Sima Zhao (), nom de courtoisie Zishang (子上), né en 211 et mort le , est un général, un politicien et un régent du Royaume de Wei pendant la période des Trois Royaumes de Chine.

Sima Zhao est le dirigeant de facto du Wei, grâce à son père Sima Yi, qui, à la fin de sa vie, avait confisqué le pouvoir au détriment du clan Cao, le clan des empereurs du Wei et son frère aîné Sima Shi, qui avait quasiment fini d'éliminer les derniers partisans des Cao. Zhao a reçu le titre de roi de Jin, ce qui représente l'avant-dernière étape avant l'usurpation du trône; bien qu'il ne soit jamais monté sur le trône. Il a profité de la faiblesse du Royaume de Shu à l'ouest pour l'attaquer et l'annexer. Le prestige qu'il a tiré de cette expédition militaire a achevé d'isoler le clan Cao, ce qui a permis à son fils Sima Yan de renverser l'empereur du Wei, monter sur le trône et proclamer la Dynastie Jin. Après l'établissement de la nouvelle dynastie, Sima Yan a honoré à titre posthume son père du titre d'Empereur Wen de Jin (晉文帝) (Jin Wendi), avec comme nom de temple de Taizu (太祖).

Un idiome chinois impliquant et inspiré par Sima Zhao déclare que « tout le monde dans la rue sait ce que pense Sima Zhao » (司馬昭之心, 路人皆知), ce qui signifie que l'intention supposée cachée d'une personne (dans ce cas précis, usurper le trône) est tellement connue qu’elle n’est pas vraiment cachée. Il est né d'une phrase de Cao Mao, quatrième empereur du Wei, qui a lancé un soulèvement infructueux contre Sima Zhao pour tenter de reprendre le pouvoir impérial.

Naissance et jeunesse Sima Zhao est née en 211, il est le deuxième fils de Sima Yi et de son épouse Zhang Chunhua. De toute la fratrie, seul Sima Shi est plus âgé que lui. Comme leur père était un politicien et militaire de haut rang du Wei, Sima Shi a rapidement gravi les échelons au sein de l'administration impériale. Zhao tire également parti de la gloire paternelle et reçoit un titre de marquis en 238, sans avoir fait quoi que ce soit qui mérite une telle récompense.

En termes de stratégie et d'intellect, il ne vaut pas son père, qui est appelé sur tous les fronts dès qu'une situation militaire tourne au désavantage du Wei. Cependant, son âge avançant, Sima Yi finit par accepter Sima Zhao, à qui il offre des cours de stratégie. Lorsque Cao Rui succède à Cao Pi, il dépend énormément de Cao Shuang et de Sima Zhao. Le fils de ce dernier, Sima Yan, est également un stratège très apprécié du jeune empereur.

Lorsque Sima Yi commence à faiblir, il charge son fils d'assurer ses fonctions et Sima Zhao devient alors Grand Stratège de l'Empire. Cependant, Cao Shuang se méfie de lui et, en jouant de son influence auprès du jeune empereur, il le fait congédier. À la mort de Cao Rui, Cao Shuang fait ôter tout pouvoir réel à Sima Yi et devient, de facto, le dirigeant du Wei. Il sombre alors dans l'oisiveté, mais lance quand même quelques campagnes, qui n'aboutissent pas.

Carrière jusqu'à 255

Incident des tombes de Gaoping

L'implication de Sima Zhao dans le coup d'État que son père déclenche contre le régent Cao Shuang en 249 n'est pas claire. Selon le Livre des Jin, il n'était au courant de rien et ce n'est qu'à la dernière minute qu'il en a été informé par son père et son frère aîné. Plusieurs historiens rejettent ce point de vue et pensent qu’il était intimement impliqué dans la planification. Après ce coup d'État réussi, son père devient le seul et unique régent et lui-même devient une personnalité de premier plan. En 251, lorsque son père réprime la tentative de rébellion de Wang Ling, Sima Zhao sert sous ses ordres comme commandant adjoint. Sima Yi meurt peu de temps après et c'est Sima Shi qui lui succède au poste de régent. Au cours des années suivantes, Zhao est impliqué dans le commandement des forces déployées par le Wei pour repousser les tentatives d'invasions lancées par Jiang Wei, le commandant des forces armées du royaume du Shu.

Succession de Sima Shi En 254, alors que Sima Zhao était à Luoyang, la capitale du Wei, les conseillers de l'empereur Cao Fang suggérèrent à ce dernier de surprendre Sima Zhao et de le tuer pour prendre le contrôle de ses troupes, puis d'utiliser ces soldats contre Sima Shi. Cao Fang, inquiet, n’a pas donné suite à cette suggestion, mais le complot est découvert peu de temps après. Sima Zhao aide alors son frère à déposer l’empereur et à le remplacer par Cao Mao. Au lendemain de la destitution de l'empereur, les généraux Guanqiu Jian et Wen Qin se rebellent en 255, mais sont vaincus par Sima Shi.

Cependant, à cette période, Sima Shi souffrait d’une grave maladie des yeux, qui s'est aggravée à la suite des efforts qu'il a déployés lors de cette campagne militaire. Shi meurt moins d’un mois après sa victoire contre les rebelles. À cette date, Sima Zhao est avec son frère à Xuchang, dans l'actuelle province du Henan. L'empereur Cao Mao, qui est alors âgé de , tente de profiter de la situation pour reprendre le contrôle du pouvoir politique en publiant un édit. Prenant pour prétexte que Sima Shi venait de vaincre la rébellion de Guanqiu Jian et de Wen Qin et que le sud-est de l'empire n’était pas encore complètement pacifié, Mao a ordonné à Sima Zhao de rester à Xuchang et d'envoyer son assistant Fu Jia à Luoyang avec le gros des troupes principales. Suivant les conseils de Fu Jia et de Zhong Hui, Sima Zhao passe outre l'édit et retourne à Luoyang avec tous ses soldats, ce qui lui permet de garder le contrôle du gouvernement. En effet, Zhao a bien retenu là leçon, et à partir de ce moment-là, Cao Mao et l'impératrice douairière Guo sont en permanence sous son contrôle.

Régent et maître de facto du Wei Consolidation de son autorité Troisième rébellion au Shouchun

Au cours des années suivantes, Sima Zhao s'emploie à renforcer son autorité, laissant l'empereur et l'impératrice douairière avec peu de pouvoir. Il a ensuite organisé une série d'événements qui peuvent être vus comme des préparatifs à l'usurpation du trône de Wei. En 256, il obtient de Cao Mao le privilège de porter des robes impériales, des couronnes et des bottes, soit tout un apparat normalement réservé à l'empereur. Il a également sondé les intentions des autres chefs militaires en laissant ses proches collaborateurs faire des allusions concernant ses intentions aux généraux de l'empire. En 257, lorsqu'il envoie Jia Chong enquêter sur les intentions de Zhuge Dan, Dan réprimande sévèrement Chong. De retour à la capitale, Jia Chong suggère à Sima Zhao de mettre la pression sur Zhuge Dan en le convoquant à la capitale sous couvert d'une promotion. Lorsque Dan reçoit la lettre le convoquant, il refuse et déclenche une rébellion, tout en se soumettant au royaume de Wu pour obtenir une protection. Ayant anticipé la réaction de son général, Sima Zhao avance rapidement sur la forteresse de Shouchun(壽春)Ce qui correspond actuellement à la ville de Lu'an, Anhui, où se trouve Zhuge Dan, et l’assiège. La ville tombe finalement en 258, après que Zhao ait repoussé les attaques du Wu et affamé la population. Dans les combats qui suivent la chute de la cité, Zhuge Dan et sa famille sont tués. Après la mort de Zhuge Dan, personne n'ose plus s'opposer à Sima Zhao qui, en 258, force l'empereur à lui offrir les neuf sacrementsJiu xi () - Récompenses que l’empereur offre à ses mandarins les plus méritants. Selon le Classique des rites, ces neuf sacrements étaient : don d’un chariot et de chevaux : le mandarin est modeste dans sa démarche et n’a plus besoin de marcher don de vêtements : le mandarin écrit élégamment et montre ses bonnes actions don d’une partition musicale : le mandarin a l’amour en son cœur et enseigne la musique aux siens don d’une porte rouge : le mandarin gère bien sa maisonnée, et a le droit d’utiliser une porte rouge pour montrer que sa maison est différente des autres don d’une rampe : le mandarin fait ce qui est approprié, il peut marcher en usant de la rampe pour maintenir sa force don de gardes : le mandarin est brave et prêt à dire la vérité, il doit être protégé don d’armes, d’un arc et de flèches : le mandarin a bonne conscience, il représente le gouvernement et écrase la trahison don d’une hache cérémonielle : le mandarin est fort, sage et loyal envers le clan impérial, il doit exécuter les criminels don de vin : le mandarin fait preuve de piété filiale et doit offrir des libations à ses ancêtres, une étape qui le rapprochait de l'usurpation, avant de les décliner publiquement.

Mort de Cao Mao et prise de contrôle total du gouvernement du Wei

En 260, Sima Zhao force de nouveau Cao Mao à délivrer un édit lui accordant les neuf sacrements, que Zhao décline à nouveau. Cette nouvelle humiliation attise la colère de Cao Mao. Il a rassemble les dernières personnes qu'il juge dignes de confiance, à savoir Wang Shen, Wang Jing et Wang Ye, et leur a dit que même s'il sait que les chances de succès sont faibles, il va agir contre Sima Zhao. Il prend la tête de la poignée de gardes impériaux qu'il lui reste, s'arme d'une épée et se dirige vers le manoir de Sima Zhao. Sima Zhou, un des frères de Sima Zhao, tente de résister, mais une réprimande un peu forte des gardes de Cao Mao suffit à faire fuir les hommes de Zhou. C'est alors que Jia Chong arrive et intercepte les gardes impériaux. Cao Mao se jette personnellement dans le combat et les troupes de Jia Chong, qui n'osent pas attaquer l'empereur, désertent à leur tour. C'est alors que Cheng Ji (成 濟), un des officiers sous le commandement de Jia Chong, demande à Jia ce qu'il doit faire. Ce dernier lui donne l'ordre de défendre le pouvoir des Sima quelles qu'en soient les conséquences. Cheng Ji prend alors une lance et tue Cao Mao.

Après la mort de Cao Mao, l’opinion publique réclame la mort de Jia Chong, mais ce que Sima Zhao fait en premier c'est de forcer l'impératrice douairière Guo à rétrograder Cao Mao au statut de simple citoyen commun et à l'enterrer comme tel. Il fait également exécuter Wang Jing et sa famille ; les autres membres du complot ayant trahi Cao Mao en allant prévenir Jia Chong, ils ne sont pas inquiétés. Le lendemain, à la suite des demandes répétées de son oncle Sima Fu, Sima Zhao ordonne à l'impératrice douairière Guo de donner à Cao Mao le rang de duc et qu'il soit enterré avec les cérémonies d'un prince impérial. Sima Zhao convoque alors Cao Huan, qui est à la fois le duc de Changdao et un petit-fils de Cao Cao, à la capitale pour faire de lui le nouvel empereur. Ceci fait, l'impératrice douairière Guo n'a alors plus aucun pouvoir. Enfin, dix-neuf jours plus tard, Sima Zhao accuse publiquement Cheng Ji et ses frères de trahison et les fait exécuter, eux et leur famille, pour apaiser l'opinion publique tout en épargnant Jia Chong. Après la mort de Cao Mao, plus personne n'a osé agir contre Sima Zhao, car à ce stade, c'est lui qui détient réellement l'autorité impériale.

Conquête du Shu