Henri Claudon né le à Ambert (Puy-de-Dôme) et mort le à Paris est un général français.
Biographie vignette|upright=0.8|Maison de santé Saint-Jean-de-Dieu. vignette|upright=0.8|Sépulture d'Henri Claudon. Joseph Pierre Henri Claudon est né le à Ambert (Puy-de-Dôme). Son père est alors sous-préfet d'Ambert ; sa mère est Marie Carlotta de Schreiber, fille de Gustav Ludwig Vogel von Schreiber (chambellan de S. A. le Prince de Schwarzburg-Sondershausen) et du général Desvaux de Saint-Maurice, commandant de l’artillerie de la Garde Impériale et mort à Waterloo.
Au gré des affectations administratives de son père, il effectue sa scolarité à Pont-Audemer, Cognac, Neuilly-sur-Seine et Paris.
Il se marie le à Paris avec Lucile Marie Madeleine Blanchart, née le à Paris, elle-même issue d'une famille de hauts fonctionnaires français, fille de Gaston Jules Victor Auguste Blanchart, ministre plénipotentiaire, chevalier de la Légion d'honneur et de Marie Victorine Labrouste, fille de l'architecte Théodore Labrouste, prix de Rome en 1827 et frère de l'architecte Henri Labrouste.
Henri Claudon et Lucile Blanchart ont trois enfants : Édouard Jean Claudon (1898-1945), épouse Marguerite Schumacher ; Charles Claudon (1900-1975), combattant volontaire des deux guerres mondiales, ancien officier de l’armée de terre, officier de la Légion d'honneur, consul général de France puis conseiller aux affaires étrangères. De 1942 à 1944 il est l’organisateur du réseau de résistance Kolozsvár (devenue Cluj-Napoca en 1974) en Transylvanie. Il épouse Renée Pelleterat de Borde en 1935 ; Germaine Claudon (1901-1977), épouse André Garelle, lieutenant du Génie de 1917 à 1919 au sein de la division américaine, ingénieur, président de la section nantaise des familles nombreuses.
Il meurt le à la maison de santé Saint-Jean-de-Dieu, . Il est inhumé auprès de son père, le au cimetière de Montmartre (division 26, avenue Berlioz).
Carrière militaire Engagé volontaire pour 5 ans le il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr et fait partie de la promotion, la promotion de Madagascar (1883-1885). Il en sort sur 441 élèves puis suit les cours de l’école de tir du camp de Châlons en 1886-87 et sort sur 42 officiers. Après l’École supérieure de guerre entre 1892 et 1894, il sort breveté d’état-major mention bien. Capitaine le , il est affecté à l’état-major du corps d'armée en 1895. Il devient en 1899, officier d'ordonnance du général Charles Kessler et le suit au Conseil supérieur de la guerre. Il est affecté ensuite à l'état-major du gouvernement militaire de Paris de 1904 à 1906. Il rejoint le 118 puis le régiment d'infanterie comme chef de bataillon le jusqu'en 1909. Le , il est nommé chef d'état-major de la division d'infanterie à Montpellier. Il passe les années suivantes jusqu'à la Grande guerre comme lieutenant-colonel au régiment d'infanterie.
Première Guerre mondiale Quand éclate la Première Guerre mondiale il est lieutenant-colonel au régiment d'infanterie. Le , il commence à écrire son journal, les Feuilles du front, qu'il termine le et dans lequel il confie ses impressions.
Dans la nuit du 30 au , après les violents combats d'Écordal, le lieutenant-colonel Claudon se réfugie avec ses hommes au village de Ménil-Annelles. Alors que les troupes allemandes arrivent pour donner l'assaut du village, l'heure est de battre en retraite. Dans l'obscurité, n'ayant pu réunir autour de lui qu'une partie de ses hommes et ne voulant pas que le drapeau du régiment tombe aux mains de l'ennemi, il se décide à le détruire. L'étoffe, la cravate et la hampe sont brûlées dans la cheminée d'une maison et le fer de lance enterré dans la cave de celle-ci.
Le il est affecté au commandement provisoire de la brigade et presque immédiatement au régiment d'infanterie le , où il participe à la "course à la mer" d'octobre à . Combattant sur l'Yser, à Nieuport, Ramskapelle et Dixmude, il est ensuite de janvier à en Argonne, puis à la Harazée. Il est cité à l'ordre de la division le pour ses . Il est nommé au grade de colonel par décret du . Il est cité au Journal officiel le puis le pour sa à la tête de son unité aux combats des 25, et en Champagne. De mars à à Verdun, il devient le commandant par intérim de la brigade d'infanterie, puis de la (le ). Il combat à la Ville-aux-Bois, à Craonne, à la bataille de la Somme (décembre-), à celle de l'Aisne (avril) et, de nouveau, à Craonne (4 et ).
Le , une mission française, avec à sa tête le général Joffre et René Viviani Garde des sceaux et vice-président du Conseil, quitte la France pour Washington pour déterminer les grandes lignes directrices de la coopération américaine avec les armées alliées. La crise des effectifs est si importante sur le front occidental qu'il faut engager des troupes fraîches.
Chef de la mission militaire française aux États-Unis Parfaitement bilingue, le colonel Claudon est alors désigné chef de la mission militaire française auprès des États-Unis. Dès le début de sa mission, il s'efforce de relayer les besoins de la France auprès de ses alliés américains, efforts qui aboutissent à l'envoi presque simultané de lAmerican Expeditionary Force (AEF), sous commandement du général John Pershing qui débarque à Boulogne–sur-Mer le , accompagné par le jeune lieutenant George Patton. Ils sont accueillis par le commandant Aldebert de ChambrunAldebert de Chambrun est promu colonel le , descendant direct de La Fayette. Avant de quitter la France pour les États-Unis, le colonel Claudon s'entretient brièvement avec le général PershingEl Paso herald 2 avril 1918, qui lui demande de dire aux américains que : . En , le colonel Claudon quitte la France pour Washington où il rejoint le Haut-commissariat de la République française aux États-Unis et est nommé chef du service instruction à la direction militaire, jusqu'en . Il loge à Washington dans une famille américaine, la famille Power.
Le , à Washington, est créé l'Ordre de La Fayette. Cet ordre, dont le colonel Claudon est l'un des membres fondateurs, a pour but d'honorer et de perpétuer le nom de La Fayette, de favoriser l'étude de l'histoire et de la généalogie et d'unir dans des liens d'amitié les États-Unis et la France. Il assiste le lendemain à New-York, à la célébration du anniversaire de la naissance du marquis de La Fayette, au pied de sa statuesculptée par Frédéric Auguste Bartholdi en 1876, dix ans avant la statue de la Liberté en 1886, sise à Union Square et à la commémoration du anniversaire de la bataille de la Marne en compagnie d'André Tardieu, ainsi que de nombreux diplomates et chefs militaires alliés. Il est reçu à City Hall.
Au cours de sa mission, il visite l'ensemble des principaux camps militaires américains chargés de former les futurs soldats qui vont combattre sur le front et rencontre la plupart des chefs d'états-majors de l'armée américaine. Il donne des directives afin d'uniformiser la formation théorique et pratique des sous-officiers et militaires du rang, dans les différents camps militaires, en coopération avec l'état-major américain.
Le , alors qu'il visite le situé à Charlotte, en Caroline du Nord, il reçoit un télégramme annonçant sa promotion au grade de général de brigade à titre provisoire.
Le , au camp Kearny, près de San Diego en Californie, il passe en revue la division Sunshine accompagné de l'amiral , du général et de l'amiral japonais Kantarō Suzuki, futur grand chambellan de l'empereur Hirohito et premier ministre du Japon. Le , le général Claudon défile dans les rues de New-York, accompagné d'un bataillon de chasseurs alpins, sous les ordres du lieutenant Le Moal, détachés de l'armée française et surnommés les "Blue Devils". Devant monsieur John Francis Hylan maire de New-York et des centaines de milliers de new-yorkais rassemblés autour de City Hall, il prononce un discours historique :
Il s'adresse ensuite aux "Blue Devils" en français, leur parlant de La Fayette qui est le premier lien entre l'Amérique et la France et leur rappelle que des jeunes Américains ont déjà donné leur vie pour la France, tissant des liens éternels entre les deux nationsNew-York Tribune page 16.
Le , à Washington, le président des États-Unis, , accueille le général Claudon et ses "Alpins" à la Maison Blanche.
Le , deux de ses officiers instructeurs détachés au camp Cody (Nouveau-Mexique), les lieutenants Jean Jégou et Fernand Herbert, meurent dans un grave accident de la route près de Silver City au Nouveau-Mexique. Le général Claudon en est profondément affecté. À la demande d'un ami personnel du général Claudon les deux lieutenants français sont enterrés au Cimetière national d'Arlington. Les deux filles du lieutenant Jean Jégou sont adoptées par l'armée américaine qui paye leur éducation et leurs étudesCorrespondance du lieutenant Jean Jégou. Ives Rauzier, aux éditions TheBookEdition.com.
Utilisant ses relations, le général Claudon organise et participe à de nombreux dîners et concerts de charité pour diverses œuvres sociales, ainsi qu'à des meetings visant à collecter des fonds pour la guerre.
Le , la ville de New-York organise le "French Day"New-York Tribune 5 octobre 1918, pour honorer la France, nation en guerre contre l'Allemagne. Cette journée présidée par l'assistant au trésor américain, , est l'occasion de rappeler qu'elle a souffert plus qu'aucune autre nation aux mains des Allemands. Après avoir donné une réception au nom de la France au Waldorf-Astoria, le général Claudon parade sur Park avenue avec de nombreux dignitaires alliés jusqu'au Altar of LibertyL'autel de la liberté est un monument temporaire créé par l'architecte Thomas Hastings et inauguré le à New-York, Madison square, qui symbolise l'esprit des Américains et leur combat pour la défense de la liberté ; il a été conçu pour inaugurer le lancement du emprunt "liberté", visant à soutenir l'effort de guerre et à honorer les 22 nations alliées, à Madison square. Devant plus de , il prononce un discours où il parle de l'affection de la France pour les États-Unis : . La fanfare du régiment américain joue The Star-Spangled Banner et la chanteuse Anna Casechanteuse soprano préférée de Thomas Edison entonne The Battle Hymn of the Republic.
Le , au Poli's Theater de New-York, le général Claudon assiste, accompagné de sa fille Germaine et aux côtés de nombreuses personnalités dont la femme du président des États-Unis , à un concert de musique classique donné par la société des concerts du conservatoire de Paris.
Le , le général Claudon et sa fille célèbrent la victoire des alliés à Washington et invitent à dîner des militaires américains, anglais et français, leurs familles, ainsi que des proches collaborateurs et amisle général Trotter chef de la mission militaire britannique, le général Collardet attaché aux services militaires de l'Ambassade de France et Madame Collardet, Madame Théodore Boynton, Madame Clark, le colonel et Madame Livermore, le docteur et Madame Charles Wood, le capitaine et Madame de Courtivron, Madame Gilbert, Mademoiselle Gilbert, Madame Floulke Smith, Madame Lewis, Monsieur et Madame Lucien Guinard, Mademoiselle Meta Evans, le colonel Gilles, le lieutenant-colonel Boussavit, le capitaine Mallet, le capitaine Levie et le lieuteunant Dumoret au célèbre restaurant " Rauscher's", à l'angle de Connecticut Avenue et de L Street Nortwest. En offrant cette soirée qui ressemble à un dîner d'adieu et avant de retourner en France, ils veulent, lui et sa fille, remercier le peuple américain pour son extraordinaire hospitalitéWashington herald 13 novembre 1918.
Le , le secrétaire à la Guerre des États-Unis, Newton D. Baker, sur les recommandations du général Peyton Conway March, chef d'état-major des États-Unis et secrétaire général, annonce la remise de la Distinguished Service Medal à onze personnalités alliées parmi lesquelles figure le général Claudonla liste des personnes décorées est publiée le 15 janvier 1919 dans le Washington herald.