vignette| Reflets d'une partie de Jérusalem.
Cet article présente les faits saillants de l’histoire de Jérusalem (en hébreu : Yerushalayim (יְרוּשָׁלַיִם) ; en arabe : Al-Quds (اَلْـقُـدْس)), ville du Proche-Orient, qui tient une place très importante dans les religions juive, chrétienne et musulmane, et, sur le plan politique, est un des enjeux du conflit entre les Israéliens qui l'ont érigée en capitale effective d'Israël, et les Palestiniens qui la revendiquent aussi comme capitale - l'Autorité palestinienne étant de facto établie à Ramallah (actuelle Cisjordanie)
Chalcolithique et âge du bronze (3500-1000 avant notre ère) Chalcolithique (3500) L'occupation humaine de la région de Jérusalem est attestée depuis le Chalcolithique par des fragments de céramique trouvés près de la source de Gihon, datant d'environ .. Ces fragments de poterie sont les plus anciens vestiges découverts à ce jour sur le site de Jérusalem. Il n'est pas établi que l’occupation du site à cette époque ait été continue ..
Âge du bronze ancien (3000 avant notre ère) La colline est réoccupée au début de l'âge du bronze (vers ). On a trouvé des poteries de cette époque, des maisons rectangulaires ainsi que les premières tombes sculptées dans la roche du mont des Oliviers.
En 1909, les fouilles organisées par la mission Parker autour de la source de Gihon, à l'est de la colline d'Ophel, ont mis au jour des grottes creusées dans le rocher afin de servir de tombes. On y a trouvé : des jarres, des bols et des cruches, pour la plupart dans la tombe , datées du Bronze ancien I ( début du ). Ces céramiques peintes appartiennent à un type de céramiques typique des villes du sud du pays et représenté dans les tombes découvertes à Mitzpah en Benjamin (Tell en-Nasbeh, à au nord de Jérusalem), Gezer et Jéricho (niveaux VI et VII) ; un bol noir et rouge, peut-être importé de Chypre.
À l'ouest de l'Ophel, les fouilles de Macalister et Duncan en 1923-1925 ont livré une petite quantité de céramiques datées du Bronze ancien ().
Lors des fouilles réalisées le long des murs ouest et sud du mont du Temple, on a également trouvé des poteries datées du Bronze ancien.
Ces découvertes témoignent de l'occupation de la colline sud de Jérusalem, au début du . Cette occupation s'inscrit dans le cadre général du peuplement des monts de Benjamin au Bronze dont on a aussi trouvé des traces sur les sites de Aï et Mitzpah en Benjamin .
Selon Israël Finkelstein, les sites des « hautes terres » (actuelle Cisjordanie), dont celui de Jérusalem, sont abandonnés vers 3000 avant notre ère, pour plus d'un millénaire.
Période cananéenne sous influence égyptienne Période pré-israélite (1800-1400) av. J.C Ces sites sont réoccupés vers 1800 avant notre ère.
Les restes d'une forteresse aux murailles imposantes (trois mètres d'épaisseur) datant du ont été découverts près de la source de Gihon. Jérusalem était donc l'une des principales cités-États durant la deuxième phase d'urbanisation en Canaan, ce qui est corroboré par un texte d'exécration égyptien, dans lequel apparaît la première mention connue du nom de « Jérusalem ».. Dans ces textes, les noms de villes et de leurs dirigeants sont inscrits sur l'argile accompagnés de malédictions (les noms de deux dirigeants de Jérusalem, Shas'an et Y'qar'h sont indiqués). Cent ans plus tard, des textes mentionnent un souverain dont le nom commence par « Ba… »). Beaucoup de villes comme Jérusalem étaient gouvernées par plus d'un dirigeant, la majorité des villes de la région citées dans les textes d'exécration ayant trois dirigeants. Certains voient en cela la preuve que plusieurs tribus, chacune avec son propre chef, étaient intégrées au sein de la ville.
Selon Ronny Reich, le système hydraulique avec le puits de Warren daterait de cette époque (-1700) et serait un autre indice du développement de la ville.
La période entre le et le constitue une phase de déclin pour Jérusalem et c'est au que Jérusalem tombe dans l'orbite égyptienne.
Il est à nouveau fait référence à Jérusalem à plusieurs occasions dans les tablettes de la chancellerie des pharaons et de son successeur, Akhenaton (vers ), découvertes à Amarna. Jérusalem y est décrite comme une petite ville, dirigée par un gouverneur, Abdi-Heba, vassal du pharaon. Deux thèses s'opposent sur l'importance de Jérusalem à l'époque : selon certains historiens, dont Zecharia Kallai et Hayim Tadmor, Jérusalem était la capitale d'un important royaume cananéen ayant une influence régionale comparable à d'autres grands royaumes cananéens tels que celui de Shechem ; d'autres au contraire, tels que Nadav Naʾaman ou Ann E. Killebrew, soutiennent qu'au , Jérusalem est plus un petit centre administratif que la capitale d'un empire ..
L'archéologie montre que la ville est restée intacte, bien que très petite, ne couvrant que 3 à 4 hectares. La population totale du royaume ne dépasse pas . Malgré sa taille, Jérusalem était une ville importante politiquement qui exerce une influence sur les villes des environs. Un morceau d'une stèle égyptienne de cette époque est retrouvé au nord des murs de la ville actuelle. Ces découvertes montrent l'importance de Jérusalem pour l’Égypte antique. Au-delà des murs de la cité, le gouverneur de Jérusalem contrôle une région qui s'étend de Sichem au nord à l'Idumée au sud et la zone de Gezer à l'ouest.
vignette|upright|Lettre d'Amarna de Biridiya, prince de Megiddo au pharaon d'Égypte (v. ).
La ville-État devient si puissante que d'autres villes-États concurrentes, aussi loin qu'Ashkelon, durent unir leurs forces pour en venir à bout. Jérusalem est également attaquée par des pillards appelés les Apirou. Les textes égyptiens les désignent souvent comme pillards des villes cananéennes.
De nombreux épisodes politiques et militaires de cette période sont consignés dans les Lettres d'Amarna (v. ) .. Ces nombreuses lettres décrivent les relations diplomatiques et militaires de l’Égypte avec ses voisins et vassaux. Parmi les 350 retrouvées, six ont été envoyées par le gouverneur de Jérusalem, Abdi-Heba. Il plaide auprès du pharaon pour obtenir de l'aide militaire contre ses adversaires. Il se présente comme le seul en qui l’Égypte puisse vraiment avoir confiance. En vain puisque la garnison égyptienne de Jérusalem est transférée à GazaD'autres références tendent à montrer que la ville était une petite ville administrative et non la capitale d'un grand royaume et que si l'Égypte repliait ses troupes vers le sud, ce n'était probablement pas par hostilité contre l'un ou l'autre mais pour protéger le territoire égyptien.. Avec ses moyens de défense affaiblis et sous l'attaque constante des Apirou et de ses rivaux en Canaan, le gouverneur de Jérusalem se plaint dans sa dernière lettre que tout est perdu. Nous ne savons pas ce qu'il est advenu de lui et de sa ville mais il s’ensuit une phase de déclin très marqué, comme dans toute la région, en raison de l’invasion des peuples de la mer.
Le premier texte écrit à Jérusalem date de la même époque () : il s'agit d'un fragment de tablette fabriquée à Jérusalem écrite en akkadien d'une grande qualité scripturale, ce qui montrerait l'existence de scribes à Jérusalem à cette époque.
Premiers Israélites vignette|upright|Stèle de Merenptah avec la mention d'Israël (v. 1213-1203 ) (musée du Caire, Égypte).
Les habitats des premiers Israélites sur les hautes terres (actuellement en Cisjordanie) ont été découverts dans les : de à , le nombre de sites croît rapidement pour atteindre 250 vers . Ces « proto-Israélites » ont laissé leur signature aux archéologues : ils sont les seuls, en Canaan, à ne pas consommer de porc et à ne pas en élever, ce qui permet de les suivre à la trace. Par ailleurs, les Israélites sont attestés vers sur la stèle de Mérenptah.
Il y a donc coexistence d'une population de Cananéens sédentaires dans les grandes cités-États et d'Israélites nomades sédentarisés sur les hautes terres. L'organisation sociale, quant à elle, reste du même type que celle décrite dans les Lettres d'Amarna (v. ) : chefferies dimorphes (c'est-à-dire mi nomade mi sédentaire) sur les hautes terres, et cités-États (citadins entourés d'agriculteurs sédentaires) dans les vallées (Megiddo, Beït Shéan, Tel Rehov, cité portuaire de Tel DorIlan Sharon, Ayelet Gilboa, Elisabetta Boraretto, and A.J. Timothy Jull, The Early Iron Age Dating Project : Introduction, methodology, progress report and an update on the Tel Dor radiometric dates, in The Bible and radiocarbon dating (2005) .).
Des liens avec l’Égypte sont également suggérés par la présence objets typiques de l'époque amarnienne découverts dans la région dUrushalimB. Mazar, « The Ancient City Jerusalem in the biblical Period », dans Jerusalem revealed, Archology in the Holy City 1968-1974, Y. Yadin ed., Yale University Press, New Haven, and The Israel Exploration Society, 1976..
Dans la partie côtière méridionale vivent les Philistins (cité-État d'Éqron, puis de Gath et ensuite d'Ashdod successivement).
Au
D'après les archéologues, le nom même de « Salomon » n'apparaît nulle part chez ses proches voisins, ni dans les archives ni sur aucune inscription, en Égypte comme au Liban ou en Assyrie, chez les Amorites, les Hittites ou les Araméens. Et ce, alors même qu'Abdi-Heba a laissé des traces bien connues. William G. Dever écrit en 2005 : Les historiens ont été lents ou réticents à percevoir les effets de la « révolution archéologique » récente. Mais il apparaît avec suffisamment d'évidence que toutes les histoires de l'Israël antique sont désormais obsolètes… En ce qui me concerne, mon prochain livre sera une histoire de l'Israël antique écrite en grande partie sans recours à la Bible hébraïque, fondée la plupart du temps sur les riches données archéologiques que nous possédons maintenantWilliam G. Dever, Some Methodological reflections on Chronology and History Writing, in The Bible and Radiocarbon Dating'. Archaelogy, Text and Science, Equinox Publishing Ltd, , 2005.. Il ajoute : Personnellement je suis encore acquis à la chronologie conventionnelle (pas à la « chronologie haute »), pour des raisons sur lesquelles je me suis longuement étendu dans plusieurs publications récentes, aucune d'entre elles « idéologiques ». Mais s'il advenait que l'évidence monte en faveur d'une chronologie plus basse, je serai parmi les premiers à basculer. Il ne s'agit pas de « sauver » la Bible hébraïque ; ni de défendre « Salomon dans toute sa gloire » ; ni d'argumenter sur qui était là le premier, Cananéens ou Israélites, Palestiniens ou Israéliensidem, . Amihai Mazar écrit : Il convient d'évaluer le royaume de David et de Salomon comme un début modeste, mais dynamique, de la période de la monarchie IsraéliteAmihai Mazar, The debate over the chronology of the iron age, in The Bible and Radiocarbon Dating'. Archaelogy, Text and Science, Equinox Publishing Ltd, , 2005.… vignette|Carte de Jérusalem sous le règne du roi Salomon (v. 961-922 av. J.-C.), imaginée par T. Fuller (1650).