vignette|Réseau des jeunes bénévoles des classiques des sciences sociales. Le système éducatif en Haïti est modelé sur le système français, et est sous la responsabilité du ministère de l'éducation nationale haïtienne

Histoire

Des origines jusqu'en 1860

Avec le gouverneur général Toussaint Louverture, en 1801, un premier système éducatif fut créé et sa gestion relevait de la responsabilité de la commission municipale. L’article 68 de la constitution de 1801 stipulait :

De 1801 à 1843, l’école était sous la responsabilité de la mairieBrutus, 1945.

Après la proclamation de l’indépendance par l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, la Constitution de 1805 promulguait en son article 19 : « Dans chaque division militaire, une école publique sera créée pour l’instruction de la jeunesse. » On ne comptait alors que six écoles en Haïti. La constitution de 1806 ne fait aucune mention de l’enseignement public. Tandis que celle du en ses articles 34 et 35 stipulait d’une part : « Il sera établi dans chaque division une école centrale et des écoles particulières dans chaque arrondissement ». Et d’autre part : « Il sera cependant loisible (permis de faire) à tout citoyen de tenir des maisons d’éducation particulière. » Le traitement des professeurs et instituteurs ainsi que la police des écoles seront réglés par une loi particulière. C’est la constitution de 1816, qui, la première, énonça le principe de l’enseignement primaire gratuit. (Pressoir, 1804-1915).

Puis, vers 1818, une ordonnance du Roi Henri organisa l’instruction publique dans ses États sous la direction Royale composée de 15 membres (Pressoir, 1935). Le pays était divisé en deux blocs, le grand Nord et le grand Sud : Dans le Grand-Nord, Christophe travaillait beaucoup pour le système. Il y avait tous les niveaux de l’enseignement : primaire, secondaire, professionnel et des embryons d’universitéBrutus, 1945 ; Trouillot, 2006. Christophe était lui-même inspecteur d’école et se renseignait quotidiennement sur le fonctionnement des établissementsTrouillot, 2006. Dans l’Ouest, l’école était en hibernation. Cependant, le gouvernement de Pétion subventionna quelques écoles privées bien que la constitution de 1816 prônait la gratuité. Alexandre Pétion refusa les services de l’institution « La British and Foreign School Society ». Toutefois, elle envoya à Port-au-Prince, l’instituteur Thomas Bosworth, qui ouvrit une école lancastérienne en 1816 à Pétionville. Pétion décida que cette école soit une école nationale. Une autre école fut créée aux Cayes en 1821. Malheureusement, Bosworth mourut la même année. De là, en 1820, il n’y avait que 4 écoles nationales urbaines, destinées, à l’instruction gratuite élémentaire des enfants des citoyens tant civils que militaires pour avoir rendu service à la patrie (Pressoir, 1804 – 1915). À cette époque, le Roi Henri Christophe fit venir dans le royaume Nord des instituteurs de Londres, qui fondèrent 11 écoles monitoriales (Pressoir, 1804-1915). Et, le , marqua la naissance du chargé de gérer l’éducation en Haïti, avec pour Ministre Honoré Féry (Lois et Actes, tome VIII, ). La constitution de 1843, celle de Charles Hérard Aîné, en son article 31 stipulait : . Toutefois, la constitution de 1846, à l’article 36 déclarait : . Par la suite, la constitution Impériale de 1849, sous la direction de Faustin promulguait dans l’article 35 : . De plus, la période de 1844 à 1860 annonçait les premières réformes avec : « Francisque Elie Dubois, Jean-Baptiste Damien» Rappelons que c’est avec Damien que l’on a eu la création du premier plan national d’éducation et la première école normale pour la formation des instituteurs. Mais, Élie Dubois fut le premier à établir les écoles nationales ruralesMaurice Dartigue, 1804-1938, l’Enseignement.

De 1860 jusqu'à 1960 Sous le gouvernement de Geffrard (janvier 1859 – mars 1867) Le gouvernement de Geffrard F. Nicolas demeure, au cours du , le seul gouvernement d’Haïti à avoir accordé beaucoup plus d’importance à l’éducationHaïti-Références : Éducations (http://www.haiti-reference.com/education/). «La mise en place des écoles congréganistes ou confessionnelles date de 1860 et n’ont connu ni modification, ni changement à ce jour. Les pratiques, les modes de gestion, les structures, les modalités d’enseignement et d’apprentissage restent inchangées à travers le temps et l’espacePierre Délima, Constitution, Lois et Éducation, . » Plusieurs réalisations relatives à l’éducation ont été identifiées : l’École nationale de Médecine, une école de musique, une école de droit J.-C. Dorsainvil, Histoire d’Haïti, Cours supérieurs, F.I.C. Éditions Henri Deschamps, p.… À noter que ce gouvernement a connu successivement 6 ministres de l’Instruction publique sur une période de 33 moisFrançois Pierre Enocque, Politique éducative et inégalités des chances scolaires en Haïti, .. En dépit de tout, à la fin de son gouvernement, (1867), le pays a connu « une diminution d’écolesIbid, François Pierre Enocque, » due à l’instabilité de son gouvernement.

Sous le gouvernement de Sylvain Salnave (juin 1867 – décembre 1869) En matière d’éducation, grande chose n’a pas été retenue sous la présidence de Salnave pour cause d’instabilité ponctuée par des luttes paysannes (cacos, piquets). Toutefois, des efforts de prendre le contrôle du système éducatif ont été constatés. À titre d’exemples, l’article 29 de la Constitution de 1867 stipule : « L’enseignement est libre. La liberté d’enseigner s’exerce selon les conditions de capacité et de moralité déterminées par la loi et sur la haute surveillance de l’État. Cette surveillance s’étend sur tous les établissements d’éducation et d’enseignement, sans aucune distinctionIbid, Pierre Délima, . ».

Sous le gouvernement de Michel Domingue (juin 1874 – avril 1876) À cette époque, le ministère de l’Instruction publique a été dirigé par Thomas Madiou. Ce dernier rapportait que « élèves fréquentaient les écoles publiques et écoles privées sur une population de 1151099 habitants. 30 % de cette population était d’âge scolaireIbid, Francois Pierre Enocque, . ». « Pour la première fois, hormis le régime politique d’Henri Christophe, dans l’histoire de l’éducation en Haïti, l’instruction primaire est déclarée non seulement gratuite, mais encore obligatoireIbid, François Pierre Enocque, . ».

Sous le gouvernement de Salomon (octobre 1879 – août 1888) Sous l’administration de Salomon, beaucoup d’importances étaient accordées à la « réorganisation » des écoles publiques : arrivée d’une mission de professeurs français dans le cadre d’une coopération française en éducation, distributions de matériels et de fournitures classiques aux apprenants, ouvertures d’écoles primaires rurales, réorganisation de l’école nationale de droit…Ibid, Dorsainvil, .

La fin du – le début Grande chose n’a pas été retenue de la fin du et du début du , due aux crises socio- politiques, économiques… qu’a connu Haïti. Toutefois, selon Louis Auguste Joint, le président Nord Alexis relate : « Que l’école soit au premier centenaire de l’indépendance d’HaïtiJoint Louis Auguste, Système éducatif et inégalités sociales en Haïti, ». Il a ouvert le Lycée de Jérémie qui porte son nom.

L’occupation américaine (1915 – 1934) Cet événement majeur a eu un impact marquant sur le système éducatif haïtien. Au cours de cette période, l’éducation haïtienne a été le lieu d’une confrontation de deux cultures : française et anglo-saxonne. Cette dernière, en fonction du contexte de l’époque s’imposait qu’au point que Maurice Dartigue, « formé à l’école américainePierre Luc, Éducation et enjeux sociologiques, . », aura la charge de gérer le système.

Bilan: 12 fermes écoles opérationnelles et 8 autres en construction; l’école centrale d’agriculture qui formait des experts agricoles, des enseignants pour les fermes; 380 écoles urbaines, 631 écoles rurales avec inscrits dont élèves réguliers. En plus des lycées et quelques rares instituts publics d’études supérieures, on pouvait compter aussi 56 écoles congréganistes et 28 écoles privées indépendantesIbid, Joint, .. L’écrivain Paul Moral (1961) parle des occupants qui avaient stratégiquement utilisés l’éducation pour asseoir leur dominationPaul Moral, Le paysan haïtien, ..

Fin de l’occupation américaine (1934) à 1960 La constitution de 1935 a été ratifiée sous la présidence de Sténio Vincent. L’article 11 stipule que: «L’enseignement est libre. La liberté de l’enseignement s’exerce sous le contrôle et la surveillance de l’État, conformément à la loi. L’enseignement primaire est obligatoire. L’instruction, jusqu’à l’enseignement secondaire, inclusivement, est gratuite, sans préjudice des conditions d’admission établies par la loi. Les établissements supérieurs de l’État sont ouverts aux jeunes gens qui remplissent les conditions prescrites par la loi et les règlementsIbid, Delima, ..

En 1941, Maurice Dartigue fut nommé ministre de l’Instruction. Il essaya de créer un corps enseignant compétent et des programmes de perfectionnement des cadres scolaires au point qu’on parle de « réforme DartigueHaïti-Références : Éducation ». Agissant ainsi, ce ministre recherchait l’efficacité du système d’enseignement tout entierIbid, Francois, .. Tardieu, rapporté par François Enocque, souligne que « Dartigue lancera la plus importante réforme de l’enseignement en Haïti. Aucun secteur n’est négligé aux dépens de l’autre et tous les moyens sont mis à contribution pour aborder les problèmes sous tous les anglesIbid ». Après l’occupation américaine l’augmentation du nombre d’écoles catholiques a été observée au cours des années 1940 -1950, inaugurée par l’arrivée de nouvelles congrégations religieuse, enseignantes et étrangèresIbid, Joint, ..

En 1997, une loi de planification a été votée, ayant pour but sur 10 ans l'accès pour tous à une éducation de qualité. Le budget alloué à l'éducation est ainsi passé de 9 % du budget national en 1997 à 22 % en 2000, afin de couvrir les dépenses liées aux repas, aux uniformes, et aux transports scolaires. En 2002, éducateurs et livres scolaires viennent s'ajouter au dispositif. Globalement, le taux de fréquentation des écoles est passé de 20 % en 1994 à 64 % en 2000. Cependant, le système doit toujours faire face à certaines carences, notamment en enseignants qualifiés, et à certaines inégalités persistantes, la population rurale étant toujours sous représentée dans les salles de classe.

Réformes récentes En 1982 la Réforme Bernard consacre les deux langues officielles d'Haïti comme langues d'enseignement.

Le créole haïtien devient la principale langue d'enseignement pendant les cinq années de l'enseignement fondamental (enseignement primaire), le français demeure selon les écoles une langue enseignée ou une langue d'enseignement.

Faute de manuels suffisants en langue créole, le manque de matériels pédagogiques adaptés et la formation inadéquate des enseignements, la Réforme Bernard a souffert de cruels moyens financiers pour la rendre efficace. Néanmoins cette réforme éducative a ouvert des perspectives nouvelles au système éducatif haïtien.

Aperçu sur la réforme éducative de Bernard Plusieurs réformes ont vu le jour dans le système éducatif haïtien. L'une des plus récentes est la réforme communément appelé "Réforme Bernard". Cette réforme, commencée officiellement en 1979, a été stoppée par décision ministérielle en 1982. Ce moratoire a duré de 1982 à 1986. Il faut aussi rappeler que par décision du ministre de l'éducation d'alors, ce moratoire a été maintenu de 1986 à 1987 sous prétexte que la conjoncture socio-politique du pays n'était pas propice à la reprise des activités relatives à la réforme éducative.