vignette|redresse=1.2|Un malinois de l'U.S. Air Force sur un M2 Bradley en Irak en 2007. thumb|upright=1.2|Chien lors d'un entraînement militaire à Djibouti en 2013.

Un chien de guerre, ou chien militaire, est un chien utilisé dans un cadre militaire, quelle qu’en soit la nature.

Les chiens ont une longue et ancienne utilisation dans l'histoire militaire, employés comme chien de combat, chien de garde, de courrier, chien de détection ou de pistage, voire chien antichar. Son usage a changé avec l'évolution des techniques de guerre et l'évolution du respect des animaux, mais le chien continue d'être utilisé de nos jours.

Historique Genèse Des chiens de guerre ont existé dans l'Antiquité depuis au moins le ., utilisés par les Égyptiens, les Grecs, les Perses, les Cimbres, les Gaulois, les Brittons ou les Romains.. Le Canis Molossus des Molosses de l'Épire fut le plus fort chien de guerre connu des Grecs (citons notamment Péritas, le molosse d'Alexandre le Grand) et était spécifiquement entraîné pour les batailles..

En Egypte au siècle av. J.C., sur le coffre de Toutankhamon, le roi tire à l'arc depuis son char, tandis que ses chiens s'élancent sur ses ennemis, Dans l'Antiquité, des chiens, souvent des races de type mastiff, étaient revêtus d'une armure et d'un collier clouté et envoyés à la bataille pour attaquer l'ennemi. Selon Pline l'Ancien, la ville de Colophon, qui était dans des guerres continuelles, entretenait de grand troupeaux de chiens, prompts à l'attaque, et qui jamais ne refusèrent le combat. Les mastiffs romains proviendraient de chiens perses, parvenus aux Romains via les Grecs, issus des Dogues du Tibet. Ces « canes bellatores » (chiens de guerre) ressemblaient à l'actuel Mâtin napolitain et pesaient entre 40 et . Ils servaient pour garder les camps, achever les blessés ennemis sur les champs de bataille et attaquer les fantassins isolés ou les chevaux des cavaliers. Les Romains utilisèrent des formations de chiens d'attaque.

Ils furent néanmoins surpassés par les puissants mastiffs que Rome rencontra lors de sa conquête de la Gaule et surtout de la Grande-Bretagne. Le poète Grattius Faliscus () rapporte ainsi la défaite des dogues d'Épire romains face aux chiens de Bretagne des Gaulois. Par la suite, cette race fut ramenée à Rome et sera disséminée dans l'Empire.

En 1930, près de Châlons-en-Champagne dans la Marne, furent découvertes des tombes de 26 chiens des armées romaines avec des offrandes représentants des batailles sur lesquels ils étaient mis en scène.

Attila utilisait des chiens molosses durant ses campagnes. L'usage se répandit dans les familles royales au Moyen Âge de s'offrir des races de chiens de guerre ou de combat. D'autres civilisations utilisaient des chiens pour défendre leur caravanes ou leur expéditions des attaques ennemies. Les conquistadors espagnols, notamment Hernando de Soto., utilisèrent ainsi des chiens carapacés qui avaient été entraînés à tuer.

Les Anglais utilisèrent des chiens quand ils attaquèrent l'Irlande et les Irlandais utilisèrent également des lévriers irlandais pour attaquer les chevaliers normands montés sur leurs chevaux. Deux lévriers ou quelquefois un seul, pouvaient désarçonner un homme en armure, qu'un fantassin attaquait alors.

Plus tard, Frédéric II de Prusse utilisa des chiens comme messagers en Russie durant la guerre de Sept Ans. En France, les chiens étaient utilisés pour garder les installations navales jusqu'en 1770.

Des chiens furent également utilisés durant les guerres révolutionnaires et de l'Empire, dont le plus célèbre fut Moustache.

La première utilisation officielle aux États-Unis de chiens dans un conflit fut lors des guerres séminoles. Des chiens furent aussi utilisés lors de la guerre de Sécession pour protéger, envoyer des messages ou comme mascotte d'unité.

Logistique et transmissions vignette|redresse=1|Mâtins belges entraînés à tracter des armes lourdes pendant la Première Guerre mondiale.

Au moment du déclenchement de la Première Guerre mondiale, plusieurs armées européennes utilisaient les chiens pour tirer de petits chariots. Beaucoup d'armées européennes adaptèrent le procédé à des fins militaires. L'armée de terre belge utilisait des chiens pour tirer leurs mitrailleuses et d'autres les fournitures ou blessés dans des carrioles. Les Français possédaient 250 chiens au début de la Première Guerre mondiale. Les Néerlandais copièrent l'idée et eurent des centaines de chiens entraînés et prêts à la fin du conflit (les Pays-Bas restèrent neutres durant cette guerre). Les Soviétiques utilisèrent également des chiens pour tirer les blessés vers les postes de secours durant la Seconde Guerre mondiale. Les chiens étaient bien adaptés pour transporter des charges sur des terrains enneigés ou couverts de cratères de bombes.

Les chiens étaient souvent utilisés pour transmettre des messages durant la bataille. Ils pouvaient être renvoyés de manière silencieuse vers un second maître. Cela nécessitait d'avoir un chien qui soit loyal à deux maîtres différents, sinon le chien risquait de ne pas délivrer le message à temps, voire pas du tout.

Chien anti-char soviétiques

vignette|gauche|redresse=1.1|École soviétique de chiens de guerre en 1931.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Union soviétique entraîna des chiens à détruire des chars. Ces chiens étaient d'abord entraînés pour trouver de la nourriture sous les chars. Ils étaient ensuite affamés avant d'être utilisés. Lâchés non loin des chars ennemis et équipés de poches contenant des explosifs, les chiens se dirigeaient sous les chars croyant y trouver de la nourriture. Les explosifs étaient déclenchés par un dispositif de mise à feu qui s'allumait lorsque le dos du chien se pliait pour passer sous le tank, sacrifiant l'animal.

Il fut rapporté que onze véhicules blindés allemands furent détruits au cours d'une seule bataille.. Ils furent considérés comme suffisamment dangereux pour que les Panzergrenadiers allemands se firent ordonner de tirer à vue de tout chien. Cependant, les chiens ne pouvaient distinguer les chars allemands des chars soviétiques et étaient aussi facilement effrayés par les combats et par les chars en déplacement, malgré leur faim. Le projet fut par la suite abandonné par les Soviétiques.

Sentinelles vignette|redresse=1.1|Chien d'attaque portant un gilet pare-balles, à l'entraînement en Afghanistan.

L'un des premiers usages militaires du chien, les chiens sentinelles étaient utilisés pour défendre les camps ou les autres zones sensibles la nuit et parfois le jour, aboyant ou grognant pour avertir les gardes de la présence d'étrangers.

Durant la guerre froide, les militaires américains utilisèrent des équipes de chiens sentinelles à l'extérieur des zones de stockage d'armes nucléaires. Un programme test fut conduit au Vietnam pour tester les chiens sentinelles, lancé deux jours après une attaque couronnée de succès par les Vietcong sur la base aérienne de Da Nang ( juillet 1965). Quarante équipes de chiens furent déployés au Vietnam durant une période de test de quatre mois. Ces équipes étaient placés dans un périmètre devant les mitrailleuses et les bunkers. Lorsqu'ils détectaient des intrus, les renforts se déployaient rapidement. Le test fut concluant, les maîtres-chiens retournèrent aux États-Unis tandis que les chiens furent réassignés à d'autres maîtres. L'US Air Force déploya alors des chiens sentinelles sur toutes les bases au Vietnam et en Thaïlande.

La constitution des forces américaines au Vietnam conduisit à la création de grandes sections de chiens dans les bases de l'US Air Force en Asie du Sud Est. 467 chiens furent assignés dans les bases aériennes de Bien Hoa, , Cam Ranh Bay, Da Nang, , , , , , et .

Dans l'année suivant leur déploiement, des attaques sur plusieurs bases furent empêchées grâce à la détection des forces Vietcong par les chiens. Un Vietcong capturé témoigna de la peur et du respect qu'ils avaient pour les chiens. Les Vietcong placèrent même une prime sur la tête des chiens et de leur maîtres. Le succès des chiens sentinelles fut déterminé par le nombre réduit d'infiltrations réussies dans les bases au Vietnam et en Thaïlande. L'Association des chiens de guerre des États-Unis. estime que les chiens de guerre sauvèrent plus de américaines au Vietnam.. Des chiens sentinelles furent utilisés par l'armée américaine, la Navy et les Marines pour protéger le périmètre de leurs grandes bases.

Quelques exemples historiques

L'usage de chiens pendant les guerres est commun à plusieurs civilisations. Mais, avec la progression des techniques de guerre, leur usage a grandement évolué : 628 : Les Lydiens déploient un bataillon séparé de chiens de combat. siècle av. J.C. : Alyattes (591-560 av. J.C.), roi de Lydie, a utilisé des chiens contre les Cimmériens, selon Polyen 581 av. J.C. : Garde des plages de Corinthe. Selon Plutarque, au mois de mai 581 av. J.C., les habitants de Nauplie profitèrent de la célébration des fêtes d'Aphrodite pour lancer une attaque surprise en débarquant le soir. Les libations avaient affaibli la vigilance de la population. Sur les cinquante chiens chargés de sentinelle (et dormant sur la plage), quarante neuf sont massacrés percés de flèches. Un seul chien survivant retourne en ville et la prévient en aboyant. L'ennemi fut repoussé et la ville sauvée. Le chien « Soter » fut porté en triomphe et les Corinthiens lui offrirent un collier d'argent ; "Soter" signifie en Grec "sauveur". 525 : Cambyse II utilise de gros chiens de combat contre les lanciers et archers égyptiens. 490 : Bataille de Marathon - un chien de combat est représenté sur une fresque. Et dans "De Natura Animalium", Claudius Eliano raconte comment lors de la bataille certains grecs ont combattu au côté de leur chien. 385 : Siège de Mantinée - des chiens de combats interrompent le renforcement ennemi. 101 : Bataille de Verceil - des gros chiens kimber menés par des femmes défendent leurs wagenburgs. Lors de cette victoire de Marius contre les Cimbres (peuple Germain), les romains eurent un violent combat contre les chiens gardant les bagages. premier siècle av. J.C :.Sur le chaudron de Gundestrup, un chien seconde son maître casqué qui initie ou sanctifie des guerriers 101 : l'armée romaine emploie une compagnie de chiens de combat par légion. 1525 : Henri VIII exporte pour soutenir l'Espagne. 1580 : Élisabeth envoie de combat pour combattre les rébellions des Geraldines du Desmond. 1799 : Napoléon rassemble de nombreux chiens de combat devant ses troupes de réserve. 1915 : L'armée belge utilise des bouviers des Flandres pour tracter des canons sur le front. 1914-1918 : Les chiens sont utilisés par les belligérants comme courrier. Un chien américain, Stubby, est le plus décoré de tous. 1915-1918 : Les sections d'équipage de chiens Huskies d'Alaska amenés d'Amérique du Nord servent côté français aux ravitaillements et à l'évacuation des blessés sur le front des Vosges. Ces chiens sont baptisés poilus d'Alaska. 1941-1945 : Les Soviétiques utilisent des chiens chargés d'explosifs pour détruire les blindés allemands. 1942-1945 : Le corps des marines des États-Unis utilise des chiens afin de lutter contre les Japonais dans le Pacifique. Les chiens remplissent la fonction de messagers, d'éclaireurs ou de démineurs. 1954-1962 : Plus de 7 000 chiens sont utilisés par l'armée française lors de la guerre d'Algérie. 1966-1973 : Environ servent dans les unités américaines lors de la guerre du Vietnam (l'armée américaine n'en fait le décompte qu'à partir de 1968). Environ américains servent comme maîtres-chiens durant cette guerre et il est estimé que les unités K9 ont sauvé . travaillant avec des chiens et chiens seront tués au combat durant la guerre ainsi qu'officiellement . 1979-1988 : L'Union soviétique utilise de nouveau des chiens lors de la guerre en Afghanistan. 2010 : La British Army crée un régiment canin.