L'invasion de la République dominicaine par les États-Unis a lieu en 1965. À la suite de la guerre civile dominicaine qui débuta le , les Marines débarquèrent à Saint-Domingue le , appuyés par des éléments de la aéroportée.

Elle se termine par une victoire des États-Unis en septembre 1966, mettant fin à loperation Power Pack, nom de code de l'invasion, avec la fin de guerre civile et l'arrivée au pouvoir d'un régime non-communiste. Il s'agit de la deuxième occupation de ce pays par les forces armées des États-Unis après celle de 1916 à 1924 Richard A. Haggerty, « Occupation by the United States, 1916-24 », Dominican Republic: A Country Study..

Historique thumb|left|Film d'actualité du de sur l'intervention américaine en république dominicaine et au Viêt Nam.

Contexte La République dominicaine a mené ses premières élections libres en à la suite de l'assassinat le de l'ancien président Rafael Leónidas Trujillo Molina, qui avait été à la tête du pays pendant 30 ans, et à un coup d'État qui, le , démit Joaquín Balaguer Ricardo qui avait été placé par Trujillo à la tête de l'État. Au terme de ces élections, est élu comme président Juan Bosch du Parti révolutionnaire dominicain. Il est renversé 7 mois plus tard par un coup d'État conduit par le général d'aviation qui instaure un triumvirat civil, mais sous contrôle des militaires.

Une lutte constante pour le contrôle politique entre les sympathisants communistes et groupes de gauche et les milieux conservateurs et les chefs militaires — dont beaucoup ont des liens avec l'industrie sucrière dominicaine — continue pendant trois ans.

Une crise économique entrainant de nombreuses grèves et l'échec de la lutte contre la corruption de ce régime font empirer la situation politique dans ce pays du tiers-monde qui compte alors 3,8 millions d'habitants (3,2 millions en 1960, 4,2 millions en 1970) , ..

Le , des officiers militaires de gauche se rebellent de façon inattendue contre l'Assemblée pour restaurer le gouvernement de Bosch et le retour de la Constitution de 1963 sans élections. Pendant la nuit, des soldats pro-Bosch de l'armée de terre et de la police prennent position à Saint-Domingue, capitale et plus grande ville du pays avec une population estimée à ., et de grandes foules se révoltent dans les rues de la ville demandant le retour de Bosch de son exil à Porto Rico. Le dimanche 25 au matin, ils prennent le palais présidentiel et destituent le dirigeant dominicain, qui a pu se cacher. Plus tard, des groupes d'inspiration communiste de civils armés, surnommés Los Tigres, envahissent les rues de la capitale et débordent rapidement les forces de sécurité dominicaines et l'armée loyaliste regroupant l'armée de l'air et la marine.

vignette|gauche|Colonel Fabio Chestaro Mejia, commandant des forces constitutionnalistes lors de la bataille du pont Duarte contre l'armée loyaliste.

Le chef des meneurs, qui prirent le nom de constitutionnalistes, le colonel est président du gouvernement constitutionnel du au . De très violents combats ont lieu entre les deux camps ; les forces loyalistes dirigées par Wessin y Wessin disposant de 23 chars, de huit P-51 Mustang, plusieurs Douglas A-26 Invader, 8 De Havilland Vampire « Dominican Republic since 1945 », Inigo Guevara, , Air Combat Information Group. et deux bataillons d'infanterie de contre une armée constitutionnaliste regroupant des militaires de 2 bases encasernées dans la capitale et de armés ; la bataille pour le contrôle du pont Duarte remportée par les constitutionnalistes est considérée comme la plus meurtrière de l'histoire de ce pays et aurait fait entre et tués. Sept jours de combats auraient fait et quelque . Au moins 110 loyalistes ont été exécutés par la rébellion et des familles de pilotes furent utilisées comme bouclier humain..

L'ambassadeur des États-Unis, , a décrit la situation comme une . Pour les autorités de Washington, il a déclaré : . Le président Lyndon B. Johnson, indiquant la nécessité de protéger des vies américaines et des biens, a ordonné aux militaires américains de se déployer en République dominicaine afin de stabiliser le pays et l'empêcher de tomber aux mains des communistes.

La mission est donnée au lieutenant-général Bruce Palmer Jr. « Bruce Palmer, Jr. General, United States Army », cimetière national d'Arlington., le commandant nouvellement désigné du aéroporté américain, et au major-général Robert York, commandant de la aéroportée. Ils lancent l'opération Power Pack et ordonnent à une force opérationnelle composée de la de marine et la aéroportée de se déployer à compter du . 75 membres de la compagnie E du des Special Forces, les unités des opérations psychologiques, et de divers éléments de soutien logistique ont également participé.

Pour les forces armées des États-Unis, c'était le premier test du nouveau concept ROAD (Reorganization Objective Army Division) visant à développer des forces flexibles, déployables rapidement, et capables de répondre aux contingences multiples.

Déroulement vignette|Le Lieutenant général Bruce R. Palmer commandant les forces des États-Unis en République dominicaine. vignette|gauche|Zone de sécurité et le corridor de Saint-Domingue reliant les Marines à l'ouest de la ville aux unités de la aéroportée à l'est par le pont Duarte. Les QG des forces des États-Unis et de l'IAPF et casernement des services de santé sont les suivants : 1. Quartier général des forces U.S., 2. Quartier général de l'IAPF, 3. Compagnie D, médical, au Collége Maria Auxiliadora, 4. Compagnie C, station d'évacuation sanitaire, 5. de campagne, 6. Compagnie C au Camp Randall. vignette|Militaires du Honduras de l'IAPF; Les premiers arrivés sur place.

Au , un premier groupe de Marines est héliporté pour assurer la sécurité de l'ambassade américaine et assurer le début de l'évacuation des ressortissants étrangers à partir de l', navire amiral de l'escadron amphibie 10, embarquant un total de « A Marine's view of the Dominican Intervention », Brigadier général Edwin H. Simmons..

Le , la première vague de 400 Marines du du de Marines constituant le Marine Expeditionary Unit est arrivé par hélicoptères Sikorsky H-34 et a atterri sur le terrain de polo près de l'hôtel Ambajador « A Chronology Of The UNITED STATES MARINE CORPS 1965-1969 VOLUME IV HISTORICAL DIVISION ». à la bordure ouest de Saint-Domingue « Marine Corps Counterintelligence in the Dominican Republic 1965 ».. Les premiers éléments de la de la sont arrivés par voie aérienne à bord de C-124 Globemaster II et de C-130 Hercules qui ont atterri le 29 à partir de 2h30 du matin sur la base aérienne de San Isidro à l'est de la capitale venant de la de Puerto Rico. Le plan du major-général York consiste à dépêcher un élément de taille d'un bataillon de la l'ouest et sécuriser le pont Duarte pour relier les parties est et ouest de la ville. Il serait alors assisté par des éléments loyalistes pour reprendre le contrôle de Saint-Domingue. Le même jour, une bataille voit 3 des 20 chars légers dominicains Strv L/60 d'origine suédoise détruits respectivement par un canon sans recul M40 d'une équipe antichar de la , un char M50 Ontos et un M48 Patton, ces derniers appartenant à la MEU..

Au , les forces américaines au sol sont de ( Marines et de l'armée de terre) qui ont pris le contrôle en ville de la zone autour de l'ambassade américaine et de l'hôtel Embajador et assurant l'évacuation des ressortissants étrangers, au total seront embarqués à bord de navires de l'''US Navy vers Porto Rico ou évacués par air « Domican Republic Intervention, 1965 », Naval Historical Center, 10 avril 2003.. Le du d'infanterie de la est l'unité de pointe pour s'assurer le pont à partir du à avec le soutien aérien rapproché de F-4 Phantom II de l'United States Marine Corps Aviation. La sécurisation de la zone autour du pont était une entreprise hasardeuse, nécessitant des opérations de guerre urbaine sous le feu des forces rebelles. L'effort a été encore compliqué par le fait que les rebelles étaient assistés par les transfuges militaires constitutionnalistes qui portaient les mêmes uniformes que les forces loyalistes alliées avec les États-Unis. Dans l'après-midi du , à la fois le pont pris à et la gare de la ville étaient en sécurité. Le lendemain matin, la avait avancé plus à l'ouest et a rejoint les forces des Marines. Des troupes supplémentaires ont travaillé pour protéger en permanence la voie de transport est-ouest, cette ligne de communication de a été surnommée le All-American express par la . Pour démontrer que l'armée américaine tenait fermement la zone, le major-général York de la Division aéroportée marcha tout au long du corridor défiant les tireurs isolés rebelles. L'utilisation de la force en réponse aux attaques des rebelles a été limitée à l'armement individuel, avec la permission spécifique requise avant que les troupes puissent répondre avec des canons sans recul ou l'artillerie. En effet, après que l'artillerie américaine eut tiré huit obus éclairants le premier jour de l'intervention, elle est restée par la suite silencieuse de peur de causer des dommages excessifs et nuire à la mission interaméricaine de maintien de la paix..

En cinq jours, du au , plus de de la aéroportée et unités de soutien ont été transportés en quatre vagues en République dominicaine « Airlift in the Dominican Crisis », US Army Center of Military History..

vignette|Tirs à Saint Domingue le . Un enfant est mis à l'abri sous une jeep.

Le , un accord est signé entre les loyalistes, les constitutionnalistes et l'Organisation des États américains mais des combats sporadiques continuèrent. Ainsi, le , 4 Marines sont tués, un autre blessé et deux capturés brièvement lors d'une embuscade contre un convoi médical et un pilote de UH-1E fut blessé mais est parvenu à atterrir sans dommageWilliam R. Fails, Marines & Helicopters, 1962-1973, juillet 1995, ..

vignette|gauche|Distribution de nourriture par l'armée américaine le 9 mai.

À la fin de la première semaine, 500 Marines et deux bataillons de la effectuaient des opérations de sécurité sur le terrain, et à la fin du mois de mai, toute la division était dans le pays. Le , le , un héros national pour son rôle dans l'assassinat de Trujillo, a été assermenté en tant que président du gouvernement de reconstruction nationale. Au , les forces américaines au sol sont de .

vignette|Officiers médicaux américains début mai 1965 près de Saint-Domingue.

Le cessez-le-feu est brisé subitement par le colonel Caamano mais le général Imbert lance l'opération Limpieza (nettoyage) le . Les forces du général Imbert réussissent à éliminer les poches de résistance des constitutionnalistes en dehors de et à faire taire Radio Santo Domingo tombée aux mains de ceux-ci au début de la guerre civile mais perdent un avion dans cette action. Les opérations sont terminées le . Le lieutenant-général Palmer demande à ses subordonnés de commencer les opérations de stabilisation. Bientôt les troupes menaient des opérations de maintien de l'ordre et d'aide humanitaire avec la distribution de nourriture (huit millions de tonnes au total), d'eau, et fournitures médicales et soins pour les membres des deux factions et la population civile. À la mi-mai, un pic de l'effectif américain engagé est de américains dont en République dominicaine, et environ 38 navires de guerre en mer « Domican Republic Intervention, 1965: Online Documentation », Naval Historical Center, 13 octobre 1999.. La (IAPF)/Fôrça Interamericana de Paz (PAZ) de l'Organisation des États américains est formellement constitué le pour remplacer les troupes des États-Unis; avec pour principal contingent un bataillon d'infanterie de des forces armées brésiliennes sous le commandement du général brésilien dont les premiers éléments arrivent le permettant de réduire le contingent des États-Unis à avec le début du retrait des Marines entre le et le .