Raoul Follereau, né le à Nevers et mort le dans le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970., est un écrivain et journaliste français. Il s'engage publiquement à l'extrême-droite pendant l'entre-deux-guerres et la période de la collaboration. Il est le créateur de la Journée mondiale de lutte contre la lèpre et fondateur de l’œuvre connue aujourd’hui en France sous le nom de Fondation Raoul-Follereau, qui lutte contre la lèpre et la pauvreté et promeut l’accès à l’éducationL’ignorance et la pauvreté sont qualifiées d’« autres formes de lèpres » dans la communication de la Fondation : paramétrage : "La Fondation Raoul Follereau lutte contre la lèpre et contre ces autres lèpres que sont l'ignorance et la pauvreté... » dans le code source de la page d’accueil http://www.raoul-follereau.org consulté le 20 décembre 2010. Biographie Années de jeunesse Léon Gabriel Émile Raoul Follereau naît le à NeversArchives de la Nièvre, commune de Nevers, acte de naissance , année 1903 (avec mention marginale de décès).. Il est le deuxième enfant d'une famille de trois : son frère Georges est de trois ans son aîné et sa sœur Suzanne de six ans sa cadette. Son père, Émile Follereau, dirige un établissement de construction métallique qu'il a créé tandis que sa femme lui apporte une aide pour la gestion de l'entreprise. En 1917, Raoul Follereau perd son père des suites d'une longue maladie. Pour faire vivre sa famille, il doit quitter le lycée et travailler dans une usine d'armement.; le soir, il étudie avec un prêtre pour préparer son baccalauréatSur le site de la Fondation.. Il passe la première partie de son baccalauréat en 1919. En octobre de la même année, il réintègre l'école dans l'institution des Frères des écoles chrétiennes. Raoul Follereau et Madeleine Boudou se rencontrent en 1917 en vendant des bleuets au profit des blessés de guerre.. En 1918, à quinze ans, au cinéma Majestic de Nevers, Raoul Follereau prononce un discours lors d'une cérémonie à la mémoire des victimes de guerre. Il y exprime la devise : « Vivre, c'est aider les autres à vivre [...] être heureux, c'est faire des heureuxRaoul Follereau, Hier et aujourd'hui, Étienne Thévenin, Éditions Fayard, page 19». À cette époque, Raoul Follereau rêve à une carrière d'homme de lettres. Il publie Premières Poésies en 1920., un hommage à un poète nivernais en 1921, Pour Achille Millien., et Le Livre d'amour en 1922.. À la rentrée 1920, Raoul Follereau part étudier à Paris : il s'inscrit à la Sorbonne, en philosophie et en droit et rejoint un groupement d'étudiants, l'Union des jeunes, au sein duquel il anime un cercle littéraire, la Jeune AcadémieAnnoncé dans des journaux tels que La Lanterne et les Annales africaines, le 10 septembre 1921.. Il obtient la licence dans chacune de ces disciplines. En 1924, il part à Bonn, en Allemagne, pour son service militaire. Le de l'année suivante, à sa démobilisation, il épouse Madeleine Boudou à Nevers. Au cours de leur voyage de noces, il rencontre Gabriele d'Annunzio. Raoul Follereau commence une carrière de journaliste et tente de percer dans le milieu théâtral : en 1926, il est secrétaire général de l'Université et théâtre du Parthénon, dirigée par la baronne Hélène Brault. Il collabore à deux journaux régionaux nivernais, Paris-Centre et L'Echo de la Nièvre. Il est aussi secrétaire de rédaction à la revue étudiante L'Union des jeunes et critique littéraire à la Revue normandeD'après des articles parus dans Paris-Soir, 14 janvier 1926, p. 2 et L'Echo des étudiants, 11 février 1926.. Le fondateur de la Ligue de l’Union latine Raoul Follereau fonde en Cette date est attestée par des annonces parues dans la presse: L'Action régionaliste, octobre 1929; Le Journal, 15 oct. 1929, p. 5; L'Indépendant des Basses-Pyrénées, 10 Nov. 1929. une Ligue de l’Union latine, dont l'objectif est d' « unir et fédérer les élites latines pour la défense et la gloire de leur civilisation »Annuaire général des lettres 1933-1934, sous la direction de Léon Treich, tome 3 , consulté le 2 janvier 2011. En 1938, la Ligue change d'objectif : il s'agira alors de « défendre la civilisation chrétienne contre tous les paganismes et toutes les barbaries ». D'abord essentiellement culturelle, la Ligue se politise au fil du temps, dans un contexte de polarisation de la société et de déstabilisation des relations internationales. Déjà en 1920, quand Raoul Follereau avait publié son premier ouvrage, il avait créé la Jeune Académie, destinée à faire connaître de jeunes auteurs ou poètes de son âge en les publiant dans Les Éditions de la Jeune Académie ou en aidant à les faire publier. Continuant sur cette lancée, en cinq ans plus de 150 volumes de 100 auteurs seront publiés par l’intermédiaire du journal mensuel de la ligue, L’Œuvre latine, dont le premier numéro paraît en 1928L'Œuvre Latine dans le catalogue interuniversitaire SUDOC.. Et ce sont plus de 300 auteurs ou interprètes de théâtre qui seront révélésFondation Raoul Follereau, Raoul Follereau : sa vie résumée en 8 pages, document non daté, www.raoul-follereau.org, , consulté le 20 décembre 2010. Au travers de la Ligue, Raoul Follereau développe une activité culturelle faite de conférences, de concerts, d’exposés qui va lui permettre de forger une doctrine qu’il expose lors d'une conférence à la Sorbonne en 1930. Il y expose toutes les valeurs qu’il pense représenter sa civilisation. Il met en avant les études classiques, il crée l’Institut de l’Union latine pour favoriser les développements des études gréco-latines qu’il voudrait indispensables dans la formation car il pense qu’elles apportent une réelle formation pour les individus et la société qu’ils composent : « La latinité est héritière et continuatrice des civilisations antiques » déclare-t-il. En 1930, en compagnie de son épouse, il traverse la cordillère des Andes dans un avion de l’Aéropostale piloté par Jean Mermoz, alors qu’il promeut la culture française en Amérique du SudFondation Raoul-Follereau, « Petite biographie d'un homme d’action », dans Raoul Follereau : sa vie résumée en 8 pages, document non daté, www.raoul-follereau.org, , consulté le 20 décembre 2010. Il s’investit alors dans la culture en créant ou en aidant à créer des bibliothèques en Amérique latine avec le patronage du ministre de l’Instruction publique. Il crée L’Œuvre du livre français à l’étranger et, pour cette opération, il lève des fonds afin d’envoyer dans ces pays des livres français. Dès , il est fier de la création de trente-deux bibliothèques publiques et gratuites regroupant plus de volumesJacqueline de Romilly (1997) p. 6. « dignes de la France et soigneusement sélectionnés quant à leur valeur et à leur moralité« Échos et informations » dans France-Afrique, Année 1, N°5, juin 1931, . ». Pierre Guillaume écrit à propos de la Ligue de l’Union latine : « Raoul Follereau fut aussi un témoin très engagé dans l’histoire intellectuelle et politique de son temps. C’est en maurrassien convaincu qu’il crée avant la guerre la Ligue de l’Union latine, dont le mensuel exprime une sympathie sans ambiguïté pour le Portugal de Salazar, comme pour l’Italie de Mussolini ». En octobre 1935, lorsque l'Italie de Benito Mussolini envahit l'Éthiopie, Follereau cosigne le manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe qui prend fait et cause pour l'Italie tandis qu'il est l'un des orateurs fin novembre 1935 d'une réunion qui s'oppose aux sanctions de la Société des Nations (SDN) contre l'Italie, aux côtés notamment d'Italiens et d'un militant de la Solidarité françaiseLa Nuova Italia (L'Italie nouvelle), 5 décembre 1935, L’Ami du peuple, 30 novembre 1935.. En septembre, il avait participé à un rassemblement favorable à l'Italie fasciste et à Mussolini, vantant l'amitié latine, en compagnie d'Italiens, de Roger de Saivre des Jeunesses patriotes, de Jean-Pierre Maxence de la Solidarité française et du député Philippe HenriotL’Ami du peuple, 11 septembre 1935.. Il se rend ensuite à Rome, en mars 1936, pour rencontrer Mussolini et lui remettre un message de la Ligue dans lequel elle et La Nuova Italia (L'Italie nouvelle), 26 mars 1936, L’Écho de Paris, 19 mars 1936 (l'expression n'apparait pas dans le texte de ce dernier journal) ; audience mentionnée dans le Journal des débats.. En novembre 1935, à Genève, il prend part à une réunion hostile à la franc-maçonnerie, aux côtés de Georges Oltramare et Jean-Pierre MaxenceL'Ami du peuple, 21 novembre 1935.. À Paris, il participe en à la première réunion du Centre de documentation et de propagande (qui a pour mission de lutter ), avec des militants antimaçons et antisémites tels Louis Darquier de Pellepoix, Armand de Puységur, président de la Ligue antimaçonnique, et Henry Coston. Il y vitupère les « machinations maçonniques dans le drame de Marseille qui coûta la vie » au roi de Yougoslavie Alexandre Ierconférence du Centre dans La Libre parole ; L'Ami du peuple, 12 février 1936 ; Le Jour, 11 février 1936. Il avait publié en 1933 un article dans la revue antisémite de Coston, La Libre parole: article de Follereau dans "La Libre parole" de mai 1933.. La même année, il vante l'action et la personnalité de Mussoliniarticle de Follereau du 27 août 1936.. Au lendemain des accords de Munich en 1938, il envoie un télégramme au nom de sa Ligue pour son ; la ligue télégramme mentionné dans le Journal des débats.. En Algérie, ses conférences sont des occasions de rassemblement pour l’extrême droite locale, qui cherche à s’unifier au lendemain de la victoire du Front populaire aux élections législatives de 1936..Le Figaro du mentionne que Raoul Follereau a été reçu par Humbert II de Savoie (futur et bref roi Humbert II) au camp de Montella, quartier général des grandes manœuvres de l’armée italienneLe Figaro, 3 septembre 1936, page 2 consulté le 2 janvier 2011. La ligue a ouvert une souscription pour offrir à l'héritier du prince une statue de Saint Louis réalisée par le sculpteur royaliste Maxime Real del Sarte : cf. souscription mentionnée dans Le Journal des débats.. En France, il œuvre à l'abrogation des lois de 1901 et de 1904 sur les congrégations religieusesCf. son article de 1936 (article de Follereau "Les lois de 1904 trahissent la France"), son bulletin de 1938 (cf. mention d'un n° spécial de "L'Œuvre latine") et son rôle dans une proposition de loi déposée en 1939:proposition de loi mentionnée dans "Le Journal des débats".. Le soutien au général Franco Dans le contexte du Front populaire et de la Guerre d'Espagne, Raoul Follereau participe, le , à Bruxelles au Congrès de la Ligue pour la réforme de la Société des Nations organisé par la branche belge des CAUR — les Comitati d'Azione per l'Universalità di Roma. Dans les faits, c'est « la fine fleur de l'extrême-droite francophone ». Pour les participants : cf. réunion de Bruxelles du "congrès mondial". qui se rassemble à cette occasion afin de marquer son opposition au Rassemblement universel pour la paix. Il y demanda qu'une « union de tous les patriotes de tous les pays soit créée pour défendre contre toutes les anarchies rouges et leurs satellites la famille, la cité, la patrie, leur indépendance et leur honneur » et, deux mois plus tard, il prêche la « croisade des patries » contre « l'Internationale rouge, le bolchevisme envahisseur dont les menaces et les menées sont évidentes » et loue la valeur du patriotismearticle "La croisade des patries" de Follereau en novembre 1936..