thumb|120px|Armoiries de l'ancienne université de Louvain (1425-1797). La ville de Louvain, dans l'ancien duché de Brabant, fut à partir de 1425 et de façon presque ininterrompue, le siège d'une université, laquelle lui assura sa prospérité au cours des siècles. Cette université exista sous trois formes, institutionnellement distinctesCf. ainsi le classement des archives des trois institutions successives Archives de et concernant "les universités de Louvain" : « BE A4006 CO 003. Archives de et concernant "les universités de Louvain". Portée et contenu : Cette importante collection comprend des documents issus de l'activité des universités dont le siège était à Louvain (Leuven) puis Louvain-la-Neuve, à savoir : l'Université de Louvain, l'Université d'État de Louvain et l'Université catholique de Louvain francophone ».. L'ancienne université de Louvain, fondée en 1425, fut supprimée en 1797, sous le régime français. En réponse à la demande de son rétablissement, l'université d'État de Louvain, où plusieurs professeurs de l'ancienne université reprirent leurs enseignements, fut établie en ses murs en 1817, sous le régime hollandais, puis, après l'indépendance du pays, fut supprimée en 1835. Enfin la nouvelle université catholique fondée à Malines en 1834, sollicitée par la municipalité de Louvain après la suppression de l'université d'État, s'y établit à son tour en 1835, comme université catholique de Louvain, dans la continuité voulue de la première. Après le départ de Louvain de l'aile francophone de cette université (1968-1979 ; voir UCLouvain), y demeure celle qui se nomme aujourd'hui KU Leuven (Katholieke Universiteit Leuven), tandis que la ville a aussi vu la fondation d'un collège universitaire et d'une faculté de théologie protestante en 1981.
Université de Louvain En 1425 : l'université de Louvain ou Studium Generale Lovaniense ou Universitas studiorum Lovaniensis, fut fondée par un prince françaisRappelons ici que la France était à l'époque le grand centre des universités nouvelles, stolons de celle de Paris. La tradition ancienne reprise par les Délices des Pays-Bas, indique uniquement Jean IV de Brabant comme « fondateur » de l'université de Louvain et ajoute « avec le consentement du pape Martin V ». L'on cite également comme cofondateurs les ministres du duc Englebert de Nassau et Émond de Dynter, qui répondaient ainsi à une demande collective de la ville de Louvain ruinée et au désir du duc de former ses propres élites administratives hors de l'influence de ses adversaires de la maison de Valois. Lire : Collectif (Jan Roegiers et alii), « The Old University 1425-1797 », dans Leuven University, Louvain, éd. Leuven University Press, 1990, : « These universities (= les universités médiévales) were created either by sovereign princes or by towns, and were confirmed by the Pope » et , Jean de Bourgogne (Jean IV duc de Brabant), avec le consentement du pape Martin V. Cette université, comme toutes les autres universités de la République française qui avait entrepris la modernisation de l'enseignement public, a été supprimée officiellement, sous le Directoire, par décret du département de la Dyle du , pris en application de la loi du qui supprimait tous les collèges et universités de la République. Son successeur officiel a été l'École centrale de Bruxelles. L'ancienne université de Louvain, de Baïus et Jansénius, qui en furent tous deux recteurs, jusqu'à Pierre Stockmans, Néercassel, Josse Le Plat et surtout le fameux Van Espen et son disciple Febronius, fut jusqu'à la fin de l'Ancien régime, le grand centre doctrinal du jansénisme en Europe. L'ancienne université de Louvain était une institution officielleArrêt de la Cour d'appel de 1844 : La Belgique judiciaire, 28 juillet 1844 , : et Jan Roegiers, « Was de oude Universiteit Leuven een Rijksuniversiteit ? », dans : Archief-en bibliotheekwezen in België, 1990, ., indépendante des évêquesArlette Graffart, "La matricule de l'Université de Louvain (1817-1835)", dans Album Carlos Wyffels, Bruxelles, 1987, : ., ne relevant que de ses propres tribunaux : « Toute la juridiction, tant criminelle que correctionnelle, lui ( = le recteur) était confiée. Mais il usait de son pouvoir avec modération, n'appliquant que très rarement des peines infamantes ou afflictives. D'ordinaire le coupable était puni d'une amende plus ou moins forte, d'un jeune de quelques jours au pain et à l'eau ou d'un emprisonnement de quelques jours »., , comme l'écrit Van Even, et dont le corps professoral était en grande partie nommé et rémunéré par le pouvoir civil : « Les professeurs de l'Université étaient au nombre de cinquante-huit ; (....). De ces cinquante-huit chaires, quatorze étaient laissées à la nomination du souverain, savoir : quatre de théologie, une de droit canon, deux de droit civil, une de droit public, quatre de médecine, une de mathématiques et une de langue française. Les autres chaires avaient différents collateurs ; cependant les principales étaient conférées par l'autorité communale de Louvain », le reste étant à la collation de la faculté des artsJournal général de l'instruction publique et des cultes, vol. 13, n° 23, 20 mars 1844, p. 179 : (concerne l'Université de Louvain) « Le gouvernement avait le droit de nomination à plusieurs chaires ; le magistrat de Louvain nommait aussi à quelques-unes ; la Faculté des arts faisait les autres nominations. Le nombre total des professeurs s'élevait alors à 58 ».. en 1517, le Collegium Trilingue institut universitaire, fut une institution humanistique à l'origine indépendante de l'Université, mais intégrée ensuite parmi les divers collegia formant l'institution.
Université d'État de Louvain En 1817, fondation de l'université d'État de Louvain. Cette université, où plusieurs professeurs de l'ancienne université de Louvain ont enseignéComme les anciens professeurs de l'ancienne université de Louvain, Jean Philippe Debruyn, Étienne Heuschling, dernier professeur encore vivant du Collège des trois langues, Xavier Jacquelart, Jean-Baptiste Liebaert, Guillaume Joseph van Gobbelschroy, Ferdinand Sentelet. Toutefois, aucun des professeurs de l'ancienne université de Louvain n'a enseigné ni dans la nouvelle Université catholique de Malines, devenue ensuite université catholique de Louvain., faisant ainsi un pont et un lien avec l'ancienne universitéComme le dit Arlette Graffart, "La matricule de l'Université de Louvain (1817-1835)", dans Album Carlos Wyffels, Bruxelles, 1987, : , selon elle d'ailleurs, l'université d'État de Louvain mérite bien plus que l'université catholique de Louvain d'être considérée comme la « résurrection » de l'ancienne université de Louvain : ., et dont l'existence était peu connue voire un sujet tabouComme l'écrit Geertrui Couderé, "De studenten aan de Rijksuniversiteit Leuven (1817-1835)", dans Liber amicorum J. Scheerder, Louvain, 1987, : , () et : ( "la cause qu'elle est restée longtemps dans la sphère du tabou")., a été supprimée officiellement par la loi du , et a fermé ses portes le Arlette Graffart, "La matricule de l'Université de Louvain (1817-1835)", dans : Album Carlos Wyffels, Bruxelles, 1987, p. 181 : « Elle ferma ses portes le 15 août 1835. ».
L'université d'État de Louvain, qui a formé plus de étudiants, fut, selon les recherches d'Arlette Graffart, une université ayant donné un enseignement de qualitéArlette Graffart, "La matricule de l'Université de Louvain (1817-1835)", dans Album Carlos Wyffels, Bruxelles, 1987, : .. Ceci contredisant l'opinion de deux professeurs de l'université catholique de Louvain, le chanoine Roger Aubert et Léon van der Essen. En effet, d'après ce dernier, l'université d'État de Louvain est un « véritable avorton »Léon Van der Essen, L'université de Louvain, Liège, La pensée catholique, 1927, :.. Quant au chanoine Roger Aubert, il affirme que « dans l'ensemble, l'apport scientifique de ces professeurs, trop peu nombreux et accablés par leur charge d'enseignement, fut très pauvre, comme ce fut du reste le cas à Liège et à Gand »Chanoine Roger Aubert, « Une université d'État à l'époque des Pays-Bas réunis », dans : L'Université catholique de Louvain. Vie et mémoire d'une institution, Bruxelles : La Renaissance du Livre, 1993, .. Et pourtant, selon les conclusions d'Arlette Graffart « l'enseignement fourni par cette université « qui ne trompa personne » et sur laquelle le discrédit fut jeté par les partisans de la fondation d'une université catholique, ne devait pas être aussi déplorable que certains le firent croire à l'époque »Arlette Graffart, "La matricule de l'Université de Louvain (1817-1835)", dans Album Carlos Wyffels, Bruxelles, 1987, ..
Université catholique de Louvain thumb|Livre publié pour célébrer le 25ème anniversaire de la fondation de l'université catholique de Louvain le 3 novembre 1859. thumb| de la réinstallation de l'université catholique de Louvain 1834-1909, médaille bronze, , signée Frantz Vermeylen. thumb|Revers de la médaille, la grande et belle salle des pas-perdus des halles de Louvain. En 1835, la nouvelle université catholique de Belgique dite université catholique de Malines, fondée en 1834 à Malines par les évêques de Belgique, suivant une bulle du pape Grégoire XVI, s'installa à Louvain et prit le nom d'université catholique de Louvain. Cette nouvelle université libre et privée, fondée par les évêques de Belgique par bref : du de Grégoire XVI, dans l'esprit des universités grégoriennesR. Mathes, Löwen und Rom. Zur Gründung der Katholischen Universität Löwen unter besonderer Berücksichtigung der Kirchen-und Bildungspolitik Papst Gregors XVI, Essen, 1975. de la reconquête catholique entreprise par ce pape, et dont la direction était composée uniquement d'ecclésiastiques mais dont le corps professoral était formé de nombreux savants de renom, régnicoles ou étrangers, principalement allemandsChanoine Roger Aubert, "L'Université catholique de 1834 à 1968", dans : L'Université catholique de Louvain. Vie et mémoire d'une institution, Bruxelles, 1993, : et ibidem, : ., est placée sous la direction et l'autorité directe des évêques de Belgique. en 1968, cette université s'est divisée en deux établissements différents (voir Affaire de Louvain) : L'université catholique de Louvain (UCLouvain), francophone, dont le siège s'est déplacé à Louvain-la-Neuve, une nouvelle ville créée dans le Brabant wallon, et à Louvain-en-Woluwe, dans la Région bruxelloise. Elle possède des implantations à Namur, Mons, Charleroi, Bruxelles, Saint-Gilles et Tournai. La (KU Leuven), néerlandophone, dont le siège est resté à Louvain, dans le Brabant flamand. Elle possède aussi des implantations à Courtrai, Anvers, Gand, Bruges, Geel, Ostende, Diepenbeek, Wavre-Sainte-Catherine, Alost, Bruxelles et Schaerbeek.
Faculté de théologie évangélique de Louvain En 1981, fut fondée à Louvain (Heverlee), la Faculté de théologie évangélique de Louvain (Evangelische Theologische Faculteit Leuven) une faculté universitaire protestante privée délivrant les diplômes de bachelier, de maître et de docteur en théologie, ayant son origine dans l'Institut biblique belge fondé à Bruxelles en 1919.
Notes et références
Voir aussi Liste des universités en Belgique Université médiévale Bibliothèques universitaires de Louvain Faculté de droit et de criminologie de l'université catholique de Louvain Faculté de théologie et de sciences religieuses de la Katholieke Universiteit Leuven Liste chronologique des universités européennes existant sans interruption
Louvain