Figueras ou Figueres (Figueres officiellement en catalan, Figueras en castillan, ou anciennement Figuières en français) est une ville du nord de la Catalogne en Espagne. C'est la capitale de la comarque de l'Alt Empordà dans la province de Gérone. La ville compte en 2020 et est connue pour abriter le musée Salvador Dalí et la plus grande forteresse d'Europe d'époque moderne, le château de Sant Ferran.

Elle se situe à au sud du col du Perthus, sur l'axe ferroviaire et routier qui relie Barcelone à la France. Son économie se base sur le tourisme et l'agriculture, et met à profit sa situation géographique à proximité de la Costa Brava, de la frontière franco-espagnole ainsi que de Gérone et de Barcelone.

Géographie Localisation

Figueras se trouve au milieu de la plaine empordanaise à au-dessus du niveau de la mer, au pied des Albères pyrénéennes. Au sein d'une comarque agricole (fruits et légumes, vigne et oliviers), la ville jouit néanmoins d'une forte activité tertiaire et commerçante.

Communes limitrophes

Géologie et relief

Hydrologie Le Manol, affluent de la Muga, traverse le territoire de Figueres du sud vers le sud-est.

Voies de communication et transports Avec le Pays basque, le nord de la Catalogne est un des deux principaux points de communication transpyrénéens entre la France et l'Espagne. Par sa position géographique, Figueres y occupe une place importante.

Voies routières Nœud de communication routière stratégique, Figueras est un point clé sur l'autoroute (AP7) et autrefois la route nationale (N2), qui drainent un important trafic de transport de marchandises par camion et de véhicules particuliers. Les échanges de marchandises, loin de se limiter aux flux transfrontaliers (France/Espagne), irriguent au-delà de la péninsule Ibérique, du nord de l'Afrique à toute l'Europe.

Lors des saisons touristiques, majoritairement estivales, les touristes de toute l'Europe affluent vers le sud, la Costa Brava toute proche, et au-delà vers le Maghreb via le détroit de Gibraltar.

Voies ferroviaires Figueras est desservi par le TGV depuis la France et par la Renfe pour les liaisons sur l'Espagne par les voies à écartement ibérique. La présence de la ligne internationale Barcelone-Gérone-Portbou-Cerbère-Perpignan, saturée tant en marchandises qu'en passagers, est handicapée par un écartement des voies différent des autres pays d'Europe ( pour la voie large ibérique au lieu de pour la voie au standard UIC utilisée dans la quasi-totalité des pays continentaux). Le passage de la frontière impose donc soit un changement de train, soit l'utilisation de matériel roulant spécifique qui adapte mécaniquement ses essieux aux différents écartements.

Jusqu'à aujourd'hui, ce méli-mélo ferroviaire faisait de la ville de Portbou, gérée par la Renfe, la capitale du rail, avec Cerbère, sa voisine transfrontalière gérée par la SNCF.

Cette situation est sur le point de changer : après un retard de près de dix ans, la ligne à grande vitesse Barcelone-frontière française-Perpignan est achevée. Ces travaux, inscrits dans le vaste plan de grande vitesse ferroviaire espagnol (AVE), ont sorti le réseau à grande vitesse espagnol de son isolement pour le connecter avec le réseau européen à grande vitesse, via le tunnel du Perthus creusé sous les Pyrénées.

Si le tunnel et les voies sont à ce jour achevés, un très important retard a été pris sur la construction des trois gares de la ligne (Figueres, Gérone, Barcelone). À Figueres, faute d'accord dans les temps, c'est une gare provisoire qui est construite sur les terrains limitrophes de la municipalité voisine de Vilafant. Aucune date ni aucun financement ne sont fixés pour la gare définitive qui doit être intermodale afin de connecter les trains, les trains à grande vitesse, la gare routière, les taxis et les véhicules particuliers.

Toponymie Dénomination locale .

Le toponyme Figueras provient du latin ficaria qui signifie plant de et dont on trouve la trace dès le Josep Moran, Mar Batlle, (« Toponymes catalans : étymologie et prononciation »), Site de publications de , coll. « Biblioteca Serra d'Or », Barcelone, 2002 ..

La terminaison en es est une particularité de la langue catalane, dont les mots finissant en -a ont leur pluriel en -es. Figueres (« figuiers ») est la forme plurielle de figuera (« figuier »). Il s'agit ici de l'arbre et non de la figuerie, verger planté de figuiers. La forme Figueras est une hispanisation du mot, et non sa traduction (qui serait ). Le toponyme catalan est officiel depuis 1978. Si Figueres et Figueras sont utilisés dans leurs langues respectives, le terme Figueres est devenu dominant en castillan.

En français En français, le terme de Figuières, était en usage dès le . En 1696, Bussy-Rabutin écrivit dans ses mémoires . En 1812, à la suite de l'annexion de la Catalogne à la France par Napoléon , Figuières devint officiellement le nom d'une des sous-préfectures du département du Ter. C'est ce nom qui est utilisé dans le Précis de la géographie universelle de Conrad Malte-Brun qui précise entre parenthèses le nom en castillan Figueras.. Cet usage perdure pendant le Premier et le Second Empire. L'usage est de nommer la ville Figuières et d'indiquer entre parenthèses ou en italique le nom castillan, Figueras. Élisée Reclus, dans sa Nouvelle Géographie universelle en 1876, et les dictionnaires procèdent toujours ainsi.

Une première évolution a eu lieu après la Première Guerre mondiale. En 1922, le Larousse universel possède une entrée autonome. Ce nom n'est plus considéré comme une traduction et le dictionnaire se contente de noter en seconde dénomination. Cette présentation encore attestée en 1940 disparaît des dictionnaires après la Seconde Guerre mondiale au profit du seul toponyme . Ainsi le Petit Larousse illustré (1953) annonce que , de même que l'encyclopédie UniversalisDébut le l'article en ligne sur universalis.fr.. Dans ses communications officielles, le gouvernement français utilise également FiguerasVoir les annonces sur la ligne de TGV Perpignan-Figueras sur les sites du ministère des Transports et celui de l'écologie..

Depuis que le catalan a acquis, après la dictature franquiste, le statut de langue officielle en 1978Voir le paragraphe Statut de la langue catalane., les toponymes officiels de Catalogne sont exprimés dans leur orthographe originale catalane. Si ces changements n'affectent ni l'usage en catalan ni celui en castillan, l'officialisation du terme catalan entraîne un lent changement des habitudes en français où le terme Figueres — prononcé /figɛʀ/ — s'installe peu à peu dans le vocabulaire.

La mairie de PerpignanSite officiel de Perpignan. ainsi que certains journaux nationaux utilisent la graphie catalane officielle de la ville, Figueres. Cependant, les deux graphies restent en usage, c'est notamment le cas à Marignane, ville jumelée, qui utilise les deux graphies indistinctement dans un même texteSite officiel de la commune de Marignane...

D'autre part, le développement d'Internet et l'officialisation du nom catalan induisent un usage des bases de données de toponymes de Catalogne par le biais de l'Institut géographique de Catalogne ce qui contribue à la diffusion du terme Figueres en français. La toponymie catalane officielle (Figueres, Girona, Lleida, Eivissa, etc.) est utilisée par nombre d'éditeursnotamment Google maps, , Google Earth, Via Michelin, Mappys et Nintendo ..

Histoire thumb|left|upright|La Tour Gorgot, en fond, intégrée au musée Dali Des éléments de l'église Saint-Pierre de Figueras datent du . L'église a été remaniée aux et . En 1267, le roi Jacques d'Aragon, dit « le Conquérant » (Jaume en catalan, Jacme en occitan) concède à la ville une charta populationis. Un an après, Hug V, comte d'Empuries, incendie la ville. De l'ancienne muraille ne reste que la tour Gorgot, intégrée à la Tour Galatée du Musée Dali.

Deux faits notables se produisent au : la construction du château de Sant Ferran destiné à contenir les attaques de la France et le développement de la culture du blé avec l'augmentation du vignoble. Ces développements font de la ville la capitale de fait de l'Alt Empordà.

Le Figueres est prise par les troupes françaises de Pérignon après la bataille de la Sierra Negra.

Lors de la Guerre d'indépendance espagnole, la ville est assiégée par les troupes françaises. Elle devient brièvement chef-lieu du département du Ter du à 1814.

Au le train arrive en 1877 et soutient l'activité de la ville, dans laquelle est mis en place un plan d'extension, sur le modèle de Barcelone. La ville se développe au sud, sud-est et sud-ouest.

La guerre civile à Figueres (1936-1939) « Soulèvement d’une partie de l’armée du Maroc » : la tentative de coup d’État militaire du samedi a été annoncée le soir même à Figueres par le journal de Gérone L’Autonomista, mais c’est seulement à partir du lendemain qu’elle a suscité des réactions armées. Dans la ville, 76 personnes, militants et militaires d'extrême-droite, ont été tuées par des miliciens antifascistes appartenant aux syndicats ouvriers (beaucoup de ces miliciens n’étaient pas de la ville, mais venaient de Gérone et surtout de Barcelone). Le on voità Figueres le premier groupe de volontaires des Brigades internationales venus combattre pour la défense de la République ( arrivés en train de Paris). Le , la mairie de la ville (qui était aux mains des secteurs les plus radicaux socialistes et libertaires) autorise la démolition de l’église paroissiale Sant Pere. Les travaux ont commencé immédiatement et ont porté sur un total de : le clocher, le presbytère et le transept ; seule est restée debout la nef gothique (car les crédits accordés pour la démolition de l’église étaient épuisés). En s’est achevée la construction du bâtiment actuel de la mairie. Le a eu lieu le premier bombardement de Figueres. Des avions de l’Allemagne nazie ont lâché quelque 30 bombes sur la ville, sans faire aucune victime. Trois jours plus tard se sont produits les deuxième et troisième bombardements : le deuxième a eu lieu à midi et les avions allemands qui y ont participé ont jeté leurs bombes sur le Parc Bosc et le Passeig Nou ; la troisième attaque aérienne, dans l’après-midi, a été le fait de l’aviation fasciste italienne, qui après avoir lancé sa charge destructive sans cibler d’objectifs, est rentrée à sa base de Son Sant Joan à Majorque ; ces deux attaques du ont fait Bernils i Mach, Josep Ma. La Guerra Civil a Figueres (1936-39). Figueres, Editorial l’Empordà S.A., 1986, p. 148.. Du au , Figueres a été bombardée . Les attaques aériennes ont fait au total : en 1938 et en 1939 (pour cette année, en un mois et sept jours) et ont détruit .