Cet article présente l'histoire de l'Anjou depuis la Préhistoire jusqu'à la Révolution française. Elle couvre notamment les périodes du comté d'Anjou et du duché d'Anjou. Pour l'histoire plus récente, de la Révolution à nos jours, voir l'article Maine-et-Loire.

vignette|redresse=1.1|Le drapeau de l’Anjou flottant sur les hauteurs du fief de Champtoceaux face à la Bretagne.

Préhistoire Paléolithique Sur le site de Roc-en-Paille, près de Chalonnes-sur-Loire, des ossements d'animaux ont permis de mesurer l'évolution de la faune. Celle-ci se composait de mammouths et de rennes vers -30 000, pour laisser la place, lors de la fin de la période glaciaire, vers -10 000 aux sangliers et aux cerfsp.8..

Le principal site archéologique attestant d'une présence humaine ancienne en Anjou se trouve en amont de la Moine. Des dizaines d'outils en pierre taillée y ont été retrouvés, datant de la période acheuléenne et moustérienne.

Néolithique vignette|Dolmen de Bagneux, à Saumur.

Sous le Néolithique, la présence humaine devient plus marquée et le peuplement s'intensifieAnjou, Maine-et-Loire, Encyclopédie Bonneton, Paris, 2010, p.9. Les premiers habitats se développent surtout au sud de la Loire: Doué-la-Fontaine, Le Fief-Sauvin, Mazières-en-Mauges. C'est également à cette époque que seront érigés les sites mégalithiques, dont la plus grande partie se trouveront également au sud de la Loirep.8. L'Anjou se démarque des autres régions par la mise en place d'un type particulier de dolmen, le type angevin, possédant un portique étroit et une chambre plus largeM. Gruet, Dolmens angevins à portique, Bull. Soc. Préhis. Franç., 1956.. Ce type de dolmen va se répandre dans toute une partie du territoire, incluant la Touraine, le Maine, le Poitou, l'Orléanais, et le Berry. Plus de de pierre polie ont été retrouvées sur le département de Maine-et-Loire, dont certaines provenant de Touraine, ainsi que des grains d'ambre, attestant de la présence de réseaux de commerce ou de circulation.

Âge du bronze vignette|gauche|Détail des incisions d'un bracelet de type « Bignan », découvert dans la région de Pouancé. L'introduction du métal dans la province suit la période néolithique, vers -2000, sous la culture campaniforme. Elle se matérialise par la découverte de nombreuses haches en cuivre, plates (Bronze ancien) ou à rebords (Bronze moyen), notamment dans le Saumuroisp.26. Les haches à talon de la fin du Bronze moyen sont également présentes en nombre (environ 300 retrouvées, dont 14 dépôtsp.27) et resteront utilisées pendant le Bronze final.

La province angevine se développe à l'époque sous une influence commerciale atlantique, comme en témoignent les bracelets incisés de type « Bignan », les haches à talons de Rosnoën, les haches à douille de type normand ou armoricain, ainsi que les influences ibérique ou britannique.

Antiquité Les Andécaves

Le peuple gaulois occupant l'Anjou se nommait les Andécaves (ou Andes). Leur territoire se situait de part et d'autre de la Loire. Les lieux-dits d'Ingrandes (Ingrandes (Maine-et-Loire) et Ingrandes-de-Touraine) en semblent indiquer les limites approximatives, Ingrandes étant un nom dérivé de celui d’Equoranda de sens discuté, Equo ou (en latin) Oequus qui signifie « juste aux limites » et Randa, un suffixe et terme gaulois qui indique une limite territoriale ou une frontière. Leur principale cité, située en bord de Maine se nommait Andegavum (actuelle Angers)p.11. Les Mauges sont alors occupées par un autre peuple celte, les Ambilatres, qui se fondent avec les Pictons lors de la conquête romainep.30.

Longtemps, une lutte ouverte avait opposé les Andécaves aux Vénètes, peuple de même origine établi en basse-Loire et en Morbihan, vis-à-vis duquel ils avaient su préserver leur indépendanceSite des archives départementales de Maine-et-Loire..

Au niveau archéologique, au Fief-Sauvin se trouvait un retranchement, probablement militaire, de Arbre Celtique: Segora.. Un autre oppidum devait se trouver en bord de Loire, à Chênehutte-les-Tuffeaux, ainsi qu'un habitat au nord de la commune d'Allonnesp.28.

L'occupation romaine et l'arrivée des Francs

Pendant la guerre des Gaules, Publius Crassus, commandant la Legio VII Claudia hiverna en 57 et 56 dans le territoire des Andes.

En 52 , après la reddition de Vercingétorix, les Andécaves, sous la conduite de leur chef, Dumnacos, tentèrent de résister aux Romains. Ils se joignirent aux Pictons qui se sont révoltés contre leur chef Duratius, pro-romain. L'armée met alors le siège devant Limonum (Poitiers), défendu par Duratius. Ayant trop peu d'hommes avec lui pour venir en aide à Duratius, Caius Caninius, légat romain, se fortifie près de la ville, ce qui a pour effet d'attirer l'armée gauloise qui tente des assauts infructueux avant de retourner assiéger Limonum. Caius Fabius, envoyé dans la région par César auparavant, se presse d'arriver au secours de Duratius. Dumnacos, apprenant l'arrivée d'un deuxième lieutenant de César avec plus de troupes, bat en retraite, mais ce mouvement est prévu par Caius Fabius qui le surprend en pleine retraite sur les rives de la Loire. Échouant à traverser le fleuve, l'armée gauloise se bat d'abord contre la seule cavalerie romaine mais l'arrivée des légions les met définitivement en déroute en un lieu qui n'est pas déterminé avec certitude (entre les Ponts-de-Cé et Saumur)Arbre Celtique: les Andécaves..

Sous les Romains, le territoire angevin fait partie de la Lyonnaise. Juliomagus, « le marché de Jules César » remplace alors le nom dAndegavum. Tacite mentionne une rébellion des Andécaves en l'an 21, suivis de près par les Turons. Cependant, le légat de la Gaule celtique, Acilius Aviola, en vient à bout avec sa seule cohorteLes Andécaves..

La table de Peutinger mentionne trois agglomérations secondaires : Combaristum, Robrica et Segora. Aucune de ces agglomérations n'a été fixée précisément. Ainsi, Combaristum est placée parfois à Segré, Candé ou Châtelaisp.32.

Peu à peu cependant, le pouvoir romain périclite dans la région. Le christianisme prend son essor, et un premier évêque est mentionné en 372. Au , les Francs sont déjà installés en Anjou, et font partie des peuples fédérés de l'Empire romain. En 464, le chef saxon Eadwacer remonte la Loire et la Maine, et prend AngersLéon Fleuriot, Les origines de la Bretagne: l'émigration, 1980. Le comes Paul, commandant des troupes romaines, meurt au combat après avoir demandé l'aide des Francs de . Celui-ci reprend la ville, et repousse l'armée saxonneGrégoire de Tours, Dix Livres d'Histoire, II, 18. En 486, , fils de Childeric, bat Syagrius à la bataille de Soissons. C'est la fin du domaine gallo-romain, lambeau de l'Empire romain dans lequel était incorporé Angers et le nord de la Loire. Clovis continue ses conquêtes et repousse les Wisigoths, qui tenaient alors le sud de la Loire, jusqu'en Espagne.

Moyen Âge Le Haut Moyen Âge À la mort de Clovis, l'Anjou est incorporé au royaume franc d'Austrasie, et en 613, le territoire est relié à la Neustrie. Cependant, l'Anjou va faire face à une nouvelle menace, qui durera plusieurs siècles, avec l'arrivée des Bretons, chassés de l'île de Bretagne par les invasions saxonnes et angles. Grégoire de Tours indique que les Francs durent lever à plusieurs reprises des troupes contre les Bretons dès les p.8.

En 753, Pépin le Bref prend Vannes et décide de créer la marche de Bretagne, afin de protéger le royaume franc des incursions bretonnes. Cette première marche englobe les villes de Rennes, Nantes et Vannes.

En 849, les hostilités reprennent, avec des raids bretons en profondeur en Francie occidentale et la prise de Rennes et de Nantes. Erispoë écrase l'armée franque à la bataille de Jengland. Au traité d'Angers en 851, Charles le Chauve concède les insignes de la royauté à Erispoë, avec les comtés de Rennes et de Nantes ainsi que le pays de Retz. La marche de Bretagne est alors totalement incorporée au royaume de Bretagne.

Dans le même temps, les Normands, menés par Hasting, entament dès 852 une série de raids, qui les mèneront au pillage de Saint-Florent-le-Vieil. Ils s'installent alors sur une île voisine, et organisent le sac d'Angers. Afin de contrecarrer ces invasions bretonnes et normandes, Charles le Chauve crée en 853 une vaste marche frontière formée des territoires de l'Anjou, de la Touraine et du Maine, et la confie à Robert le Fort (arrière-grand-père de Hugues Capet).

Quelques années plus tard, le traité d'Angers vole en éclats. Salomon de Bretagne repart en guerre en 863 contre le pouvoir royal. Il pousse ses troupes jusqu'à Orléans. Charles le Chauve négocie alors le traité d'Entrammes, concédant le territoire d'''Entre deux rivières (entre Mayenne et Sarthe) en échange de la paix et de l'aide bretonne contre les Normands. Il décide également d'ériger en 864 l'Anjou en comté.

Robert le Fort est tué dans un combat contre les Normands à Brissarthe, en 866. La Marche de Neustrie revient alors à Eudes, fils de Robert, mais Charles le Chauve le démet en 868 de cette fonction qu'il donne à Hugues l'Abbé. Ingelger devient dans le même temps vicomte d'Angers. Les Normands d'Hasting poursuivent leurs raids et s'emparent une nouvelle fois d'Angers en 872, malgré la construction d'un pont fortifié par Charles. Charles le Chauve assiège alors la ville avec l'aide de Salomon de Bretagne, et réussit à en chasser les Normands en 873. Ceux-ci prennent Angers une ultime fois en 886.

En 879, Ingelger reçoit de Louis II le Bègue, pour s'être distingué contre les Bretons et Normands, la moitié de l'Anjou à l'est de la Mayenne, la partie ouest étant propriété des comtes de Nantes. À sa mort, son fils acquiert le titre de vicomte d'Angers.

Le Comté d'Anjou

La naissance du comté En 909, à la suite de la mort d’Alain I de Bretagne (907), reçoit le comté de Nantes. Il est chargé de lutter contre les Normands et les Bretons. Néanmoins Nantes est prise par les Normands en 914. Malgré cette razzia normande, conserva le titre de comte de Nantes. Mais celui-ci ne fut définitivement reconnu qu’en 930, en même temps que son titre de comte d'Anjou, quand son suzerain Hugues le Grand le qualifia comme tel dans une de ses chartes. passa la plus grande partie de sa vie à combattre les raids vikings. Le comté de Nantes resta sous l'influence des comtes d'Anjou puis passa sous la domination des Plantagenêts jusqu’en 1203.

Sous le Bon, le domaine connaît enfin une prospérité relative, surnommée la paix angevine. Il s'empare néanmoins de Montreuil-Bellay aux dépens de Guillaume Tête-d'Étoupe, comte de Poitiers, mais son acte le plus notable est la cession de Saumur au comte de Blois Thibaut le Tricheur. Ses successeurs n'auront de cesse, pendant plus d'un siècle, de faire revenir la ville dans le domaine angevin.

, à l'opposé de son père, développe la puissance et l’influence du comté d’Anjou en reprenant les hostilités. Il arrive à arracher le Loudunais, le Mirebelais et Thouars à l'Aquitaine en 973. Il participe également à la bataille de Conquereuil aux côtés du comte de Nantes, Hoël 1er, contre , comte de Rennes. étend le domaine angevin sur la rive sud de la Loire jusqu’aux portes de Nantes et à la limite de la rivière de la Sèvre nantaise. Il fait construire au sud de Nantes un puissant bastion au Pallet dont il reste de nos jours un immense donjon.

L'essor angevin