EVA lanxmeer (Eva-Lanxmeer ou « E.V.A. Lanxmeer ») est le nom d'un écoquartier construit de 1994 à 2009 dans la ville de Culembourg aux Pays-Bas.

Il intègre une grande partie des principes de haute qualité environnementale (HQE) (désignation francophone) et des écoquartiers mais son originalité est d'avoir promu et soutenu la participation constante des habitants. En effet, ce quartier (hormis pour son masterplan) a été conçu et réalisé avec des représentants des futurs habitants, dans un processus créatif et dit bottom-up (du bas vers le haut, et non imposé par des cadres ou une administration). Souvent considéré comme exemplaire pour plusieurs de ses aspects (par exemple en Europe par Énergie-CitésFiche d'Énergie-Cité sur l'écoquartier EVA-Lanxmeer et en France par le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la MerFiche du ministère français de l'Écologie sur l'écoquartier AVA-Lanxmeer), il est devenu une référence internationale, régulièrement visité par des architectes, urbanistes, aménageurs, prospectivistes ou groupes intéressés par le développement soutenable, venant de tous les pays européens, et parfois plus éloignés (États-Unis, Japon…).

Initié en 1994 par citoyens autour d'un projet « E.V.A. », il prévoyait environ 250 logements à construire en 4 phases, dont un tiers en location (type HLM ; plus diversifié dans la ). Le projet inclut une école et des bureaux, le tout étant situé sur une ancienne zone protégée (captage d'eau potable).

En 2009 le quartier est presque terminé avec 240 Maisons solaires passives construites (dont 60 en locatif).

Une partie des immeubles de bureaux a été ou sera – pour ce qui reste à construire – remplacée par des habitations, faute de demande suffisante pour des bureaux et à la suite d'une forte demande de logement « écologique ».

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Dénomination E.V.A. est l'acronyme néerlandais d'un groupe et d'un centre fondé par l'initiatrice du projet d'écoquartier, promouvant l'intégration de l'écologie dans les comportements individuels et collectifs et donc dans l'urbanisme. (« Ecologisch Centrum voor Educatie, Voorlichting en Advies ») Lanxmeer étant le nom du lieu-dit (plus vaste que le site occupé par le quartier qui n'en occupe que la partie nord) ;

Histoire du projet Le projet est né dans un environnement un peu plus propice que celui des années 1980, avec une population et une administration néerlandaises de plus en plus ouvertes à l'innovation et acquise à l'environnement, à la suite notamment du Rapport Brundtland et de la publication d'un ouvrage intitulé Milieu : Kiezen of verliezenMaurits Groen ; Milieu: kiezen of verliezen ; ed : SDU uitgeverij, Den Haag, 1989, ; Voir qui a marqué une partie du public et des décideurs néerlandais.

Des mouvements nés dans les années 1960 tels que lOpen Building, notamment à l'université de Delft (TU Delft) promouvait déjà dans le pays une forte participation du public. S'y est greffée dans les années 1990 : l'écocitoyenneté. En 1991, un concours du VIBA intitulé « Bâtir et habiter en respectant l'homme et l'environnement » témoignait d'une volonté de rénover la construction en y intégrant l'environnement et le social.

En 1992 (année du sommet de la terre de Rio), la demande de logement était forte aux Pays-Bas ; le gouvernement néerlandais y répondait par de nouveaux « plans VINEX » (planifiant la construction de nouveaux logements à construire en 20 ans), avec une volonté d'intégrer l'environnement dans la construction.

Des études prospectives montrant un risque de dégradation grave des services écologiques avait abouti à un premier NMP intitulé "« Se préoccuper de demain »", toutefois suivi d'un second NMP concluant à la difficulté d'impliquer le grand public et les commerçants, ce qui freinait les changements de comportements). C'est le défi que Marleen Kaptein a voulu relever avec cet écoquartier. Cette socio-éco-urbaniste, particulièrement sensible au développement soutenable, avait antérieurement (en France notamment) travaillé aux moyens d'associer les futurs habitants d'HLM à la conception de leurs logements. Elle venait en 1992 de suivre une formation à la permaculture qui l'a motivée pour intégrer cette approche dans un urbanisme au service de l'homme (se faisant avec la nature et non plus contre elle). Elle avait un objectif de conscientisation environnementale, qu'elle estimait nécessaire à un tissu social stable et à une plus grande autonomie. Ceci impliquait que le quartier puisse recycler localement ses déchets et contribuer à rembourser sa dette écologique par des systèmes autonomes de restauration maintien et stabilisation de l'état des sols, de l'eau, de l'air et de l'environnement (renaturation), s'appuyant sur la plasticité et la résilience des systèmes écologiques. D’autres acteurs, intéressés par cette démarche, vont ensuite se greffer au processus.

Marleen Kaptein était convaincue que le changement de comportement nécessaire au développement soutenable et durable viendrait aussi du fait d'associer les habitants à la construction de leur maison et de leur cadre de vie dès l'avant projet d'un quartier. Elle estimait qu'il manquait les moyens et le cadre d'un travail collaboratif avec les urbanistes et architectes, au moins à l'échelle du quartier qu'ils habiteront, et avec une approche globale et heuristique.

En 1990, Marleen Kaptein estime que créer des quartiers avec les habitants est possible et nécessaire. Elle décide - sans attendre que l'État ou les promoteurs évoluent - de rassembler un groupe de gens assez nombreux et motivés pour en concevoir le projet et la réalisation. Elle pensait qu'un seuil critique de 200 à 400 maisons devait être atteint. Pour ce faire, il lui fallait donc un terrain de plus de . Elle a créé une fondation (« Fondation International Forum Mann and architecture ») pour promouvoir une « architecture organique » et a rassemblé autour d'elle un groupe d'amis et de connaissances (dont des scientifiques et intellectuels universitaires, désireux de pouvoir eux-mêmes et avec d'autres contribuer à créer la ville ou le quartier où ils rêveraient de vivre. Dans la dynamique en cours du sommet de la Terre 1992, elle crée ensuite une Fondation E.V.A. qui puise dans les courants de l'écologie émergeant en Europe du Nord depuis les années 1970, avec un idéal d'autonomie et de partage, de valorisation du « génie du lieu » et de « mixité des fonctions » (habitat, travail, loisirs) que certains assimilent à la Deep ecology. De 1992 à 1994, les initiateurs du projet prévoient la construction de 250 logements, de bureaux et de surfaces professionnelles, ainsi qu'une ferme urbaine écologique (assurant une production biologique et un contact avec la nature), un centre d’information, un centre de bien-être, un centre de conférences, des lieux de convivialité et d'accueil dont bars, restaurant et hôtel.

Le « projet Lanxmeer » a été lancé en 1994 par la Fondation E.V.A.

En 1995, il y a au sein d'E.V.A. consensus autour de 3 principes : atteindre un seuil d'au moins 200 logements intégrer une ferme urbaine écologique au projet construire un centre dit "EVA" (centre de rencontre sera un lieu de conseil et information sur les développements écologique et sociaux. Ce sera aussi un bâtiment pilote et une vitrine en termes d'innovations écologiques intégrées à l'architecture, incluant un centre écologique de congrès et un hôtel restaurant biologique, ainsi qu'un centre « Spa & Vitality »).

En 1996, environ 80 familles étaient réunies pour réaliser cette utopie, qu'on n'appelait pas encore à l'époque « écoquartier », avec une écoute favorable des élus de la commune de Culembourg.

Six groupes de travail se sont constitués, animés par des spécialistes de plusieurs disciplines, sur les thèmes suivants : Urbanisme et paysage Eau Énergie Architecture et construction durable Matériaux et énergie en cycles fermés Participation des habitants 3 ateliers d’urbanisme collaboratif favorisant la créativité et participation des habitants ont été subventionnés par le ministère néerlandais de l'environnement, s'appuyant sur la démarche suivante : visites exploratoires du site par un groupe de représentants des futurs habitants potentiels ; conférences organisées pour éclairer et former les habitants sur 6 thèmes choisis par le groupe autour des concepts du développement soutenable. production en commun de dessins et textes par les habitants et architectes, sur la base des souhaits de vie dans et pour le quartier, exprimés au cours du processus. Un « livre des habitants » a réuni et synthétisé cette production. En 1996, un plan général (à moindre risque pour la ressource en eau) a été proposé, intégrant des éléments d'amélioration du paysage et des écosystèmes (consolidation des zones vertes et maintien et restauration de corridors écologiques), avec une gradation de l'intensité de l'occupation des sols autour d'une zone verte presque conçue comme une réserve naturelle sur le périmètre vulnérable pour l'eau. Ce plan s'est appuyé sur une étude urbanistique du site (dite "CHER" acronyme néerlandais) qui a intégré : une analyse géomorphologique et archéologique ; une recherche historique intégrant des éléments d'écologie rétrospective a montré qu'il y a ans, ce site était un des bras du Rhin et qu'il a accueilli des populations préhistoriques à l'âge du bronze, à l'époque romaine, et au Moyen Âge (où existait un château en 1340) , une analyse de la flore et de la faune remarquable présente sur le site, une analyse des éléments verts caractéristiques du paysage, une analyse des atouts et potentiels écologiques et agro-écologiques du site. Le plan général a ensuite été approuvé par le Conseil. La construction d'Eva-Lanxmeer a ensuite été coorganisée par la commune de Culembourg et la Fondation. Elle était prévue en 4 phases, dont chacune pourrait tirer bénéfice des enseignements de la précédente. Chaque phase intègre 50 logements à construire en un an. La première de ces phases a démarré fin 1998, avec la commande par la commune d'une série de 100 maisons à plusieurs architectes (phases 1 et 2), avec un budget communal spécial destiné à financer outre les études classiques, la réalisation des ambitions d'EVA, la participation des habitants, et la communication via notamment un bulletin d'information.

En 1998, le projet portait sur 30 ha avec : 6 ha d'habitat (privé ou en locatif) 4,5 ha de zone d'activité consacrée à l'emploi 1,5 ha d'activité mixte (emploi/habitat) 4 ha pour l'école et une piscine 10,1 ha pour les espaces verts et cheminements (perméables) 0,7 ha réservés au centre EVA et à un hôtel

Il sera modifié au fur et à mesure de son avancée en fonction des moyens, du contexte et des besoins exprimés

C'est l'association (BEL) qui attribue les logements à ses membres (selon liste d'attente) et chaque habitant doit s'engager à respecter quelques règles communes.

Site Pour passer de l'utopie à la réalité et concrétiser son projet, la fondation s'est mise en quête d'un terrain assez grand pour ses besoins. Elle a au début des années 1990 repéré un terrain d'une trentaine d'hectares non construit, en périphérie de la ville de Culembourg, enclavée entre une voie ferrée, une zone industrielle à l'Ouest et une zone de lotissements à l'Est.