Rémy Bourlès, né le à Brest (Finistère) et mort le à , est un illustrateur, dessinateur et scénariste français de bande dessinée.
Il a contribué à de nombreuses séries dont les plus représentatives et les plus longues sont Pour l'honneur-l'Insaisissable publiée dans le journal Tarzan en 1951 puis Hurrah ! en 1953, et Bob Mallard, publiée de à dans l’hebdomadaire jeunesse Vaillant.
Son œuvre est éparpillée dans une dizaine de revues, journaux et fascicules divers, et son domaine principal est l'illustration. Del Duca a été son éditeur principal.
Biographie
Jeunesse Fils d’un agent de police, il passe son enfance à Brest. Ses premières tentatives graphiques datent de l’école élémentaire. déclare-t-il dans une interview dans le numéro 45 de la revue Hop !. en 1989. En effet il aime dessiner des petits bonhommes dans les marges de ses cahiers et tracer de belles majuscules.
Il lit des périodiques destinés aux enfants, notamment les plus connus dans l’avant-guerre comme L'Épatant, L'Intrépide, Les Belles Images, ou encore La Jeunesse Illustrée. Ce sont cependant les magazines américains trouvés chez un vieux libraire de Brest, et en particulier les dessins de J.C Leyendecker, qui le décident à embrasser la carrière. Il étudie aux Beaux-Arts de Brest.
Débuts professionnels En 1924, il s’adresse au "Pêle Mêle" à qui il envoie quelques dessinss en couleurs sur le thème des embarras de la circulation. La rédaction lui répond favorablement et lui demande de recommencer son travail en noir et blanc. C’est sa seule collaboration à ce journal.
Il fait ensuite la tournée des clients potentiels de Brest, proposant des échantillons de son savoir-faire. Des commerçants lui commandent quelques pavés publicitaires illustrés qui sont publiés dans la presse locale. L'agence Choblet l’engage, puis l'agence Queffurus. Il est rémunéré, mais encore trop peu pour être indépendant, ses parents continuent donc de subvenir à ses besoins.
En 1928, ne pouvant gagner correctement sa vie à Brest, il décide de partir à Paris. raconte-t-il plus tard.
Une nouvelle fois il fait le tour des rédactions et des imprimeurs. Au journal Le Rire, il vend quelques pages de dessins, toujours sur le problème de la circulation.
Il se met à travailler pour l'imprimerie Kossuth. Il y réalise des dessins publicitaires et des figurines de mode. Quelque temps plus tard, il entre à l'atelier de publicité Marthe Ray. C’est son premier emploi important. En contact direct avec les différentes techniques d'impression, confronté à toutes sortes de problèmes, c’est là qu’il apprend le plus son métier.
Il réalise des catalogues de modes pour les grands magasins "Le Palais de la Nouveauté", "Réaumur", mais ses dessins n’y sont jamais signés. Son expérience dans la mode semble l’avoir influencé car les critiques soulignent par la suite l’allure élégante et svelte de ses personnages aux plus parfaits. Il s’installe à son compte, tout en continuant à fournir quelques travaux pour l'atelier Marthe Ray. Il réalise encore des catalogues, cette fois pour Le Printemps, les Galeries Lafayette, le Bon Marché de Bruxelles. À l'époque il a assez exercé pour créer lui-même des modèles et monter sa propre maison, mais il recule devant l'ampleur d’un tel projet et les difficultés à s'imposer sur le marché. Les éditions de mode Darroux et Napolitano lui commandent des catalogues entiers. Elles l’emploient également comme styliste, il crée surtout des model féminins. Jusqu'en 1939, il ne fait pratiquement que du dessin de mode. Les modèles qu’il dessine sont vus par des milliers de consommateurs à travers les catalogues à un moment où les grands magasins connaissent du succès, mais il ne peut pas les signer. Malgré l’importance de sa production, son travail n’est donc pas vraiment reconnu.
Pendant la guerre Il rentre à Brest pour passer un conseil de révision. En raison de sa faible constitution et de sa spécialité, il sert l’armée en tant que dessinateur industriel à l’Arsenal de Brest. Son travail consiste à exécuter des croquis, des travaux de lettres et de cartes pour l'artillerie navale. Cela lui vaut les félicitations du Préfet maritime. Mais à l'arrivée des Allemands en 1940, les autorités locales mettent le feu à l'arsenal, afin que rien ne tombe aux mains de l’ennemi. Rémy Bourlès part rejoindre sa femme et sa fille qui sont à une trentaine de kilomètres de là. Plus tard, il revient à Brest. La ville essuie une série de bombardements alliés.
Pendant plusieurs mois, tous les soirs, lui et ses proches doivent se réfugier dans les abris à la suite d'alertes incessantes. Leur maison est atteinte d'un obus de D.C.A. qui vient heurter une poutre du troisième étage. Fort heureusement, ils étaient à la cave.
Afin de survivre, il travaille chez un peintre-décorateur en bâtiment.
Mais il cherche à continuer dans la presse et se rend compte que le catalogue de mode dessiné a vécu, remplacé par la photographie. Il veut donc se reconvertir et se tourne alors vers la bande dessinée.
Ses débuts dans la bande dessinée: Del Duca En 1943, il présente un épisode dessiné des Bandits de l'Arizona à un rédacteur en chef de Del Duca aux Éditions Mondiales. Cette maison d’édition figure parmi les grands groupes de presse français dès la fin des années 1960 et s’est spécialisée dans la publication de Comic strips américains dont elle rachète les droits. Le rédacteur en chef reconnaît un certain talent à Rémy Bourlès et lui confie la réalisation de récits complets. En moyenne, chacun d'eux comporte à réaliser en une semaine. C’est Roger Melliès qui en exécute les couvertures. Il ne rencontre Cino Del Duca que deux fois pour des raisons strictement professionnelles.
Tous les lundis on remet à Bourlès un scénario découpé et dialogué. Il ne sait jamais qui en est le (ou les) scénariste(s), d'ailleurs il ne s’en préoccupe pas. Le travail se fait un peu à la chaîne, sans grande fantaisie, il prend peu de liberté vis-à-vis du texte d'origine.
Cet exercice de style rigoureux est pour lui une bonne école. Il collabore avec Jean Pradeau, un scénariste de chez Del Duca.
À partir de 1947, dans sa collaboration avec ce dernier, il dessine les Coups d’épée de Monsieur de la Guerche, et réalise L’Aigle des mers et La Poursuite éperdue, scénarisée par R. Prado (faire une note), dans L'Intrépide (première série, 1949).
Bob Mallard chez Vaillant En 1946, il crée Bob Mallard, un bimestriel dans Vaillant, puis dans Pif qu’il anime jusqu'en 1947 sur un scénario de Henri Bourdens. Bourdens est par ailleurs pilote ; il lui fournit donc croquis et documents techniques pour s’immerger dans l’univers de son personnage. En complément, Bourlès fait de nombreuses visites à l'aéroport du Bourget afin d'aller respirer sur place l’odeur du cambouis et se familiariser avec l'ambiance des ateliers, au contact des mécaniciens.
Il s’agit d’une série d’aventure qui se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale et met en scène les aventures du personnage de Bob Mallard, pilote dans l’aéronautique. La paix revenue, il retourne à la vie civile, luttant contre le crime dans le monde entier en compagnie de son fidèle ami Puchon.
Collaboration avec des titres et des éditeurs variés Bourlès dessine Robin des Bois dans L’Ecureuil, et réalise des récits complets pour les éditions Artima, et pour les périodiques Hardi les gars, Caméra 34, Vaillante ou encore L’Astucieux.
Sa première série est Les coups d'épée de M. De La Guerche dans L'Astucieux en 1947.
En 1949, travaille pour L’Intrépide, des numéros 6 à 2 en réalisant de L'Aigle des mers, adaptation du film de la Warner Bross par R. Prado. Bourlès travaille à partir d'une douzaine de photographies mais sans avoir jamais vu le film.
Il réalise des romans dessinés pour La Vie en Fleur de 1952 à 1956 : La Promeneuse au clair de lune, Le Gouffre du lutin, Le Visiteur sans visage, Le Berger de Guadeloupe, La Sorcière du crépuscule
De 1960 à 1963, il dessine pour Mireille, périodique jeunesse des années 1950 et du début des années 1960, créé par Marijac et destiné aux jeunes filles
De 1961 à 1971, dans Paris Jour (aux Éditions Mondiales), il illustre des romans ou des vies de personnalités historiques, en bandes horizontales ou verticales avec textes sous vignettes.
Il finit par quitter Del Duca en 1971 quand Paris-Jour cesse de paraître.
Il termine sa carrière en proposant de nombreuses illustrations dans les titres des éditions Aventures et Voyages de 1961 à 1987. Il collabore aussi au journal breton O.Lo.Lé de 1970 à 1972. Un ultime ouvrage, Le Félon de Miremont, est édité par Haga (scénario Tibéri) en 1986.
Il cesse ensuite son activité en bande dessinée, à l’âge de .
Bourlès consacre la fin de sa vie à la peinture expressionniste d'inspiration bretonne, tout en participant à plusieurs festivals de BD qui lui rendent hommage.
Il meurt à Paris le ..
Place dans le monde de la bande dessinée Rémy Boulrès a abordé tous les genres de la bande dessinée réaliste, travaillant également pour la grande presse et les publications féminines, il s'est aussi penché sur la peinture qu'il pratique en loisir. Il figure parmi les auteurs populaires les plus intéressants et prolifiques de l’après-guerre, mais ayant travaillé souvent dans l’ombre.
D’après Henri Filippini, qui s’exprime à son sujet dans Histoire du journal Vaillant (aux Éditions Glénat), . Son style a marqué la mémoire de plusieurs générations de lecteurs de l'immédiat après guerre jusqu'aux années 1970.
Malgré sa production et sa longue carrière, il reste peu connu. Les fanzines et amateurs de bande dessinée se sont rarement penchés sur cet auteur qui a pourtant sa place dans l'histoire de la bande dessinée française. Il appartient à une période bien spécifique, celle des années 1950-1960. Les auteurs de cette période sont peu reconnus malgré le travail de quelques fanzines comme Haga, Le Collectionneur de bandes dessinées ou Hop! pour mettre en valeur cette époque charnière de la bande dessinée.
Sans doute trop modeste, peu habitué à la médiatisation des auteurs de bande dessinée contemporains, c'est avec surprise que Rémy Bourlès rencontre ses anciens lecteurs au cours de quelques festivals où il est invité.
Publications
En bande dessinée Dessins pour Alsatia, la Société Parisienne d'Éditions, les Éditions Mondiales Del Duca (pendant l’occupation).
Récits complets dans Aventuriers d’Aujourd’hui, l'Audacieux, .
Il y crée par exemple le personnage d'Homo le Robot, un androïde à la force surhumaine.
Bob l'Ardent Pour la collection Gang. Le personnage est un champion du monde de boxe qui effectue de nombreux voyages. Il a réalisé un total de 24 planches pour ce périodique.
Le Vagabond du pacifique Dans Mon Journal. Dans l’intrigue, deux voleurs s’emparent de la clé du coffre de Van Maalen, richissime négociant d’un comptoir sud-africain. Ils tentent de reporter les soupçons sur le secrétaire, Jacques Dalbert. Il a réalisé 35 planches.
Jean-Marie le mousse Dans la collection Prouesse. 38 planches ont été réalisées par Bourlès.
Robin des bois Dans Robin l'écureuil. Il réalise 10 planches.
Récits complets pour les éditions Artima
Récits pour Hardi les Gars Périodique présentant des récits complets en bande dessinée. D'abord édité par SEPIA en 1940 puis 1945 sous une maquette différente chez l'éditeur Héroïca. Des aventures diverses sont proposées aux lecteurs, elles se déroulent au Moyen Âge, en plein cœur de la jungle, ou bien encore durant la guerre. Bourlès a réalisé 18 planches.
Bob Mallard Il s’agit d’une des premières et des plus grandes série de Vaillant, journal français hebdomadaire de bandes dessinées créé en 1945.