Georges Tardif né à Paris le Acte de naissance à Paris , 10 rue du Four Saint-Honoré (actuellement rue Vauvilliers), acte n° 340, vue 19/21. où il est mort le Acte de décès à Paris , 1 rue de l'Abbé-Patureau, acte n° 5484, vue 1/11. est un architecte et un peintre français.

Tardif exerce la profession d’architecte à la Compagnie parisienne de gaz et s’exprime par une activité picturale lors de ses congés et vacances. Les lieux fréquentés sont la région parisienne avec le centre de Paris, Montmartre et la banlieue, les bords de mer en Bretagne et en Normandie et la campagne en Seine-et-Marne. Il apprécie particulièrement l’emploi de l’aquarelle et pour le pastel et la gouache, il pratique une touche en hachures.

Une rétrospective de ses œuvres fut organisée à Paris au musée de Montmartre en 1990Micheline Hanotelle, Georges Tardif, peintre de Montmartre (1864-1933), préface de Gaston Diehl, [catalogue d'exposition], musée de Montmartre, -..

Biographie Double formation d'architecte et de peintre En , Georges Tardif s'inscrit à l'École nationale des arts décoratifs de Paris. Pendant la période des quatre ans d'enseignement, il réussit différents concours de dessin graphique et de composition d'architectureArchives nationales, AJ/53/174, 157, 159..

Malgré le décès de son père à l'âge de 45 ans, Jean Alphonse (1836-1881), compositeur typographe, Tardif prépare le concours d'admission aux Beaux-Arts de Paris dans l'atelier d'architecture du professeur d'Eugène Train (1832-1903). Il y entre en Archives nationales, AJ/52/383..

À partir de 1884, il travaille successivement dans deux cabinets d'architecture : pendant quatre ans chez Paul Lorain, architecte de l'Union centrale, puis pendant un an à l'agence des travaux du lycée Voltaire dirigée par Eugène TrainSylvie Boudoulec, Roger Merigoux, Le lycée Voltaire : sa création, ses débuts, Éd. Amicale des Anciens du lycée Voltaire de Paris, 2010.« Inauguration du boulevard Voltaire et du lycée Voltaire », Le Figaro, , ..

Il participe aux relevés de l'abbaye Saint-Georges de Boscherville (Seine-Inférieure) ; la monographie est publiée par l’architecte Alfred Besnard (1863-1924)Alfred Besnard, Monographie de l’église et de l’abbaye de Saint-Georges de Boscherville (Seine-Inférieure), Paris, Édition Librairie historique des Provinces, Émile Chevalier, 1899..

En tant qu'élève du professeur Train, il présente différentes œuvres au Salon des artistes françaisPierre Sanchez, Les catalogues de la Société des artistes français, Dijon, Édition L’Échelle de Jacob, 2009. : en 1887, Église Saint Julien-le-Pauvre et Église de Thiais ; en 1895, Projet de décoration du panneau principal d'un escalierCette œuvre fut exposée en à Paris au musée d'Orsay, salle 19, « Une histoire d'eau. Dessins d'architecture et collections du musée d'Orsay »., et en 1896, Église de OuistrehamL. De Fourcaud, « Les Arts Décoratifs aux Salons de 1896 », Revue des arts décoratifs, article III, 1896,  : .

À l’École des beaux-arts, il complète ses études d'architecture par le suivi d'un enseignement de peinture et, en 1890, il expose deux aquarelles au Salon de la Société lyonnaise des beaux-arts, en tant qu'élève du peintre Jean-Léon Gérôme (1824-1904) : Ruines de la Cour des Comptes de Paris incendiée et Route à Moulineaux, environs de Paris, daté de 1888Livret du de la Société Lyonnaise des Beaux-Arts, Pavillon des Beaux-Arts, place Bellecour, Lyon, du au , ..

En , Tardif prend un emploi à la Compagnie parisienne de gaz pour y travailler en tant que dessinateur architecte jusqu'à sa retraite, prise en . Son travail consiste à faire les relevés des appartements et des immeubles parisiens et à tracer les plans en vue de l’installation de colonnes montantes pour le gaz.

Jeunesse dans le centre de Paris Georges Tardif passe sa jeunesse dans le de Paris. De 1867 à 1885, il habite au 3, rue Sainte-OpportuneArchives de Paris, archives fiscales, contributions directes et cadastre.. Ensuite, avec sa mère et ses deux sœurs, il réside sur l'île de la Cité, du au , au du 23, quai de l'Horloge, puis au 20, place Dauphine jusqu’à son mariage en 1891Archives de Paris, registre de matricule du recrutement militaire, 1884, , ..

Pendant cette période, Tardif représente les bords de Seine avec ses monuments et ses ponts : en descendant le fleuve, il peint le pont Marie du quai des Célestins, le pont de Sully vu du port Henri IV d’où le chevet de Notre-Dame est aperçu, le pont Neuf et le quai de la Mégisserie de son appartement du quai de l’Horloge, le pont Neuf du port des Grands-Augustins avec le palais du Louvre silhouetté, le quai Conti et plus loin, le pont de Saint-Cloud. Les tableaux représentant le pont des Arts du quai du Louvre sont exécutés plus tardivement, étant figurée la tour du Palais de Justice de style néo-gothique, construite entre 1907 et 1912.

Il représente aussi la banlieue : Saint-Cloud en 1884, Charenton en 1886 (), Ivry-sur-Seine en 1886 (septembre) et 1887 (), Issy-les-Moulineaux en 1888, Arcueil en 1887 (9 et ), 1888 (mai) et 1890 avec les bords de la Bièvre et d’autres sites non datés, Colombes (l’île Marante), Créteil, Maisons-Alfort (le Moulin Brûlé).

Dans le quartier de Montmartre En , Tardif se marie avec Marie Prévot (1864-1948)Archives de Paris, acte de mariage , 1891, . et choisit de vivre à Montmartre qui devient alors le quartier préféré pour ses activités picturalesMartine Hanotelle-Hervé, « Le Montmartre disparu de Georges Tardif », Bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie des et de Paris, , , ..

Il habite successivement au 9, rue Damrémont, 37, rue Pigalle, 48, rue Lepic et à partir de au 1, rue de l'Abbé-Patureau où il mourraAnciennement, adresse du 13, impasse Lamarck puis 13, rue Paul Féval de à (cf. Dictionnaire historique des rues de Paris, Édition de Minuit, Jacques Hillaret, 1960)..

Tardif immortalise, en 1891, la rue Damrémont avec l’existence de granges à foin et de hangars servant d’écuries. Du de son appartement, il représente un vaste panorama donnant sur la rue Joseph-de-Maistre avec une large zone dénudée correspondant au quartier futur des Grandes Carrières où les constructions se feront à partir de 1900.

En 1894-1895, une aquarelle réalisée du du 48, rue Lepic est de composition très semblableMicheline Hanotelle, Georges Tardif, peintre de Montmartre (1864-1933), préface de Gaston Diehl, [catalogue d'exposition], musée de Montmartre, -, figure 22: Vue de Montmartre d'un étage élevé. aux deux tableaux de Vincent van Gogh (1853-1890) exécutés en 1887 lorsque le peintre hollandais habite avec son frère Théo entre et au du 54, rue Lepic : Vue depuis l’appartement de Théo et Vue de la chambre de VincentBruno Delarue, Van Gogh à Paris, Éditions Terre en vue, 2015..

Du de son logement du 1, rue de l'abbé Patureau, il a une vue, d’une part, vers le sud jusqu’à la rue Cortot et d’autre part, vers l’ouest sur une zone boisée jusqu’aux immeubles de la rue Caulaincourt.

Vers le sud, il aperçoit la maison de Belair, maison du , située au 12, rue Cortot, futur musée de Montmartre créé en 1960Rodolphe Trouilleux, Aux origines du musée de Montmartre, Éd. Bernard Giovanangeli, 2019.. Des aquarelles sont exécutées en 1898 et dans un pastel de 1904, la rue Saint-Vincent se distingue dans un sous-bois de végétation dense.

Vers l’ouest, vers la rue des Saules, le point de vue donne sur un parc ; celui-ci fut réduit, avant de disparaître plus tard, à la suite de la création en 1912 de l’avenue Lamarck qui prendra le nom de rue Gaston-Couté en 1958Dictionnaire historique des rues de Paris, Édition de Minuit, Jacques Hillaret, 1960.. Il exécute aquarelles et pastels de son appartement. Le Maquis de Montmartre est aussi évoqué en période automnale et hivernale.

La Seine-et-Marne en villégiature Les premiers paysages exécutés en Seine-et-Marne datent de 1903 lors de visites de la famille Tardif chez le dessinateur humoriste Henri de Saint-Alary (1846-1920), connu sous le pseudonyme d'Henri de Sta. Celui-ci habite à Montmartre au 14, rue Girardon et se rend, au moins depuis 1886, en villégiature dans la vallée du Grand MorinPierre-Louis Menon, Marie-Louise Menon, Villiers-sur-Morin, Un village de peintres, Meaux, Éditions CREMP, 2011.. Tardif, séduit par cette contrée, prend en location, à partir de , une maison située de l’autre côté de la route de celle des Saint-Alary. Tardif est sur Coutevroult et son ami sur Villiers-sur-MorinRobert Martin, Brève histoire de Coutevroult, Dammarie-Les-Lys, Édition Amatteis, 1984 ; La route traversant le hameau de Dainville le sépare en deux communes depuis 1833, Coutevroult et Villiers-sur-Morin..

Le village de Villiers-sur-Morin est un repère d’artistes depuis 1857, date à laquelle le peintre Amédée Servin (1829-1884) s’y fixePierre Satet, Amédée Servin (1829-1884), Le Maître de la vallée du Morin et ses amis, collection dirigée par M.-G. Micbeth, les Grands Méconnus, 1999.. La commune est jumelée avec la République de Montmartre depuis le Jean-Claude Gouvernon et Martine Clément, En avant la République de Montmartre, Éditeur La République de Montmartre, 2017, ..

De ces lieux campagnards, Georges Tardif exécute des aquarelles représentant des forêts, des fermes dont la ferme de Montaumer à Coutevroult, le moulin de Lassault à Couilly-Pont-aux-DamesNoël Coret, Les Peintres de la vallée de la Marne, Éd. Casterman, 1996, et 175., des paysages verdoyants de plaine et de vallée du Grand Morin.

Le bord de mer en vacances En 1884, Georges Tardif se rend à Granville avec une partie de sa famille. Il est si impressionné et fasciné par la vue de la mer qu’il choisit toute sa vie de passer ses vacances au bord du littoral de la Normandie ou de la Bretagne : vers 1905 à Berck, en 1907 et 1909 à Perros-Guirec, à partir de 1910 à Villers-sur-Mer pendant quatre septembres de suite puis en , au Becquet en 1920, à Saint-Pair en 1923, à Paramé en 1928. Les tableaux évoquent l’immensité des paysages de dunes et de mer.

Avec ses amis artistes Le portrait à l’huile de Tardif réalisé par Maximilien Luce témoigne de leur amitiéJean Bouin-Luce, Denise Bazetoux, Maximilien Luce, Catalogue de l’œuvre peint-tome II, , Éditions Sous le Vent, 1986.. Lorsque Tardif habite au 23, quai de l'Horloge, la vue sur le pont Neuf et le quai de la Mégisserie enthousiasme ses amis artistes comme Maximilien Luce qui en a fait au moins cinq œuvres dont la plupart sont intitulées Pont-NeufJean Bouin-Luce, Denise Bazetoux, Maximilien Luce, Catalogue de l’œuvre peint-tome II, n° 242, 249, 250, 251, 252, Éditions Sous le Vent, 1986..

Lorsque Luce emménage au 6, rue Cortot le Céline Coty, Jeanne Paquet et Jean-Paul Matifat, Léo Gausson et Maximilien Luce, Pionniers du néo-impressionnisme, catalogue d’exposition, musée Gatien-Bonnet de Lagny-sur-Marne et musée de l’Hôtel-Dieu de Mantes-la-Jolie, Silvana Editoriale,  : lettre de Maximilien Luce à Léo Gausson du , Fonds d’archives du musée Gatien-Bonnet, Lagny-sur-Marne., Tardif va réaliser une aquarelle représentant la maison de Belair et le lointain sur la banlieue nord. Cette œuvre est de motif semblable à celui d’une peinture de LuceJean Bouin-Luce, Denise Bazetoux, Maximilien Luce, Catalogue de l’œuvre peint-tome II, , Éditions Sous le Vent, 1986. : ils représentent la même cheminée sur les deux tableaux.

Ainsi, pendant la même période, Tardif va chez Luce au 6, rue Cortot et Luce va chez Tardif au 23, quai de l’Horloge pour représenter la vue de la fenêtre de leur appartement, Tardif par l’aquarelle et Luce par la peinture à l’huile. Tardif peint aussi en banlieue, notamment vers la banlieue sud, comme Arcueil, tout comme son ami Luce.