L'économie de la France traite de la situation économique conjoncturelle et structurelle de la France de nos jours.
En 2023, la France est la puissance économique mondiale selon le Fonds monétaire international et la puissance économique en Europe derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni... Avec un PIB nominal de de dollars, la France se place derrière les États-Unis, la Chine, l'Allemagne, le Japon, l'Inde et le Royaume-Uni..
En 2020, elle se classe au rang pour le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat (PPA)., légèrement au-dessus de la moyenne de l'Union européenne. En classement par PIB en PPA, la France est la puissance économique. En 2025, le produit intérieur brut (PIB), mesuré pour l'année 2024, s’élève à 2 919,9 milliards d'euros. Quant à la dette, elle s'élève à 3 426 626 115 462 €.
Les entreprises de taille moyenne non financières et non agricoles employaient en 2021, 3 millions de salariés équivalent temps plein (24,3 % des effectifs), représentaient 27 % de l’investissement, 30 % du chiffre d’affaires et 26 % de la valeur ajoutée, alors qu’elles ne représentaient que 1,6 % du total des entreprises en France...
L'économie française est principalement une économie de services : en 2022, le secteur tertiaire occupait 80,1 % de la population active, tandis que le secteur primaire (agriculture, pêche, etc.) n'en représentait plus que 2,1 %, et le secteur secondaire (essentiellement l’industrie) 17,9 %. L'économie française est une économie de plus en plus ouverte, occupant une place importante dans les échanges commerciaux internationaux, principalement au sein de l'Union européenne. La France se place sixième dans ses exportations et cinquième pour ses importations. Les exportations représentent 35 % du PIB et les importations 39 %..
Le commerce extérieur en biens est déficitaire depuis 2004. Il l’est notamment dans les biens énergétiques, la France important la majeure partie de ses hydrocarbures. En 2025, la France dégage un excédent dans les produits alimentaires (dont les boissons alcoolisées) et les matériels de transports. Le commerce extérieur en services est lui excédentaire depuis 1988. Cet excédent s’explique principalement par le solde touristique : la France est l’une des premières destinations touristiques mondiales et les dépenses des non-résidents en France sont supérieures à celles des résidents français à l’étranger.
Les principaux partenaires commerciaux de la France sont l'Allemagne et ses autres voisins européens, les États-Unis et la Chine.En 2024, la balance des paiements est cependant positive car la France reçoit beaucoup de revenus du capital (intérêts et dividendes principalement) de l'étranger. Le taux de chômage est inférieur à la moyenne des autres pays développés, à 7,1 % (7,3 % en prenant en compte l'outre-mer) au troisième trimestre 2022.
Le taux d'emploi (68,1 % en 2022), est en dessous de celui de la zone euro (69,5 %) et de l'Union européenne (69,8 %) et de la moyenne des pays du G7 (72,7 %)., en particulier pour les seniors, les moins de et les personnes faiblement qualifiées...
Le traitement fiscal avantageux accordé à la recherche et au développement permet à la France de se hisser au mondial pour le nombre de brevets délivrés en 2013 et ainsi d'accroître son attractivité économique.. Ce crédit d'impôt est cependant critiqué pour son coût élevé (7,7 milliards d'euros en 2024) et ses résultats mitigés sur la recherche et développement en France. En effet, depuis 1996, la part du pib consacrée à la recherche et au développement n'a pas bougé (2,22% en 1996 contre 2,23% en 2022)
La France fait partie des pays fondateurs de l'Union européenne et de la zone euro. Au cœur d’une zone économiquement très développée, son économie a bénéficié de la mise en place du marché commun européen.. À partir de 1986, l'État a privatisé un grand nombre d'entreprises publiquesIl y avait publiques en 1985. Il y en a 845 en 2006. Elles emploient contre plus tôt. Insee - Entreprises - Répertoire des entreprises contrôlées majoritairement par l'État au 31 décembre 2006, 1985-2000 : quinze années de mutation du secteur public d’entreprises mais son influence sur l’économie reste forte (on parle de « néocolbertisme » ou de « dirigisme »).
La croissance du PIB par habitant français a été plus faible que celle de certains autres pays développés, au cours des trois décennies 1990 2000 et 2010, provoquant des débats sur la réalité de ce décalage et sur les réformes économiques, Ministère des Affaires étrangères (consulté le 8 janvier 2008).. qui pourraient y remédier. L’économie française est plus stable que les autres économies européennes : elle croît peu, mais résiste mieux aux crises..
Il y a (US $) habitant en France en 2024 (patrimoine immobilier inclus). En 2023, la richesse moyenne par adulte s'élève à (14e mondial). La richesse médiane se situe à 141 000 dollars américaines (11e mondiale), plus haut que des pays comme les États-Unis, les Pays-Bas ou même Singapour. La richesse des milliardaires français a été multipliée par trois entre 2007 et 2017, et la France est le pays d'Europe qui a le plus fortement rémunéré les actionnaires.. En , l'homme le plus riche du monde est le Français Bernard Arnault ( propriétaire de la moitié du groupe de luxe LVMH selon Forbes.). En 2019, les 10 % de Français les plus riches détiennent 46 % du patrimoine brut quand les 50 % les plus pauvres en ont 8 %..
Histoire
vignette|upright=1.7|Évolution du PIB par habitant en France (1820-2010).
Jusqu'en 1945 Depuis ses origines, la puissance économique de la France a souvent été liée à sa démographie. Sous Louis XIV, la France est le pays le plus peuplé d’Europe et donc le pays économiquement dominant. Le pays est toutefois handicapé par la faiblesse récurrente de sa flotte marchande et militaire.
Alors que la première révolution industrielle commence en Angleterre au (ce qui permet à cette dernière de dépasser la France), puis s’étend au Benelux, la France ne connaît un décollage industriel – grâce à la libéralisation économique (traité franco-anglais de 1860 appelé parfois du nom des deux négociateurs Cobden notamment)- de la fin du Second Empire et du début de la Troisième République – qu’à partir de la seconde moitié du . La France est alors un pays prospère et puissant, qui a rattrapé le développement économique de l’Angleterre, et qui étend et développe ses colonies. En 1880, elle produit 10 % de la production mondialeNicolas Baverez, La France qui tombe, 2003, .
Progressivement, sa puissance économique s’affaiblit en raison de la faible croissance démographique de sa population et de politiques économiques, notamment en ce qui concerne le taux de change qui demeurent très discutées. Malgré tout, après la Première Guerre mondiale, sont créées des sociétés qui deviendront plus tard les groupes Total et EDF. Les deux guerres mondiales du , puis la décolonisation, réduiront le poids économique de l’Europe en général dans le monde, et de la France en particulier.
Trente Glorieuses : 1946-1973 thumb|upright=1.7|Taux de croissance annuel du PIB (1950-2025) et moyenne des taux de croissance annuels pour 4 périodes, dont les Trente Glorieuses. Entre 1946 et 1973, la France connaît une période de très forte croissance (en moyenne 5 % par an) que l’économiste Jean Fourastié a, a posteriori, qualifiée de « Trente Glorieuses ». Cette croissance est beaucoup plus élevée que la croissance économique de long terme de la France (cf. graphique) : de 5 % au lieu d'un peu plus de 2 % par an pour le PIB par habitant. Cette croissance économique exceptionnelle va permettre à la France, en retard dans les domaines de la technologie et de l'organisation de la production, et dont l'appareil de production avait été fortement détruit par la guerre, de rattraper une grande partie de son retard sur les États-Unis: si en 1950, le revenu moyen d’un Français représente à peine plus de la moitié de celui d’un habitant des États-Unis (55 %), il en atteint les quatre cinquièmes en 1973.
Durant les premières années de la reconstruction, cette forte croissance est rendue possible par la forte mobilisation du facteur travail, notamment à travers une augmentation de la durée de travailJ.-C. Asselain, Histoire économique de la France - 2. De 1919 à nos jours, 1984, éd. Seuil, . À partir des années 1950, la croissance est essentiellement due aux forts gains de productivité, alors que la contribution du facteur travail baisse : le temps de travail diminue à partir du milieu des années 1960Gérard Bouvier et Fatoumata Diallo, division Synthèses des biens et services de l'Insee, Soixante ans de réduction du temps de travail dans le monde, publié dans Insee Première , Paris, janvier 2010, et la population active ne connaît qu’une faible croissance, durant cette période, car le baby-boom n’accroît pas à court terme la force de travail en raison de l’allongement de la durée des études.
L'essentiel de la croissance provient donc de très forts gains de productivité. On peut attribuer ces gains de productivité très élevés à plusieurs causes, non exclusives. Premièrement, l'économie française rattrape, par imitation, l'économie la plus productive du monde, les États-Unis. Ce phénomène n'est pas propre à la France, et se retrouve dans la plupart des économies développées. Ce rattrapage est de nature dynamique : la croissance de la productivité a un niveau historiquement élevé également aux États-Unis, mais elle y est plus faible qu'en France.
Outre ce processus de rattrapage, d'autres dynamiques sont donc à l'œuvre. En particulier, la croissance tient à des mécanismes de régulation interne. Elle est assise sur l'approfondissement de l'organisation du travail fordiste, qui génère de forts gains de productivité, gains de productivité qui sont redistribués sous la forme de hausses de salaire. Ces hausses salariales vont nourrir l'accroissement de la demande de biens nationaux, dans le cadre d'une économie relativement fermée. Cette hausse de la demande va, à son tour, stimuler les gains de productivité sous la forme d'économies d'échelle. Un cercle vertueux de la croissance fordiste est donc à l'œuvreRobert Boyer et Jean-Pierre Durand, L'après fordisme, Syros, 1998.. Ce cercle est particulièrement vertueux en France, puisque, comme Angus Maddison le souligne, entre 1950 et 1979, la France a rattrapé la productivité américaine comme aucun autre grand pays industriel ne l'a fait sur la même périodeAngus Maddison, Phases of Capitalist Economic Development, Oxford, 1982, ..
L’économie française a bénéficié du marché commun européen, mis en place entre 1957 et 1968. La France fait partie des pays fondateurs de l'Union européenne.
La période s'achève, alors que des économistes français comme Jacques Rueff ou des hommes politiques comme Charles de Gaulle dénoncent le danger que présente l'hégémonie du dollar pour le système monétaire international., par la décision unilatérale des États-Unis de mettre fin à la parité or/dollar pour faire « flotter » le dollar en 1971. Les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 ne seront que la conséquence de l'effondrement du dollar.
L'entre-deux-crises : 1973-2008
Dans cette période, les Français bénéficient d'un niveau de vie élevé, même si depuis les premier et second chocs pétroliers qui mettent fin aux « Trente Glorieuses », le sentiment de vivre une période de crise est fortement répandu et la croissance est plus modeste. Le chômage quasi inexistant dans les années 1960 progresse fortement pour atteindre 8,7 % en 1985. Depuis cette date, il se maintient à un taux élevé et n'arrive pas à s'établir durablement à un taux inférieur à 8 %. Le dernier excédent budgétaire public remonte à 1974. À la suite de la montée en puissance de la Chine, la France devient sur la période la économique.