'un coup de mousquet au siège de Cassel le 18 avril 1677 à l'attaque du chemin couvert 1677 : François Frézeau, marquis de La FrézelièreIl reprend le commandement du régiment après la mort de son fils. Il est nommé maréchal de camp le 22 novembre 1677 et lieutenant général des armées du roi le 24 août 1688. : Jean de Bonnac, marquis d'UssonBrigadier 10 mars 1690, maréchal de camp 30 janvier 1691 et lieutenant général 3 janvier 1696. : Jean Louis Guillemin de Courchamp, comte d'Igny : Jean-Baptiste François Desmarets, comte de Maillebois : Charles François de Montmorency, duc de Luxembourg : Charles François Christian de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingrybrigadier le , maréchal de camp le 2 mai 1744 et lieutenant général le 10 mai 1748. : Charles Anne Sigismond de Montmorency-Luxembourg, duc d’OlonneBrigadier le , maréchal de camp le : Anne François de Montmorency-Luxembourg, duc de MontmorencyIl est fait colonel d'emblée sans avoir jamais servi. Il est brigadier le , et meurt le : Louis François Joseph, comte de Montmorency-LognyBrigadier le 25 juillet 1762 il est maréchal de camp le 3 janvier 1770. : Anne Alexandre Marie Sulpice Joseph de Montmorency, marquis de LavalIl est mestre de camp du régiment de Bourbonnais en 1775 : Claude Anne, marquis de Saint-Simon-MaubléruEtré au service dans l'artillerie en 1754, il est fait brigadier le 3 janvier 1770 et maréchal de camp le . : Henri François Liamart, vicomte de PoudenxIl est fait brigadier le et maréchal de camp le 9 mars 1788. : André Boniface Louis Riquetti, vicomte de MirabeauIl est nommé colonel en 1787 : Jean Louis Rambaud de Maillou : Louis François Hector d'Haudoire d'AigrevilleIl déserte le 17 août 1792 : Guillaume CharlotIl était précédemment major puis lieutenant-colonel de ce régiment avant d'en devenir son colonel
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Régiment de Plessis-Joigny (1625-1632)
Rébellions huguenotes A la fin de 1624, les Rochelais, irrités contre les travaux que l'on continuait de faire au Fort-Louis, après avoir vainement réclamé la démolition de ce fort, recommencèrent les hostilités et armèrent des vaisseaux qui allèrent au mois de attaque le Port-Blavet en Bretagne, cette province étant complètement dégarnie de troupes. Le roi y envoie le maréchal de Bassompierre, qui, en passant à Angers, pressa le baron du Plessis-Joigny (ou Plessis-Juigné) Correspondance et papiers d'État du cardinal de Richelieu : Timéoléon de Congressans, baron du Plessis-Juigné (ou Joigny), gouverneur de cette ville, de faire des levées et de former un régiment de pied. Le baron prend alors pour noyau de ce régiment une vieille compagnie de garnison, qui était depuis longtemps au château d'Angers et qui lui appartenait, et il y ajouta neuf compagnies de nouvelle levée. Il n'eut sa commission régulière de mestre de camp que le , mais le corps compta son ancienneté à partir du .
L'expédition des Rochelais en Bretagne n'ayant pas eu de suite, le régiment resta à Angers et est réformé le .
Rétabli le , il est envoyé devant La Rochelle et sert, cette année et la suivante, au siège de cette ville. Après la soumission de La Rochelle, il est mis en garnison à l'île d'Oléron qu'il quitte au début de 1630 pour rejoindre l'armée de Savoie.
Guerre de Succession de Mantoue Dans le cadre de la guerre de Succession de Mantoue, il occupe Saint-Jean-de-Maurienne pendant une partie de cette campagne, puis, le , il en sort avec le maréchal de Schomberg qui voulait surprendre Veillane. Le 19, à l'aube, il arrive aux portes de la ville, l'attaque commence immédiatement, et tous les extérieurs sont emportés d'emblée. Le « régiment de Plessis-Joigny » s'empare des deux faubourgs des Chartreux et des Capucins, sans autre perte qu'un soldat tué et un autre blessé. Le château capitule huit jours après.
En 1631, le régiment suit le roi en Lorraine et passe l'hiver en Alsace.
Régiment de Sainte-Offange (1632-1635)
Guerre de Trente Ans En 1632, dans le cadre de la guerre de Trente Ans, il fait partie de l'armée d'Allemagne, tombe dans une embuscade de la garnison d'Haguenau, et son mestre de camp est remplacé en octobre par le premier capitaine du corps, Philippe de La Poeze, baron de Sainte-Offange, vieil officier dont Louis XIII se souvint étant alors occupé au siège de Béziers.
En 1633 et 1634 le régiment sert en Lorraine et se trouve aux dernières opérations du siège de La Mothe, et en , il joint à Rambervillers l'armée qu'assemblait le maréchal de Rohan.
Guerre franco-espagnole Il fait la campagne d'hiver dans la Haute-Alsace et, au mois d', il se dirige à travers la Suisse vers la Valteline. Les hostilités commencèrent au mois de juin. Le mestre de camp Philippe de La Poeze, baron de Sainte-Offange est tué à la première rencontre. Quand le duc de Rohan, qui s'était retiré dans la Haute-Engadine, voulut rentrer dans le val de Livigno où les Impériaux s'étaient retranchés, il comprit la nécessité de s'emparer d'abord de la montagne de Cassanna. Il choisit pour cette entreprise Isaac Frézeau, marquis de La Frézelière, Mémoires du duc de Rohan.. Cet officier partit à minuit avec les 700 hommes qui composaient alors le corps, se porta au val Federia et gagna la montagne dont il se rendit maître malgré la vive résistance des Espagnols. Il tourna ensuite à gauche et vint s'établir sur le point, d'où il pouvait le mieux dominer ceux qui gardaient le val de Luvigno. Dès que Rohan jugea que La Frézelière avait exécuté son mouvement, il marcha droit à l'ennemi, qui se voyant attaqué par la vallée et par les hauteurs, lâcha pied après avoir défendu pendant une heure le passage de la petite rivière de Spol. Le , le général français attaqua l'armée impériale à Mazzo, malgré le renfort du corps espagnol de Serbelloni et le marquis de La Frézelière fait encore des ravages à ce combat.
Régiment de La Frézelière (1635-1636)
Guerre franco-espagnole Le 19 du même mois, commença l'attaque contre le fort des Bains de Bormio défendu par 400 Allemands. Le régiment rivalisa dans ce combat avec le régiment de Montausier d'audace et de vigueur, permettant d'emporter le poste et Isaac Frézeau, marquis de La Frézelière est nommé, ce jour même, mestre de camp des soldats qu'il avait si bien commandés. Cependant les Impériaux reçurent des renforts et rentrèrent en campagne au mois d'octobre. Le 31 de ce mois est livré la bataille de Serravalle. Le « régiment de La Frézelière » qui était tête de colonne ce jour-là, déboucha le premier dans la plaine. Les Impériaux firent d'abord bonne contenance, et leur cavalerie se présenta en bon ordre pour charger les Français ; mais ceux- ci avaient l'ascendant moral pour eux, et le régiment présenta à l'ennemi un rempart de piques si serrées et si bravement tenues, qu'il s'arrêta et bientôt tourna bride. Le reste de l'armée française entrait en même temps en ligne, et les Impériaux, saisis à sa vue d'une terreur panique, jetèrent bas leurs armes et s'enfuirent dans le plus grand désordre. Ils étaient hommes qui ne tinrent pas une heure contre Français harassés de fatigue, et dont la moitié à peine eut le temps de prendre part au combat. Le les poursuivit de près et leur tue hommes. Le , l'armée française bat encore les Espagnols de Serbelloni à Bataille de Morbegno où ils s'étaient retranchés. Le marquis de La Frézelière est chargé de la troisième attaque et il détache à cet effet cent mousquetaires qui devaient pénétrer dans un petit bois et prendre l'ennemi en flanc. Ces dispositions eurent un succès complet, et, dans cette journée où la victoire fut disputée, le régiment culbute tout ce qui se trouva sur son passage, et va au secours du régiment de Montausier qui rencontrait une sérieuse résistance aux murailles de Morbegno. A son arrivée, la face du combat changea, tous les obstacles sont renversés, et l'armée espagnole est mise dans une affreuse déroute.
En 1636, le « régiment de La Frézelière » prend part aux nombreux combats livrés au mois d'avril sur les bords du lac de Côme. Il se distingue surtout dans une lutte acharnée qu'il soutient près de Tremole, contre deux bataillons espagnols. La poudre vint à lui manquer et il est obligé de se retirer dans le village d'Albonig, mais les Espagnols le suivent. Le régiment se retourne alors sur eux l'épée à la main si brusquement et les serre de si près, que leurs mousquets leur deviennent inutiles. La mêlée est horrible, mais enfin le succès de la manœuvre du régiment est si complet, que quelques Espagnols à peine parvinrent à gagner le fort de Dache.
Régiment de Touraine (1636-1650) Guerre franco-espagnole
La brillante conduite du corps depuis deux ans lui vaux le drapeau blanc qu'il reçoit, comme les régiments de Bourdonné et de Montausier, au mois de et dans le même temps le régiment est porté à 20 compagnies et il prend le titre de la province de Touraine, devenant le « régiment de Touraine ». À la fin de , le duc de Rohan descend avec son armée dans le Milanais. Celle-ci eut de bonne heure ses quartiers d'hiver au pays de Gex.
Le « régiment de Touraine » passe une partie de l'année 1637 dans ces quartiers, puis il est appelé en Italie où il se trouve à la défense d'Asti et au combat de Montebaldone.
En 1638 il contribue à la prise et à la défense de Brema et au secours de Verceil. Le le régiment est porté à 30 compagnies.
L'année suivante, on le trouve à l'attaque des retranchements de Cencio, au secours de Casal, au siège de Chivasso et au combat de la route de Quiers. Au mois d'octobre, il fait partie du secours envoyé en Roussillon pour dégager la ville de Salces, et il se trouve le à l'attaque infructueuse des retranchements espagnols, ou son nouveau mestre de camp, Antoine de Neuilly d'Amboise, y est blessé d'une mousquetade.
Revenu en Piémont avant l'hiver, le « régiment de Touraine » entre en garnison dans la citadelle de Turin et prend ainsi part aux actions du fameux siège de 1640. Lorsque l'armée française eut chassé les Espagnols de la ville, la garde lui en est confiée.