Jacques Balmat, dit « Balmat du Mont-Blanc ». ou « Mont Blanc », né le dans la vallée de Chamonix dans le village des Pélerins et mort en dans la vallée de Sixt, est un chasseur de chamois, cristallier et guide savoyard qui réussit la première ascension du mont Blanc en compagnie du docteur Paccard, le .
Biographie vignette|redresse|gauche|Chamonix, statue du guide Jacques Balmat indiquant le sommet mont Blanc à Horace Bénédict de Saussure.
Jacques Balmat est né en 1762., peut-être le , dans le village des Pélerins au pied du glacier des Pélerins. La vallée de Chamonix appartient à cette époque au duché de Savoie, qui est une composante du royaume de Sardaigne. Un passeport du () indique qu'il mesurait Chanoine .. Le , il épouse à Chamonix Jeanne Marie Simond, cuisinière, qui lui donne plusieurs enfants.
Jacques Balmat était pauvre et n'avait pas suffisamment de terre pour devenir paysan. Par goût de la solitude et par nécessité, il parcourt la montagne en pratiquant la chasse aux chamois et la recherche de cristaux. Il acquiert ainsi une grande robustesse et une excellente connaissance de la montagne avant de devenir l'un des compétiteurs lancés à la conquête du mont Blanc. Cette compétition était de plus motivée par une promesse de forte récompense, faite dès 1760 par Horace Bénédict de Saussure, au premier qui atteindrait le sommet. Balmat entreprend une infructueuse tentative solitaire début et apprend à son retour que cinq guides sont partis en direction du sommet. Il repart presque aussitôt et les rattrape à hauteur des Grands Mulets. Au col du Dôme, alors que ses compagnons renoncent, il poursuit seul et après un bivouac improvisé, il redescend à son tour, persuadé que la cime du mont Blanc ainsi que la récompense sont désormais à portée. Il cherche immédiatement un compagnon d'ascension qui puisse ensuite témoigner en cas de réussite.
Pour sa troisième tentative, Balmat sollicite le docteur Paccard, médecin à Chamonix et bon alpiniste qui avait pris part lui aussi à plusieurs tentatives. Les deux hommes partent discrètement le depuis les Bossons et bivouaquent avant de se lancer à l'assaut du sommet le à l'aube, sans cordes, sans piolets ni crampons, par un itinéraire dangereux via la montagne de la Côte qui sera abandonné en 1820.. Ils parviennent au sommet à . Paccard, atteint par une ophtalmie des neiges (photokératite), fait toute la descente les yeux rouges et fermés. En arrivant dans la vallée, les deux hommes apprennent que Judith, la dernière fille de Jacques Balmat nouvellement née et soignée par le docteur Paccard, est décédée.
Balmat se rend ensuite à Genève pour rendre compte à Horace Bénédict de Saussure de son succès. À la suite de cette réussite, le roi de Sardaigne, souverain du Piémont et de la Savoie, autorise Balmat à s'appeler Balmat du Mont BlancCharles Durier, Histoire du Mont-Blanc: conférences faites à Paris les 23 et 30 mai 1873, Sandoz et Fischbacher, 1873, 96 pages, .. Balmat répète l'ascension du mont Blanc le en compagnie de deux autres guides et le de la même année il conduit Horace Bénédict de Saussure au sommet ; la cordée comporte alors guides ainsi qu'un domestique. Horace Bénédict de Saussure procède alors au premier calcul de l'altitude du mont Blanc et trouve , soit , écart infime au regard des retenus aujourd'hui.
Lors d'une ascension effectuée en , Balmat est accompagné de Marie Paradis qui devient la première femme à atteindre le sommet. Il effectue également l'ascension du mont Blanc le avec le poète Antoni Malczewski, qui devient le premier Polonais à atteindre le sommet. Le , Jacques Balmat effectue l'ascension du mont Blanc pour la douzième foisGilles Dhers, [https://www.liberation.fr/sports/2019/03/23/jacques-balmat-monsieur-mont-blanc_1716548/ Jacques Balmat, monsieur Mont-Blanc, Libération, 23 mars 2019..
Le guide disparaît en 1834 à l'âge de en tombant dans une crevasse dans le Grand Ruan (massif du Giffre) alors qu'il cherche un filon d'or.. Son corps n'a pas été retrouvé.
Postérité Monuments vignette|Détails du médaillon représentant Jacques Balmat, sculpture d'Émile Sanson (1878).
La commune de Chamonix possède deux monuments dédiés à Jacques Balmat. Le premier est un bloc de granite du Mont-Blanc comportant un médaillon réalisé par le sculpteur Émile Sanson, rappelant les traits de Balmat. Il s'agit d'une commande de la Société géologique de France et du Fédération française des clubs alpins et de montagne, inauguré le , mentionnés dans une inscription sur le bloc. Installé devant l'église, il a depuis été déplacé. Le second, élevé à l'occasion du centenaire de l’ascension du Mont Blanc et inauguré le , est un groupe en bronze représentant Horace Bénédict de Saussure et son guide qui lui montre le chemin à suivre pour atteindre la cime.. L'œuvre a été réalisée par le sculpteur Jules Salmson et installée sur une place qui porte le nom du guide.
Bâton de Jacques Balmat Pour sonder les ponts de neige et franchir les crevasses lors de son expédition des , Jacques Balmat fabrique au préalable de ses propres mains un bâton cylindrique en sapin de la forêt des Pèlerins, de , et d'un poids de auquel il ajoute une pointe en fer. Ce bâton, vendu aux enchères avec les biens du guide après sa mort en 1834, arrive dans la famille Devouassoud où il est transmis de père en fils sans que cela soit connu. En 2017, le descendant Devouassoud de la cinquième génération estime que cet objet appartient plus à l'Histoire qu'à la famille. Il en fait alors don au musée alpin de Chamonix-Mont-Blanc. Le bâton a depuis trouvé sa place sur la reproduction du célèbre tableau du peintre Bacler d'Albe de 1787Jean-Paul Roudier, « Le bâton de Jacques Balmat surgit du passé ! » in revue Le Mont Blanc, de ..
Autres Une rue de Genève, parallèle à la rue Horace-Bénédict-de-Saussure, porte son nomRue Jacques-BALMAT, Noms géographiques du canton de Genève, sur le site officiel de la République et canton de Genève..
Un des gymnases de Vétraz-Monthoux a été baptisé en mémoire de l'alpiniste..
Victor Hugo lui consacre un poème, Balma, publié dans Toute la lyre.
Charles Nodier cite lui un distique, lu en 1825 dans l'Album de Chamonix, que la tradition attribue à Victor Hugo (mais cette attribution n’est établie par aucun témoignage contemporain) :
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Michel Carrier, Notice biographique sur Jacques Balmat, dit Mont-Blanc, Ch. Gruaz, 1854 A. Den Doolard, Le Vainqueur du mont Blanc, Édition Albin Michel, 1950 Georges Lenotre, Héros d'aventures, Marabout, 1957, chapitre XIII : « Le vainqueur du Mont-Blanc », pages 119 à 127 Jean-Pierre Spilmont, Jacques Balmat dit Mont-Blanc, Albin Michel, prix du Livre d’Histoire de la SGDL, 1987, réédition en 2003 aux éditions Guérin
Roger Canac, Jacques Balmat dit Mont-Blanc, nouvelle édition, 1986 Daniel Grévoz, Jacques Balmat, les traces ultimes d'un chercheur d'or, éditions du Mont Blanc, 2018.
Articles connexes Sport en Pays de Savoie - Liste d'alpinistes des Pays de Savoie
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