vignette|279x279px|Collection de sporophores de A. caesarea en Turquie. Amanita caesarea, l'Amanite des Césars, plus familièrement l'Oronge., est une espèce de champignon appartenant aux basidiomycètes de la famille des Amanitaceae. Espèce à tendance méditerranéenne caractérisée par son chapeau orange vif, ses lames et pied jaune et son épaisse volve blanche, il s'agit d'un champignon très recherché avec une réputation d'excellent comestible.
Nomenclature Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Amanita caesarea (Scop.) Pers..
L'espèce a été initialement classée dans le genre Agaricus sous le basionyme Agaricus caesareus Scop..
Synonymes Amanita caesarea a pour synonymes :
Phylogénie L'Oronge a été décrite pour la première fois par le mycologue italien Giovanni Antonio Scopoli en 1772 sous le nom d'Agaricus caesareus, avant d'être classée par la suite dans le genre Amanita par Persoon en 1801. En Europe, c'est la seule espèce de la section Caesareae avec la Torrendie délicate (Amanita torrendii), une minuscule amanite blanche méditerranéenne sabulicole très rare à la morphologie très différente des autres amanites qui est néanmoins assez proche phylogénétiquement de A. caesarea pour être incluse dans la même section qu'elle.
Étymologie L'Amanite des Césars doit son qualificatif à ce qu'elle aurait été un mets de choix à la table des empereurs romains, qui a adopté le nom de César (à l'origine un nom de famille) comme titre. C'était l'un des noms préférés de l'empereur romain Claude. Il semble qu'ils l'appelaient boletusBoletos est un mot grec datant de -500 qui désignait l'Amanite. Il est attesté sous la variante latine Bolitus apparue chez Gallien en +197 toujours pour désigner une Amanite.
Le nom savant actuel Boletus (Bolet en français) ne désigne plus des Amanites, mais un genre de champignons ayant des tubes sous le chapeau et non des lamelles comme les Agarics. On le trouve chez Pline en - 78, où il désigne très précisément l'Amanite tue-mouches, Amanita muscaria., mot grec datant de -500 dérivé du grec ancien βωλίτης, nom donné à ce champignon par Galien, un des rares noms de champignon hérité de l'Antiquité et repris de nos jours pour désigner un genre tout à fait différent, mais également riche en espèces savoureusesOrigine des noms de champignons, Marcel V. LOCQUIN ; Champignons d'hier, Bull. Fédér. Mycol. Dauphiné-Savoie, 1980, no.79 pp. 4-7.
Lire en ligne http://enfantdesarbres.canalblog.com/archives/2015/06/29/32285762.html.
Noms vulgaires et vernaculaires Son nom vernaculaire normalisé est l'Amanite des Césars, mais elle est plus couramment nommée sous son nom familier d'Oronge. Elle est aussi parfois nommée oronge vraie, par opposition au nom parfois utilisé de "fausse oronge" pour l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria) dont le chapeau rouge peut prêter à confusion.
Noms vernaculaires dans d'autres langues alt=Modèle pédagogique en plâtre peint d'Amanita caesarea sur un socle en bois, en vue de dessous montrant un exemplaire mature avec détail des lames, de l'anneau et de la volve, et un exemplaire jeune au stade "oeuf"|vignette|Modèle pédagogique en plâtre d'Amanita caesarea (Scop.) Pers., au Droguier de l'ISPB.|192x192px|gauche
Description du sporophore vignette|Jeunes Oronges émergeant de leur volve en Bulgarie, rappelant des œufs. Le chapeau de l'oronge va de 8 à 15–20 cm, est charnu, épais, initialement ovoïde globuleux jeune puis hémisphérique et enfin convexe en s'étalant, rarement plat, jamais déprimé. La cuticule est rouge orangé vif uniforme, orange à rougeâtre, couleur ayant tendance à se délaver avec l'âge. Elle est luisante, glabre à sublubrifiée, séparable, habituellement nue ou rarement recouverte de quelques résidus blanchâtres épais du voile général membraneux rapidement évacués par la pluie. La marge est toujours nettement striée, concolore ou plus claire, jaune d'or.
Les lames sont libres, serrées, inégales, larges, ventrues, à arêtes érodées et de couleur jaune doré. Des lamelles tronquées sont intercalées entre elles. La sporée est blanche.
Le stipe, de 8 à 15 cm de hauteur pour un diamètre de 3 cm, est robuste, droit ou légèrement courbé, charnu, plein, subcylindrique, légèrement en massue, de surface plus ou moins lisse, de la couleur des lames, entièrement jaune clair à jaune doré. La base du stipe est ovoïde vers le sol. Il possède un anneau membraneux, large, pendant, persistant et strié sur sa face supérieure. Il est concolore au stipe soit jaune doré. La volve est épaisse, blanc grisâtre, membraneuse, tenace et en forme de sac à bords libres, s'écartant du stipe et ample. Elle est de couleur blanche en interne comme en externe et est systématiquement présente.
La chair est ferme, épaisse, blanche seulement dans les parties internes du champignon et jaune ailleurs, jaune sous la cuticule. Son odeur est douce et sa saveur est douce, très agréable.
Caractéristiques microscopiques Ses spores mesurent 10-12 x 6-8 µm, Qm = 1,3-1,6 . Elles sont ellipsoïdes, largement elliptiques, non amyloïdes, lisses, hyalines, gutulées. Les basides mesurent jusqu’à 60 × 15 µm, elles sont tétrasporiques. Les cheilocystides sont claviformes, mesurant 50 × 15 µm.
Galerie
Variétés et formes
Habitat et distribution vignette|Distribution d'A. caesarea en Europe.|300x300px L'Oronge pousse sur sol acide, neutre, calcaire ou argileux, dès le mois de juillet et jusqu'à à la mi-novembre, sous les feuillus, notamment les chênes (caduques ; le chêne pubescent (Quercus pubescens), le chêne sessile (Quercus petraea), le chêne pédonculé (Quercus robur), le chêne chevelu (Quercus cerris), le chêne de Hongrie (Quercus frainetto), le chêne de Sicile (Quercus gussonei) et sempervirents ; le chêne vert (Quercus ilex) et le chêne-liège (Quercus suber)) mais aussi le châtaignier (Castanea sativa) et le hêtre (Fagus sylvatica), et ce également parfois en forêt mixte avec des conifères, particulièrement les pins (Pinus). Elle fructifie seule ou en groupes en forêt de plaine ou collinéenne, dans les taillis, les bords de chemin et les clairières. C'est un champignon thermophile, héliophile, qui apprécie de pousser sous un fort ensoleillement direct, et méditerranéen, qui apprécie les forêts chaudes, bien ensoleillées, sèches et bien aérées. Malgré cette préférence des environnements xérophiles, elle s'adapte aussi à la fructification dans les forêts denses, à condition que l'environnement soit chaud et sec, avec un cours d'eau à proximité. Elle ne supporte pas les températures froides ou fraîches, elle pousse toujours dans un climat chaud, jamais excessivement humide, même si un bon orage estival peut favoriser son apparition, à condition que l'eau soit rapidement absorbée par le sol, sans créer de stagnation. On la rencontre aussi dans la garrigue et le maquis méditerranéen, notamment parmi les arbousiers (Arbutus unedo), les lauriers, les cistes (Cistus) et les bruyères arborescentes (Erica arborea), avec les chênes cités précédemment. On signale également qu'elle s'associerait rarement aux charmes (Carpinus), aux noisetiers (Corylus) en Espagne, aux Tilleuls (Tilia) en Serbie, à des forêts mixtes composées de feuillus et de sapin de Bulgarie (Abies borisii-regis) et de sapin de Céphalonie (Abies cephalonica) en Grèce, ou encore avec des épicéas (Picea) en Roumanie ou des pins (Pinus) par exemple en Italie et en Allemagne.
Elle pousse surtout pendant les mois d'été ; juin, juillet, août, mais aussi en automne en septembre et octobre, surtout dans les régions méridionales, jamais trop en altitude, inférieure à 800-900m. Les poussées se font souvent après les pluies d'orage au mois d'août. Elle pousse souvent en compagnie du Cèpe bronzé (Boletus aereus) qui partage son écologie et sa période de fructification en Méditerranée. On peut même en trouver en grande quantité dans des sols très pauvres ou labourés. Son cycle de fructification est long, elle commence à produire des fructifications entre 18 et 21 jours, voire jusqu’à 40 ou 50 jours lorsque le sol est dur et sec et qu’on ne voit pratiquement aucune autre espèce dans la forêt, après de fortes précipitations survenant à la suite d’une période de chaleur, avec une abondance accrue en cas de choc thermique accompagné de précipitations sous forme de grêle. Il s'agit également d'une espèce au comportement inconstant, alterné, qui ne se manifeste pas avec la même abondance chaque année aux mêmes endroits, même si les conditions semblent favorables.L'aire de répartition naturelle de cette espèce s'étend autour des bassins de la mer Méditerranée et de la mer Noire. Elle se retrouve communément dans les régions des pays du pourtour méditerranéen ainsi que dans les régions continentales d'Espagne, France et Suisse, mais moins fréquemment. Elle est très commune au Nord de l'Italie. Sa pousse ne survient que très rarement au Nord, uniquement lors des années particulièrement chaudes, cependant le réchauffement climatique actuel tend à rendre ces évènements plus communs. On pense qu'elle a été introduite au nord des Alpes par les armées romaines, car on la trouve le plus souvent le long des anciennes voies romaines dans cette région. Elle n'est pas présente en Belgique sauf quelques rares cas signalés en GaumeLambinon, Ulg, à compléter.. On la retrouve également dans les Balkans, en Hongrie, dans la région du Caucase (Géorgie, Turquie), en Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie), en Ukraine, en Crimée, dans le Caucase russe, principalement dans le kraï de Krasnodar et la République d'Adyguée et enfin possiblement en Iran, bien que l'Iran ne soit pas une région très bien étudiée sur le plan mycologique, il se peut donc qu'il existe des espèces non décrites pour lesquelles ce taxon est utilisé à tort. L'espèce a disparu de Pologne. Elle est absente au Pays-bas, au Royaume-Uni et en Scandinavie. Son aire de répartition est vaste et son éventail d'hôtes est large ; rien n'indique un déclin à grande échelle de ses populations. Elle peut être très abondante localement là où l'habitat est propice, principalement dans la région méditerranéenne. Contrairement à certaines informations, des études récentes ont démontré que l'espèce n'est présente ni en Amérique du Nord ni en Amérique centrale, ni en Asie de l'Est.
Statut de conservation
Europe En Europe, les tendances démographiques rapportées divergent : alors que l’espèce figure sur la liste rouge nationale de nombreux pays où elle est présente en raison d’un déclin de ses populations (par exemple en Autriche, en Suisse et en Bulgarie), certains pays font état de populations stables (par exemple en France et en Grèce), tandis que la Roumanie et la Belgique signalent des augmentations. La taille et les tendances des populations en Afrique du Nord, en Turquie et dans le Caucase sont inconnues. Les menaces identifiées en Europe concernent principalement la sylviculture (par exemple, l'augmentation de la fertilisation) et les dépôts atmosphériques d'azote. Des pratiques de récoltes intensives non durables ont également été signalées. Malgré tout cela, le comité scientifique de l’Initiative de la Liste rouge mondiale des champignons a estimé qu’elle n’était pas menacée à l’échelle mondiale, la classant comme « préoccupation mineure » en raison de la grande diversité de ses habitats et de sa large répartition. Il semble que la meilleure solution consiste à favoriser les reboisements avec des fagacées indigènes telles que le chêne vert, le chêne rouvre ou le châtaignier, au détriment des conifères à croissance rapide, et à renforcer les soins sylvicoles des forêts par des coupes sélectives, des labourages superficiels et du débroussaillage.