Marie-Barthélemy de Castelbajac, dit le vicomte de Castelbajac, né le 8 juillet 1776 à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées) et mort le 12 février 1868 à Pau (Pyrénées-Atlantiques), est un homme politique français... Issu d'une ancienne famille noble de la Bigorre, il est député du Gers puis de la Haute-Garonne sous la Restauration, avant d'être nommé Pair de France en 1827.. Figure de l'ultra-royalisme, il est notamment connu pour avoir réclamé la peine de mort contre quiconque arborerait le drapeau tricolore.
Biographie
Origines et jeunesse Fils de Louis-Gaston de Castelbajac, marquis de Castelbajac, baron de Barbazan, seigneur de Casteljaloux, mousquetaire du roi et maire de Barbazan-Debat, et de Françoise-Jeanne de Percin, dame de Lauret, il est reçu chevalier de Malte de minorité le 1er juin 1783... La Révolution survient alors qu'il est pensionnaire à Sorèze. Il interrompt ses études, vit un temps chez sa grand-mère Percin, puis doit se cacher : ses parents sont emprisonnés et son frère aîné rejoint les rangs des émigrés. Il n'émigre pas, mais pour survivre, il travaille sous un nom d'emprunt comme ouvrier typographe chez un imprimeur de Mont-de-Marsan. C'est lui-même qui imprime sa condamnation à mort.
Sous le Directoire, il retrouve une vie normale et épouse, en janvier 1799, Marie-Jacquette de Saint-Géry, fille d'un ancien membre du Parlement de Toulouse mort sur l'échafaud, dont il aura trois enfants. Jusqu'à la première abdication de Napoléon, il vit sur les terres familiales, dans sa province, sans se rallier à l'Empire. Il fréquente les milieux royalistes toulousains et se fait une réputation de « galant chevalier ».
Début de carrière politique En 1814, il compose une chanson que l'on chante dans tous les salons royalistes. Le 22 août 1815, il est élu député du Gers par 121 voix sur 199 votants et 272 inscrits. Il siège avec les ultra-royalistes et se montre l'un des membres les plus ardents de la Chambre introuvable.
Il réclame la peine de mort contre quiconque arborerait le drapeau tricolore — « Il ne suffit pas à la ferveur royaliste ou plutôt à la rage haineuse de M. de Castelbajac. Il se lève, et, de concert avec deux de ses collègues, il propose, avec la plus vive insistance, d'appliquer la peine de mort à tout individu convaincu d'avoir arboré le drapeau tricolore ! », et vote pour les exceptions de la loi d'amnistie du 12 janvier 1816.
En août 1816, Louis XVIII dissout la Chambre introuvable, mais Castelbajac parvient à se faire réélire le 4 octobre 1816, par 105 voix sur 202 votants et 267 inscrits. Lors de la discussion de la nouvelle loi électorale en janvier 1817, il demande l'élection à deux degrés et la substitution des assemblées de corporations et de paroisses aux assemblées primaires. Il déclare alors : « Nous avons entendu prononcer comme maxime : Méfiez-vous des ultra-royalistes, ce qui veut dire : méfiez-vous de ces hommes ultra-malheureux pour la cause royale, à qui il ne reste de leur fortune que des débris, de leur famille que des tombeaux ».
Compris dans le premier renouvellement par cinquième de la Chambre, il échoue aux élections du 20 septembre 1817. Il combat ensuite dans le journal Le Conservateur la loi du recrutement et la création de soixante nouveaux pairs par ordonnance royale du 4 mars 1819.
Député de la Haute-Garonne Il est réélu député de la Haute-Garonne le 11 septembre 1819, par 691 voix sur 1 371 votants et 1 657 inscrits. Il combat les pétitions qui demandent le maintien de la loi électorale. Réélu au renouvellement du 1er octobre 1821, dans le 1er arrondissement électoral de la Haute-Garonne, par 243 voix sur 362 votants et 443 inscrits, il se rapproche de Joseph de Villèle, député du même département.
Lorsque Villèle arrive au ministère le 15 décembre 1821, Castelbajac se sépare des ultra-royalistes pour prendre place sur les bancs ministériels. Il est récompensé de cette conversion par la direction générale des haras, de l'agriculture, du commerce et des manufactures en 1823, qu'il quitte l'année suivante pour celle des douanes. Il est réélu le 25 février 1824, par 278 voix sur 347 votants et 404 inscrits.
Pair de France Le 5 novembre 1827, Charles X le nomme Pair de France. Il est fait baron-pair héréditaire par lettres patentes du 10 juin 1828, avec autorisation d'instituer un majorat attaché à son titre. Il perd la direction générale des douanes en 1828. En 1830, il figure comme conseiller d'État en service ordinaire.
Lors des événements de 1830, il se prononce le premier à la Chambre des Pairs contre la transmission de la couronne au duc d'Orléans. Il déclare notamment : « Pair de France, nommé par le Roi, lui ayant prêté serment de fidélité, n'ayant reçu de pouvoirs que de lui, et, d'après les anciennes lois de la monarchie, le Roi ne mourant jamais en France, et Monseigneur le duc de Bordeaux existant, je déclare sur mon honneur et ma conscience que je ne me reconnais, et que je ne reconnais à personne le droit de déclarer le trône vacant, ni de disposer de la couronne de France en faveur de qui que ce soit, et je proteste ».
Ce fervent légitimiste est exclu de la Chambre des pairs par la monarchie de Juillet, en application de l'article 68 de la Charte constitutionnelle de 1830. Le gouvernement de Juillet ne ratifie pas son élévation à la pairie.
Retrait de la vie politique et mort Il se retire complètement de la vie politique. Il meurt le 12 février 1868 à Pau, à l'âge de 91 ans. Il était commandeur de la Légion d'honneur depuis le 29 octobre 1826.vignette|Marie-Barthélemy, vicomte de Castelbajac.Il habitait à Paris rue d'Aguesseau, n° 98.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Sources
Liens externes
Famille de Castelbajac
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