180px
L’Élan béarnais Pau-Lacq-Orthez (ÉBPLO) est un club professionnel de basket-ball basé à Pau.
Le club accède à l'élite en 1973 et remporte un titre européen en 1984 avec la Coupe Korać. Le club, alors nommé Élan béarnais Orthez, se retrouve en concurrence avec le Limoges CSP qui devient son plus grand rival. Les deux clubs, souvent à la lutte pour les titres, changent radicalement le visage du basket-ball français dans les années 1980-1990. Le classico, ainsi surnommé, attire les foules et déchaîne les passions.
Pau-Orthez remporte son premier championnat de France en 1986 et domine les débats durant la fin des années 1990 et le début des années 2000. En 2008, le club fait face à une crise financière dans un premier temps, puis en 2009 c'est une crise sportive qui le fait retomber en Pro B. L'Élan béarnais retrouve rapidement la Pro A mais ne parvint pas à se stabiliser. Il est de nouveau relégué en 2012 puis remonte en Pro A en 2013.
Le palmarès de l'ÉBPLO figure parmi les plus prestigieux du basket-ball français avec neuf titres de champion de France et quatre coupes de France. Il est champion de France deux fois consécutivement à trois reprises de 1986 à 1987, de 1998 à 1999 puis de 2003 à 2004.
L'Élan béarnais dispute ses rencontres à domicile au Palais des sports de Pau depuis 1991, après avoir quitté la Moutète, salle n'offrant que peu de possibilités d'extension.
En 2021, la communauté d'agglomération de Pau vend ses parts à Counterpointe Sports Group, un groupe américain qui devient l'actionnaire majoritaire. Après une crise de gouvernance en , ce dernier vend ses parts à de nouveaux actionnaires français et le club, menacé de relégation, reste finalement en première division. Le club est toutefois relégué en Pro B après la saison 2022-2023.
Historique
Origines et débuts professionnels (1931-1975)
Du patronage à l'association sportive Issu d'un club omnisports créé en 1908, l'Élan béarnais fondé en 1931 évolue alors dans la ville d'Orthez. Le club de basket-ball n'est alors qu'une section du patronage omnisports créé en 1908. Comme c'est le cas pour son grand rival, le CSP Limoges, il ne s'agit pas d'un club au sens moderne, mais d'un patronage, créé par des ecclésiastiques dont l'abbé Jules Seillant pour permettre aux jeunes de la ville d'Orthez de faire du sport. Les laïcs de leur côté rejoignent l'Union Sportive Orthez.
En 1932, l'Élan béarnais rejoint la Fédération française de basket-ball et joue dans le championnat départemental Béarn-Bigorre. L'équipe est composé de Xavier Séris, Robert Darros, Esmieu, Joseph Laboudigue, Grand, Georges Lahon, Maurice Moulia. Dans les années 1960, l'Élan béarnais passe peu a peu d'un patronage à une association sportive avec le départ du clergé qui veut mettre fin aux divisions entre l'Élan et le camp laïque.
L'ascension de L'Élan béarnais Basket En 1960, dirigé par René Laîné la section basket-ball de l'Élan béarnais s'engage dans le championnat de Promotion Départementale où ils retrouvent l'Union Sportive Orthez (USO). Le derby entre les deux équipes d'Orthez attire les foules. L'Élan béarnais gravit un à un tous les échelons départementaux et régionaux. Après la monté en Honneur Départementale en 1961 et en Excellence Départementale en 1962, l'équipe est promu en Honneur d'Aquitaine en 1963. L'équipe est construite autour de René Laîné, André Clays, René et Roger Page, Henri Manoux, Robert Laplace et Charles Labourdette. En 1964, l'Élan béarnais gagne son premier trophée de taille avec le titre en Honneur d'Aquitaine.
En 1965, les Orthéziens accèdent en Fédérale Aquitaine où ils échouent à gravir un nouvel échelon durant les saisons 1966-1967, 1967-1968 et 1968-1969
En 1967, Pierre Seillant, fils de Jules Seillant qui est l'un des premiers licenciés du club en 1908, prend la tête de l'Élan béarnais et va marquer l'histoire du club.
L'Élan béarnais parvient à atteindre la lors de la saison 1969-1970 après s'être renforcé avec les arrivées de Bernard Lamarque, Laussu d'Arsague et Louis Bel de Fumel. Le club remporte également la Coupe des Patronages après sa victoire contre Auxerre en finale. L'engouement pour le club grandit, les matchs accueillent de 1000 à 1500 spectateurs dans la Halle du marché couvert de la Moutète marché couvert le jour, salle de basket-ball le soir.
La quête de la Nationale 1 Après avoir atteint la en 1970, le club doit se renforcer et se structurer pour se maintenir. Le club orthézien signe Alain Larrouquis jeune joueur de l'USO, Claude Carrasse et l'entraîneur Jean Luent que Pierre Seillant recrute après la disparition de son précédant club le CA Béglais.
L'Élan parvient facilement à se maintenir lors de la saison 1970-1971, terminant la saison à la quatrième place derrière le RCM Toulouse, Challans et Cholet.
Afin de réaliser son rêve d'accéder à la première division le club engage Roger Duquesnoy pivot de transfuge de l'US Cognac Rugby, Mathieu Bisséni centrafricain très courtisé par les clubs français et Jean-Noël Perpère. L'Élan béarnais finit second de la saison 1971-1972 derrière la Jeanne d'Arc de Vichy.
En 1972, le club orthézien recrute son premier joueur américain : Steve Schmitt. L'Élan termine premier de sa phase de poule et accède à la grâce à sa victoire 105-89 contre Clermont Ferrand le à la Moutète devant spectateurs.
La saison 1973-1974 commence par cinq défaites consécutives, l'Élan gagne son premier match en première division à la Moutète face à Nancy (114-91). Le club termine 16 et redescend en .
Les Orthéziens dominent la saison 1974-1975 de et terminent premier de la phase régulière. L'Élan béarnais bat Graffenstaden (96-84) en demi finale et remporte son premier titre de Champion de France après sa victoire 100 à 74 face à Jœuf.
L'installation dans l'élite et un trophée européen (1975-1984) vignette|droite|Le marché de la Moutète où évolue l'Élan béarnais jusqu'en 1991.
L'apprentissage de l'élite En 1976, le club parvient cette fois-ci à se maintenir dans l'élite en terminant à la avec le renfort des américains Abu Bakr, Willie Terrel et du Martiniquais Léon Eugène. Les Orthéziens se stabilisent en avec déjà de bons résultats et peuvent envisager de se mêler à la lutte pour une place en Coupe d'Europe. L'équipe dispose d'individualité talentueuse avec Jean-Noël Perpère et les internationaux Mathieu Bisséni, Alain Larrouquis et Roger Duquesnoy.
L'Élan béarnais obtient une qualification européenne pour la Coupe d'Europe Korać, en terminant de la saison 1976-1977 grâce à une victoire contre Bagnolet (110-100) lors du dernier match de la saison. Pendant trente années consécutives, le club est toujours européen, un record en France et en Europe.
Une équipe européenne Chaque année le club veut désormais assurer une place en Coupe Korać en se classant parmi les 6 premiers. L'Élan joue son premier match européen le face à la Joventut Badalona et sa star Zoran Slavnić capitaine et champion d'Europe avec la Yougoslavie (défaite 76-72). La saison 1977-1978 est également marqué par la disparition tragique de l'américain Dave Russell en , qui ébranle les Orthéziens où il était très apprécié. L'Élan béarnais décroche une sixième place qualificative pour la Coupe Korać après une saison très irrégulière.
La saison 1978-1979 est marquée par le départ volontaire de Jean Luent annoncé en invoquant une « extrême lassitude et la saturation de basket après neuf années de bons et loyaux services ». Le club termine sixième et fait ses adieux à l'entraîneur qui transforme une équipe de en l'un des tous meilleurs club français. En Europe, l'Élan se qualifie pour les poules de quart de finale après s'être défait du Panathinaïkos d'Athènes, les Orthéziens gagnent 102-73 à la Moutète et perdent de 21 points le match retour à Athènes mais se qualifient grâce au goal average. L'Élan est ensuite éliminé malgré une victoire contre Bratislava.
Pierre Seillant engage en remplacement de Jean Luent le californien George Fisher alors entraineur-joueur à Jœuf avec pour mission de gagner un titre. Fisher fait venir à Orthez une de ses connaissances, Paul Henderson californien tout comme lui. Paul Henderson signe pour 2 saisons et vient prendre la suite de Bill Lindsey. La saison 1979-1980 se termine en sixième place pour les orthéziens. En Europe, le club rencontre Wolfenbuttel, Cotonificio Badalona et le Cibona Zagreb. Orthez échoue à se qualifier pour les demi-finales après ses deux défaites face au Cibona Zagreb 84-79 à l'aller et 84-88 au match retour et termine second de la phase de poules des quarts de finale.
En 1980-1981 l'Élan finit à la troisième place et participe alors à la phase finale entre les quatre premières équipes (initiée en 1979). Avec une victoire et quatre défaites le club termine dernier de la poule face à des équipes plus expérimentées (Villeurbanne, Le Mans et l'ASPO Tours). En Coupe Korać, les Orthéziens confirment et terminent une nouvelle fois deuxième de leur poule derrière le Dynamo Moscou qui s'impose grâce au goal-average pour 3 points sur l'ensemble de leurs deux matchs, victoire d'Orthez 111-109 à la Moutète et victoire du Dynamo 117-112 au match retour.
Scénario similaire en 1981-1982 et 1982-1983 pour l'Élan béarnais qui termine troisième de la saison régulière en 1982 et échoue de peu contre le champion Le Mans et le Limoges CSP. En 1983, le club termine également troisième après avoir été leader du classement jusqu'en janvier. En Europe, le club termine encore à la seconde place derrière le KK Zadar en quart de finale en 1982. En 1982-1983 Orthez joue sa place en demi-finale face au KK Šibenka emmené par Dražen Petrović. L'Élan perd à Šibenik de 16 points (111-95) et se condamne à devoir réaliser un exploit à la Moutète. Malgré une victoire de prestige 79-74 à Orthez, l'Élan est éliminé..
L'Élan béarnais acquiert une réputation d'invincibilité dans son antre de la Moutète en ne perdant aucun de ses matchs de Coupe Korać entre 1981 et 1985.
Nouvelle génération et consécration européenne Ce début des années 1980 représente un changement générationnel au sein de l'effectif de l'Élan béarnais, Roger Duquesnoy prend sa retraite sportive en 1981, suivi de Jean-Noël Perpère en 1982. En 1983 c'est une légende qui s'en va, Alain Larrouquis l'enfant terrible de la Moutète quitte sa ville natale pour Villeurbane. L'équipe phare du Sud-Ouest attire une nouvelle génération de joueurs venus de la région. Freddy Hufnagel arrive au club en 1979, Christian Ortega en 1982, les frères Laperche (Pascal Laperche en 1984 et Philippe Laperche en 1982) et les frères Gadou (Thierry Gadou en 1988 et Didier Gadou en 1982).vignette|gauche|Le Stade Pierre-de-Coubertin, lieu de la finale de la Coupe Korać en 1984.