Robert Cornilleau, né le au Mans et mort le à Orléansville (Algérie), est un journaliste catholique, un médecin, et un homme politique français, doctrinaire et animateur du Parti démocrate populaire durant l'entre-deux-guerres.
Biographie
Robert Cornilleau est issu d'une famille de médecins du canton de Sillé-le-Guillaume, dans la Sarthe; son père, Albert, et son grand-père exerçaient cette professionL'Ouest-Eclair, 18 mars 1942, Ibid., 8 septembre 1931. Sa mère décède en 1932, à 75 ans : Ibid., 7 juillet 1932.
Il a été dans sa jeunesse membre du Sillon de Marc Sangnier, qu'il a admiré sans l'idolâtrerJean-Claude Delbreil; op. cit., . Après avoir contribué à la naissance en 1903 de La Gerbe du Maine, l'organe du Sillon de la SartheJean-Claude Delbreil, op. cit., cf. la collection de ce périodique dans BNF/gallica , il collabore à L'Express de la Sarthe à partir de 1904, et est engagé par le quotidien L'Ouest-Éclair comme reporter et correspondant. Il sera par la suite un L'Ouest-Éclair, 8 septembre 1931 de ce quotidien démocrate-chrétien de l'Ouest de la France, qui financera en partie son engagement politique dans la presse au temps du PDP.
Il rejoint dans la seconde moitié des années 1900 la région parisienne où il est le délégué général d'un groupement catholique social, l'EspéranceL'Univers, 26 octobre 1908. Il collabore à des journaux dirigés par des clercs démocrates-chrétiens (La Vie catholique de l'abbé Dabry, La Justice sociale de l'abbé Paul Naudet), est rédacteur en chef à 21 ans du Semeur de Seine-et-Oise, en 1910-1911, tout en commençant des études de médecine. Il contribue ensuite à la naissance d'un périodique, Le Petit démocrate de Saint-Denis, dont le premier numéro paraît en . Ce journal va être le noyau de la future Fédération des républicains-démocrates de la SeineJean-François Sirinelli (dir.), Histoire des droites en France (Tome 1) - Politique, Gallimard, Notice de la BNF.
Durant la Première Guerre mondiale, il est l'un des envoyés spéciaux du journal La Liberté puis il est affecté à la censure de la presse à Dunkerque, à Boulogne ensuite, et à Paris enfin, en , sur la recommandation d'Ernest Pezet. Il collabore alors avec ce dernier et Jean Raymond-Laurent à l'hebdomadaire L'Âme française.
Il participe aux négociations qui permettent d'intégrer la Fédération des républicains démocrates dans le Bloc national en 1919Olivier Forcade, La Censure en France pendant la Grande Guerre, Fayard, 2016. Aux élections législatives de 1919 et 1924, il figure sur une liste d'union des républicains, aux côtés d'autres dirigeants de la Fédération (Georges Thibout, son président, et Alfred Bour) mais il n'est pas élu députéLe Gaulois, 23 octobre 1929, La Croix, 8 avril 1924, La lanterne, 18 avril 1924. Il est l'un des vice-présidents de la Fédération des républicains démocrates de la SeineL'Ouest-Eclair, 8 mai 1923.
Il est l'un des fondateurs en 1924 du Parti démocrate populaire (PDP), à l'instar des personnalités qu'il côtoie depuis l'avant-guerre. De 1924 à 1928, il est le secrétaire politique du groupe parlementaire de ce parti démocrate-chrétien. L'hebdomadaire Le Petit démocrate, dont il est le directeur et le principal éditorialiste, devient l'organe du PDP, mais les articles de Cornilleau expriment d'abord ses vues personnellesJean-Claude Delbreil, op. cit., . C'est aussi un conférencier, qui porte le message de son parti en province. Il a été plusieurs fois candidat malheureux à des élections législatives au scrutin uninominal, à Asnières en 1928Au premier tour : La Croix, 25 novembre 1928 , La Croix, 27 novembre 1928, puis à Alençon (Orne) en 1932 et 1936L'Ouest-Eclair, 13 avril 1936, contre le sortant Adrien Dariac.
Ce catholique républicain est perçu et présenté comme un par ses adversaires royalistes de l'Action française« Les malheurs d'un rouge-chrétien », L'Action française, 21 mai 1931. C'est qu'il combat l'influence de l'AF dans le monde catholique, avant la condamnation pontificale de 1926L'Ouest-Eclair, 3 mai 1926.
Quelques-unes de ses formules ont eu un relatif écho à l'époque, comme dans une de ses Lettres à un jeuneJean-Claude Delbreil, op. cit., , que l'Action française utilisera pour le dénigrerL'Action française, 13 mai 1935. Ou bien sa proposition d'une éventuelle et future collaboration limitée avec la gauche socialiste, qu'il développe dans Pourquoi pas ?. Une Proposition qui est cependant rejetée même au sein du PDP.
La démocratie populaire est selon lui . Dans les années 1930, il collabore au quotidien démocrate chrétien L'Aube, de Francisque GayPierre Pierrard, Les laïcs dans l'Église de France: , Editions de l'Atelier, 1988, .
C'est aussi un essayiste et un romancier, qui enseigne au Collège libre des sciences sociales à partir de 1920. Il est également docteur en médecine depuis le début des années 1930 ; sa thèse, publiée en 1934, porte sur l'écrivain Jules Barbey d'Aurevilly et la médecine. À Paris, il est médecin de dispensaire et n'a qu'une clientèle privée restreinte. Il est ensuite médecin de campagne en 1939-1940 à Saint-Ideuc ((Ille-et-Vilaine), où il possède une maison de vacancesM. A. Cornilleau, op. cit., .
Après l'armistice de , il s'installe en Algérie, qui est alors un territoire français. Il est médecin de colonisation intérimaire à Francis-Garnier (Alger) et meurt à Orléansville où il s'est rendu pour soigner des malades ; il a contracté le typhus à leur chevet. Il est cité à l'ordre de la Nation pour son dévouement et reçoit à titre posthume la croix de chevalier de la Légion d'honneurL'Écho d'Alger, 17 mars 1942, Ibid., 18 mars 1942,L'Ouest-Eclair, 18 mars 1942, Journal officiel, 16 mars 1942.
Publications La Ruée sur Paris en 1914, Paris, J. Tallandier, 1915, 274 p. Balzac, écrivain social, Paris, Spes, 1925, 222 p. De Waldeck-Rousseau à Poincaré : chronique d'une génération (1898-1924), Paris, Spes, 1926, 353 p. Le Ralliement a-l-il échoué ? Etude d'histoire contemporaine, Paris, Spes, 1927, 62 p. Vers plus de justice sociale... mais par quelle route ?, Paris, Spes, 1928, 31 p. Jacques Hardanges (pseudonymeJean-Claude Delbreil, Centrisme et démocratie-chrétienne en France: le Parti démocrate populaire des origines au M.R.P., 1919-1944, Publications de la Sorbonne, 1990, ), Le Champ de ronces, roman de mœurs politiques, Paris, libr. Valois/Nouvelle Librairie nationale, 1928, 259 p. Films d'histoire. Silhouettes et Paysages, Paris, Spes, 1929, 231 p. Lettres à un jeune sur la Démocratie populaire, Paris, éditions du Petit Démocrate, 1929, 79 p. Pourquoi pas ? Une politique réaliste, Paris, librairie Valois, 1929, 192 p. Pourquoi les démocrates populaires ont formé un parti nouveau, Paris, éditions du Petit Démocrate, 1930, 47 p. Le Navire sans capitaine. Étude psychologique, Paris, Bloud et Gay, 1932, 147 p. (roman) Barbey d'Aurevilly et la médecine, Paris, éditions Spes, 1934, 144 p. L'abbé Naudet, Paris, Bloud et Gay, 1935, 159 p. Du Bloc National au Front Populaire : I, 1919-1924, Paris, Spes, 1938, 262 p. Jean Courtarvel (pseudonymeL'Ouest-Éclair, 4 octobre 1938, Jean-Claude Delbreil, Centrisme et démocratie-chrétienne en France: le Parti démocrate populaire des origines au M.R.P., 1919-1944, op. cit., . Il a aussi publié des articles sous ce pseudonyme dans Le Petit Démocrate : L'Action française, 27 avril 1928 ), Le Vicaire de Gennevilliers, roman, Paris, F. Sorlot, 1938, 224 p. Ibid., Et la Russie ?, Paris, F. Sorlot, 1939, 96 p.
Bibliographie Jean-Claude Delbreil, Robert Cornilleau et le Parti Démocrate Populaire. Aux limites des « chrétiens modérés » ?, dans Collectif, Les « chrétiens modérés » en France et en Europe (1870-1960), Presses Universitaires du Septentrion, 2018 .
Liens externes L'Ouest-Éclair, , Robert Cornilleau vu par lui-même (Lire en ligne) Le MRP vous parle ! (bulletin de liaison de l'Amicale du MRP), M. A. Cornilleau, Robert Cornilleau, , (Lire en ligne) Ibid., Yves Cornilleau, Robert Cornilleau. II - L'Œuvre, mars-, (Lire en ligneQuelques erreurs factuelles)
Notes et références
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