Floyd Landis est un coureur cycliste américain né le à Farmersville (Pennsylvanie). Professionnel entre 1999 et 2010, il est surtout resté célèbre pour avoir remporté le Tour de France 2006 grâce à une échappée de 127 kilomètres le lendemain d'une défaillance, avant d'être contrôlé positif à la testostérone. La victoire a finalement été attribuée à Óscar Pereiro. Durant sa carrière, Landis est un coureur complet, à l'aise dans les cols, en contre-la-montre et en descente. Il devient professionnel en 1999 avec l'équipe Mercury. Il rejoint l'équipe US Postal Service au service de Lance Armstrong en 2002, puis passe leader au sein de l'équipe Phonak en 2005.

En , un juge français lance un mandat d'arrêt national à son encontre pour des accusations de piratage informatique liées aux allégations de dopage de 2006. Jusqu'en 2010, Landis maintient son innocence et met en place une défense agressive. Bien que l'équipe juridique de Landis trouve des incohérences dans le traitement et l'évaluation de ses échantillons d'urine, la disqualification est confirmée. Il est suspendu de toute compétition jusqu'au , à la suite d'une décision du groupe spécial d'arbitrage rendue le . Il fait appel du résultat au Tribunal arbitral du sport, qui confirme la suspension. En , se retrouvant sans équipe, il met fin à sa carrière de coureur. Le , après presque quatre ans de contestation des allégations, il admet avoir été dopé de manière continue et a révélé que Lance Armstrong et de nombreux autres coureurs de haut niveau qui faisaient partie de son équipe se sont également dopés.

Biographie Du mennonitisme au VTT Floyd Landis est né en 1975 dans une communauté mennonite de Pennsylvanie. Ses parents, sont de fervents mennonites et ont un mode de vie strict, qui ne facilite pas la pratique du cyclisme par le jeune Floyd. Celui-ci s'entraîne la nuit, ou en se rendant à la pêche avec son frère. Lors de ses premières compétitions, il est interdit de courir en cycliste et contraint de porter un jogging« Floyd Landis, mennonite et rebelle », Yahoo Sport/AFP, 21 juin 2006.. Il obtient néanmoins de bons résultats, et devient champion national junior de VTT en 1993 (devant Jeff Osguthorpe). Il quitte alors sa communauté pour la Californie ou il grandira afin de s'entraîner à plein-temps, avant de passer au cyclisme sur route en 1999.

Carrière professionnelle Il commence sa carrière professionnelle en 1999 chez Mercury-Viatel. Durant cette première année, il obtient sa première victoire lors d'une étape de la Cascade Classic et participe au Tour de l'Avenir, qu'il termine en troisième position. Il ne tarde pas à montrer qu'il est un bon rouleur, en remportant le prologue du Tour de Langkawi en 2000 puis, l'année suivante, en se plaçant sur le podium du contre-la-montre du Critérium International. Il remporte également le Tour du Poitou-Charentes.

Il signe ensuite chez US Postal en 2002 et devient durant trois saisons un coéquipier de Lance Armstrong, avant de rejoindre Phonak en 2005. Le , il finit de la du Tour de France 2006 (contre-la-montre). Le , il est de la et s'empare du maillot jaune qu'il perd le , récupère le (il est de la ) et perd à nouveau (victime d'une défaillance) le à la Toussuire, pour descendre à la onzième place du classement général. Il réagit le lendemain, en gagnant la au terme d'une incroyable chevauchée solitaire vers Morzine, ce qui lui permet de remonter à la troisième place du classement général à 30 secondes du maillot jaune. Puis, il finit troisième du contre-la-montre du et récupère ainsi le maillot jaune qu'il conserve jusqu'à Paris. Quelques jours plus tard, il est déclaré positif au contrôle antidopage effectué à Morzine. Après près de deux ans de bataille juridique, il devient le premier vainqueur du Tour à être déclassé pour dopage.

Affaires de dopage Contrôlé positif à la testostérone sur le Tour de France 2006 et disqualifié thumb|Floys Landis au Tour de Californie 2006 thumb|right|Floyd Landis lors de la dernière étape du Tour de France 2006 Le , on apprend que Landis a été contrôlé positif à la testostérone après la du Tour de France 2006 (taux 11 fois supérieur à la normale, la limite admise étant 4 fois)Test positif pour Landis..

Au cours d'une conférence de presse donnée à Madrid (sa ville de résidence) le , le coureur cycliste se défend en présence de son avocat José Maria Buxeda : il déclare qu'il n'est pas dopé et qu'il se soumettra à tous les tests imposés par l'Union cycliste internationale. En outre, il répète qu'il a subi six autres tests, tous négatifs, pendant le Tour de France et affirme que ses . Il change par la suite de défense, et invoque des problèmes de thyroïde, des piqûres de cortisone pour soigner sa hanche et une soirée bien arrosée la veille de l'étape pour expliquer les résultats des analyses.L’Américain Floyd Landis clame son innocence.. Mais une telle explication serait plausible seulement pour une femme car la testostérone est produite par les surrénales chez la femmeGérard Dine (professeur de biotechnologie à l’École centrale Paris), « Surprenant que le vainqueur de ce tour prenne un produit repérable dans les urines », 20minutes.fr. et le , une source du New York Times. révèle que la testostérone retrouvée dans l'urine de Floyd Landis serait d'origine synthétique..

Le , l'analyse de l'échantillon B confirmant le résultat de celle de l'échantillon A« L'UCI communique que l'analyse de l'échantillon B d'urine du coureur Floyd Landis a confirmé le résultat anormal notifié par le laboratoire antidopage de Paris le 26 juillet à la suite de l'analyse de l'échantillon A. Conformément au règlement antidopage, la Commission antidopage de l'UCI va demander à la Fédération américaine de cyclisme d'ouvrir une procédure disciplinaire contre le coureur. » (« Landis est bien positif », L'Équipe, 5 août 2006)., Landis est menacé de perdre son titre de vainqueur du Tour de France ainsi que de celui de vainqueur de la 17 étape. Son équipe, Phonak, a annoncé avoir procédé à son licenciement le jour même de la connaissance des résultats de la contre-expertise« Phonak licencie Landis », L'Équipe, 5 août 2006.. Floyd Landis risque par ailleurs deux ans de suspension. Il a pris pour se défendre le même avocat que son ancien équipier Roberto Heras, Jose Maria Buxeda. Il crée avec l'homme d'affaires Thom Weisel un fonds en , le ., pour lutter contre l'ostéo-arthrose, qui lui permet de récolter environ un million de dollars. Il appelle ses partisans à faire don de « tout ce qu'ils peuvent » pour l'aider à payer sa facture légale de 2 millions de dollars, tout en niant son implication dans le dopage. Plusieurs années après, Landis conclut un accord avec les procureurs fédéraux sur des allégations selon lesquelles il aurait frauduleusement sollicité des dons pour un fonds de défense qu'il avait créé pour lutter contre les accusations de dopage.. Il comparait devant un juge fédéral le pour une audience de « poursuite judiciaire » au cours de laquelle il accepte de verser une restitution..

Le , il explique avoir été dopé à son insu cette fois-ci..

Le , Andy Rihs, le patron de l'équipe cycliste Phonak annonce que son équipe, à laquelle appartenait Floyd Landis, allait être purement et simplement dissoute. Déjà accablée par des affaires de dopage concernant d'autres coureurs, celle qui impliqua Landis a été celle de trop pour une même formation.

Le , l'USADA ouvre une procédure disciplinaire contre Landis sur recommandation de la commission de révision de l'Association américaine d'arbitrage (AAA)Landis poursuivi par l'USADA..

Le , on apprend que le laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry a été l'objet d'un piratage informatique visant à le discréditer. Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire pour piratage informatique à la suite de la plainte déposée par Pierre Bordry, le président de l'Agence française de lutte contre le dopage. C'est ce piratage qui expliquerait que l'échantillon B de Landis dont l'analyse a confirmé la présence de testostérone exogène ait été malencontreusement répertorié avec un mauvais numéro sur le procès-verbal de la contre-analyse : le numéro d'identification de Floyd Landis était le 995 474, alors que sur le PV a été inscrit 994 474. Cette erreur, d'ordre administrative, ne signifie pas que l'échantillon B déclaré positif n'était pas celui de Landis, mais, cette information a été utilisée par ses avocats pour contester son contrôle antidopage positif..

En , un nouvel examen des 6 échantillons B montre la présence de testostérone synthétique.. En , le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme déclare que Floyd Landis est définitivement et officiellement effacé de la liste des anciens vainqueurs du Tour.

Floyd Landis a engagé Howard Jacobs, un avocat spécialisé dans la défense d'athlètes accusés de dopage. Il a aussi engagé Maurice Suh, un spécialiste des affaires de fraude gouvernementale.

Le , lors du procès qui a lieu entre le 14 et le 24, l'ancien coureur cycliste Greg LeMond, appelé comme témoin, déclare avoir reçu des pressions de la part de Will Goeghegan, alors associé de Landis, pour ne pas venir témoigner. L’avocat de Landis a immédiatement annoncé la fin de l’association entre le coureur et Will Goeghegan, prenant effet immédiatement.. La veille, Eddy Merckx, appelé à témoigner, n'était pas venu à l'audience, ne connaissant rien à l'affaire..

Le , la cour d'arbitrage américaine indépendante (AAA) retire à Landis son titre de vainqueur du Tour de France 2006 et lui inflige une suspension rétroactive de deux ans à compter du .. Le , il fait appel auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS)Cyclisme - Dopage - Landis fait appel auprès du TAS.. Le , Landis fait de nouveau appel..

Le , l'AFLD le suspend à son tour pour deux ans de toute compétition sur le territoire français. Cette décision prolonge de fait la suspension de Floyd Landis puisqu'elle prend effet au et doit donc prendre fin le ..

Le , le Tribunal arbitral du sport rend son verdict final : il rejette l'appel de Landis, confirme sa suspension jusqu'en et la déchéance définitive de son titre de vainqueur du Tour de France 2006. Il doit également verser à l'AMA..

Le , Floyd Landis fait appel devant une cour fédérale américaine..

Piratage de l'AFLD en 2006 Le , L'Express révèle que les hackers ayant piraté Greenpeace sont ceux qui ont sévi sur le réseau du LNDD de Châtenay-Malabry. Ils voulaient disculper le coureur américain et mettre en cause la compétence du laboratoire français. Ces hackers étaient en lien avec Arnie Baker, l'ex-entraîneur de Floyd Landis..

Convoqués le par la direction centrale de la police judiciaire, Landis et son entraîneur Arnie Baker ne se sont pas présentés. Les enquêteurs de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies avaient mis en évidence que l'adresse IP de l'expéditeur des documents piratés n'était autre que BakerLandis et les hackers..

Le , il fait donc l'objet d'un mandat d'arrêt international, pour ne pas s'être rendu à la convocation, datant du , du juge d'instruction chargé de l'enquête sur le piratage du système informatique du LNDD« Mandat d'arrêt international contre Landis », Sports.fr, mis en ligne le 15 février 2010.. Un mandat du même type avait été délivré, le , à l'encontre d'Arnie Baker.

Le , le parquet de Nanterre prononce un non-lieu à l'encontre de Landis qui échappe à un procès..