Le projet (littéralement « cerveau bleu ») a pour objectif de créer un cerveau synthétique par processus de rétroingénierie. Fondé en mai 2005 à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse, ce projet étudie l'architecture et les principes fonctionnels du cerveau. Il a été étendu, en 2013, au Human Brain Project (HBP), également dirigé par Henry Markram, mais financé principalement par l'UE. Le projet Blue Brain semble être au fondement d'un projet plus vaste, qui consiste à étudier le cerveau par des simulations de grande échelle (« Simulation Neuroscience »).
Objectifs En 2002, Henry Markram s'installe à l'EPFL ; en 2005, il convainc IBM de constituer une équipe internationale de 35 informaticiens, mathématiciens, biologistes et physiciens. En 2008, les chercheurs ont achevé la première étape du projet : ils sont parvenus à traduire sous forme de données mathématiques les propriétés biologiques d'un fragment de cerveau de rat ; ils ont modélisé neurones virtuels connectés entre eux par 30 millions de synapses et quelques kilomètres de fibres.
Cette reconstitution virtuelle d'une colonne corticale, c'est-à-dire l'unité de base du cortex constituée de milliers de neurones, a permis d'identifier 240 types de neuronesMarine Corniou, « Henry Markram, l'homme qui veut modéliser notre cerveau », Science et Vie, page 108..
Progrès, critiques et Human Brain Project
En 2013, Markram pensait que le premier cerveau virtuel de mammifère serait disponible vers 2018.
Ce projet, ainsi que le Human Brain Project qui en dérive, sont fortement critiqués pour diverses raisons, dont la stratégie scientifique adoptée et leur coût important. Lancé en 2013, le HBP devait affronter un certain nombre de critiques, s'appuyant entre autres sur l'absence d'éléments probants apportés par Blue Brain Kai Kupferschmidt, « Virtual rat brain fails to impress its critics », Science, 16 octobre 2015, Vol. 350 no. 6258 pp. 263-264 ; DOI: 10.1126/science.350.6258.263 . Toutefois, en , l'équipe du Blue Brain Project a publié dans Cell un article décrivant une simulation d'un cerveau de rat, portant sur neurones et 40 millions de synapses - ce qui n'a pas fait cesser les critiques sur l'irréalisme global du HBP .
En , des chercheurs du Blue Brain project annoncent la numérisation du premier atlas du cerveau d'une souris, intitulé «Cell Atlas», une simulation 3D, interactive et en constante évolution.
Technologies vignette|Des supercalculateurs sont nécessaires à la conduite du projet.
Le de Lausanne a processeurs et effectue d'opérations par seconde (22,8 téraflops). La puissance de calcul de la prochaine génération de supercalculateurs atteindra un million de milliards d'opérations par seconde, sur et nécessitera une puissance électrique de 3 millions de watts pour un coût de 3 millions de dollars par an.
Financements vignette|Supercalculateur Magerit hébergé par le Centre de Superinformatique et de Visualisation de Madrid (CeSViMa), Université Technique de Madrid (UPM) Le projet a été d'abord financé par le gouvernement suisse et ensuite par des subventions et quelques donations de personnes privées. L'EPFL a acheté l'ordinateur Blue Gene d'IBM à prix réduit en raison de sa qualité de prototype. Pour avancer plus vite, IBM s'est engagé à fournir quatre superordinateurs de plus en plus puissants sur dix ansMarine Corniou, « IBM intéressé au premier chef », Science et Vie, page 107..
Limite
La plasticité cérébrale n'est pas prise en compte par le modèle informatique. L'information traitée dans des zones spécialisées du cerveau : le projet fait l'impasse sur les aires cérébrales.
Collaborateurs Depuis 2015, Kathryn Hess collabore avec ce projet en utilisant la topologie algébrique pour étudier des problèmes de neurologie et de science des matériaux.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Cerveau artificiel Blue Gene Human Brain Project
Liens externes Projet Blue Brain
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