Le château de Saulxures , dit Versailles vosgien ou le petit Versailles, construit sous le Second Empire de 1854 à 1861 sur les plans de l'architecte Charles Perron, est situé rue de la Gare, à Saulxures-sur-Moselotte dans les Vosges.

Sa construction a été commandée par Élisabeth Géhin, née Mathieu, veuve du premier industriel textile de la commune Jean-Thiébaut Géhin, durant l’âge d’or de l'industrie textile et l'expansion industrielle de cette partie des Vosges au , en hommage à son mari prématurément disparu. Il est aujourd’hui à l’abandon et avait même été menacé de démolition.

Histoire L'industrialisation de la vallée de la Moselotte est essentiellement marquée par Jean-Thiébaut Géhin, né en 1796 à Ventron. Il a en effet créé dès 1825, à Saulxures-sur-Moselotte, la première filature mécanique à moteur hydraulique de l'arrondissement de RemiremontL’industrialisation sur la commune de Saint-Étienne-lès-Remiremont s’est, elle, échelonnée de 1822 à 1878 : 1822 Moulin Guilgot 1844 Naissance du textile à Saint-Étienne 1856 Le Moulin devient usine textile 1878 Reprise des Grands moulins par Géliot avant de disparaître prématurément à 46 ans, après avoir été maire et conseiller général du canton durant ses douze dernières années.

La construction du château par sa veuve, Élizabeth GéhinBulletin municipal n°47, février 2013, article de Bernard Blot, président de l'Association des amis du château Géhin, et le fait qu'elle ait dépensé pour cet ouvrage près de de francs alors qu'en 1861 (887 880,12 €uros en 2025), ses deux filatures avaient une valeur de F et les deux tissages une valeur de F constitue un témoignage de cette époque prospère du textile.

Jean Thiébaut Géhin était en effet considéré comme l'un des industriels ayant le plus contribué en France, par la beauté de la toile qu'il faisait fabriquer, à établir la réputation des calicotsFilature et Tissage de Saulxures (FTS) change de mains des Vosges.

Malheureusement, ce "Versailles vosgien", à l'abandon depuis 1972Le château de Saulxures-sur-moselotte en 1972, tombe aujourd'hui en ruine. Mais la structure en pierre, toujours en place, grâce à la protection de cet ensemble au titre des monuments historiques, pourra permettre dans l'avenir une reconstitution des parties habitables intérieures et des charpentes à l'identique.

Architecture Comme le rappelle l’association Les Amis du château de Saulxures-sur-Moselotte Il faut sauver le château de Saulxures-sur-MoselottePour ne pas oublier le Château de Saulxures-sur-Moselotte , .

Des éléments de statuaire des façades du pavillon principal et des ailes en retour, sculptés par Gaston Clère en 1854-1861, ont été inscrits au titre objets le 18 novembre 2008, sont encore bien visibles. .

En outre, les prototypes des cariatides en plâtre sont conservés au LouvreRevue des Monuments historiques : « La Lorraine », octobre-novembre 1985, n°141, p. 71-75 : ill. alors que les originaux n’ont pas été préservés.

À l'origine, deux grandes verrières reliaient le bâtiment principal aux deux dépendances.

Les façades, toitures et dépendances du château sont inscrites sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, par arrêté du

Les personnages célèbres qui ont séjourné ou ont été accueillis au château De nombreuses personnes se mobilisent en faveur du sauvetage du château, certains ont rappelé l'histoire du château et l'histoire des filatures dans la vallée, d'autres insistent sur les personnages célèbres qui ont séjourné au châteauFrançois Mougenot de Paris, La Liberté de l’Est - L’Est Républicain, dimanche 13 décembre 2009 : le politicien Adolphe Thiers, deuxième président de la République française, Gabriel Pierné, compositeur de musique, organiste et chef d'orchestre français, Lise Deharme, romancière et poétesse française et l’une des muses du surréalisme.

Au cours de l’occupation allemande, le château a été épargné et durant les combats de la libération en 1944, une grande partie de la population du village a trouvé protection dans les caves.

Puis ce fut l’Armée française et le PC de la DIA qui reçut la visite du général de Lattre de Tassigny et du général de Gaulle.

Le château a été habité jusqu'en 1972.

Les projets de restauration-réutilisation À défaut de consentement du propriétaire, une "instance de classement" d'une durée limitée à un an pour la réalisation des travaux de sauvegarde au titre des monuments historiques, avait été notifiée en date du mais n'avait pas eu de suite. Plusieurs projets de reprise et de réutilisation avaient en effet été envisagés, mais aucun n'a abouti, notamment celui du transfert de la Maison familiale de la commune, du fait qu'à l'époque les collectivités territoriales ne pouvaient subventionner que des projets de construction et non de réhabilitation.

En effet, à défaut du consentement d'un propriétaire, le classement d'office peut seul être prononcé, sous réserve de l'intervention d'un décret en Conseil d'État, pris après avis de la Commission nationale des monuments historiques Château en péril à Saulxures-sur-Moselotte (88) Vidéo Reportage de Jean-Pierre Petitcolas et Eric Bertrand.

Historiquement, et au regard de la qualité architecturale et historique de l’ensemble, une proposition de classement peut être sollicitée par le propriétaire au titre de la loi du , au moins pour le clos et couvert déjà inscritsFaçades et toitures du château et de ses dépendances (cad. AI 307) : inscription par arrêté du 21 décembre 1984 pour favoriser une restauration respectueuse. La protection des intérieurs, elle, ne devrait raisonnablement pas être incluse pour ne pas contrarier d'éventuels projets de réutilisation susceptibles de donner une nouvelle vie à ce monument.

La réutilisation : un bon moyen de conservation des édifices Les conditions de sauvetage du château ont soulevé, comme pour bien des éléments de patrimoine, des débats au niveau des doctrines et techniques de conservation.

Conserver les éléments du passé n’empêche pas de répondre aux besoins d’aujourd’hui ! Quand on parle de réutilisation, la priorité revient souvent à l’usage : la conception et le traitement des espaces d’un bâtiment doivent assurer la qualité et le confort de leur destination, ceci en parfaite cohérence avec les fonctions qui s’y exercent, les activités qui s’y déroulent et les services qui y sont dispensés.

La qualité d’usage intègre ainsi la notion de confort. Un site ouvert au public doit être accessible à tous les usagers, petits ou grands, valides ou handicapés. Instaurer le confort d’usage dans un édifice à vocation culturelle, c’est permettre à chacun de le comprendre, de s’y repérer, de le parcourir sans gêne, sans risque et… tout simplement de se l’approprier. C’est pourquoi le propriétaire doit veiller à ce que les espaces favorisent et permettent en même temps une certaine intimité des utilisateurs / usagers. Ceci concerne notamment : le confort acoustique, en chaque endroit, que ce soit les espaces les plus nobles, les parties communes (espaces naturels...).

La discussion doit être ouverte à savoir si un monument doit faire l’objet d’une restauration complète, partielle ou seulement d’une consolidation archéologique qui le gèle dans son dernier état. Mais lui trouver une nouvelle destination commande aussi de satisfaire ses besoins en respectant son caractère, son histoire et son architectureVoir : Doctrines et techniques de conservation - restauration.

On ne traite pas de la même manière un château en ruine où il manque tant d’éléments à restituer et un château, un manoir, une maison, une église auxquels il manque planchers et toitures. Bruno Foucart, président des « Entretiens du patrimoine » qui se sont tenus pour la première fois en province (à Marseille en )Du bon usage du patrimoine : utiliser pour conserver, ou conserver pour utiliser ?, avait insisté sur le fait que « L’utilisation ou la réutilisation des bâtiments que nous considérons comme patrimoniaux s’est imposée comme une exigence à la fois économique, culturelle et sociale. Pour cette raison, la stricte conservation ne peut pas exclure la vie et ses compromis : elle nécessite au contraire la mise au temps présent des monuments historiques ».

Mais en préalable, pour ce cas précis du château de Saulxures, juridiquement, pour qu'un projet puisse être mené à bien il faut qu'intervienne une vente amiable, une expropriation pour cause d'utilité publique où la conclusion d'un bail emphytéotique ou emphytéose. L'État ne peut en effet, dans le cadre d'une inscription sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, exiger la réalisation de travaux même de simple sauvegarde.

Le processus d'étude et de maîtrise d'œuvre Les façades, toitures et dépendances du château ayant été inscrites sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du , la loi du sur les monuments historiques définit précisément les modalités de protection et les conditions de réalisation des travauxIntervenir sur les immeubles inscrits.

Le diagnostic, les doctrines et techniques de conservation - restauration, les études préalables pour la conservation architecturale, et les études de faisabilité réalisées par des architectes du patrimoine permettant de définir les perspectives de réutilisation, permettront d'assurer à la fois une bonne restauration et des perspectives de réutilisations respectueuses du monument et de son environnementGuides de maîtrise d'ouvrage et de maîtrise d'œuvre : Guides de maîtrise d'ouvrage et de maîtrise d'œuvre] : ouvrages de maçonnerie, charpente, couverture ; Ouvrages de maçonnerie, charpente, couverture. Pour un public de professionnels maîtres d'œuvre, mais aussi de propriétaires maîtres d'ouvrages, qui doivent effectuer des travaux sur le bâti ancien, protégé ou non..

Lorsque le propriétaire, l'affectataire, son mandataire ou toute personne justifiant d'un titre l'habilitant à faire réaliser des travaux fait part au préfet de région de son intention de réaliser un projet de travaux sur un immeuble protégé au titre des monuments historiques, le préfet de région (Direction régionale des affaires culturelles) met à sa disposition l'état des connaissances dont il dispose sur le bien en cause et lui indique les contraintes réglementaires, architecturales et techniques que le projet devra respecter.

Le préfet de région lui indique par ailleurs, en fonction de la nature, de l'importance et de la complexité des travaux envisagés, les études scientifiques et techniques qui devront être réalisées préalablement à la détermination du programme d'opération.

Il lui indique en outre les compétences et expériences que devront présenter les architectes candidats à la maîtrise d'œuvre de ces travaux sur les parties protégées au titre des monuments historiquesDécret n° 2009-749 du 22 juin 2009 relatif à la maîtrise d'œuvre sur les immeubles classés au titre des monuments historiquesDécret n° 2009-750 du 22 juin 2009 relatif au contrôle scientifique et technique des services de l'État sur la conservation des monuments historiques classés ou inscritsCirculaire du décembre 2009 relative à la maîtrise d'œuvre des travaux sur les monuments historiques classés et inscrits.

Les financements et la fiscalité